‹ Etudes sur l'EspagneChapitre 7 sur 161 · Vidas de Espanoles célèbres , Madrid, 1837, t. I, p · texte numérisé non relu

Vidas de Espanoles célèbres , Madrid, 1837, t. I, p

3. Prudencio do Sandoval, dans sa Decendencia de los Guzmanes, accepte tout. « Engrandecio este heclio (la donation des madragues, dont il sera parlé tout à l'heure) el rey don Sancho... escriviendole sobre ello y Uamandole Bueno..., como parece por la carta, cuyo renombre ha quedado en sus decendientes » (Chronica de don Alonso VII ^ Madrid, lOoo, p. 343). Toutefois, il n'est question ici que d'une tradition (ronombre) .

au profit d'une branche des Guzman, une pièce, comme dit Mariana, « plus précieuse que Tor et les perles de l'Orient », un vrai trésor de famille, eût disparu sans laisser de traces * ? D'après une tradition accréditée dans la maison de Médina Sidonia, la lettre du roi Sanche aurait été, avec d'autres papiers, portée à Simancasau temps de la guerre de l'Indépendance^. Cependant, elle ne figure pas dans la liste des « notables documents )) de ces archives, imprimée dans \ Anuario del cuerpo de archiveras, bibliolecarios y anticuarios (Madrid, 1882, p, 66), et, d'après une communication qui m'a été faite par D. Antonio Paz y Melia, les quatre liasses de pièces anciennes où la lettre pourrait se trouver ont été enlevées des archives de Simancas et portées ailleurs. Où gisent ces liasses maintenant et que contiennentelles? Je l'ignore.

En attendant d'être éclairés a ce sujet, nous pouvons soumettre à un examen détaillé la lettre telle que nous la donne Barrantes ; nous pou-

I . Le titre de duc de Médina Sidooia appartient maintenant à une branche cadette de la maison de Toledo. Le dernier Guzman el Bueno est mort en 1779 : c'était un lettré, protecteur des PP. Sarmiento et Florez et ami de Beaumarchais.

3. Je tiens le renseignement de M^e la duchesse de , Médina Sidonia, qui, à la demande de M^e la duchesse d'Albe, a bien voulu m'envoyer aussi un texte imprimé au siècle dernier de la lettre du roi Sanche qui contient quelques indications bibliographiques fort utiles.

LE CONTENU DE LA LETTRE l3

vons en étudier le fond et la forme, les faits qu'elle relate, ses formules et son style. Cet examen, ou je me trompe fort, nous révélera qu'elle ne saurait avoir été écrite à la date qu'on lui assigne et qu'elle présente tous les caractères (l'une pièce apocryphe.

D'abord le contenu. On distingue dans la lettre trois parties : i° le roi exprime sa reconnaissance et son admiration pour l'action héroïque d'Alonso Pérez qu'il compare au sacrifice (l'Abraham ; 2° il décerne à Guzman le surnom de Bueno ; 3** il l'invite à venir auprès de lui. L'origine de ces déclarations ou avis du roi à son vassal se découvre aisément. J'ai dit plus haut (|ue des documents diplomatiques contemporains font allusion à la conduite de Guzman à Tarifa et confirment le récit de la chronique. Le premier et le plus important de ces documents est celui qu'on nomme le (( privilège des madragues )), donation faite par Sanche iV, Kî /i avril 1295, à Alonso Pérez d'un fief considérable situé entre le Puerto de Santa Maria, le Guadalquivir et la mer, avec toutes les pêcheries de thon existantes et celles qu'il lui conviendrait d'établir entre l'embouchure du Guadiana et la côte du royaume de Grenade. Ce privilège, fondement de la puissance territoriale des Médina Sidonia, doit avoir été imprimé quelque part, ne

l4 1. ^— Lil LETTRE DE SANCHE TV

fût-ce que dans les preuves de mémoriaux ou de procès, mais je n'ai pas réussi à en voir un texte complet ni authentique. Je ne puis en parler que d'après des extraits produits par Barrantes et Médina et d'après une autre donation de Ferdinand IV, au même Guzman, de la ville de San Lucar de Barrameda, qui, à ce qu'il me semble, vise le premier privilège et en répète quelques clauses. Barrantes reproduit textuellement, dit-il entre olras cosas dize el privilegio estas palabras . les phrases suivantes du privilège de 1 295 :

