La Gallega Mari-HernandeZf acte IIÏ, se
2. El Buscôriy dans les Obras de Quevedo de la Bibl. Rivadeneyra, t. 1, p. 626 a.
mémorial aciî*. » De même Benoît XIV, dans sa bulle du 33 janvier 1745, dont j'aurai à reparler, déclare explicitement que cette abstinence spéciale du samedi, observée (( in regnis Caslellae, Legionis et Indiarum » ne Tétait pas en Aragon, à Valence, aux Baléares ni en Catalogne" ; (( quibus in locis temperantia a carnibus eodem paclo pcr Sabbathum quo per dies Veneris observalur. » Pour ce qui concerne cette dernière province, nous avons de plus une preuve directe qu'au xvii® siècle au moins le fait de manger le samedi les issues y était inconnu et y passait pour une pratique purement castillane. Dans YEntremés de los labradores y soldados castellanos qui est joint à la Comedia de la entrada del marqués de los Vêlez en Caihaluna (Barcelone (1642), le soudard Traguillos s'écrie en s'adrcssant à un paysan catalan : « Mal conoce los humores castellanos : Entienda el villano que todos somos manos. » Et le paysan interpellé lui répond dans sa langue: Menjan lo disapte peus y mans ; Qu'en tingan no me espanto los Castellans. »
I. Covarruvias, Tesoro de la lengua caslellana, s. v. cjrosura.
3. Elle ne l'était pas non plus en Navarre : « Navarrus enim et Lusitanus vescentes in Castclla die sabatto extremis aoimalium non peccant, licet in suis terris id ois non liceat » (Martin de Azpilcueta, Manuale confessariorunit Anvers, 1675, ch. XXIII, § 120).
(( DUELOS Y Ql/EBRANTOS )) 4 1 I
La coutume étant dûment constatée en Castille et pendant une longue période, du xvi® au XVIII® siècle, reste à en trouver, si possible, l'origine.
Une tradition veut que l'abstinence castillane du samedi date de la bataille de las Navas(i 2 1 2); elle serait la conséquence d'un vœu formé aussitôt après cette grande victoire des Castillans sur les Musulmans et se rattacherait à l'institution de la fête du Triomphe de la Sainte Croix (16 juillet). Ce vœu, ajoute-t-on, il était naturel que les Castillans le fissent, par la raison qu'ils s'étaient jusqu'alors conformés à la règle de l'Eglise d'Orient, d'après laquelle le samedi n'est pas jour d'abstinence. Le premier auteur qui ait un peu insisté sur cette tradition et qui l'ait acceptée, quoique avec certaines réserves, me paraît être Mariana ; mais il faut noter ici, comme dans bien d'autres passages de V Histoire d^Espagne, une différence entre son texte latin et le texte vulgaire postérieur de quelques années au latin. En latin, Mariana est plus sceptique et indépendant; en castillan, il évite de froisser les préjugés nationaux. Après avoir rapporté le dire de certains auteurs touchant une prétendue innovation d'Alphonse VIll dans le blason des rois de Castille, Mariana continue ainsi : « Haud multo maiori fide nixum est.
