‹ Études sur l'Exposition de 1878 (volume 2)Chapitre 26 sur 65 · Espèce bovine · texte numérisé non relu

Espèce bovine

Races normandes. — Le département de la Manche, véritable berceau des races normandes, constitue avec celui du Calvados, le centre principal de production des animaux appartenant à ces races qui se subdivisent en cotentine,

bessine, augerone, etc. L’ensemble des bêtes bovines normandes présente une grande diversité de taille, de formes et de robe, suivant le milieu qui les a produites; mais il forme, néanmoins, une grande et belle race, robuste, généralement bien étoffée, au tempérament lymphatique, au pelage varié et presque toujours bringé ou bigarré, et qui est surtout très-recherchée pour ses remar-, quables qualités laitières, ainsi que pour la qualité de sa viande, dont elle fournit un appoint d’une certaine importance pour la consommation de Paris.

On fabrique avec le lait des vaches de race bessine le beurre d’Isigny, et avec celui des autres races normandes : le beurre de Gournay, les fromages raffinés de Camembert, de Livarot, de Pont-l’Évêque et de Neufchâtel, ainsi que les fromages double-crème de Neufchâtel et ceux de Gournay, dits fromages Gervais. Cette production atteint annuellement le chiffre d’environ 110 millions.

Race flamande. — La vache flamande est éminemment laitière; elle est caractérisée par sa robe rouge brun plus foncé vers la tête, avec quelques marques blanches, les extrémités et les ouvertures naturelles noires. C’est une bête de forte taille, ayant une belle conformation, une peau fine, une tête distinguée, une ligne dorsale bien droite, une croupe large et une queue fine et bien attachée. Toutefois, la poitrine manque de largeur et les côtes pourraient être plus arrondies.

Une bonne vache flamande de Bergues peut produire 2,600 litres de lait par an. La traite journalière, après le vêlage, s’élève souvent, en effet, à 25 litres et même 30 pour les sujets exceptionnels.

Dans cette race, les mâles sont sacrifiés dans le jeune âge et vendus à l’état de veau, à l’exception de ceux destinés à la reproduction.

Race charolaise. — La race charolaise est la plus belle et la plus importante des races bovines du centre. Originaire du Brionnais et du Charolais (partie sud-ouest du département de Saône-et-Loire), elle s’est propagée sur toute l’étendue des départements circonvoisins. C’est une race de travail et de premier ordre pour la boucherie.

Le charolais se reconnaît à sa robe blanche au poil fin et soyeux, à son corps régulièrement cylindrique, à sa tête courte, large, ornée de cornes fines de moyenne grandeur, blanches et relevées vers la pointe, à son mufle rosé, son œil grand, sa physionomie douce. Il est près de terre et montre une queue bien attachée, une culotte très-prononcée et bien descendue, un dos droit et large, des côtes bien arrondies, une poitrine ample et profonde et une encolure peu chargée de fanon.

Les animaux de la race charolaise sont achetés à des prix très-élevés par les agriculteurs du Nord et des environs de Paris qui les utilisent d’abord pour les travaux des champs, puis les engraissent pour la boucherie.

Races gasconne et carolaise. — La conformation des animaux de ces deux races est assez régulière : le corps est cylindrique, la poitrine bien développée, les membres forts, la charpente osseuse un peu grossière et la queue attachée un peu haut. La robe est gris blaireau avec des nuances plus ou moins foncées, les extrémités et les ouvertures naturelles sont ordinairement noires.

Les vaches sont passablement laitières.

Race garonnaise. — Les bœufs garonnais sont très-longs de corps, et présentent souvent certains défauts de conformation : leur côte est plate, leur poitrine sanglée, leur fesse courte et coupée trop tôt au-dessus du jarret; ils ont une queue mal attachée et une ossature assez commune. La tête longue, lourde et busquée donne à l’animal l’air triste. Le pelage est uniformément de couleur froment; le mufle et le bord des paupières d’un rose pale, les cornes blanches.

Les femelles sont mieux conformées que les mâles, mais médiocres laitières.

La race garonnaise est très-estimée pour le travail à cause de sa force colossale et de sa patience.

