‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 5 sur 161 · I. Mémorial histôrico tlXnT.-r;Ti . i · texte numérisé non relu

I. Mémorial histôrico tlXnT.-r;Ti . i

PEDRO DE MEDINA, ZURITA, GARIBAY 9

l'Histoire, t. IX et X (Madrid, iSSy) ; mais il ne demeura pas pour cela enfoui dans les archives des ducs : des copies en furent tirées * et utilisées par divers érudits. J'estime que tous ceux qui, au xvi* ou au xvu* siècle, ont cité ou publié in extenso la lettre du roi Sanche — entre autres le cosmographe Pedro de Médina, auteur d'une Crônica de los duqaes de Médina Sidonia ^ quoiqu'il afiecte d'ignorer son prédécesseur, — se sont servis du texte donné par l'histoire généalogique de Barrantes ^ Les principaux historiens du xYi** siècle toutefois, tels que Zurita et Garibay, qui pouvaient connaître la lettre par Barrantes, n'en font pas mention ; ils content l'épisode de Tarifa, mais passent la lettre sous silence. Avaient-ils déjà conçu des doutes sur

I. La Bibliothèque nationale de Paris possède des Ilustraclones de Barrantes une copie incomplète, exécutée en i6aa, et qui ne va pas au delà du ch. vi du liv. VIII (n^ 197 du Fonds espagnol).

3. Publiée en 1861, dans le t. XXXIX de la Coleccion de docamentos inéditos para la historia de Espana.

3. Argote de Molina, dans sa Nobleza del Andaluzia (Séville, i588), fol. 166^°, se réclame de Barrantes. Quant au drame de Luis Vclez de Guevara, Mas pesa el Rey que la sangre^ consacré aux faits héroïques d'Alonso Pérez, on y peut noter, à la fin, l'emploi de Barrantes ou de Médina. J'ignore d'où a été tirée la copie de la lettre qui se trouvait dans le t. XLV des Miscellanées de la bibliothèque Montealegre (^Museo 6 biblioteca selecta de D. Pedro Nunez de Guzman^ marqués de Montealegre ^ Madrid, 1677, ^°^- '97) y ®^lc portait l'annotation : « Sacada dcl original que la Casa de Sidonia tiene hasta aora guardado. »

lO ,1. LA LETTRE DE SA>CHE IV

son authenticité ? C'est bien possible. Mariana, le premier parmi les auteurs d'histoires générales d'Espagne, en donne un résumé, qu'il accompagne de la remarque suivante : « Has litteras Assidoniae duces, fideia maioribus cul— tae monimenlum testimoniumque autographas monstrant, auro gemmisque nobiliorem thesaurum ^ » ; phrase traduite à peu près textuellement dans son histoire en langue vulgaire : (c Esta carta original conservan los duques de Médina Sidonia para memoria y en testimonio de la fé y lealtad de sus antepasados ; tesoro de mas estima que el oro y las perlas de Levante^. » Nous n'en conclurons pas que Mariana vit luimême la lettre, quelle qu'elle fût, dans les archives de la maison ducale ; sa phrase peut lui avoir été suggérée par la simple lecture de Barrantes. Mais la citation de Mariana eut une grande importance ; l'autorité dont jouit de bonne heure YHistoria de Espaila propagea la connaissance de la lettre dans un plus grand pubUc, elle lui servit de recommandation et de certificat d'authenticité. Grâce au savant jésuite, la pièce historique fait son entrée dans le monde. D'autres historiens du xvn*" siècle, notamment

I. Ilistoriae de rébus Uispaniae, Tolède, 1592, liv. XIV, ch. XVI.

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