En 1684» le gouvernement d'Espagne avait ordonné la
Ql8 VII. UN GRAND d'eSPAGNE
Ces deux exemples. Sire, sont assez considérables et parlent assez en fauueur du Duc pour qu'on ne puisse doutter de son zèle et de ce qu'il est capable de faire pour le seruice de Vostre Majesté dans des affaires encore plus importantes, lorsque l'occasion s'en présentera, et aussy il seroit inutile d'en dire d'auantage, Vostre Majesté ayant esté suffisamment informée des auis qu'il donnoit continuellement, ou il donnoit a connoître le véritable génie de la cour d'Espagne et les intentions de ses princij>aux ministres, en quoy il ne s'est jamais guiere trompé.
Il ne s'agit donc plus maintenant que de sçauoir ou buttent ses desseins et en quoy consistent ces services importans qu'il est capable de rendre, s'il s'engage tout à fait au party et qu'on luy en fournisse les moyens. Il ne prétend pas pourtant blesser en cela son honneur, car tant s'en faut qu'il ait jamais songé à aucun attentat ; il aime fort son prince, mais estant persuadé, comme il est, de son infirmité et qu'on n'en doit point attendre de succession, en ce cas il ne croit pas que ce soit commettre une infidélité envers luy que de s'interresser pour la justice du légitime successeur, rendant par auance à Monseigneur le Dauphin * un hommage qui luy est deû , en taschant par touttes sortes de voyes à détruire le
confiscation de cinq cent mille écus d'effets appartenant à des marchands français sur la flotte des Indes, sous prétexte qu'ils avaient contrevenu aux ordonnances du royaume qui interdisaient aux étrangers de trafiquer avec les colonies espagnoles. Louis XIV, pour défendre les intérêts de ces marchands, fit faire une démonstration navale devant Cadix, et un accord intervint le lo juin 1686. Voir deux mémoires relatifs à cette afiaire dans le ms. de la Bibliothèque Nationale, Franc. QO^B, p. 3i5 et suiv,
I. Louis de France, surnommé le Grand Dauphin, né à Fontainebleau, le i*** novembre 1661, mort à Meudon, le i4 avril 1711. En vertu des droits de sa mère, Marie -Thérèse d'Autriche, il pouvait être considéré comme héritier présomptif de la couronne d'Espagne.