‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 105 sur 161 · I. Siienos moraleSy éd. de Salamanque, 1753, p · texte numérisé non relu

I. Siienos moraleSy éd. de Salamanque, 1753, p

aÔa VIII. GOLILLE ET HABIT MILITAIRE

litar veut dire simplement être en tenue de ville^ porter Thabit à la française, le long gilet, la cravate, le Jabot, le tricorne, la perruque, etc.*, ensemble qui est Tantitbèse de la grande cape et du chapeau retroussé, conservés par les gens du peuple et une partie de la classe moyenne à Madrid et dans les provinces*. Et le nouveau costume citadin, malgré son nom, se distingue si bien de Tuniforme des soldats que les étrangers

I. Felipe Rojo de Flores décrit ainsi un vestido de nùlitar confectionné dans la première moitié du siècle : « casaca con tontillos (coussinets pour faire bouQer l'habit aux hanches), manga bastante ancha, vuelta redonda, multitud de ojales y botonés de cabeza de Turco, chupa larga hasta cubrir las rodillas, de seda, brocado, raso, ù otra estofa igual, 6 diversa tela que la de la casaca con proporcionado nùmerp de botones, pues quando esto expongo, cuento en una (que presumo se hizo en el aîio- 1733 o'i7a.^)seis docenas de botones muy pequeflos» anuque no ignoro que en los principios eran los botones demasiado gruesos los calzones justos, 6 como se suele decir, calzas atacadas, abundantes lambien de botones, rematando las boquillas con unes lazos 6 cintas, que muchas veces se tapaban con el barulé(le replisdu bas sur le genou, c'est le français bas roulé ; on disait anciennement rouler ses bas^ les retrousser sur la culotte de manière qu'ils fassent un bourrelet autour du genou) de las médias. La peluca era blonda con monos, camisola muy ancha, de la quai se descubria mucha parte por cl pecho y mufiecas : corbata larga, sombrero chambergo, 6 â la chamberga, que era redondo, sin picos, zapatos ajustados con lazos de seda, 6 evillas chicas redondas de acero y tacones altos. » (^Invectiva contra el luxo, Madrid, 179^» p- loa.)

a. Entre autres par l'hidalgo campagnard. D. Juan Antonio de los Héros Fernândez, qui nous trace le portrait du « country squire » castillan de son temps (1775), le montre embozado ensu capa ; voy. ses Dlscursos sobre el comercio dans le Semanario' erudito, t. XXVI, p. i55.

l'habit militaire et la cape 26a

n'omettent pas dans leurs relations de voyage à travers l'Espagne de noter le sens particulier qu'on attache dans ce pays au mot militar :

(( Lorsque l'Espagnol quitte l'habit espagnol pour Yhabit militaire, c'est ainsi qu'on nomme en Espagne l'habit français, il choisit les couleurs les plus vives » , dit Peyron * ; et John Talbot Dillon, parlant de l'épée de cérémonie ou espadia qui a remplacé la longue épée de Tolède, accompagnement obligé de 1' (( old Spanish dress », remarque aussi que ce que l'on nomme (( a military dress » tient lieu de l'ancien vêtement noir universellement porté avant le xviii* siècle^. Mais, comme il est naturel, ceux mêmes que leur condition oblige de monter leur garderobe à la française, ne renoncent pas pour cela au costume national ; ils ont ainsi deux tenues qu'ils mettent suivant les circonstances : « Les grands eux-mêmes, écrit Baretti, en 1760, portent quelquefois ces vilaines capas pour se déguiser. Celui qui a une capa a aussi ses cheveux cachés sous un bonnet de coton, ou sous un filet de soye, et le sombrero par-dessus, c'est-à-dire un chapeau rabattu^. » Il restait donc toujours

I. Nouveau voyage en Espagne fait en 1777 et 1778, Londres, 1782-1783, t. II, p. 149.

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