fil 2 XI. MELANGES DE PHILOLOGIE
quod cuiusdam historici tesiimonio a quibusdam invenio affirmatum ex hoc tempore in Hispania, religionem a carnibus abstinendi diebus Sabbathi, ac întestinis tantum et extremis animalium partibus vescendi susceptam esse ; atque veterem morem, quem Gothi ex Graecia transtulerant, unde sacra primum acceperunt carniumque esum promiscuum iis diebus hoc temperamento emollitum *. » Phrase qui dans le texte castillan a pris une forme plus affirmative : « De algo mas crédito es lo que hallo de algunos afirmado, por testimonio de cierto bistoriador, que desde este tîempo se introdujo en Espafia la costumbre que se guarda de no comer carne los sâbados, sino solamente los menudos de los animales, y que se mudo, es a saber por esta manera y se templo lo que antiguamenie se usaba, que era comer los taies dias carne ; costumbre que los Godos sin duda trajeron de Grecia y la tomaron cuando se hicieron cristianos^ )) Quant au (( cierto historiador » dont Mariana invoque Fautorité, nous trouvons indiquées en marge deux références : « El despensero mayor de la Reyna Leonor lo dize. La Valeriana assimismo, lib. I, tit. 4,0. 17 (sic). )) La première référence est à écarter ; du moins n'ai-je trouvé dans le Su-
I. Hlstoriae de rébus Hlspaniae libri XXX, livre XI, ch. 24. a. Historia gênerai de Espafia, livre XI, ch. a4-
(( DUELOS Y QUEBRANTOS )) ^iS
mario de los reyes de Espana du maître d*hôtel clo la reine Eléonore, femme de Jean h' de Castille, aucune allusion au vœu de las Navas^ ; la seconde est exacte. Diego Rodrîguez de Almela, aiateur du Valerio de las hisiorias escolàsticas, écrit en effet dans son récit de la célèbre bataille : ce Por este vencimiento desta batalla que los Ghristianos ovieron contra los Moros fue instituyda la liesta del Triumpho Sanctae Crucis (que es en el mes de julio) y fue hecho voto de no corner carne el sabado en Espana". » Voilà tout. Sur ce passage, qui, remarquons-le, parle d'une abstinence totale fno corner carne), non pas d'une demi-abstinence et qui ne fait nulle mention d'usages antérieurs d'origine grecque, sur ce passage d'un chroniqueur du xv® siècle paraissent s'appuyer uniquement Mariana et ceux qui l'ont suivi pour placer en 1219 le point de départ d'une réforme dans le sens catholique romain de pratiques grecques. Mais l'affirmation du Valerio aussi bien que le commentaire qu'y joignit Mariana trouvèrent des contradicteurs en
1. Le Sumario a été publié en 1781 par D. Eugenio de Llaguno Amirola. Peut-être un passage concernant le vœu se trouvait-il dans des additions à cette chronique très interpolée qui n'ont pas été recueillies par l'éditeur.
2. Valerio, etc. Salamanque, 1587, livre T, tit. IV, ch. 7. Dans cette édition, le Valerio est attribué à tort à Fernân Pérez de Guzman.
4l4 XI. MÉLANGES DE PHILOLOGIE
Espagne. Estéban de Garibay, dont le travail historique est antérieur de vingt ans à celui de Mariana, ne vise naturellement que le Valérie quand il écrit : « Citando a Valerio en su historia scolastica de los hechos notables d'Espafia, sienten algunos auctores que el Rey Don Alonso y sus rey nos por esta tan sefialada victoria hizieron voto de no corner carne en los dias sabados, que son dedicados a la virgen Maria, sefiora y abogada nuestra, pero d'el arçobispo Don Rodrigo Ximenez no consta nada d'esto, con ser auctor de los mesmos tiempos ^ . » Fort bien raisonné : ni Rodrigue de Tolède, ni Lucas de Tuy, ni aucun historien contemporain n'ont rien dit de la nouvelle abstinence, ce qui est un premier et solide argument contre le prétendu vœu de las Navas. Un second argument non moins fort peut être tiré du silence que gardent sur ce point les Partidas dans la loi qu'elles consacrent au jeûne du samedi^ Comment admettre que les auteurs de ce code du xiii^ siècle eussent omis de mentionner une dérogation aux usages anciens de l'église d'Espagne, si elle avait été effectivement décidée en une occasion si solennelle
1. Los XL libros del Compendio historial de las chronicas y univcrsal hisloria de Espaha, Anvers, 1071, livre XII, ch. 34-
2. Parlida /, litre XXIII, loi [\. « Por que razones ayunan los cristiaiios en algunos lugares el dia del sàbado. »
(( DUELOS Y QUEBRANTOS )) dlb
et introduite, dès 12 12, en Castille ? Et, en outre, ne semble-t-il pas que la nouvelle pratique aurait dû être autorisée par quelque concession apostolique ? Or, les lettres d'Innocent III sont aussi muettes à ce sujet que les historiens espagnols. Tout invite donc à rejeter dans le domaine des fables l'origine traditionnelle de l'abstinence de grosura dont l'observance en Castille n'a pu être constatée jusqu'ici qu'à une époque postérieure au xin® siècle.
