VOLTAIRE ET LA GUITARE
ont tiré si bon parti : la femme espagnole avec son poignard passé dans sa jarretière.
Voltaire est tout aussi méprisant, mais avec moins de grâce. Il se sert déjà de lieux communs: la saine philosophie. Intolérable, ce pays où « la saine philosophie fut toujours « ignorée ». Suit la ritournelle sur l'Inquisition :
« L'Inquisition et la superstition y perpétuèrent les erreurs scolastiques, les mathématiques y furent peu cultivées, et lés Espagnols, dans leurs guerres, employèrent toujours des ingénieurs italiens. »
Puis, la femme et la guitare :
« Les femmes, presque aussi renfermées qu'en Afrique, comparant cet esclavage avec la liberté de la France, en étaient plus malheureuses. Cette contrainte avait perfectionné un art ignoré chez nous, celui de parler avec les doigts : un amant ne s'expliquait pas autrement sous les fenêtres de sa maîtresse, qui ouvrait en ce moment-là ces petites grilles de bois nommées jalousies, tenant lieu de vitres, pour lui répondre dans la même langue. Tout le monde jouait de la, guitare, et la tristesse n'en était pas moins répandue sur la face de l'Espagne. Les pratiques de dévotion tenaient lieu d'occupation à des citoyens désœuvrés*. »
Voltaire cependant avait eu, entre autres, une belle occasion de s'occuper sérieusement