Bibliotheca hispana nova, Madrid, 1783, t. I, p
146 lî. LE LAZARILLE DE TORMES.
plement, sans même les discuter : preuve évidente qu'il n'en savait pas plus long sur le sujet que ses prédécesseurs. Mais, telle est l'autorité de ce savant, qu'une attribution consignée par lui dans son livre, alors même qu'il ne la recommanderait pas, passe focilement pour chose avérée, pour article de foi. Ici, en reléguant à la fin de sa notice la version de Sigiienza, Antonio en a diminué la valeur ; on s'est habitué à n'en parler qu'après l'autre, quand, au contraire, on devrait l'examiner tout d'abord, ayant été formulée la première et en termes relativement précis.
Avant d'aller plus loin et de poursuivre méthodiquement cette enquête, demandonsnous qui était ce Mendoza, dont le nom est ainsi venu s'attacher au Lnzarille.
Diego Hurtado de Mendoza, surnommé le Savant^ appartenait à l'une des branches les plus illustres de cette grande maison de Mendoza, qui passe, ajuste titre, pour une des premières d'Espagne. Nulle n'a récolté plus de gloire, nulle n'a été plus puissante, plus fastueuse et plus riche. Et quoi de comparable à son origine, qu'une belle légende remonte
1. « Don Diego Hurlado de Mendoza el Sabio » (Cabrera, Historia de Felipe II, Madrid, 1877, t. III, p. 356).