CERVANTES ET L ITALIE
sonnes. Mais la personnalité clans la critique est un autre écueil. Trop souvent la dispute littéraire dégénère en une diatribe où l'adversaire seul est visé : ce ne sont plus les fautes de l'écrivain, ce sont les travers de l'homme qu'on dénonce et qu'on persifle. Aujourd'hui même un étranger s'étonne de la place considérable que les questions personnelles, les piques entre écrivains de partis politiques ou religieux opposés prennent dans les discussions littéraires en Espagne*.
Les divers morceaux de critique insérés dans le Don Quichotte n'ont pas tous une égale valeur. Tel roman de chevalerie loué ou déprécié, telle pastorale ou tel poème épique dont Cervantes explique les mérites ou les faiblesses ne nous occupent pas. Ces œuvres fanées nul ne les lira plus; partant ce qu'en pense notre auteur nous importe infiniment peu. Les jugements de Cervantes qui ont conservé leur intérêt sont relatifs au théâtre ; mais, avant de les examiner, il convient de nous rendre compte de sa doctrine. Cervantes est avant tout un disciple de l'Italie, un élève enthousiaste de celui qu'il nomme le divin Arioste'.
1, Voyez, par exemple, les Ripios de Valbucna.