‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 102 sur 161 · ETIQUETTE ESPAGNOLE A VIENNE · texte numérisé non relu

ETIQUETTE ESPAGNOLE A VIENNE

cker, dans son Allerneaeste Relation vorriRômisch- KayserL Hofé de 1782, nous informe que le cérémonial de la cour de l'empereur est un mélange de ce grandezza » tempérée par la solidité allemande, qui corrige heureusement ce qu'il y a de capricieux dans le point d'honneur espagnol ; mais laissons- le parler en son jargon :

Wenn man erweget, wie die Spanische Caprice in ail en Sachen auf das Point d'honneur und Ansehen gerichtet; so ist leicht zu erachten, dass dièse Passion, wenn solche mit einer wùrcklichen Solidité verknupffet Avird, durchgànglich einen vortrefflichen und voUkominen guten Effect hat. Dièses letztere nun findet man am Rayserlichen Hofe in der That; dahero auch das erstere vondemselben vollkommen wohl secundiret wird, aiso, dass sich zu der Hoheit und Majestat des allergrôsten Monarchens die Spanische Grandezza am allerbesten schicket, zumahl, da es allhierhôchst vernùnfTtig temperiret ist, und man solches auch nach der Zeit und dem Ort, wo der Kayserl. Hof residiret, einrichtet.

Sous Charles VI, le costume de service, à la cour, était à l'espagnole pour tous, depuis les grands officiers jusqu'aux pages et aux laquais. Les ministres et les chambellans avaient le manteau espagnol de soie ou de drap noir, suivant leur rang; la livrée, également noire avec des passements jaunes, comportait le manteau noir court et le pourpoint passementés de jaune.

Telle était la tenue à Vienne ; mais à Laxenbourg ou à la Favorite, l'empereur tolérait que

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la cour suivit la mode allemande. Au couronnement du roi des Romains, l'étiquetle exigeait aussi le costume espagnol. En 1764, lors du couronnement de Joseph II, la Gazette de Madrid note que le maréchal de la cour portait un (( vestido negro à la espanola antigua^ ».

Nous avons vu plus haut que le point de départ de la révolution qui s'opéra dans le vêtement en Espagne, et qui eut d'assez notables conséquences sociales et économiques, fut un changement d'uniforme militaire au temps de Philippe IV. (( L'armée passe avant tout », comme dit le sainete : Privilegiada es la tropa ! Le clinquant de la soldatesque séduit même les plus pacifiques, et le moins guerrier des hommes aime parfois à se donner l'air martial ; le succès remporté par l'habit à la française auprès de la société espagnole s'expHque donc par ceci qu'il fut d'abord recommandé à la nation par l'armée qui l'exposa à l'admiration des civils. Et comme il était arrivé en France pour la cravate, dont le nom équivalent de Croate rappelait celui d'une troupe étrangère au service de nos rois, en Espagne de même il fut d'usage pendant toute

I . Od pourrait signaler d'autres souvenirs espagnols dans les usages de la cour de Vienne : Marie-Thérèse, par exemple, appelle encore ayo le gouverneur de ses fils {Briefe der Kaiserin Maria Theresia an ihre Kinder und Freundcy publ. par A. von Ameth, Vienne, 1881, t. l^', passim).

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