‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 127 sur 161 · PROTECTION DES ANIMAUX · texte numérisé non relu

PROTECTION DES ANIMAUX

viendrez vous établir chez nous. — Ton oncle G... t*aime donc beaucoup? — Oui, mais ce qu'il aime le mieux, au monde, ce qu*il aime avec passion, c'est ce pauvre enfant malade, la fille de celle qu'il a perdue, et puis les Infants, les S" S''* ducs de Montpensier. »

Ah ! pour cela, dis-je à G..., il n'aime pas des ingrats. Le jour ou la veille du bénéfice des pauvres, j'ai entendu LL. AA. RR. faire le plus grand éloge du général, et je lui racontai la scène qui eut lieu quand l'Infant demanda si on lui a voit envoyé une loge.

Voilà une drôle, mais agréable petite aventure 1 Je vous connais, Monsieur et ami, je crois qu'elle vous intéressera et qu'elle vous amusera comme à moi. Serat-il enfin arrivé à bon port, notre pauvre Tantale ?

On sait quel amour Fernân Gaballero professa toute sa vie pour les animaux, quelle pitié lui inspiraient leurs soufiPrances, quelle indignation les mauvais traitements que leur infligent tant d'hommes brutaux. M. Asensio a conté à ce sujet une jolie anecdote et notre correspondance fait souvent allusion au rôle de protectrice des bêtes que s'était assigné Fernân et qu'elle remplissait consciencieusement, même au risque de heurter certains préjugés. Elle, la farouche Espagnole, qui eût volontiers, en principe, défendu la théorie du bloc, qui admettait tout de la vieille Espagne, l'Inquisition, les moines, tous les fanatismes, elle a pourtant eu le courage de protester contre une des institutions nationales les plus tenaces, les corridas de toros ! Vis-à-vis

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de La tour, pour sauver T honneur et ne pas se donner Tair d'être plus éclairée que ses compatriotes, elle prend, à la vérité, quelques précautions : ce Je ne suis pas seule à penser ainsi », lui dit-elle, « croyez-moi, surtout en théorie, tous les gens d'une certaine éducation protestent contre les corridas ; ils y vont par un entraînement qu'ils déplorent ». Le surtout en théorie ne manque pas de piquant. Ce qu'elle ne pardonnait à personne, en revanche, ce qu'elle condamnait énergiquement et sans atténuation d'aucune sorte, ce sont les cruautés inutiles dont les gens du peuple accablent d'inofFensifs animaux. Un jour, parlant à Latour du travail cérébral qu'elle s'impose et qui la fatigue beaucoup, elle compare joliment sa pauvre tête aux innocentes victimes des arrieros andalous: « \o trato a mi cabeza como nuestros crueles arrieros a sus pobres, cansados y débiles asnos : arre, arre, sin piedad. »

Le travail, son refuge, la meilleure diversion à ses peines et aussi son devoir pressant, l'accablait parfois au point de lui arracher quelques plaintes : « Je suis bien lasse ! De quoi ? De tout I L'homme est écartelé par l'esprit qui l'élève, et par la matière qui le rabaisse », écritelle a M"* de Latour ; mais son robuste tempérament reprenait vite le dessus et elle revenait

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