‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 34 sur 161 · LA COULEUR LOCALE CHEZ TIRSO 7I · texte numérisé non relu

LA COULEUR LOCALE CHEZ TIRSO 7I

commet, je ne dirai pas sans le savoir, car il en est d'énormes qu'il doit avoir aperçus, mais parce qu'il n*éprouve pas ce besoin que nous ressentons de mettre une certaine harmonie entre les faits recueillis dans les histoires et le miheu où ces faits se sont produits. Avons-nous raison et sommes-nous, avec nos préoccupations d'exactitude, beaucoup plus avancés que ces dramaturges du x\iV^ siècle? La couleur locale des romantiques nous fait déjà sourire ; l'archéologie de seconde main et les prétentions érudites des metteurs en scène du jour n'intéressent au fond personne et n'empêchent pas leurs pièces d'être souvent sifflées. A force de labeur, c'est à peine si un savant intelligent et bien outillé arrache quelques réponses au sphinx et se reconstitue pour lui-même quelques bribes de la vie d'autrefois : que vaut donc l'érudition forcément de pacotille d'un auteur dramatique et quel prix peut-on bien attacher à ses reconstructions, à ses (( gentilshommes du moyen âge » et à ses « truands » ? Dans la comedia, au moins, l'anachronisme naïf ne choque pas. Le public l'acceptait sans hésitation, ne s'en formaUsant pas plus que l'auteur ; et quant à nous, il me semble que nous y prenons un plaisir particulier: telle pièce espagnole du genre historique nous intéresse à deux titres, par le sujet lui-

même qui appartient à une époque plus ou moins reculée et évoque tant bien que mal cette époque, et par les mœurs, les idées, les passions qui nous rappellent TEspagne du xvii° siècle * .

I. On trouvera dans le Bulletin hispanique do Bordeaux, t. Il, p. 178, quelques éclaircissements sur divers passages de la pièce de Tirso, notamment sur ses anachronismes.

DONA marina de ARAGON

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