IV. — La race cuniculine à l’Exposition
Elle n’y a pas encore fait son apparition, mais puisque nous pensons à cet intéressant animal avec lequel il est si facile de se faire 3,000 livres de rente, qu’il est étonnant de voir si peu de pauvres diables s’adonner à sa culture, nous allons raconter la petite anecdote suivante :
11 y a quelque temps, plusieurs habitants de Romorantin, exposants ou visiteurs, attendaient le train pour venir faire leur pélérinage à l’Exposition. Pendant l’attente, un pari original fut tenu par un éleveur de lapin qui s’engagea à aller a Paris en o jours escorté de oO lapins, le pari était de mille francs et le plus original c’est qu’il fut gagné par le marchand de lapins.
Laissons-le parler.
« Le pari était de mille francs; c’était une grosse somme pour un éleveur de lapins.
« Quinze jours d’avance, j’avais dressé mes meilleures bêtes (vingt-cinq males et vingt-cinq femelles) et leur avais donné les qualités voulues ? pour un pareil voyage. Il fallait surtout les accoutumer à n’avoir peur ni des chiens, ni des voitures. Je partis le jour convenu, à quatre heures du matin, au milieu des éclats de rires de mes parieurs. Je gagnai par le Mail la route d Orléans, mais mon bataillon ne marchait pas. C’était, au moindre bruit, des affolements inouïs. A six heures et demie, nous avions à peine fait trois kilomètres. J’étais désespéré. Alors l’idée mq vint d’insinuer à chacun d’eux une gouttelette d’eau-de-vie. L’effet fut énergique : ils partirent d’un si grand train que nous ne pouvions les suivre.
« Nous traversâmes successivement Millançay, La Ferté, Beauharnais et Chaumont-sur-Charonne. Nous étions à la nuit à La Ferté-Saint Aubin. Or, je n avais pas mangé depuis le départ, et, durant la route, j avais constamment été occupé à poursuivre mes lapins qui couraient la prétentaine de droite et de gauche.
« Une seconde étape nous mit à Orléans, et une troisième à Paris, où j arrivai bien avant le délai convenu.
<c Je rentrai à Romorantin en chemin de fer. Inutile de vous dire que mes parieurs ne riaient plus.
« Cette première campagne m’a mis en gaieté, et je tiens le pari de traverser ï Exposition, un dimanche, à deux heures (1), sans perdre un seul de mes lapins. Je fais mieux : je gage d’aller à Berlin en vingt-deux jours, sans qu’une de mes bêtes manque à l’appel.
« Les paris sont ouverts. »
Les Bohémiens russes à l’Exposition.
M. Teisserenc de Bort a assisté mercredi à l’inauguration des séances ^de musique pittoresque dans la petite salle du Trocadéro. C’était les quarante bohémiennes et bohémiens de Moscou, vingt-six femmes, douze hommes et deux enfants, qui faisaient tous les frais de cette séance curieuse, qui n’a duré qu’une heure; mais le ministre a été si vivement impressionné par ces virtuoses bizarres, qu’il les a autorisés à faire une promenade dans l’Exposition, et, contrairement au règlement imposé, à donner après leur promenade, une deuxième séance dans la même salle.
La bande a remercié le ministre de sa bienveillance, et la foule l’a suivie dans le parc; à leur retour, la salle était remplie; et leur succès a été encore plus vif que la première fois. A leur sortie, ils se sont croisés dans le vestibule avec le shah de Perse qui quittait l’Exposition suivi de son escorte.
(1) Si c’est un jour comme dimanche dernier, où on a compté 183,500 entrées, je doute du succès de l’éleveur de lapins.
