NOUVELLES DE LA COUR
gralement afin de donner une idée du ton habituel de cette correspondance. Inutile de dire que l'ortho- ; graphe du colonel de Y Immémorial est scrupuleu- f sèment respectée ; nous la recommandons aux partisans de la réforme orthographique :
Me vuala de retour, mon cher Salm, du voiage de Bavière. Il a été fort heureux et je Tay pasé en fort bone compagnie, que vous regretes sans doute à Mallorque. Il y a hu de la musique tous les apre-diné. Je lise quelque chose le matein ; et le soir il-y-avet un asamblé nombreuse de Villafranca, Banos et tout se bagage. Les jours de baie, ils venet masqué, et partet après bavoir goûté. J'ay u tout plein de visites, antre otres Catholica, Colorado é Frisendorph, qui voudret bien vous succéder, mais il comance à se détromper et randre justice à la fason de panser de M*. Elle ma acompagné tout les soirs, et n'a été qu'à deux balles. J'y fait ma premier sorti, le jour de S' Ildephonse, pour diner avec M® de rinfantado et asister à son bal. 1er je suis aie au Pardo. Le Roi et tous m'on demandé des nouvelles de ma chambe, sans paser de là ; et se soir je conte aler au baie jusqu'à once eures, car je me porte bien et poin du tout afebli, quoique j'ay craché plus de quatre arrobe, mais sa a été sans la moindre violance ni pêne ; cependent, je suis éprouvé pour l'avenir, et j'ay doné l'ordre de me faire nue cerrure à trois clés, donc l'une gardera M® de l'Infantado, l'otre vottre seur et l'otre Tavara ; vous ne dires pas que je ne suis pas sage.
Je vous félicite de la mort de Medinaceli.... On croi que là veuve partira pour Paris, surtout si son père i reste, come on le croit, malgré qu'on lui donne la presidance des ordres, qu'on croit lui avoir acordé vendredi passé. Vous saves que Medinasidonia est le succeseur de la grand écurie et le chicho Ariza de celle du preince ; et vuala tout. On diset qu'Arcos le seret, et même on
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que les ministres lui parlèrent, mais il s'excusa....
les nouvelles politiques, pasons à les militeres. iain se porte bien (malgré 0')... On cruoit que le r tome des ordonances pourà être imprimer pour il explique en détail le devoir de chacun, depuis cteur jusqu'au soldat, la force et le manège întees corps donc la gratification sera en comun, et a cose de l'ordre donc vous me demandies l'ori- ,e secon tome sera du service de garnison et de et les pênes, et le truasieme de l'exercice et pas o panse à lever de trouasieme batallons, mais la 'y reusir n'est pas encore décidé...
ludrais ettre plus long, car je me plai beaucoup a ivec vous, mais je n'ay plus le temps. Je vous out ce que je sores et soies sur de l'amitié que Lir vous, avec laquel je vous embrase de tout mon
Charles.
re seur suit heureusement sa grosese...
5 une autre lettre, Fernan Nufiez dit que le s ne l'embarrasse pas parce qu'il récrit au t de la plume, sans prétention. Il y parait.
ï lui reprochons pas trop son orthographe, qui, :out, n'est pas beaucoup plus capricieuse que e tant de nos femmes fort lettrées du xvti° et 11* siècle. 11 écrit comme il prononce et deainsi, sans le savoir, nos phonétistes qui ne ineraient pas toutes ses graphies. Au surplus, le importe peu ; ce sont les faits seuls qui nous :nt.
c voyage » de Fernan Nuiiez, il a été dit quelose plus haut; glissons. — Quant aux autres les de cette petite gazette de la cour, il est
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nécessaire de les commenter un peu ; aussi bien profiterons-nous des allusions qu'elle renferme pour présenter au lecteur certains personnages dont il retrouvera souvent les noms dans la suite de ce récit. — Le gros événement du jour, qui a fort ému nos courtisans, suscité des rivalités et des intrigues, c'est la mort du onzième duc de Medinaceli, D. Luis Antonio Fernândez de Côrdoba; il laissait vacante la charge de grand écuyer ety comme cela devait être, les compétiteurs ne manquèrent pas. Ce fut le duc de Médina Sidonia, D. Pedro de Alcantara Ferez de Guzman el Bueno, grand écuyer du prince des Asturies depuis 1765, qui l'emporta. Fort grand seigneur par sa naissance et ses alliances, il passait pour avoir l'esprit ouvert, orné, curieux. Casanova, qui allait à sa tertuliaj le qualifie d' « homme de lettres, sage et solide^; » et Beaumarchais, dans l'étonnant et effronté mémoire qu'il rédigea pour Choiseul lors de son séjour en Espagne (1 764) et où il propose, entre autres extravagances, de procurer une maîtresse à Charles IIP, le recommande chaudement et s'applique
1. Mémoires, éd. Gamier, t. VII, p. 441. Qu'on ne s'étonne pas de nous voir invoquer ici le témoignage de cet auteur décrié. Plusieurs travaux récents ont démontré la parfaite exactitude des renseignements de Casanova sur les choses d'Italie et de France. Nous avons constaté qu'il n'était pas moins bien informé des choses d'Espagne : de celles, bien entendu, qui étaient de sa compétence.
