Acte l^'', scène
?10 III. l'histoire dans Rl'Y BLAS.
plus d'écrire correclement Inigiiez' — ; quant à Iviza, nom d'une île, qui n'a rien de commun avec l'ancêtre présumé des Bazan, c'est une simple cheville. Continuons. Pedro de Bazan vivait vers 1450 : il n'a pas pu être, en conséquence, petit-fils d'Iîïiguez, en admettant que ledit Iniguez ait existé ; et pour Marianne de Gor, femme prétendue de Pedro, c'est une invention du poète. Jean ne fut point général de la inei' océane, ce titre n'ayant été conféré qu'à Alvaro de Bazan, premier marquis de Santacruz, arrière-petit-fds de Pedro. Enfin, les titres de marquis de Finlas et de comte de Garofa n'ont jamais été portés par un Bazan ni par aucun autre Espagnol, par la raison excellente que ces deux noms sont des coquilles de VÉtat présent de l'Espagne. L'abbé de Vayrac, parlant du grand Alvaro de Bazan, premier marquis de Santacruz, rapporte, en effet, qu' « il étoit fils de Don Alvare de Bazan, seigneur de Finlas et de Garofa'- ». Mais Finlas et Garofa sont ici, par erreur de lecture et de transcription, |)our Fondas et Goi'afe^ seigneuries (non pas marquisat ni comté) du loyaume
1. En revanctie, le nom de Leganés est écrit Legaùez à l'acte III, scène 2.
"2. Ktdt i)résenl de F Es[>agnp, t. 111, p. 15'i.
DON GURITAN. •^11
de Grenade qui appartenaient aux Bazan de la branche de Santacruz. Ce n'est pas tout. Hugo a trouvé le moyen d'accumuler d'autres erreurs encore à propos de ces Bazan. Ce Don Salluste, prétendu marquis de Finlas, il le nomme « chef de la maison de Bazan » (acte P"", scène 1), alors que ce chef était le marquis de Santacruz ; il place Fijilas en Castille, quanti Fonelas est en Andalousie, et met Garofa près de Velalcazar, ville de la province de Cordoue, quand Gorafe fait partie de celle de Grenade. Pour lout couronner, il donne au pseudo marquis et au pseudo comte des prénoms, Don Salluste et Don César, qui ne sont ni Tun ni l'autre espagnols. Don Guritan, nom du père noble, l'est encore moins. Est-ce même un nom de baptême possible dans une langue moderne quelconque? Humblement, nous avouons ne pas savoir où l'auteur de Ruy Blas a été dénicher ce prénom bizarre et qui rappelle un peu Buridan. .Mais le vieux beau, amoureux })latonique de sa reine, n'a pas que ce nom-là. Il s'appelle facte II, scène 4) :
Don Gaspar Guritan Tassis y Guevarra (s'/c). Comte d'Ofiate ;
il est majordome de D^ Maria (acte P'', scène
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3), et fait pendant à la duègne, c'est-à-dire à la camarera mayor, duchesse d'Albuquerque.
L'histoire, ou, ce qui revient au même ici, Tabbé de Vayrac parle d'un « Diego Gaspar Yelez « de Guevarra [sic] et Tassis, onzième comte « d'Onate et de \'illamediana, marquis de « Guevarra et de Gamporeal, chevalier de « l'ordre de Calatrava m, qui vivait à la fin du xvii° siècle, mais qui ne remplit point auprès de Marie de Neubourg les fonctions de majordome'. Hugo a interverti les apellidos de ce comte d'Onate et sacrifié Diego et Yelez au nom étrange de Guritan.
En ce qui concerne les personnages secondaires, nous avons vu déjà que les marquis del Basto et DE Priego viennent de la liste de Solo Madrid es carte, où ces deux titres sont inscrits à la suite l'un de l'autre. Le marquis de Santa-Gruz procède de la notice consacrée à ce marquisat par l'abbé de Vayrac ; le comte DE Gamporeal, chevalier de Galatrava, répond au « ?narqins de Guevarra et de Gamporeal » de la notice Onato du même ouvrage, et enfin le comte d'Albe a été pris au hasard, soit dans de Vayrac, soit dans Nunez de Gastro, mais plus probablement dans le premier.