PRÉPARATIFS DE VOYAGE
(( après àÂranjuez, où ma sœur, Caamano et Monte- « hermoso sont venus me retrouver à midi. Nous (( avons beaucoup causé de toi et du voyage, et, (( après avoir dîné et fait une promenade, nous (( sommes arrivés tous ensemble ici, en bonne santé, « le mercredi 8, à neuf heures*. »
Fernan Nunez rentrait à Madrid, non pour y demeurer, mais pour y terminer les préparatifs d'un grand voyage à l'étranger, voyage qu'il désirait faire depuis longtemps et dont il avait déjà entretenu son ami. Comme beaucoup de jeunes gens de l'aristocratie espagnole, Fernan Nunez tenait à changer d'air, voir du pays, connaître des mœurs et des institutions dont il ne réussissait pas à se former une idée juste dans la société peu éclairée où il vivait depuis son enfance. Le correr cartes (visiter les capitales) était devenu en Espagne une quasi exigence de la mode : point d'éducation complète et raffinée sans un séjour plus ou moins prolongé dans quelque pays voisin, d'où les médiocres et les sots rapportaient des coupes de vêtement et des attitudes, les plus sérieux et avisés des observations et des idées, bonnes ou mauvaises, mais de nature en tout cas à leur ouvrir l'esprit et à étendre un peu leur horizon intellectuel*. Aux motifs ordinaires qui portaient les