SÂLM PROTEGE DE LÀ REINE
a dans le militaire^ », Au surplus, Tintervention de la Reine en cette affaire nous est confirmée par le mentor que Marie-Thérèse avait placé auprès de sa fille : « II a été question, écrit Mercy-Argenteau, a de choisir les officiers supérieurs qui seront em- « ployés pendant la campagne prochaine, soit en a Europe, soit en Amérique, et la protection de la « Reine a beaucoup influé dans ce choix, particu- « lièrement en faveur du marquis de La Fayette, du (( vicomte de Noailles et du prince Emmanuel de « Salm, frère de la princesse de Starhemberg. Ge « dernier, qui est passé depuis peu du service « d'Espagne dans celui de la France, vient d'obtenir « un régiment étranger avec lequel il se rendra en (( Amérique, faisant partie du secours destiné aux « Etats confédérés* ».
Sur le point donc de se rendre en Amérique, le prince de Salm crut devoir se munir de lettres d'introduction auprès de grands personnages et de hauts fonctionnaires du Nouveau-Monde ; il fit appel d'abord à son beau-frère, le duc de Tlnfantado, qui lui en remit pour le Mexique et Cuba, puis encore à d'autres amis d'Espagne et de France. La lettre de Franklin adressée à Washington mérite d'être reproduite :
1. Marie-Antoinette à Marie-Thérèse, 16 mars 1780 (C7orrespondance secrète entre Marie- Thérèse et le Comte de Mercy» Argenteau, Paris, 1874, t. III, p. 407).
2. Mercy-Argenteau à Marie-Thérèse, 18 mars 1780 (/ôtrf., t. III, p. 409).
GRANDS D ESPAGNE
Dear Sir,
Passy, Mar. 25. 1780.
The Bearer of this, M. le Prince Emanuel de Salm, Colonel Commandant of the Régiment d'Anhalt, supposing is possible that the Opérations of the ensuing Campaign may bring him near to your Excellency, bas desired of me a Line of Introduction. He bears hère an excellent Gharacter, is highly esteem'd by ail that hâve the Honour of his Acquaintance, and I make no doubt of your receiving great Pleasure in his Conversation. With the highest Esteem & Respect, I am Your Excellency's most obediens & most humble Servant
B. Franklin.
His Excella Gen* Washington » .
Ces belles recommandations ne furent point remises aux destinataires, par la bonne raison que Salm ne partit pas. Comme nous l'apprend en effet un « précis historique » de l'ancien régiment d'Anhalt conservé dans les papiers de Salm et rédigé même, à ce qu'il semble, sous ses auspices', ce régiment, après avoir tenu garnison, en 1780 et 1781, à Quimperlé, Saint-Pol-de-Léon, Landerneau et Guingamp, comme faisant partie de la seconde division de l'armée d'Amérique commandée par le marquis de Rochambeau, fut, lors du licenciement de cette division, employé sur les côtes de Bretagne, puis envoyé à Schlestadt en Alsace où il arriva en novembre 1781. Aucune fraction du régiment d'Anhalt