DERNIÈRES ANNEES DE L*I]NFANT
avait plus de soixante-cinq ans en 1296 ' — se préoccupa surtout de s'assurer la possession de charges lucratives, de villes et de châteaux : la chronique énumère toutes les donations qu'il extorqua à la régence et souligne souvent la cupidité du vieillard. « Y porque la reyna sabia la manera de don Enrrique, que era codicioso, embiole acometer que tomasse de lo del rey lo que quisiesse ^ » La reine connaissait son cousin ; elle avait découvert son vice : aver muy grant algo^ ; aussi donnait-elle sans se lasser, comptant bien récupérer plus tard ce qu'elle aliénait ainsi pour parer à des dangers très pressants. A dire vrai, ce besoin d'acquérir et de posséder, qui probablement l'incita, à soixantedix ans, à contracter une union quelque peu ridicule avec une Lara, D' Juana, dite la Palomilla * ; cette poursuite de Valgo ne s'alliait pas à l'avarice et à la sordidité. Il voyait dans l'argent un moyen de bien vivre, un instrument de domination ; il dépensait largement, traitait bien ses vassaux, qui, ainsi qu'il convient, le payèrent d'ingratitude : ils eurent même la lâcheté de ne pas lui rendre, après sa mort, les
I. Et lui-même, en 1296, se dit viejo cansado (Cronica de D. Fernando IV, fol. X^o (R. p. 103&).