Le vœu de las Navas écarté, qu'y a-t-il de vrai dans l'opinion de ceux qui rattachent l'abstinence castillane à une pratique des Goths d'Espagne? Mariana y voit, comme il a été dit, un teinperamenlum, une atténuation de l'usage gothique, d'origine grecque, consistant à ne pas observer le précepte romain de l'abstinence du samedi. D'autres vont plus loin et disent que même la restriction particulière du manger gras du samedi aux issues des animaux, l'abstinence de grosura, était connue des Goths, que cette coutume, qu'on date à tort de la bataille de las Navas, remonte bien plus haut, qu'elle est pour ainsi dire immémoriale*. C'est ici qu'il faut recourir à la bulle du pape Benoît XIV, du
I. Voy. Alonso Nunez de Castro, Coronica de los senores reyes de Castilla, Don Sancho el Deseado, Don Alonso el Octavo, etc., Madrid, i665, p. 247.
4l6 XI « MÉLANGES DE PHILOLOGIE
i23 janvier 17^5, par laquelle fut, sur la demande de Philippe V, supprimée dans les royaumes de Cas tille et Léon et des Indes l'abstinence de grosura. La bulle indique d'abord le motif qui a poussé le roi d'Espagne à réclamer de l'autorité pontificale l'abrogation d'une coutume depuis si longtemps suivie dans son royaume ; ce motif est la difficulté qu'éprouvent les fidèles à distinguer dans les animaux les parties permises de celles qui ne le sont pas, difficulté qui fait naître des doutes et des scrupules pénibles. Le pape s'est donc adressé au savant cardinal Luis Belluga, évêque de Carthagène, qui lui a remis sur la question un mémoire d'où il appert qu'il y a lieu en effet de remédier à ces inconvénients en permettant aux habitants des pays susnommés de manger, indistinctement, les samedis ordinaires de l'année, toutes les parties des animaux et non plus seulement leurs issues. D'autres prélats espagnols consultés — car il ne faut pas à la légère relâcher la discipline et permettre qu' « à une fâcheuse coutume s'en ajoute une autre tout à fait contraire aux préceptcs de l'Eglise » — ont tous été du même avis. Certes, le pape aurait désiré prescrire l'abstinence complète, telle qu'elle est pratiquée dans d'autres pays et même dans certaines parties de l'Espagne, mais, après réflexion, il a jugé
(( DtELOâ Y QUEBUaNTOS )) lx\^
plus prudent de suivre Texemple de quelquesuns de ses prédécesseurs qui ont conseillé plutôt qu'ordonné Tabstinence du samedi. Aussi, sans examiner si Tusage castillan remonte vraiment à l'époque où le pape Adrien F' tançait Tévêque Egila parce qu'en Espagne cette abstinence n'était pas strictement observée \ lui semblet-il à propos de ne pas revenir sur le fait accompli et de ne pas soumettre à une discipline plus rigoureuse ceux qu'une longue tolérance a habitués à une abstinence mitigée. D'autre part, comme reconnaître ce dernier genre d'abstinence et prescrire que l'on continue de l'observer dans les pays de Castille ne convient pas pour les raisons alléguées tout à l'heure, il ne reste plus qu'à donner aux habitants de ces contrées licence pleine et entière de manger des viandes quelconques les samedis ordinaires de l'année. C'est, en dernier- lieu, ce que fait le pape, en précisant bien toutefois qu'il n'accorde cette permission qu'aux seuls pays où l'abstinence mitigée est en usage et où son observance donne lieu aux inconvénients graves qui lui ont été signalés^.
I . Voy. le passage de cette lettre dans les Monumenta carolina de Jafle, p. a45.
a. S. D. Benedicti papae XIV BuUarium, Venise, 1778, t. 1, p. 216.
