LE COMTE DE RICLA ET LA NINA
ce qui représentait une rente annuelle de huit mille réaux. « L'augmentation de mes royales finance ces est venue à point », écrit-il au comte de Ricla, capitaine général de Catalogne, plus tard ministre de la guerre, « mais ce n'est pas tout que d'avoir « une commanderie, on prétend qu'il faut encore c< être chaste. Toi, qui mieux que personne connais « l'importance de cette obligation, tu voudras bien « me donner les lumières nécessaires pour que je « puisse m'y conformer ^ » Les mémoires de Casanova et les renseignements qu'on y peut recueillir sur les fantaisies erotiques d'une drôlesse appelée Nina, qu'entretenait à Barcelone le capitaine général, prouvent que Salm s'adressait bien * : la chasteté de Ricla valait à peu près celle du colonel de Brabant qui ne valait pas non plus grand' chose, comme en témoigneraient, au besoin, certains débris qui nous ont été conservés de sa correspondance d'Espagne. Ainsi qu'il était à prévoir, le nouveau commandeur, pénétré de reconnaissance, éprouve le désir de « baiser la main au Roi » pour la faveur insigne qui lui a été concédée; excellente occasion, et qu'il saisit aussitôt, d'obtenir un congé et de reprendre l'air de la cour que les habitudes de la vie de garnison ont un peu défraîchi. Comme l'écrit de Cordoue Fernan Nunez, voilà Salm devenu « sehor cortesano », tandis
trazgo de Montesa, t. I, p. 171. Il y a une vue de Culla dans Touvrage de Cavanilles, Ohservaciones sobre el reyno de Valencia, Madrid, 1795, t. I, p. 80.