‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 40 sur 161 · SONNET DE GONZALO FEREZ · texte numérisé non relu

SONNET DE GONZALO FEREZ

Ribera, deuxième marquis de Tarifa, qui fui créé duc d'Alcalâ de los Gazules en 1 567, et mourut vice-roi de Naples le 2 avril 1672 *. S'il est exact que ce grand seigneur andalous aspira à sa main, la chose a dû se passer avant la création du titre de duc d'Alcalâ au profit de D. Perafan et alors que ce personnage n'était encore que marquis de Tarifa, car Marina, nous allons le voir, mourut au plus tard en lb^Q,

Une notice, d'une concision lapidaire, de la vie de Marina nous a été conservée dans un sonnet que le secrétaire de Charles-Quint et de Pilippe II, Gonzalo Pérez, père du fameux Antonio, composa en l'honneur de la jeune fille si prématurément enlevée à l'admiration et à l'affection de tous ceux qui la connaissaient^ De ce sonnet nous possédons deux versions :

la première a été insérée dans une traduction espagnole des Emblèmes d'Alciat, par Bernardino Daza, qui fut publiée à Lyon en iB^Q. Le privilège de ce livre à Guillaume Rouille et Macé Bonhomme est du 9 août i548, la dédicace de Daza à Juan Vâzquez de Molina du i ""^ juillet 1549, et l'achevé d'imprimer du 17 août de la même année. Le sonnet de Pérez se trouvant tout à la fin du volume, il pourrait avoir

I. Diego Ortiz de Zùfiiga, Anales cclesiasticos y seculares de Sevilîa éd. de 1796, l. III, p. 878, et t. IV, p. 6 et 69.

84 m. DONA MARINA DE ARAGON

été communiqué à Daza, au cours de Timpression, comme une pièce récemment écrite à propos du fatal événement, qui se serait passé dans cette même année ou un peu plus tôt \

Soneio a forma de EfnbLma del muy M. y muy R. sefîor G. Ferez à la muer te de Doîîa Marina de Aragon. Dialogo.

Quien yaze aqui? yo soy Doîïa Marina.

Que sangre? de Aragon, que no deuiera.

Porque? porque quiçà mejor me fuera, Y no acabara en suerte tan malina.

Que fue tu vida acà ? con la diuina Emperatriz biui, que su dama era.

Fuiste casada ? no, bien lo quisiera.

Pues quien te lo estoruo? tu lo adeuina.

Biuiste descansada ? ni aun un hora.

Fuiste hermosa ? no se, él mundo lo diga.

En que edad acabaste P mal lograda.

De que mal P de dolor. Fuiste sefiora ?

Ni aun de mi libertad, y ansi en fatiga Llcgè (sic) a la triste y vltima jornada*.

Cette première version, en somme, parle de la naissance de Marina, de ses fonctions de fille

I . Cette version du sonnet de Ferez a été reproduite dans une « Brève noticia de Gonzalo Ferez, padre del célèbre Antonio Ferez, escrita por el jesuita Ësteban de Arteaga y Lopez » {Colcccion de doc, inéd. para la historia de Espana, t. XIH, p. 548).

a. Mon savant ami, D. Rufino José Guervo, me signale un sonnet sur la tombe de Fedro Mexia qui présente tout à fait le même tour que celui de Gonzalo Ferez : « ç* Quien yace muerto aqui ? Fero Mexia », etc. (Dialogos del ilustrc cavallero Pero Mexitty Madrid, 1767).

Page 1