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LA GOULLE AU XIX* SIÈCLE

Avec la Révolution française et toutes les secousses politiques et sociales qui en furent la conséquence en Espagne, s'évanouit le peu qui subsistait encore d'un des signes les plus représentatifs de l'ancien vêtement espagnol: la pauvre golille, dont l'emploi se trouvait déjà fort réduit en 1789, n'est plus maintenant qu'un déguisement ou une affectation d'archaïsme.

Pendant la première moitié du dernier siècle, elle ornait parfois, concurremment avec une fraise non moins vieillotte, le cou de l'alguacil qui, dans certaines cérémonies, précédait un corps constitué, Valguacilde traje, pour employer l'expression usuelle. Personnage assez ridicule et dont même les écrivains nationaux les moins suspects ô!extranjerismo se plaisaient à railler l'accoutrement hétéroclite et bigarré, « encyclopédie assez complète de costumes et chronique des modes depuis le bon alcaide Hernando de Alarcon jusqu'à nos jours*. » Cet alguacil est encore celui qui introduit la cuadrilla dans l'arène où ont lieu les courses de taureaux; il représente aux yeux satisfaits de la multitude un

I. Bonifacio Gomcz, dans Los Espanoles pintados por si mismos, Madrid. i843, l. I, p. 35o. — Il est à remarquer que l'expression traje de golilla^ au xix» siècle, désigne en général Vancien costume espagnol et non pas spécialement un costume comportant la golillc.

dernier souvenir de la sombre élégance et de la braverie un peu triste de l'Espagne autrichienne. Seule de toutes les pièces du vieil ajustement espagnol, la cape n'a pas péri. En s*allongeant dès le XVIII* siècle pour mieux couvrir et proléger le corps contre l'air pénétrant et pernicieux des hauts plateaux de Castille, elle témoigne toujours de la force de résistance de l'esprit national quand il a la conscience d'être dans le vrai ; les ordonnances somptuaires du « roi éclairé » ne l'ont pas atteinte, elle a même eu la satisfaction de survivre à V habit militaire qu'on voulait lui substituer et qui est allé rejoindre les perruques, les souliers à boucles et les tricornes, pendant qu'elle, la cape, continue d'abriter dans ses plis l'Espagne de tous les âges et de toutes les conditions. Les amis de la couleur locale peuvent se rassurer, la cape n'est pas près de mourir.

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