‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 6 sur 212 · DÉCADENCE DE LA GHANDESSÊ · texte numérisé non relu

DÉCADENCE DE LA GHANDESSÊ

changé dans la vie morale et intellectuelle de Taristocratiè espagnole. Les Grands jouissent tranquillement du reste d'influence que leur assurent les principes de la monarchie absolue, la faveur du souverain et le respect dont les entoure le peuple. Mais, ne formant pas, à proprement parler, un corps dans l'Etat et n'ayant pas les moyens d'exprimer collectivement leur volonté et leurs aspirations, il est naturel de les voir s'énerver et s'étioler dans l'existence oisive et vide des résidences royales ou de la cour. A la fin du siècle, la Grandesse, qui reste toujours un ornement ou, si l'on veut, un bel attribut du pouvoir royal, perd toute importance politique; il ne lui reste que le prestige des titres et le prestige plus réel, plus eflScace de ses richesses territoriales, puis quelques droits seigneuriaux. Le gouvernement institué par la nation pendant sa lutte contre Napoléon détruit ces deux derniers privilèges; en supprimant les majorats, il disperse les fortunes et divise les propriétés foncières ; en abolissant les droits féodaux, il ôte aux seigneurs ce qui aux yeux du peuple les plaçait dans une catégorie à part, les élevait au-dessus du reste de la nation.

Et maintenant essayons de pénétrer, si possible, dans l'intimité de cette aristocratie espagnole dont les dehors et quelques traits saillants viennent seulement d'être esquissés.

Toute l'histoire de la société française au xviii® siècle se trouve, ou peu s'en faut, dans les mémoires et les correspondances. Il n'en est pas de même pour l'Espagne. Ici, les mémoires nous manquent,

Ghands despagne >agaol n'aimant guère de parti pris se raconter lutres ; les lettres aussi, si par lettres on entend :orrespondance5 semblables aux nôtres, de telles es n'existent pas, car cette littérature épistolaire ose des salons et les salons supposent des femcapables d'en être l'iime et le centre. Or, en igne, peu de femmes, assurément, eussent été tat, nous ne dirons pas de tenir bureau d'esprit, même de présider une réunion mondaine, d'y naitre la causerie et de la diriger. Sans <jue de converser soit étranger aux Espagnols, il est pas moins sûr que leurs tertulias, au siècle ier, avaient pour objet essentiel ou le jeu ou mse ou la galanterie, et que, d'autrepart, leurs ions littéraires versaient tout aussitôt dans le e de r« académie » : on lisait, on déclamait la marquise de Sarria* ou chez ces grandes îs, qui, vers la fin du siècle, se piquèrent de phiiropie et hantèrent les sociétés économiques ; l'on n'y causait pas. De là donc, chez nos voiabsence complète de ces correspondances qui comme l'écho fidèle des propos échangés dans salons, la quintessence ,de notre esprit de so- . Us s'écrivaient pourtant, ne fât-ce que pour >nner des nouvelles, s'entretenir de leurs affaires .e leurs plaisirs, et, à défaut d'autres, ce sont de s lettres, lettres privées, tout intimes, sans

Préaidente àeïÂcademîa delBuen Gusto, vers le milieu riii> siècle (L. A. de Cueto, Poetas Uricos del siglo xviij.

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