‹ Etudes sur l'Espagne (volume 5)Chapitre 60 sur 212 · ARRIVÉE A VIENNE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE A VIENNE

et uniquement occupé de son art. « Quand nous le vîmes », dit Fernan Nunez, « il avait soixante-treize a ans ^ ; malgré cela, après dîner, il se mit au cla- (c vecin, et chanta un peu, comme il le pouvait à (( son âge, et, vraiment, nous laissa entrevoir ce (( qu'il avait été. Il suppléa d'ailleurs à l'insuffisance (( de sa voix en nous disant que, s'il avait chanté, « c'était uniquement pour nous montrer qu'il n'ou- « bliait pas les origines de sa fortune et tout ce qu'il « devait à l'Espagne*. »

L'été suivant. Don Carlos est à Vienne. Son premier bulletin adressé à sa sœur, la duchesse de Béjar, le 21 juillet 1773, parle surtout d'amis communs qu'il a retrouvés et de relations nouvelles qu'il vient de former à la cour impériale. En arrivant, il était en proie à un accès de fièvre qu'une dose de quinine a coupé, mais la faiblesse persiste : son médecin prétend le guérir avec du lait d'ânesse. Ses premières visites ont été pour le prince Colloredo et l'abbé Giuseppe Marchisio, envoyé de Modène à Vienne, précédemment ministre du même Etat à Madrid.

(( Ce dernier semble un homme de bien, ami de ses « amis et prêt à servir tout le monde ; je ne lui (( savais pas ces qualités, mais notre Colloredo, in-

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