‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 156 sur 212 · Arch. Nat. T · texte numérisé non relu

Arch. Nat. T

2. Grillon à Salm, de Paris, le 19 juin 1783 (Mémoirts de Malouet, éd. de 1868, t. II, p. 456).

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t de suivre Emmanuel de Salm dans sa carrière de mestre de camp propriétaire du régiment de son nom. Les lettres du ministre ou de l'inspecteur, les ordres et autres papiers de service, tout cela peut avoir de l'importance aux yeux de l'homme du métier, mais ne nous renseigne guère sur le caractère de notre personnage. Ca et là sans doute quelques détails de cette vie militaire mériteraient d'être approfondis ; et l'examen de ces dossiers nous révélerait des choses assez curieuses sur l'esprit des régiments étrangers à la fin de l'ancien régime, la conduite des officiers, le degré de discipline qu'ils pouvaient imposera leurs hommes, etc. Nous les signalons, en passant, à nos zélés historiens militaires, d'autant plus que le 62* régiment d'infanterie, qui relève en partie du ci-devant Salm Salm, a récolté de beaux lauriers et qu'il y aurait lieu de consacrer à ses fastes une notice tout autrement détaillée que celle qu'a publiée récemment la Petite bibliothèque de l'armée française '. Parfois Salm avait maille à partir avec ses officiers, des gentilshommes turbulents et libertins qui se pliaient mal aux exigences de la discipline et surtout supportaient difficilement d'être commandés, ce qui n'était pas rare alors, par des supérieurs sans naissance. Un scandaleux exemple d'insubordination et d'inconduite fut donné entre autres par un sous-lieutenant du régiment, le

GRANDS d'eSPAGNE

comte de Tende-Savoie, qui, malgré les prérogatives attachées à son nom, dut quitter le corps. Mais ne déflorons pas ce sujet qu'il faut laisser intact au futur historien du régiment d'Anhalt-Salm Salm» et revenons au prince Emmanuel.

La Révolution approche ; TAssemblée Nationale va tranformer les « armées du Roy », supprimer les commandements des princes étrangers et répartir leurs régiments dans la nouvelle organisation de Tarmée française. Comment Salm, le prince allemand protégé de la Reine, parent et ami de tout ce qui allait bientôt emplir les prisons, passer sous le couteau de la guillotine ou fuir à l'étranger, comment Salm se tira-t-il d'affaire au début de cette période et comment traversa-t-il cette longue et effroyable crise ? En 1790, Salm figure encore à VEtat militaire, mais il nous parait douteux qu'il ait effectivement exercé son commandement pendant toute la durée de cette année. Son régiment était alors à Metz et prit part à une insurrection militaire dont le marquis de Bouille conte ce qui suit : « Je c< fus au premier régiment qui prit les armes pour (( s'emparer de la caisse militaire et des drapeaux, « je haranguai les soldats... C'était un régiment « allemand [Salm Salm), dont j'espérais tirer meil- (( leur parti que des autres. Je me trompai ; il y mit « plus d'ordre et de méthode, mais autant d'opi- « niâtreté*.» Peut-on admettre, dans ces circonstances, la présence du colonel-propriétaire au milieu

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