Arch. Nat. T
GRANDS d'eSPàGNË
que vous me trouviez encore moins d'esprit que vous ne m'en croyiez, mais au moins ne pourrez vous me refuser que, si j'ai peu d'esprit, j'ai au moins beaucoup de modération.
Je suis avec respect votre très humble et obéissant serviteur.
Constantin, prince de Salm Salm*».
Puis ce fut au tour de Tonde Emmanuel. Constantin lui en voulait, premièrement, de toucher une pension de 3.000 livres sur les biens de Salm Salm, ce qui grevait d'autant le budget de la principauté dont les finances étaient, à ce qu'il semble, en fort piteux état ; et, secondement, d'avoir conclu l'affaire du régiment sans son aveu : aussi un des premiers actes de son « gouvernement » avait-il été de suspendre le paiement de la pension. Cette mesure valut au neveu ingrat une verte semonce de l'oncle dépossédé, qui se prévalut surtout, et du service signalé qu'il avait rendu à la maison de Salm en lui assurant un régiment superbe, et des sacrifices pécuniaires qu'il avait dû faire à cette occasion :
« J'ai payé, écrit-il, 60 ,'000 francs au prince d'Anhalt; j'ai renoncé de plus à des appointements de 12,000 francs. Vous croyez bien que je pouvois garder le régiment pour moi, puisque c'est à moi seul qu'il avoit été donné ; c'étoit une propriété au moins de cent mille écus.... mais j'ai cru devoir préférer la gloire de la maison, en me réservant quelque faible et légitime dédommagement. Je conçois que vous auriez aimé que je misse à vos pieds
i, Arch. Nat. T 1541-3.