‹ Études sur l'Espagne (volume 4)Chapitre 160 sur 197 · ÔZO V. L ESPAGNE DU « DON QUICHOTTE · texte numérisé non relu

ÔZO V. L ESPAGNE DU « DON QUICHOTTE

toujours il l'a fait sur un ton de mépris et de haine. Point de grâce pour cette canaille moresque qui est notre vermine ! Voyez-les : ils sont sobres et engendrent beaucoup, car la sobriété augmente les causes de la génération ; ils travaillent et, comme ils travaillent, ils gagnent et nous prennent tout notre argent monnayé ; leurs filles n'entrent pas en religion et ne demeurent pas comme les nôtres stériles ; leurs fils ne vont pas à la guerre et n'en reviennent pas comme les nôtres estropiés ou fourbus ; ils n'étudient pas, car qu'ont-ils d'autre à apprendre sinon l'art de nous voler, et cet art leur est inné. Bénie soit l'héroïque résolution de notre saint roi Philippe, qui, dans sa sagesse, a pris^ sur lui de déraciner cette plante venimeuse, de purger l'Espagne de cette peste maudite ! Un père dominicain n'eût pas mieux dit. Pauvre Cervantes ! Ce qu'il avait réclamé ajuste titre contre le musulman d'Afrique n'eut aucun écho et ne se fit point ; ce qu'il conseilla et approuva, au mépris de l'équité et du bon sens, contre le musulman d'Espagne ne se fit que trop complètement, hélas ! et pour le plus grand mal de ceux-là même qui espéraient en tirer profit. Mais n'est-il pas piquant de constater que cet ennemi farouche de l'infidèle est parfois

Page 1