Le shah s’est arrêté et a ordonné à quelqu’un de sa suite de dire aux artistes de lui chanter quelque chose. Une chaise a été portée au souverain, qui s’est assis au milieu du vestibule; les bohémiennes et les bohémiens se sont rangés autour de lui et ont entonné un de leurs airs les plus pittoresques et les plus sauvages, qui a excité chez le shah une joie à laquelle son visage impassible n’est pas accoutumé, et qui s’est d’ailleurs manisfestée, quand les artistes ont eu fini, par une forte somme offerte par lui avec une très-bonne grâce, au chef Nicolas Chichkin.
Une foule énorme a interrompu la circulation dans le vestibule pendant le concert improvisé et a suivi la troupe chanteuse jusqu’aux omnibus qui l’ont enmenée, d’abord à leur souper et le soir aux concerts de l’Orangerie, du jardin des Tuileries.
Nos visiteurs.
Le roi de Portugal est arrivé à Paris; il voyage incognito sous le nom de duc de Villaviciosa.
Son épouse morganatique, la comtesse d’Edla l’accompagne ainsi que son fils, le duc de Coïmbre.
il habite au Grand-Hôtel l’appartement voisin de celui du duc d’Aoste.
M. Stanley, le célèbre explorateur de l’Afrique Centrale, est arrivée hier à Paris, venant de Bruxelles. 11 est descendu à l’hôtel Meurice.
La maharadjah de Johore, prince indien, est arrivé pour visiter l’Exposition de Paris.
Congrès international de l’Agriculture.
Le Congrès a été ouvert le mardi 14 juin, avec une grande solennité, dans la salle des fêtes du palais du Trocadéro, mise à la disposition de la Société par M. le Ministre de l’agriculture et du commerce et M. le Sénateur, commissaire général de l’Exposition.
M. le Ministre des finances a bien voulu accorder l’entrée gratuite du palais du Trocadéro à tous les membres du Congrès, pendant dix jours.
La séance d’ouverture était présidée par M. le marquis de Dampierre, viceprésident, délégué pour les fonctions de président. Il avait à sa droite S. A. R. le prince de Galles, et, à sa gauche, Mgr le duc d’Aumale. S. E. Lord Lyons, ambassadeur de la Grande-Bretagne, siégeait au bureau.
Près de trois cents agriculteurs étrangers délégués par leurs délégués, par leurs gouvernements ou des associations agricoles, ont répondu à l’appel de la Société des agriculteurs de France.
Le catalogue officiel de l’Exposition
Le catalogue officiel de 1878 se compose de huit volumes :
1er volume. Œuvres d’art (groupe 1), sections française et étrangères.
2e volume. Section française, France (groupes II à VI),
3e volume. Section française. France (groupes YII à IX); — Algérie et colonies françaises (groupes I à IX).
4e et 5e volumes. Sections étrangères (groupes II à IX).
6° volume. Sections historiques, française et étrangères.
7e volume. Concours d’animaux vivants et d’horticulture.
8e volume. Table alphabétique générale.
Ces huit volumes sont vendus ensemble ou séparément. Réunis, ils forment un catalogue complet comprenant tous les exposants et tous les produits.
Pour la France, la liste des exposants de chaque classe est précédée d’une notice rédigée sous la responsabilité du commissariat général et destinée à procurer aux visiteurs des indications succintes qui leur permettent de se rendre un compte sommaire de l’industrie de la classe.
Les puissances étrangères avaient été invitées à fournir les éléments de notices analogues; le temps a malheureusement manqué à la plupart d’entre elles, et pour quelques-unes seulement on a pu établir un exposé sommaire de l’état des diverses industries.
Les listes des exposants sont dressées par classe suivant l’ordre alphabétique ; dans l’article consacré à chaque exposant, on trouve le nom et les prénoms, l'adresse commerciale, l’indication sommaire des objets exposés, le numéro de l’emplacement qu’ils occupent dans la classe. La série des numéros recommence pour chaque nation et pour chaque classe ou chaque groupe, suivant l’importance du nombre des exposants. Quelquefois même, lorsque lé nombre des exposants est peu considérable, il n’y a qu’une seule série de numéros par nation. Leur succession correspond d’ailleurs à la succession des places dans les galeries réservées aux différentes classes, de telle sorte que le visiteur sait toujours dans quel sens il doit se diriger pour trouver l’exposition qu’il désire voir.
