‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 140 sur 161 · L'ESPAGNOL DE MANZONI · texte numérisé non relu

L'ESPAGNOL DE MANZONI

J'ignore si quelque éplucheur du grand homme s'est occupé déjà des mots d'espagnol qu'il prête à un des personnages de son roman, le grand-chancelier Antonio Ferrer, dans une circonstance mémorable, c'est-à-dire lorsque ce magistrat, accourant au secours du « vicaire des provisions » assiégé dans sa demeure par la populace de Milan, réussit à réprimer l'émeute et à sauver son subordonné. En tout cas, les annotateurs des Fiancés, et notamment le plus récent et le mieux instruit, M, Policarpo Petrocchi \ se contentent de traduire ces mots, ils n'en examinent ni l'origine ni la propriété. A défaut de beaucoup d'autres bien plus autorisés que moi, — et quelqu'un, comme je l'indiquais, l'a peut-

I. I Promessi Sposi di Alessandro Manzoni raffrontati sulle duc edizioni del iS^b e i84o, con un commento... di Poîicarpo Pctrocchi. Firenze, Sansoni, 1893*1903.

37^ X. — l'espagnol de manzoni

t*lre déjà essayé, — je voudrais examiner d'un peu près les quelques touches de couleur locale espagnole dont Manzoni a jugé à propos de parer sa narration et auxquelles il semble qu'il ait attaché un certain prix.

D'où Manzoni tirait-il son espagnol, dans quelle mesure et de quelle façon savait-il cette langue ? A-t-il composé au petit bonheur et uniquement d'après des lectures les phrases qu'il fait prononcer à Ferrer, ou a-t-il demandé à un Espagnol de les lui construire ? Autre question : Manzoni a-t-il voulu nous donner de l'espagnol du xvn'^ siècle, tel que pouvait le parler un fonctionnaire de Philippe IV, une créature duGonate- Duc, ou s'est-il contenté d'un espagnol courant et moderne ?

Il n'est pas à ma connaissance que Manzoni ait jamais appris l'espagnol, j'entends dans le dessein de s'en servir pour parler, et l'on ne voit pas, en effet, ce qui aurait pu le porter à entreprendre cette étude. En revanche, il a lu de l'espagnol, cela est avéré, et nous devons à M. Francesco D'Ovidio d'avoir eu l'heureuse idée d'interroger à ce propos les Souvenirs de Gantù.

Nelle Reminiscenze del Gantù v' è una pagina chc, pur troppo per eccezione, contiene qualcosa di buono, a«zi per me addirittura di prezioso (I, 207). « Stimava

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