‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 163 sur 206 · D. q.. Il · texte numérisé non relu

D. q.. Il

314 V. l'espagne du « don Quichotte ».

qui l'aurait desservi auprès d'un de ses protecteurs : cela n'enlèverait rien à la portée de ses paroles qui, par-dessus l'individu, atteignent l'espèce.

De certains ordres religieux assez décriés en Espagne, à cause des vices qui leur étaient propres ou qu'on leur prétait volontiers, Cervantes n'a rien dit dans son roman ; mais il n'a pas omis d'y faire figurer un type d'exploiteur de la religion fort répandu de son temps : l'ermite, sorte de malandrin à longue barbe vénérable, à figure béate, dont tant d'auteurs nous ont dénoncé les honteuses pratiques et la cynique existence. « Nos ermites d'aujour- (( d'hui, observe Don Quichotte, savent se (( sustenter de volailles, ils ne ressemblent (( pas à ceux des déserts d'Egypte qui se c( vêtaient de feuilles de palmier et se nour- « rissaient des racines de la terre*. )> Et Cervantes a beau pallier cette critique en déclarant que, puisque tout va mal, mieux vaut encore l'hypocrite qui affecte la vertu que le pécheur qui étale son indignité, il ne parvient pas à nous donner le change sur ses sentiments; rien ne devait autant répugner à sa

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