Les listes d’exposants ont été arrêtées par les comités d’admission qui ont fourni à l’Administration tous les éléments nécessaires à leur rédaction.
Pour la section française, la notice sommaire de chaque classe est en outre précédée de l’indication des diverses parties des palais et parcs où sont répartis les exposants de la classe et des numéros compris dans chacun de ces divers emplacements.
Le catalogue de la section Japonaise
Le catalogue de cette section vient de paraître. En voici la table des matières qui pourra certainement donner une idée des produits qui florissent dans ce pays riche et industrieux.
Cl. I, peintures à l’huile, 2 exposants. — Cl. 2, peintures diverses et dessins, 9 exposants. — Cl. 3, sculptures et gravures sur médailles, 10 exposants. — Cl. 5, gravures et lithographies, 1 exposant. — Cl. 6, éducation de l’enfant, enseignement primaire, enseignement des adultes, 1 exposant. — Cl. 7, organisation et matériel de l’enseignement primaire, 1 exposant. — Cl. 9, imprimerie et librairie, 5 exposants. — Cl. 10, papeterie; reliures; matériel des arts, delapeinturs et du dessin, 14 exposants. — Cl. 12, épreuves et appareils de photographie, 1 exposant, — Cl. 14, médecine, hygiène et assistance publique,
1 exposant. — Cl. 15, instruments de précision, 3 exposants. — Cl. 16, cartes et appareils de géographie et de cosmographie, 2 exposants. — Cl. 17, meubles à bon marché et meubles de luxe, 30 exposants. — Cl. 18, ouvrages du tapissier et du décorateur, 6 exposants. — Cl. 19, cristaux, verreries et vitraux, 1 exposant. — Cl. 20, céramique, 88 exposants. — Cl. 21, tapis, tapisseries et autres tissus d’ameublement, 8 exposants. — CL 22, papiers peints, 3 exposants. — * Cl. 23, coutellerie, 1 exposant. — Cl. 24, orfèvrerie, 6 exposants. — Cl. 25 bronzes d’art, fontes d’art diverses, métaux repoussés, 46 exposants. — Cl. 27, appareils et procédés de chauffage et d’éclairage, 7 exposants. — Cl. 28, parfumeiie, 2 exposants. — Cl. 29, maroquinerie, tabletterie et vannerie, 55 exposants. — Cl. 30, fils et tissus de coton, 3 exposants. — Cl. 31, fils et tissus de lin, de chanvre, etc, 3 exposants. — Cl. 32, fils et tissus de laine peignée, 1 exposant. — Cl. 34, soies et tissus de soie, 42 exposants. — CL 35, châles,
3 exposants. — CL 36, dentelles, tulles, broderies et passementeries, 14 exposants. — CL 37, articles de bonneterie et de lingerie, objets du vêtements, accessoires, 13 exposants. — Cl. 38, habillement des deux sexes,
3 exposants. — Cl. 39, joaillerie et bijouterie, 7 exposants. — Cl. 40, armes portatives, chasse, 1 exposant. — Cl. 41 , objets de voyage et de campement, 1 exposant. — CL 42, bimbeloterie, 14 exposants. — Cl. 43, produits de l’exploitation des mines et de la métallurgie, 10 exposants. — Cl. 44, produits des exploitations et des industries forestières, 5 exposants. — Cl. 45, produits de la chasse, produits, engins et instruments de la pêche et des cueillettes,
8 exposants. — Cl. 46, produits agricoles non alimentaires, 23 exposants. —
Cl. 47, produits chimiques et pharmaceutiques, 8 exposants. — Cl. 49, cuirs et peaux, 5 exposants. — CL 51, matériel et procédés des exploitations rurales et forestières, 1 exposant. — CL 58, matériel et procédés de la couture et de la confection des vêtements, 1 exposant. — Cl. 60, matériel et procédés de la papeterie, de la teinture et des impressions, 1 exposant. — CL 66, matériel et procédés du génie civil, des travaux publics et de l’architecture, 6 exposants. —
Cl. 68, matériel et procédés de l’art militaire, 1 exposant. — Cl. 69, céréales, produits farineux avec leurs dérivés, 9 exposants. — Cl. 72, viandes et poissons,
3 exposants. — Cl. 73, légumes et fruits, 3 exposants. — Cl. 74, condiments et stimulants, sucres et produits de la confiserie, 5 exposants. — Cl. 75, boissons fermentées, 10 exposants. — Cl. 77, chevaux, ânes, mulets, 1 exposant. —
Cl. 81, insectes utiles et insectes nuisibles, 4 exposants. — CL 86, fleurs et plantes d’ornement, 1 exposant. — Cl. 88, fruits et arbres fruitiers, 1 exposant.
