D. Q., II
G'ii V. l'espagne du « don Quichotte ».
(( que je ne porte pas le Don et que personne « dans ma famille ne l'a porté. Je me nomme « Sancho Panza tout court; mon père s'est u nommé Sancho, et mon grand-père Sancho, « tous furent Panza, sans addition de Dons ni « de Dohas. J'imagine qu'ici il doit y avoir « plus de Dons que de pierres ; mais suffît et à « bon entendeur, salut. Si je dure plus de « quatre jours dans ce gouvernement, peut- (( être m'occuperai-je à échardonner ces « Dons^, )) etc. Ainsi faisait justice de ce tic puéril le sens droit et avisé du paysan. Son avis ne fut pas écouté alors et la donification continua de fleurir et de prospérer; mais l'Espagnol finit par donner raison à Sancho. En étendant à tout le monde, comme il l'a fait, ce titre, devenu cà la longue une simple formule de courtoisie, il lui a du môme coup retiré ce qu'il avait de prétentieux. Quand chacun est Don, il n'y a plus de jaloux.
L'/?ic?«/^?//67«e cependant n'a pas tout envahi. Si peu que ce soit, il est des Espagnols qui s'occupent, se donnent de la peine, travaillent de leurs membres ou de leur cerveau. Les nobles pauvres même ne se résignent })as tous à croupir dans l'oisiveté misérable de la vie