‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 23 sur 161 · I. Crônica de D Fmiflm/o /T, fol. XXIX^» (R. p. lai · texte numérisé non relu

I. Crônica de D Fmiflm/o /T, fol. XXIX^» (R. p. lai

BENAVIDES Et LES DEUX CARAVAJALES ^9

trente jours exactement après celte assignation ; ce qui causa une grosse émotion populaire et valut au jeune souverain, mort dans ces circonstances tragiques, le surnom de ï « Ajourné » : D. Fernando el Emplazado\ Tirso, dans une pièce consacrée au roi Ferdinand et à sa mère, ne pouvait pas omettre de tirer parti de Tépisode ; il y a tellement pensé qu'en composant sa pièce, il en conçut aussitôt une seconde qui devait avoir pour sujet Thistoire des deux Garavajales. Nous savons cela par les derniers vers de la Prudencia en la muger :

De los dos Caravajales Gon la segunda comedia Tirso, Senado, os combida, Si ha sido à vuestro gusto esta.

L écrivit-il jamais? On l'ignore. Dans la Prudencia en la muger, les rôles du Benavides et des deux Caravajales relèvent en partie de Timagination du poète ; je veux dire que Tirso s'est bien servi de personnages connus que lui fournissait la chronique, mais il leur a prêté une conduite dont l'histoire ne sait rien. Son D. Juan Alfonso de Benavides, la chronique royale ne le mentionne qu'une seule fois, dans le cha-

I. Sur l^authenticiié de cette histoire, on peut Hre une note de D. Antonio Benavides, Memorias de Fernando IV, Madrid, 1860, t. I, p. 686, qui la conteste et croit que le passage de la chronique qui s'y réfère a été interpolé.

Morel-Fatio. III. — 4

5o II. — « LA PRUDENCE CHEZ LA FEMME )>

pitre précisément qui traite de son assassinat, et sans le qualifier : (( Vn cauallero que dezian que mataronquando elrey heraen Palencia, saliendo de casa del rey vna noche, al quai dezian Juan de Benavides\ » Le fait qu'il ne porte pas ici le don et qu'il ne figure pas parmi les confirmants des privilèges octroyés par le roi indique qu'il n'appartenait pas à la classe des ricos hombres ; toutefois il tenait au roi d'assez près et les faveurs dont le combla le souverain montrent assez que celui-ci le regardait comme l'un de ses meilleurs et de ses plus fidèles sujets. La collection diplomatique des Memorias de Fernando IV donne, sous les n""^ io4, i56, 192 et 872, la teneur de ces donations royales dont trois ont été analysées par Argote de Molina, comme on va le voir :

Tirso donc se trouvait par là suffisamment informé et pleinement autorisé à faire tenir par ce personnage le rôle qu'il lui attribue. Quant aux Caravajales, leurs noms n'apparaissent pas même dans ce cliapitre de la chronique royale où a été relalée leur mort : dos cavalleros, c'est ainsi qu'elle les désigne ; mais tous les livres historiques postérieurs à la chronique nomment ces

i. Oônica de D. Fernando IV, fol. LXWII (R. p. 169&). Le loxlc de R^'adeneyra porte : « Juan Alfonso deBenavides », comme l'iMUion des Memorias de D. Fernando IV, publiées par l'Acadt^iui© de rilisloire.

• Traditions généalogiques ôi

chevaliers, et leurs noms devinrent bientôt, dans l'histoire légendaire, inséparables de celui du Benavides. Au surplus, ce sont des traditions recueillies surtout par les généalogistes qui devaient suggérer à Tirso l'idée de faire de ces deux familles le noyau du parti loyal, opposé aux mauvais desseins des princes. Tirso se mit à la recherche de ces traditions. Autant que je puis le voir, il n'a consulté à ce propos que deux ouvrages : YOrigen de las dignidades seglares de Castilla y Léon du D** Salazar de Mendoza (Madrid, 1618) et la Nobleza del Andaluzia d'Argolc de Molina (Séville, i588). Je transcris, en commençant par celui de Salazar, les passages de ces livres qu'il a utilisés.

Dans ses notices sur les ricos hombres du règne de Ferdinand IV, Salazar de Mendoza écrit ce qui suit (fol. 86) :

loan Alonso de Caruajal ^ confirmé vn priuilegio de el rey don Alonso el Sabio, en fauor de vnos caualleros de Bacça. La data en Toledo a diez y siete dias de el mes de Seliembre, de la Era de mil y trezientos y siete : que es el aîîo de mil y dozientos y sesenta y nueue. Era hijo de don Sancho de Caravajal el Gordo, ballestero mayor de el mesmo rey don Alonso, como lo fue Pedro Alonso de Caruajal su hijo segundo... Estos dos hermanos loan y Pedro Alonso de Caruajal siguieron el partido de el rey don Sancho el Brauo contra el rey Don Alonso su

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