— Total 516 exposants , dont 88 pour la céramique. Cette section de l’Exposition est très-brillante; tous les produits y sont côtés vendus. On peut dire que les Japonais ont obtenu un véritable succès.
Le pavillon du ministère de l’intérieur
Samedi, 15 juin à deux heures, a eu lieu l’inauguration officielle du pavillon renfermant l’exposition du ministère de l’intérieur.
Ce pavillon est situé près de la porte de Tourville et parallèle à l’école militaire.
Cette Exposition est d’une grande importance à deux points de vue : d’abord comme enquête sociale et administrative, ensuite comme organisation.
L’Exposition du ministère de l’intérieur fut décidée au mois de janvier 1878.
Au mois de février, les Chambres votèrent un crédit de 150,000 francs. Cette somme fut en grande partie absorbée par la construction du pavillon.
Mais un grand nombre de conseils généraux ont participé à cette exposition par des subsides.
Le plan de ce pavillon a été très-bien conçu et parfaitement exécuté.
Chaque chose est présentée théoriquement par des tableaux, et pratiquement par des modèles en relief.
Une part faite à l’histoire complète cette instructive enquête.
Voici les grandes divisions de l’Exposition du ministère de l’intérieur : administration générale , administration pénitentiaire , service vicinal , hôpitaux , asiles d’aliénést œuvre d'utilité publique , établissements généraux de bienfaisance .
Dans cette partie de l’Exposition on a réuni, groupé, classé des documents sur toutes les améliorations apportées dans chaque ville sur les différents services publics, avec chiffres comparatifs à l’appui, devis, plans, etc.
Les types et les modèles sont pour la plupart en relief, ce qui facilite l’étude comparative.
Chaque tableau, chaque plan, chaque modèle est accompagné d’une notice explicative.
Exposition des chambres de commerce des ports maritimes et commerciales de France.
Lundi, 17 juin, a eu lieu l’ouverture de cette section, elle est placé dans un vaste hangar situé sur la berge de la Seine rive gauche, on y a accès par un escalier qui s’appuie au pont d’Iéna.
A 1 heure de l’après-midi, M. le Ministre des travaux publics a fait l’inauguration de ce pavillon. Il lui a été adressé une allocution par M. le président de la section, par laquelle en substance nous avons pu comprendre que les chambres de commerce de nos ports maritimes appelaient l’attention du gouvernement sur l’avenir de notre marine marchande qui n’est pas dans un état aussi florissant, qu’on pourrait l’espérer. Mais le mal est plus loin, et nous croyons humblement que tant que nos colonies seront gouvernées comme elles le sont; aussi longtemps que par delà les mers et dans les pays où Jlotte le pavillon
français, aussi longtemps dis-je que les intérêts de nos nationaux seront sacrifiés aux intérêts des nationaux étrangers, notre marine marchande et par conséquent nos ports de commerce auront à végéter. Voilà une des causes à signaler et nous pouvons en parler savamment à cause de tous les renseignements que nos anciennes relations dans la marine nous mettent à même de recueillir. Monsieur le Ministre a répondu à l’allocution qui lui était adressé par quelques
mots d’encouragement, puis il a procédé à un examen minutieux qui n’a pas duré moins de 4 heures.