2. Une fille de Charles de Jarente ou Gérente, marquis de Senas, mariée au franc-comtois Maximilien de La Croix, qui entra au service d'Espagne, fut inspecteur général de l'artillerie et du génie et mourut à La Corogne, le 11 avril 1768»
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à démontrer combien il conviendrait que ce duc fût nommé ambassadeur en France à cause de ses talents et de ses sentiments très français, ce Son enthou- (c siasme pour tout ce qui vient de Paris, son goût (c décidé pour la littérature qui luy fait mépriser les « usages et l'ignorance espagnolle, et surtout la (( tournure de son caractère qui le rend si propre à « être séduit, enchanté et enchaîné par M. de Choi- (( seul me l'ont fait rechercher plus qu'un autre et <c l'heureuse découverte que j'ay faite de l'extrême (( envie qu'il aurait d'être nommé à l'ambassade de « France m'a confirmé que j'avois très bien vu « d'abord ^. » Choiseul dispensa Beaumarchais de lui trouver un ambassadeur agréable en coupant court à l'intrigue. Le futur auteur du Mariage de Figaro en fut pour ses frais et, en dépit de ses efforts, le duc ne vint point à Paris. La charge d'écuyer du Prince qu'il quitta en 1768 fut donnée, comme le dit Fernan Nunez, à D. Joaquin Antonio de Palafox, sixième marquis d'Ariza. Voilà, en somme, d'intéressantes nouvelles pour nos deux jeunes chambellans, qui ni l'un ni l'autre n'avaient rien de si élevé à prétendre, mais qui, placés dans la coulisse et très au courant des ambitions et des manèges d'un
étant capitaine général de la Galice. Le baron de Gleicfaen donne sur la marquise de curieux détails dans ses Souvenirs, pp. 166 et suiv.
1. Mémoire sur l'Espagne. Comédie Française, Papiers mss. de Beaumarchais, t. III. Ce passage ne figure pas dans l'édition dudit mémoire publiée par Ed. Fournier, Œuvres de Beaumarchais, Paris, 1876, p. 745 et suiv.
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chacun, n'en jouissent pas moins en spectateurs dé- * sintéressés de ces incidents de palais. — Don Carlos nous parle aussi de deux grandes dames. En premier lieu de la veuve de Medinaceli, D* Maria Francisca Pignatelli y Gonzaga, fille du comte de Fuentes, ambassadeur en France, et par conséquent sœur du séduisant marquis de Mora, première victime des feux de l'ardente M"° de Lespinasse. L'autre, la duchesse douairière de l'Infantado, à qui le colonel de V Immémorial compte remettre une des clefs de sa vertu, était sa cousine germaine. Femme d'âge déjà, puisqu'elle mourut à soixante-trois ans en 1770, D* Maria Francisca de Silva avait, par son mariage avec le marquis de Tavara, porté le duché de l'Infantado dans la maison de Tolède. Son fils, titré marquis de Tâvara, du vivant de sa mère, devint plus tard douzième duc de l'Infantado. C'est lui qui avait épousé la princesse de Salm, sœur de notre Emmanuel. — Parmi ses amis, Fernan Nunez mentionne quelques diplomates : le prince délia Cattolica, ambassadeur de Naples à Madrid, de 1761 à 1770, puis grand écuyer de la reine Caroline, « homme ce dévoré d'ambition et qui se croit propre à tout... « peu délicat sur les moyens d'arriver à ses vues * ; » un autre prince, François de Paule Gundaccar, prince de Colloredo Mansfeld, ambassadeur impérial près la cour d'Espagne de 1767 à 1770, et le baron
1. Mémoire du baron de Breteuil sur la cour de Naples en 1773 (Aff. Etr. ; Naples. Mémoires et documents, vol. 1. fol. 100).
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iesendorf, atiDistrc plénipotentiaire de Suède ; de hauts foDctionnaires, ou grands officiers de ir: le comte de Baâos, D. Joaquin Manrique îiiga, qui avait été grand écuyer et grand mai- : la reine Isabelle Farnèse et devint plus tard I président du Conseil des Ordres ; le marquis de ranca, D. Antonio Alvarez de Toledo, et surtout ime, le duc d'Arcos, D. Antonio Ponce de Léon, lue de Baâos du vivant de son frère. Don Fran-
auquel il succéda, en 1763, dans le duché }s. Très magnifique seigneur, d'une générosité ne libéralité excessives qui causèrent l'admi-
de Casanova ', Arcos avait fait, dans sa jeu- . les campagnes d'Italie et s'y était fort hoDOnent comporté ; il fut créé capitaine de la ignie espagnole des Gardes du Corps et plus apitaine général. Charles III, qui ne prodiguait 1 royale amitié, avait pour lui une affection particulière,
'oilà pour les nouvelles politiques, passons à les ires, a comme ditFernan Nunez. En fait de mi- , il n'était question alors que de la prochaine puion des Ordonnances, ces fameuses ordonnances ïpuis plus d'un siècle régissent encore l'armée Qole et dont le principal rédacteur fut le colonel itonio Oliver, secrétaire de la dernière junte èe de les préparer '. L'œuvre, commencée sous
'émoires. t. VII, p. 454 «514.
rdenaasas de S. M. para el régimen, disciplina, lubor'
»n T servicio de sus exércttos. Madrid. 1768. 2 vol. 4°.