I. Voyez l'article de M. Vollmôller cité plus haut
îai XI. MÉLANGES DE PHILOLOGIE
fruta que esta y a madura, y ha tomado su color rojo, ponemos el exemplo en el melocolon, yen el tnembrillo. porque antes de madurar estàn cubierlos de vello, y de aqui naciô una frasis castellana, no dexar roso, ni velloso, que es Uevarse lo maduro, y lo que esta por madurar. » Les Àuloriflades acceptent Téquivalence rosorojo indiquée par Covarruvias, mais ne citent aucun exemple du mot pris isolément dans le sens de « rouge » : elles ne connaissent que la locution roso y velloso, Oudin, quoiqu'il ne renvoie pas expressément à Covarruvias, a sans aucun doute puisé son information dans le Tesoro : mais il va plus loin et nous sert cette petite dissertation: (( C*est le mesme que rojo ou roxo, mais c'est proprement du fruit qui est meur, ayant pris couleur jaune ou rousse. De là est vernie celte façon de parler No dexar roso ni velloso, qui de mot à mot signiOe : « Ne laisser ni roux, ny velu », que nous disons en François : « N'espargner ny rais ni tondu. )) Mais en Espagnol il se doit entendre de ces fruits qui sont velus avant que d'estre bien meurs, comme sont les coings et les pavies ou milecotons ; et semblcroit qu'il fallust dire raso pour roso, afin de respondre à notre François « raiz », qui est à dire « rasé », mais velloso, qui signifie (( velu », ne respondroit pas bien à (( tondu »,
(( ROSO Y VELLOSO )) 4^5
estant son contraire ; tellement que chaque langue a son proverbe en particulier, et en effect c'ést-à-dire (( employer le verd et le sec* ».
Oudin donc adopte l'explication de Covarruvias, mais il en a entrevu une autre : roso serait pour raso, seulement ce qui le gêne, c'est que la locution no dexar roso ni velloso ne répondrait plus au français (( n'espargner ni raiz ni tondu ». Ses scrupules n'ont pas de raison d'être, car les deux langues ne sont pas tenues à marcher toujours de pair, et nous pourrions avoir tout aussi bien en français « n'espargner ni raiz ni poilu » , une antithèse au lieu d'un renchérissement. La question qui se pose pour arriver à déterminer le sens de roso est celle-ci : comment a-t-on interprété la locution ? Nous avons vu ce que pense Govarruvias. Voyons ce qu'on disait avant lui.
Dans les fameuses Copias de Mingo Revakp, on lit (copia XXIV) :
Yo soné esta Irasnochada, De que estoy eslremuloso.
Que ni roso ni velloso Quedarâ de esta vegada.
Là-dessus, les deux commentateurs Fernando del Pulgar et Juan Martinez de Barros donnent