Nous allons faire savoir à nos lecteurs ce que nos ports mettent sous les yeux du public.
1° tous en général un plan ou une vue coloriée de leur port, puis des échantillons d’importation et d’exportation avec les types d’emballages , des gabarits et des petits modèles de chaloupes, de bateaux de pêche, de navires au long cours et au cabotage, des modèles d’engins de pêche, des costumes de marine, etc., etc.
Nous allons suivre l’ordre de classement.
Cette galerie est divisée en 3 travées, la principale celle du milieu puis une de chaque côté, nous prenons celle de
Fig. 4. — Cheminée pour le saurissage des harengs. 8âuche en entranl Par le P0nt d’Iéna‘
Nous trouvons d’abord la ; chambre
de commerce de Dieppe. Elle expose des biscuits, des tourteaux, un moulin Packam, des parures en coquillages, des farines de seigle, des poteries de construction mattes et vernies, des échantillons de blanc de craie.
Fécamp nous offre la vue de son port, puis nous présente le produit de ses pêches: harengs, maqueraux blancs, maqueraux paquès, etc.
Des échantillons de bois de chêne du pays séché à l’étuve, un moulin à concasser les grains, des moulures de diverses essences de bois pour l’exportation, des filets de pêche, etc.
Un petit modèle d’un bateau de pêche, dit Bœuf} court et à large flanc avec basse mâture portant un foc, une voile carrée et un tape-cul, enfin un modèle de cheminée pour le saurissage des harengs dont nous donnons le croquis, fig. 4.
On voit que cette cheminée est traversée par plusieurs rangées de barres de fer rondes superposées les unes au-dessus des autres, dans ces barres sont enchapelés par les ouies, les harengs, qui y sont plus pressés que ne l’indique la figure.
Samedi 13 juillet.
Revue de la semaine. — Variétés, Mélanges. Renseignements pour les exposants. — Annonces. — Réclames
et avis divers.
Matières contenues dans le 10m« fascicule.
Chronique , par M. E. Lacroix , ingénieur civil, pages 133 à 148 du tome ix. — Hygiène , parle Dr Nicolas, t. vin, pages G5 à 96. — Hydraulique , par M. Dumont, t. iep, pages 61 à 76. — Les Appareils de cosmographie, t. iv, pages 89 à 97, par M. Letort. — L'Enseignement agricole, par M. Dahmer, pages 98 à 120, t. iv.
NOTA. — Le fascicule des Etudes est formé des 14 premières planches ; il a été expédié le Sî Juin, sous forma de rouleau, pour les planches ne pas être froissées.
Exposition des ports de commerce.
Marseille occupe une grande partie du hangar et est représenté par des objets divers dans chacune des travées que nous avons indiquées.
Nous examinons tour à tour des sucres de Porto-Rico, de la Havane, de Java, des sucres des raffineries de la Méditerranée; une caisse dans laquelle les morceaux de. sucre cassés sont rangés comme les dominos dans leur boîte; tous les produits de la minoterie de Marseille : différents modèles de moulins à café, des vermicelles, des maïs, de la graine de moutarde, du riz, des lentilles d’Alexandrie, des avoines de Turquie, des graines de Turquie, d’Italie, d’Odessa, des bords du Danube, des avoines et des orges de Salonique; des produits de l’Algérie (blé, avoine, etc. ;) des amidons, amidon aggloméré, amidon fin, amidon extra-fin, gras d’amidon exposés par MM. Vidal et Cie, une autre série d’amidons fins et extra-fins exposée par M. Rouhard ; cet ensemble fait penser à un magasin d’épiceries admirablement assorti.