Morel-Fatio. III. — 37
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De certains passages de la bulle qui vient d'être analysée, ressort, ce semble, que le cardinal Belluga, principal conseiller de Benoît XIV en cette affaire, n'en savait pas beaucoup plus long que nous sur les origines de Tabstinence de grosura, car, si son mémoire avait contenu des faits précis, il est à présumer que le pape ne se serait pas privé de les transcrire et ne se serait pas contenté de faire allusion à la lettre écrite par Adrien à l'évêque Egila. Cette dernière lettre, au reste, a sa valeur : elle montre qu'au VIII* siècle Tabstinence du samedi était mal observée en Espagne ; elle confirme ce que nous apprend pour une époque bien antérieure le 26'' canon du concile d'IUibéri (ann. 3o3) qui rappelle les fidèles à l'observance de celte pieuse pratique : « Errorem placuit corrigi, ut omni sabbati die jejuniorum superpositionem celebremus » *. Maij tout cela n'explique pas la grosura. Y a-t-il un rapport quelconque entre la non-abstinence des premiers temps du moyen âge et ce curieux clioix d'aliments gras que nous ne trouvons en usage que bien plus tard et en Castille seulement ? Les Goths avaient-ils déjà imaginé ce compromis, ou devons-nous le croire d'invention relativement récente ? Je pen-
1. CollecUo max'una concilioram Hispaniae, éd. de Madrid, 1784, t. I, p. 5o5.
(( DUELOS Y QUEBRANTOS )) lnQ
clierais pour cette dernière hypothèse. En tout cas, le vœu de las Navas est une pure légende et aucune innovation dans le régime de l'abstinence en Castille ne peut être rapportée à Tannée I2I2.
Et maintenant revenons à nos duelos y quebrantos. Le sens d'œufs et lard, d'œufs au jambon ou d'omelette aux cervelles fut bientôt abandonné : en dépit de l'Académie, qui d'ailleurs ne devait pas être sûre d'avoir rencontré juste en proposant comme un idiotisme de la Manche sa « tortilla de huevos y sesos », puisqu'elle renonça aussi à cette interprétation pour en adopter une autre. Dès la fin du xvni° siècle, on admit que la locution s'appliquait, au propre ou au figuré, à la nourriture spéciale du samedi, au jour de grosura. Pellicer prend duelos y quebrantos au figuré et voit une sorte d'équivoque dans le second mot. Dans la Manche, dit-il, les pâtres avaient coutume d'apporter à leurs maîtres les animaux morts pendant la semaine et ceux qui, ayant soufiert quelque accident, n'étaient plus bons à rien. On salait la chair de ces animaux et de leurs os rompus fquebrantadosj comme de leurs extrémités on faisait le pot follaj du samedi. Cette nourriture se disait duelos y quebrantos par allusion aux regrets et au chagrin que causaient naturellement aux
maîtres des troupeaux la perte de leur bétail et la brisure des os quebrantamiento de los huesos: des animaux qu'ils étaient obligés d'abattre. Le commentaire de Pellicer a fait fortune ; l'Académie s'en est emparée et la plupart des commentateurs et des traducteurs de Cervantes, depuis Clemencîn jusqu'à Braunfels, le dernier traducteur allemand de Don Quichotte^, et jusqu'à Ormsby, l'un des derniers traducteurs anglais, ont cru à la petite histoire des pâtres de la Manche.
Une autre interprétation, dont on n'a guère tenu compte, a cependant été proposée par un homme érudit et sagace, le D*" Antonio Puigblanch. Cervantes, dit-il, donne à entendre que la nourriture en question était la pitance ordinaire des pauvres gens le samedi ; or, les animaux abattus dans les occasions qu'indique Pellicer n'étaient pas assez nombreux pour fournira l'alimentation desdites gens. Puis il ajoute: (( L'ancienne langue, outre la locution duelos y quchranlos prise dans le sens vrai et propre de (( chagrins et misères », en connaissait une autre semblable à la j)remièrc pour la forme : rfejos y quebrantoSy entendant par dejos la fressure et les entrailles d'un animal, et par quebrantos
I. Stuttgart, i883, Braunfels traduit: «jammerliche Knochcnrestc. »
« DUELOS Y QUEBRANTOS )) /i2I
ses extrémités, c'esl-à-dire la tôle et les pieds. Cervantes ou peut-être le peuple a substitué, par manière de plaisanterie, un mot à un autre, ce qui était d'autant plus facile que tous deux sont dissyllabes, qu'ils ont les mêmes voyelles, commencent par la même lettre et sont l'un et Vautre des masculins pluriels *. » Très ingénieux. Mais, malheureusement, Puigblanch ne cite aucun exemple de ce dejos y quebrantos qu'il prétend avoir été usité dans l'ancienne langue, ce qui n'est pas certes pour nous convaincre de l'existence de la locution.
