‹ Études sur l'Espagne (volume 3)Chapitre 72 sur 206 · D. DIEGO DE MENDOZA · texte numérisé non relu

D. DIEGO DE MENDOZA

jusqu'au Cid Gampeador dont les Mendoza auraient gardé les armes? Mendoza — chacun le sait — porte de sinople à la bande de gueules bordée d'or, « parce que le Cid répandait le <c sang des Maures, qui est rouge, dans le (( champ, qui est vert^ w : héroïque blason, auquel une alliance joignit plus tard ÏAve Maria des Vega, gagné au rio Salado par le preux Garcilaso ^ Au commencement du XVII® siècle, cette gigantesque famille comptait soixante majorats, dont beaucoup étaient titrés, et de quels titres ! Duc de l'Infantado, titre du chef, qui, à lui seul, commandait à trente mille vassaux, la plupart nobles'^; marquis de Santillana, comte du Real de Manzanâres ; comte de Saldana ; marquis de Mondéjar ; comte de Tendilla, etc.

Né à Grenade, qn 1503, notre Don Diego

1. « Blason de armas abreviado, por Garci Alonso de Torres, rey do armas, llamado Aragon, del sefior rey Don Fernando el 5" » (ms. de la Bibliothèque nationale, Esp. 347, fol. 106).

2. Ce Garcilaso, on ne l'ignore pas, tua le Maure qui avait profane le divin emblème en 1 attachant à la queue de son rlioval.

.]. « El [sefior] de mas vasallos, pues tiene Ireinta mil, y les mas hidalgos : el duque del Infantazgo » (^Miscelanea de Zapata ; dans le Mémorial histôrico espanol, Madrid, 1859, t. \I, p. 56).

était le cinquième fils d'Inigo Lopez de Mendoza, deuxième comte de Tendilla, et de Francisca Pacheco. Dans une telle famille et à une telle époque les cadets se tiraient d'affaire. Diego essaya d'abord de l'église*, étudia à Salamanque, mais, à ce qu'il semble, renonça de bonne heure à la carrière ecclésiastique, et partagea son temps entre les armes et les lettres. Il se rendit en Italie, où souvent on le vit déposer la pique pour entendre les leçons des doctes maîtres de Bologne, de Padoue et de Rome. Cette éducation, à la fois militaire et savante, devait en faire un des hommes les plus accomplis de son temps et le

1. « En su mocedad siguiô la profession ecclesiastica « ... Siendo embaxador en Venecia dexo aquellos habitos con « occasion de embiarle el emperadqr Carlos V por embaxador « a Roma, en tiempo del papa Paulo III » (Baltasar de Zuniga, Brève memoria). La profession ecclésiastique de Mendoza, qu'on a, bien à tort, révoquée en doute (W. I. Knapp, Obras poéticas de D. Diego Hurtado de Mendoza, Madrid, 1877, p. xvi), nous est confirmée par l'intéressé lui-même : « El lugar « que todos los embajadores de V. Md... han tenido era cabe « el papa... Dicen que se da por razon de la persona. Sea por « lo que fuere, yo lo tengo; y, para este efecto y para estorbar « muchas speranzas que se tenian en mi clerecia, ...me he « puesto habito de lego » (Mendoza à Charles-Quint, Rome, 2 mai 1547; Dokumenie zur Geschichte Karl's V, Philippe s II iind i/irer Zeit, publ. par J. von DôUinger, Ratisbonne, 1862, p. 59).

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