Race bazadaise. — Les formes de ces animaux sont parfaites : la poitrine bien descendue, est large et profonde; la côte est très-ronde et l’ensemble du corps presque cylindrique; la ligne du dos est droite; la hanche large, carrée et bien placée; là culotte, souvent très-bonne, laisse toutefois à désirer dans une grande partie des animaux. La tête est courte, le front large et ouvert, le cornage souvent défectueux.

Les femelles sont, pour ainsi dire, irréprochables de formes, mais de faibles laitières.

Le taureau bazadais est un animal farouche, presque féroce et très-dangereux. Le centre de production se répand dans les Landes, le Gers et le Lot-et- Garonne.

Race fèmeline. — Cette race, qui appartient au type comtois, a son centre d’élevage sur les bords du Doubs, de la Saône et s’étend jusqu’à la Bresse.

La vache est généralement petite et bonne laitière : leur rendement ordinaire, après le vêlage, est de 15 à 18 litres par jour.

Les bœufs sont forts, actifs, dociles et font d’excellentes bêtes de travail.

Races des Pyrénées. — Il y en a trois :

1° celle de Lourdes, assez bonne laitière. Les animaux sont de petite taille, de robe froment clair; la tête longue et lourde, les cornes d’un blanc mat.

2° La race des vallées d'Aube et de Saint-Girons : la robe de ces animaux est gris-blaireau foncé et les muqueuses extérieures sont roses. Les bœufs sont petits et trapus.

3° Les races béarnaise, basquaise et d ’Urt : Ces trois races sont de la même famille. Les animaux ont un aspect gracieux et fier; la tête est courte et carrée, le front large orné de cornes bien plantées. La robe varie du rouge foncé au froment clair.

Enfin, on remarquait encore à ce concours :

La race limousine , qui a son centre d’élevage dans la Haute-Vienne; la race de Saler s, originaire des monts d’Auvergne; la race d’Aubrac qui descend des montagnes de ce nom; la race du Mézenc , originaire de l’Ardèche; la race Parthenaise et ses dérivés, ou races Vendéenne et Nantaise’, la race Tarentaise , originaire des Alpes ; race sobre, rustique et infatigable au pelage gris clair.

Arrêtons-nous à la race bretonne, qui était richement représentée au concours.

Race bretonne. — La race bretonne, dont le berceau paraît être le département du Morbihan, se rencontre dans les cinq départements qui composent l’ancienne Bretagne, à l’exception d’une grande partie de la Loire-Inférieure où

Dn entretient des animaux de race parthenaise ou nantaise, et des confins de 'Ille-et-Vilaine où on préfère la race normande.

Les animaux bretons sont rustiques, sobres et propres au travail.

La vache qui, on l’a dit avec raison, est la bête laitière par excellence des pays pauvres, est petite et trapue; elle a les membres courts et un peu grêles, mais les extrémités en sont d’une finesse remarquable ; sa tête est courte et sèche, son œil est vif; elle a le mulle noir, parfois marbré et rarement blanc; ses cornes sont fines et blanches à la base, mais parfois disparates, sa robe est ordinairement pie noire ; elle a la peau fine, souple et bien détachée, son allure est vive et décidée et son caractère doux et sociable.

Dans les parties de la Bretagne les plus fertiles et les mieux cultivées, les animaux de race bretonne ont acquis plus de développement et des formes meilleures.

Enfin, nous terminerons par la race Durham et croisements Durham. Cette race, créée en Angleterre, dans le canton de Durham, vers 1780, par plusieurs éleveurs, à la tête desquels il faut placer Ch. Colling, a été importée en France, à partir de 1838, par l’Administration de l’agriculture qui a été secondée dans cette tâche par MM. Aug. Yvart et Lefebvre de Sainte-Marie.

C’est surtout dans les départements de l’Ouest que les croisements de la race Durham ont été les plus nombreux et que leur influence sur la culture et les conditions économiques de l’industrie agricole a été le plus appréciable. Actuellement, la supériorité du sang anglais en fait de croisement pour les animaux de boucherie, est indiscutable.

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