Ce que n'ont pas remarqué ces divers commentateurs, c'est que l'accouplement des deux mots diielos et quebrantos était usité au sens purement moral et sans aucune allusion à l'abstinence du samedi bien longtemps avant Cervantes. Ainsi Francisco Lopez de Gomara, qui affecte de se servir dans son Historia de las Indias du langage tel qu'on le parlait de son temps fel romance que lleva es llano y cual agora usanj, nous dit quelque part des compagnons de Cortes que (( por un cabo los cercaban duelos y por otros quebrantos^ », et Castillejo, dans le Did-
1. Opâsculos gramâtico-satiricos, Londres [i 833], t. II, adiciôn ûllima.
2. Historiadores primilivos de IndiaSt de la Bibl. Rivadcneyra, l. I, p. 367»».
logo de la vida de aorte, emploie la même tournure: sin sus duelos y querellas^, oii querellas remplace quehranios à cause de la rime. Il est vraisemblable aussi que Quevedo, qui cite duelos y quebrantos comme exemple de ritournelle insipide , bordoncillo indfilj *, ne lui attribue que le sens général de « peines et tourments ». L'application à la grosura du samedi de celte phrase toute faite et tellement usée, dès la fin du xvi' siècle, qu'elle encourait la condamnation de Quevedo est donc une plaisanterie, dont rien ne prouve au reste que Cervantes ait été l'inventeur. Mais comment a-t-on été amené à la faire celle plaisanterie .^^ Qui dit abstinence, dit aussi pénitence et mortification, et voilà déjà de quoi justifier duelos ; d'autre part le mot quebrantos, sans qu'il soit pour cela nécessaire de recourir à l'explication fort problématique de Pellicer, rappelait aisément quelque chose de brisé, de rompu, les extrémités ou les abatis, l'un des ingrédients de la carne de sdbado ; l'ensemble donc de l'expression convenait fort bien à qualifier la piètre nourriture du samedi. Les Allemands n'ont-ils pas nommé arme Ritter un mets de
1. Poêlas liricos de îos siglos XVI y XVII ^ de la Bibl. Rivadeneyra, t. I, p. 222 **.
2. Premâtica que este ano de 1600 se ordenô, dans les Obras de Quevedo de la Bibl. Rivadeneyra, t. I, p. 43 1 ^.
(( ROSO Y VELLOSO )) 423
pénitence, qu'ils mangeaient précisément ce jour-là?* Et ne ferions-nous pas une plaisanterie analogue en accouplant les deux mots plaisir et réjouissance? Au surplus, nos duelos y quebrantos ont encore évolué ; ils deviennent tout à fait synonymes d'issues et de tripes mêlées ou non à des œufs. C'est ce qu'on peut voir dans Ims bizarrias de Belisa de Lope de Vega, où nous est représentée une Lucinda « almorzando unos torreznos — con sus duelos y quebrantos » (acte I^S scène 9), ou bien dans une autre connédie du même auteur, Los locos de Valencia, où l'un des personnages s'écrie : (( que me mate una sartén — con sus duelos y quebrantos »
(acte II, se. 4). Pas question ici de samedi ni d'abstinence.
m. — Roso.
Le mot ne semble pas s'employer en dehors de la locution à roso y velloso que l'Académie traduit par (( totalmente, sin excepcion, sin consideracion ninguna. » Covarruvias donne au mot isolé le sens de « rouge ». Voici l'article de son Tesoro : (( Es lo mesmo que rojo, y dizese de la