‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 27 sur 161 · LE MÉDECIN JUIF ISMAËL OQ · texte numérisé non relu

LE MÉDECIN JUIF ISMAËL OQ

logie de cette maison. Ainsi la mère de notre Juan Alfonso se nommait D° Teresa Rodriguez Tenorio, et sa femme D* Teresa Godinez * ; mais je ne trouve pas que ce personnage ait eu une sœur du nom de Térèse : Tirso a simplement pris sa Térèse dans le passage d'Argote où il est question d'une Teresa Rodriguez de Biedma, fille d'Alonso Sanchez de Biedma, et nièce de Men Rodriguez de Benavides, qui épousa le petit-fils de Juan Alonso de Caravajal, exécuté à Martos.

Doit-on aller plus loin et se demander si Tirso, par exemple, n'est pas remonté à un témoignage invoqué par Salazar de Mendoza et par Argote de Molina, à propos de la desoendance des Benavides d'Alphonse de Léon, je veux parler du Nobiliario de linages de Espafia de Martin Lopez de Lezana ? Mais cet ouvrage manuscrit ne devait être connu que des généalogistes de profession et comme, d'autre part, tout ce qui dans le drame se rapporte aux Caravajales et Benavides s'explique très complètement par l'emploi des sources indiquées, il semble inutile de chercher ailleurs.

Parmi les personnages accessoires que Tirso introduit dans son drame, il en est un qui mérite une mention particulière, c'est l'Ismaël du

I. Mémorial en que représenta al Rey N^° S""* la antiguedad, calidad y servicios de sus casas D. Diego de Benavides ^ Madrid, 1660, fol. i3.

6o II. (( LA PRUDENCE CHEZ LA FEMME ))

deuxième acte, que D. Juan charge d'empoisonner le jeune roi. L'excellente scène de comédie entre ce médecin juif et la reine, de même que les autres scènes où il intervient, n'ont pas été inventées de toutes pièces ; aussi devons-nous rechercher comment Tirso a été conduit à donner ce complice au perfide D. Juan. Pourquoi un médecin, et un médecin juif? D'abord parce que Tirso saisissait avec joie toutes les occasions qui s'offraient à lui de dauber sur une profession qui lui était extraordinairement antipathique et qu'il aimait à accabler d'épigrammes malicieuses*; puis parce qu'il n'ignorait point que les rois de Gastille au moyen âge recouraient volontiers aux lumières des joAj^icie/îs de la race réprouvée. Nous savons par un passage des œuvres de Juan Manuel que Sanche IV confiait la garde de sa santé à un don Habraam, dont le frère aîné don Çag remplissait la charge dejisico auprès de l'auteur du Conde Lucanor ^ Sanche IV et Ferdinand IV eurent un autre médecin, maître Nicolas, qui fut chargé de missions diplomatiques et dont le nom n'indique pas qu'il fût juif '^ ;

1. (]omme il l'a fait dans El amor médico, D. Gildr. las cahas vendes, Lajingida Arcadia, La venganza de Tamar, et ailleurs.

2. Esrrilores en prosa anterlorcs al sùjlo XV delà Biblioteca Hlvadeneyra, p. 263''.

3. Jofré de Loaisa, Chronique des rois de Castille, § 62, et Crônica do D. Fernando IV, éd. Eiivad., p. i3o^.

SIMLEL, MÉDECIN DU ROI 6l

mais en revanche il est souvent question dans la chronique d'un autre circoncis du nom de Simuel, auquel le jeune roi avait accordé toute sa confiance et qui s'efforça en une occurrence de brouiller le fils avec la mère : (( Andava uu judio con el, que dezia[n] Simuél, que era muy su privado y buscava mucho mal a la reyna cou el rey, y aconsejole que nunca tornase a su poder de la reyna. Y esto hazia el porque era poderoso en toda la hazienda del rey*. » Ce juif, déteste de tous, faillit succomber à une tentative d'assassinat exécutée sur sa personne par un inconnu : (( Y este judio era dessamado de todos los de la tierra y de los de la casa del rey dou Fernando, ca metia al rey, como era moço, en niuchas cosas malas, y era atrcvido mucho. Y este judio, estando en su posada, viiio alli un orne, y, en hablando con el, diole con un cocliillo por el costado una herida, cuydando que le dava por el coraçon y que lo malaria ; mas herrole... y desque Uego aquel mandado al rey, pesole mucho, pero plugole porque non murio el judio ^ )) Il mourut, d'ailleurs, peu de temps après, pleuré par le roi : « Llegole al rey mandado de como Simuel, judio, que era muy privado suyo, que era muerto, y muriera enAtiença

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