‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 159 sur 161 · I. Moratin, El Baron, acte II, se · texte numérisé non relu

I. Moratin, El Baron, acte II, se

années espagnoles, le mot naciôn servit à distinguer le soldat allemand, suisse, flamand, wallon, franc-comtois, albanais ou italien du soldat espagnol ; on parlait des naciones, troupes étrangères combattant à côté des troupes espagnoles, on disait génies de naciones, on disait même au singulier naciôn pour désigner le soldat étranger : (( Era el altérez de D. Juan Marquez naciôn, y pasaba por buen soldado y valiente, » lit-on dans une gazette de i638, citée par D. Pascuâl de Gayangos (^Mémorial histôrico espaflol, t. XVII, p. \\i, note 5*). D'abord, le mot n'eut pas un sens défavorable, mais en se généralisant et en prenant pied de plus en plus dans le parler ordinaire, il devint une appellation dédaigneuse ou méprisante, el de là le es naciôn qui s'est continué jusqu'à nos jours. Au xviii^ siècle, on créa même un dérivé, nacionisla, qui s'applique à quiconque donne ou affecte de donner la préférence aux choses de l'étranger sur celles du terroir. Le P. D. Benito Feijoo décrit ainsi, dans son Parallèle des langues castillane etfran-

I . Ce passage a été reproduit dans le Diccionario militàr de José Almlrante (Madrid, 1869). L'auteur ne se contente pas de l'attribuer à tort à Carlos Cotoma, il le dénature en imprimant el alférez D. Juan Marquez, au lieu de el alférez de D. Juan Marquez j et il tire de ce texte altéré la conclusion qu'on appelait aussi naciôn le soldat espagnol servant dans un corps auxiliaire étranger, ce qui est inexact.

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