‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 2 sur 212 · PROPOS XIII · texte numérisé non relu

PROPOS XIII

ulevés, grâce aux cirue l'on connaît, le con- LX nations.

i pour expliquer les déice de Fernan Nunez et ces parfois peu connus >as été toujours facile, et regretter l'absence d'un ne espagnol, même celle ouvrages généalogiques igne sont notoirement inis erronés. Il est fâcheux, :ourir aux gazettes ou à a moins incommodes à e avec exactitude l'état Ube ou d'un Medinaceli.

que l'on présente auncitera-t-elle quelques mt conservé les archives terroger sur les faits et esseurs. Pourquoi pas?

idrait un autre, et serait, ereux que celui qui conplus ou moins rîmes et a composer aes sonnets ou des dizains dont le spirituel auteur de Chevilles aristocratiques ne se montre pas très satisfait. En tout cas, il serait plus intéressant pour nous.

Mes amis, D. Antonio Maria Fabié, aujour-

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AVANT-PROPOS

d'hui ministre des colonies, et D. Antonio Rodriguez Villa ont pris la peine de rechercher et de faire copier pour moi quelques documents des archives d'Alcalà et de la bibliothèque de l'Académie de l'Histoire à Madrid; je leur en suis très reconnaissant. J'ai aussi des remerciments à adresser à M. le chevalier Alfred d'Arneth qui m'a très obligeamment transmis des renseignements sur certains personnages de la cour de Vienne dont le Dictionnaire biographique de C. von Wurzbach ne parle pas avec assez de détail et de précision.

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26 août 1890.

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LA GRAND.ESSE ESPAGNOLE AU XVIII® SièCLB

Au siècle dernier, sous le gouvernement absolu des Bourbons qu'elle accepta après de courtes et rares hésitations, la Grandesse occupe dans la société espagnole à peu près la même place qu'au temps des derniers rois autrichiens. Elle entoure la personne du souverain et celle de l'héritier présomptif, détient les principales charges du Palais et plusieurs viceroyautés, représente le Roi et la nation dans quelques ambassades, gouverne aussi, parfois, mais beaucoup moins en vertu de son pouvoir et de son prestige de classe privilégiée que du mérite personnel et exceptionnel de certains de ses membres. Le service militaire, son premier devoir comme son honneur, elle continue de le fournir; sans grand entrain, il est vrai, et plutôt par convenance, tradition de famille ou nécessité que par amour de la profession. Eteint les rois d'Espagne, depuis Philippe II, l'esprit aire, on le conçoit, ne pouvait continuer long-

2 GRANDS d'eSPAGNÉ

temps k animer une noblesse qui ne songeait qu'à régler en tout sa conduite sur celle du chef de l'État.

Clientèle ordinaire et permanente de ce chef, la Grandesse lui tient vraiment de très près; d'autant plus près qu'il n'existe pas ici de princes du sang, point d'Orléans ni de Condé pour disputer à cette haute aristocratie la prérogative de servir le Roi et l'avantage de jouir de ses bienfaits. Après les membres de la famille régnante, prince héritier, infants et infantes et, le cas échéant, reine-mère, les Grands suivent immédiatement et, ce qui est à remarquer, suivent indistinctement ; car c'est encore un trait de la noble corporation que nul de ses membres n'y a le pas sur l'autre. Plusieurs familles, cependant, pouvaient revendiquer un traitement particulièrement honorable, même une indiscutable préséance : les Medinaceli, tout d'abord, descendants directs des maisons royales d'Espagne et de France, et qui, fort justement, prétendaient posséder une partie de leurs fiefs à titre de compensation ou de « récompense » pour l'abandon qu'ils avaient fait de leurs droits à la couronne^; les Enriquez de Cabrera, issus aussi du sang royal de Castille et héréditairement pourvus de la charge d'almirante; enfin, les Fernandez de VeTasco, connétables de Castille. Mais, en ce qui concerne ces deux dernières familles, Philippe V

1. Encore en 1706, le duc de Medinaceli réclama pour ses biens cette qualité de « récompense » qui devait les mettre à l'abri des revendications de la couronne (Bibl. Nat., Ms. Esp. 153, fol. 1 à 44).

lA GRANDESSE IMMÉMORIALE 3

coupa court aux prétentions qu'elles eussent pu élever en supprimant les charges d'ailleurs purement honorifiques d'almirante et de connétable ; quant aux Medinaceli, ils ne furent pas, dans les premiers temps du nouveau régime, assez bien en cour pour s'assurer une situation privilégiée, que les autres Grands de vieille souche leur auraient, au reste, certainement contestée. Officiellement donc, la Grandesse est comme une confrérie noble où les derniers venus sont admis aux mêmes honneurs que les plus anciens; ce qui, toutefois, n'empêche pas certaines distinctions de s'établir, parce que la tradition et les conventions sociales, toujours plus fortes que les décrets et les règlements, le veulent ainsi. Bon gré mal gré, une diflTérence persiste et se manifeste souvent entre la Grandesse primitive, immémoriale, et la Grandesse datée, comme on nommerait le mieux la seconde catégorie, entre ce petit noyau de neuf à douze familles dont la qualité supérieure fut tacitement reconnue par Charles-Quint en 1520, lorsqu'il hiérarchisa pour la première fois la noblesse espagnole*, et puis tous ceux que la faveur de l'Empereur ou de ses descendants fit passer plus tard dans le clan des élus. Ces quelques familles de premier choix, que distinguaient l^s titres de ducs

1. Le nombre de douze a été prononcé par Diego de Mendoza, qui n'a cité par leur nom que deux maisons : Arcos et Médina Sidonia (Guerra de Granada, liv. lY, § 13). Les dix autres sont indiquées par Luis de Salazar y Castro, Casa de Lara, t. I, p. 538. Si les Medinaceli ne figurent pas dans cette liste, c'est sans doute que l'auteur les considérait comme de sang royal.

4 GRANDS d'kSPAGNK

d'Arcos, de Béjar, d'Escalona, de Prias, de l'Infantado, de Médina de Rioseco, de Médina Sidonia et de Nagera, de comtes d'Aguilar, de Benavente et de Lemos, de marquis d'Astorga, ces familles formaient encore au xviii^ siècle le véritable soubassement de la Grandesse. A elles, en second lieu, étaient venues se joindre, et avec elles tendaient à se confondre peu à peu, beaucoup d'autres bonnes familles de Castille et d'Aragon qui se couvrirent au xvi® et au xvii° siècle. Puis, sous les derniers rois autrichiens, d'assez nombreux Italiens et Flamands, et, avec les Bourbons, quelques rares Français, tous de haute et antique noblesse, grossirent encore la corporation. Voilà, superposées, trois assises, qui, malgré des différences d'origine et quelques inégalités, constituent la partie solide et massive de l'édifice. Mais, de droite et de gauche, les souverains lui construisent des ailes, s'efforcent de le rendre plus accessible et plus spacieux*.

Des faveurs, très fréquentes au xviii® siècle et surtout dans ces temps de luttes et de troubles où le moindre gage de fidélité envers la nouvelle dynastie réclamait une prompte rétribution, poussent des gens de médiocre naissance dans l'enceinte réservée de l'aristocratie espagnole. Ces intrus, quelque utiles à l'Etat que puissent être leurs services, ne sauraient réclamer

1. Il n'y avait pas lieu de parler ici des difiPérences d'étiquette propres aux diverses classes de la Grandesse, « cérémonies, dit Mendoza, qui varient avec les temps et les volontés des princes », et qui sont, à notre point de vue, sans portée.

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