« Que vos doy y hago merçed de las almadravas que

«î,-^Ma siM» o soraiide aqui adelante. desdedonde el lio de

l.uadiaua tnlra en la inar fasla loda la coste del reinode

l.iauada Kansiims.no que si se ganaren algunos logares

«Ml que al,nadn.xas pueda aver. que las non pueda armar

«. avor otra pers<.na alguna. salvo vos el dicho Don A OU.O 1 ,.rt., K. ^;„.„,,„ ^, ^^^^^ ^ ,^^ ^^ ^^^

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LA DONATION DE FERDINAND IV l5

juraniento é pleito omenage que me leniades fecho por la villa de Tarifa *. »

La donation de Ferdinand IV, datée de ïoro le i3 octobre 1297, dit ceci :

a Sepan por este nuestro privilégie todos los que agora son é seran daqui adelanle como nos don Fernando. . . por grand voluntad que habemos de facer muclio bien é mucha merced a don Alfonso Perez de Guzman, nuestro vasallo é nuestro alcayt en Tarifa ; c por muclios buenos servicios que fizo al rcy don Sancho nuestro padre (que Dios perdone) sennaladamente en la conquisla que el (izo de Tarifa é otros i en guardar é aniparar la villa de Tarifa, seyendo el hi quando la cercaron el infante don Johan, con todo el poderio de los moros del rey Abenjacob, en que mataron un fijo que este don Alfonso Perez habia, que moros traian consigo, porque les non quiso dar la villa, é el mismo lanzo un su cuciiillo a los moros con que matason el su fijo, porque fuesen cierlos que non daria la villa, que ante non tomase hi inuerte, é los moros veyendo esto, mataronlc el lijo con el su cuchillo. Et porque nos sopiemos por cierloqneporcstos servicios que el fizo al rcy nuestro padre, le habia el prometido de l[e] dar la villa de Sanl Lucar de Barrameda, con el caslillo é con todas las rentas por heredat, e habia

I. Mémorial histôrico^ t. IX, p. 178. Los derniers mots de ce passage, à partir de « por la muertc », sont cités par Salazardo Mcndoza, Origen de las dignidades seg lares de Castilla y Léon, Madrid, 1618, fol. 80. Dans sa Miscelanea (fin du xv!*" siècle), D. Luis de Zapata, parlant d'Alonso Pérez de Guzman, écrit ceci : « Le hizo el Rey merced de la pesqueria de los a tu nés de las almadrabas, con estas palabras en el previlegio : a Por cuanto imitastes à nuestro padre Abrahan, vos por obra y él de voluntad, etc. » (^Mémorial histôrico, t. XI, p. 819). Cette citalion ne correspond pas au texte de Barrantes.

l6 I. — ►LA LETTRE DE SANCHE IV

envi ado por el pora gela dar é pora le facer otros bienes é otras mercedes muchas, et por complir lo que el rey nuestro padrc le prometio é por le dar gualardon por ello... damosle Sant Lucar de Barrameda K »

On le voit, ces deux instruments diplomatiques fournissent tout Tessentiel de la lettre : rincident du poignard lancé par-dessus les murs (aussi raconté par la chronique ^) ; le sacrifice d'Abraham et le surnom de Bueno, De l'invitation adressée à Guzman de venir rejoindre le roi malade à Alcalâ, nous ne savons pas ce qui a pu en être dit dans le privilège de 1296 ; mais la phrase du privilège de 1297 nous suffît: (( E habia enviado por el pora gela dar é pora le facer otros bienes. » Donc, à Taide de la chronique d'une part et des privilèges de l'autre, un esprit un peu délié pouvait facilement composer la lettre. Mais il reste encore à signaler une autre source où il ne serait pas invraisemblable de supposer que notre épistolographe eût puisé ; j'entends parler d'une chronique ou biographie

1. Memoriasde D. Fernando IV de CastiUa, t. II. Coleccion diplomâtica (Madrid, 1860), no Cil, d'après une copie de 1739, faite sur l'original et authentiquée par un Pedro Mufioz, notaire royal.

2. C'est la chronique aussi qui a fourni la date de la lettre : Alcalâ de Henares, 2 janvier de l'ère i333 (= 1296). En effet, le ch. XI de la chronique de Sancho IV commence ainsi : « En el mes de henero en la era de mil y trezientos y treinta y très afios, scyendo el rey don Sancho en Alcalâ de Henares .. »

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