‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 191 sur 212 · La Gazette, dit le · texte numérisé non relu

La Gazette, dit le

LETTRES DE YIERA A CAVANILLES 381

Bossarie, puis deux pensionnaires du Roi, D. Eugenio Izquierdo, le naturaliste, et D. Francisco Angulo, élève de Tabbé de L'Epée. Le mariage du marquis de Santa Gruz avec la comtesse Marie-Anne de Waldstein, préparé et décidé sans doute par les tantes du marquis, fut célébré à Vienne en grande pompe, le lundi de Pâques, 16 avril 1781, et déjà, le 18, les nouveaux [mariés quittaient la ville impériale. Le voyage de retour eut lieu par Munich, Augsbourg, Ulm, Manheim, Worms, Mayence, Bonn, Cologne et Bruxelles. Dans cette dernière ville, le marquis et sa femme séjournèrent quelque temps et y furent très fêtés par les Starhemberg, les Ligne, les Aremberg, etc. De Bruxelles nos Espagnols se rendirent à Mons, où la marquise avait une sœur chanoinesse, et de là à Paris. On peut penser si Viera fut content de retrouver son Hôtel de Tours, son perruquier M. Millet, son ami Ga vanilles et ses protecteurs, le duc et la duchesse de Tlnfantado. Ceux-ci avaient alors changé de demeure ; ils habitaient à Paris un hôtel rue de Grenelle Saint-Germain, et, à la campagne, la propriété de la Chevrette (peut-être l'ancienne résidence de M"** d'Epinay). Le 18 mai, les Santa Gruz vinrent visiter cette propriété ; ils s y rencontrèrent avec la duchesse de Bouillon, le prince Charles de Salm, Tabbé Chaligny, etc. Le lendemain, la marquise fut présentée à sa compatriote Marie-Antoinette, et le reste de la journée se passa à visiter Versailles et le Petit Trianon. Pendant un mois, la colonie espagnole ne fut occupée qu'à recevoir et à divertir la jeune marquise de Santa Gruz, qui ne passa pas un jour sans être invitée ou promenée par quelque ami ou parent de son mari. Viera de son côté ne perdit pas son temps ; il visitait les savants qu'il connaissait déjà, passait de longues heures avec Emmanuel de Salm dans l'appartement que celui-ci avait loué alors dans une maison du Pont-Neuf, naviguait et péchait dans le grand étang de la Chevrette, ce qui ne Tempêchait d'accompagner le soir son marquis et

de dîner copieusement chez Aranda ou Veraguas. Un jour il se rencontra, chez D. Eugenio Izquierdo, avec «le « malheureux réfugié 01a vide, qui, sous le nom de comte « de X., se laissait voir de peu de personnes à Paris. »

Le 12 juin 1781, le marquis et la marquise de Santa Cruz prirent la route d'Espagne, et, le 29, arrivèrent à Saint-Sébastien où la marquise fut bien étonnée de voir la « figure gothique » de son beau-fràre D. Pedro de Silva, non plus costumé en abbé à la mode, mais en ecclésiastique espagnol, avec les cheveux courts et le cha* peau « en tuile ». Enfin, le 11 juillet, la jeune dame autrichienne passait le Guadarrama et entrait avec sa suite à Madrid, La deuxième lettre de Viera qu on va lire plus bas, et qui est du 21 juillet 1781, rend compte précisément des derniers jours de ce voyage et des débuts de Marie-Anne de Waldstein à la cour d'Espagne.

Bayona, i° de agosto de 1778.

« Monsieur Tabbé V***, uno de los dos curas espanoles de la comitiva de los Ex^^* S"» Duques del Infantado que el afîo pasado empezamos à instalar aqui en el augusto trage de abates de la yglesia galicana, llego antes de ayer a esta ciudad, en donde hahorcarà otra vez dichos habites, harà demision de la abadia y volvera à ocultar las piernas, à trasquilarse los cabellos y desplegar las sopalandas^ Nos ha parecido mas salvage y mas barbaro que antes de haber ido à Paris ; pero lo atribuimos à los dos dias y medio que pas6 en el horroroso desierto de la tierra de maldicion que llaman las Landas, tierra de quien la naturaleza ha sido madrastra, pues le ha negado todas sus riquezas, todas sus gracias y sus dones.

1. En arrivant en France, Viera et Cavanilles araient pris le petit collet et s'étaient -£ait coiffer à la mode des Met, français {Viage d Francia y Flandes, pp. 10 et 38).

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idas, antes de la famosa e habitant OB, en aquella de que no tenemos la Ustigia por la qualjurai desierto de arenales y nada circunferencia.

plantas el estramonio ponaofioso y el helecho ; sua aves la chicharra ; sus habitantes un oe sal va ^es Franceses; el lenguage un patois ininteligible ; los pueblos camadas de liebres ; los hombres montadoB sobre zancos y las mugeres desmontadas de los zapatos. No hay batidero, no hay camino en esta Libia à Arabia desierta, y el mejor modo de caminar es procurar Ir por donde jamas han ido los otros. La aguja nautica es aqui tan précisa para seguir el rumbo como en el Occeano. Taies son losparamos que surcaba Monsieur l'Abbé V*** desde las quatro de la maiiana hasla las nuebe de la noche. Taies son las Landas. Pero que ? Todas no son Landas ? Todo no es desierto para el que acaba de dexar à Paris î Que son las agradables riberas del Loire, las fertiles campiîlas del Poitou y del Ang:omois ? Que es el soberbio puerto de Bordeaux, su astillero, su boisa, su teatro comparado con todo lo grande y admirable que bafta el Sena.

Yo te saludo, gloriosa calle del Ynfierno, no tanto por tu triaidad de Feullantes* y lu delîcioso Leuxembourg quanto por tu respetable hôtet de Salm Saim . Dime si todavia posées aquella ylustre princesa, enemiga irréconciliable de los gatos y amiga tierna y apasionada del genero hnmano ; à aquel duque sin par, à aquella mar-

1. Le célèbre naturaliste Jacques-Christophe Valmout de Bomare .

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