La diVhcacc du recueil est datée de Venise, 20 mars i
a. I^elU rime di lUversi nobili huomini... nuovamenle ristampaie libro secondo. In Vinegia. Appresso Gabriel Giolito de Ferrari. i5'i8. Fol. i33 (Bibl. Nat.. Yd 6882).
BALDASSAR CASTIGLIONE l45
Tel est le sonnet bien complet et correct dont M. de Montaiglon avait retrouve quelques fragments assez altérés. Il suffit de le comparer à celui de Du Bellay pour se rendre compte immédiatement du rapport qui les lie : Du Bellay a suivi très exactement Fitalien, et le seul passage où il s'en écarte un peu est le dernier tercet dont les rimes sont autrement disposées que dans l'original : dee, au lieu de dcd.
Dans le recueil de Venise , le sonnet Superhi colli est anonyme et classé parmi les incerti ; mais dès la seconde moitié du xvi*^ siècle, au moins, les lettrés italiens Tattribuent sans hésitation à l'auteur du Cortegiano, Ainsi, Gabriel Fiamma, qui en reproduit le premier tercet dans le commentaire de ses Rime spirituali, fait précéder sa citation des mots : « como scriveleggiadramente il conte Baldassar Castiglione ne'suoi versi\ » Antonio Beffa Negrini n'est pas moins affirmatif : (( Il conte (Castiglione)... compose alcune di quelle poche rime volgari, che, secondo il Giovio, gli acquistarono il nome di ottimo poeta, e fecero cli'egli si lasciesse addietro i poeti stati fin allora del primo grido. Tra le quali fu il sonetto seguente... da noi frapposto qui, per essere stato dato
I. Rime spirituali del R. D. Gabriel Fiamma. Venise, i575, p. 292.
Morel-Fatio. III. — 10
l46 V. HISTOIRE DE DEUX SONNETS
in luce sotte il nome d'Incerto nel 2** libro délie Rime di diversi autori :
Superbi colli, e voi sacre ruine... * »
Lorsqu'au xviii* siècle, divers érudits s'occupèrent de réunir et de publier les œuvres diverses de Castiglione, ils n'omirent pas d'insérer notre sonnet dans leurs recueils. Les frères Volpi notamment , ces savants et consciencieux éditeurs , l'impriment dans leur édition des Opère volgari e latine del conte Baldessar Castiglione, novellamenie raccolte (Padoue, lySS, p. 336), et l'accompagnent d'un commentaire où ils se réfèrent à Negrini et à Fiamma. De même, Pierantonio Serassi, qui, une trentaine d'années après les Volpi, réédite les œuvres variées de Castiglione, suit, en ce qui nous touche, l'exemple de ses prédécesseurs ; il donne le sonnet, et dans son édition des Poésie volgari e latine del conte Baldessar Castiglione (Rome, 1760, p. 42), et dans celle des Lettres et autres œuvres du même auteur (Padoue, 1771, t. II, p. 226), en l'entourant d'un commentaire tiré en grande partie de celui des Volpi. De tels témoignages pourraient sembler suffisants, mais il faut signaler une autre tradition.
I. Elogi hlstorici di alcuni personaygi délia famiglia Casiigliona, gia raccolti da Antonio Bejfa Negrini et hora dati in luce da Francesco Osanna. Mantoue, 1606, p. 4io.