‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 131 sur 161 · JUGEMENT SUR ANTONIO DE TRUEBA · texte numérisé non relu

JUGEMENT SUR ANTONIO DE TRUEBA

partout où il se trouve, déplorant à vrai dire qu'il ne marche pas toujours escorté de la vertu et des sains principes ; et, en revanche, même chez les bien pensants, elle fustige impitoyablement la médiocrité, la vulgarité, le manque aux convenances et la prétention. Nulle envie d'ailleurs ni sotte jalousie, aucun sentiment haineux ni mesquin ; mais quelques vives ripostes quand on la froisse ou la touche aux points sensibles, quelques malices de bon aloi, spirituelles sans méchanceté. Voyons d'abord quelques amis et coreligionnaires.

Celui qu'on a appelé une (( âme jumelle » de Fernân, Antonio de Trueba, le doux conteur, le barde inspiré des Provinces Basques, occupe souvent, comme bien Ton pense, le peintre des mœurs andalouses, d'autant plus que Latour l'appréciait fort, peut-être un peu au-dessus de sa Aaleur, et s'occupait de faire connaître ses écrits en France. Fernân le goûtait aussi, car tous deux travaillaient à la même œuvre, cherchant l'un et l'autre à rapprocher la littérature du peuple, à la retremper dans la tradition nationale ; toutefois, sa sympathie et son admiration ne vont pas jusqu'à lui dissimuler les défauts et les faiblesses de son allié : une certaine mièvrerie surtout et des affectations assez puériles qui déparaient parfois le style de l'au-

Page 1