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FRANCE ET ALLEMAGNE

«xercé, je le crois, une grande influence sur son esprit, qui lui a donné un certain tour, qui a en partie formé l'écrivain et même un peu plus que l'écrivain. L'institutrice belge de langue française et la dame de Saint-Cyr se retrouvent chez Cécile Bôhl. A la dernière, elle a pris avec une langue assez pure qu'elle écrit facilement, un ton d'ancien régime, quelque chose d'aisé et de tout à fait « comme il faut », dont on sent qu'elle a conscience et qui lui donne le pas sur beaucoup de femmes espagnoles, surtout sur certaines femmes auteurs, d'éducation moins raffinée et dont le tact n'égale pas le talent. Enfin, toute sa vie, elle a surtout lu du français. Dans sa jeunesse et avec son père, elle avait «virement abordé les grands auteurs allemands du xvin® siècle et s'en était assimilé quelques parties, et de cette période subsistent dans sa mémoire certains restes, notamment des LieJer qu'elle a dû entendre chanter ou qu'on lui aura fait réciter; mais, le lien qui l'attachait à l'Allemagne une fois rompu, l'âge et les nouvelles relations aidant, elle se tourne de plus en plus vers la France, qui lui fournit sa pâture habituelle : •des romanciers qui l'amusent ou dont elle dis- -cute avec vivacité les tendances immorales, des •publicistes qui la tiennent au courant des ques- 4ions palpitantes, des critiques littéraires qui

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riiistruisent et au jugement desquels elle attache un grand prix. La Revue Britannique et le Correspondant, revues où écrit Latour et par conséquent bien pensantes, plus tard aussi la Revue (les Deux Mondes, lui apportent ce qu'il lui faut pour entretenir son activité intellectuelle et renouveler ses idées. Chose assez surprenante : celte Espagnole ombrageuse, toujours prête à exalter son pays, à proclamer toutes ses gloires, a peu pratiqué les écrivains nationaux. Sauf Cervantes qu'elle paraît connaître assez bien, sauf quelques livres dévots, les œuvres les plus célèbres de sainte Thérèse entre autres, sauf quelques poètes de la Floresta de son père et quelques drames de l'ancien répertoire, la riche littérature espagnole de tous les temps ne tient pas une grande place dans ses préoccupations : elle l'avoue, d'ailleurs, de bonne grâce, dans une de ses lettres à Latour*. La littérature anglaise non plus ne lui est pas familière : si elle a sans doute lu Walter Scott, les grands romanciers contemporains ne l'intéressent pas et il semble bien qu'elle ne leur a rien emprunté. L'antipathie que lui inspiraient la politique de

I. Latour, dans un de ses articles, avait écrit : « Les Espagnols aiment beaucoup leurs poètes qu'ils ne lisent pas. » Làdessus, Fernân s'écrie : « j Que verdad, que verdad, empezando por mi I Pero, ^ quicn lêe tanto, lanto, tanto ? »

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