M. Guichard a exposé de nombreux spécimens de poteries pour constructions (tubes, briques creuses, tuyaux de drainage, etc.)
MM. Beuse et Julien, qui annoncent occuper 200 ouvriers, ont de magnifiques échantillons de tonnellerie. — Fûts de toutes catégories et de toutes essences, sirops, confiseries, etc., attirent notre attention.
Nous remarquons le système de bouchage imperméable de Gondran fils.
Gémy fils expose des échantillons de parqueterie et quelques modèles de menuiserie artistisque .
M. Valette expose un vin façon Malaga dont il expédie 1,000 pipes par an à la Plata. Les fûts sont très-soignés.
On verra les huiles fines de Gardair, les huiles d’olive supérieure de Plagniol de Jameâ (maison fondée en 1818).
Les échantillons de soie sont nombreux et variés : cocons de la Perse, de la Géorgie, de la Syrie, de la Chine, etc.
Belle exposition de nacres de diverses provenances.
Couty frères etSakin,de Constantinople, ont envoyé des échantillons de tabac turc.
Nous trouvons aussi des balles de coton de toute provenance. — La Badiane, les thés chinois, les vanilles de toute origine ; cannelle de chine, nattes de chine.
De beaux savons, blancs ou veinés de rouge.
L’Exposition de l’Ecole supérieure de commerce de Marseille, confortablement installée, nous a permis d’examiner à Loisir les envois de cette utile institution fondée en 1855. Le Cours de géographie commerciale in-4, autographié de Baynier, sous-directeur de l’école, est accompagné d'un atlas où sont dessinées toutes les plantes utiles au commerce et à l’industrie. Nous signalerons aussi le Cours de législation et d'économie politique, in-4, autographié, du professeur M. Blocquet.
Reprenant notre marche ; nous passons devant des tourteaux de pavôt blanc, de coton, de césame, de ricin, de cortique, de pavots de l'Inde, d’arachides, de gambie, etc.
Parmi les produits minéraux, on voit des saumons de plomb argentifère d'Espagne, de plomb antimonieux marchand, de Marseille ; des échantillons de soufre. Des produits chimiques et pharmaceutiques ont été exposés par M. Dubois, par MM. Caré Colard et Bérenger. Une bonbonne contenant, d’après l’étiquette, de la benzine de Regnier, dite essence de pensylvanie (fabrique à l’Estaque).
Citons encore la glycérine de Fournier, les spécimens de bougies; les produits de la pharmacie du frère Mathias, dernier carme déchaussé de Marseille ( à Marseille.
N’oublions pas les lièges et bouchons de Bourguignon, frères, à côté d’une machine à tourner les bouchons, de Nouvé-Debouel les lames et les cuirs ; enfin la poinçonneuse cisaille, à leviers combinés de Alexandre Arnoux. Pourquoi cet appareil n’est il pas dans la section des machines ?
Si l’Exposition de Marseille est riche en produits importés; celle de Fécamp va nous montrer principalement les résultats de l’industrie maritime locale.
Nous remarquons en passant devant la section de Boulogne-sur-Mer, une ligne de 1 ,000 mètres de longueur, 6 petits modèles de bateaux de pêche, trois mâts, goélette, un petit modèle de navire au 1/8 pour la pêche de la morue; un autre modèle d une chaloupe qui sert à la pêche de la morue sur le grand banc de Terre-Neuve.
Auguste Lemelle, forgeron pour la Marine, a exposé une série d’ustensiles pour la pêche, ancres pour sauvetage de ligne, crocs d’appareils, crocs de bastacles, etc. Marinier et Cic de Fécamp exposent des échantillons de bitter.
Hures. Lagache et Cic ont envoyés de magnifiques échantillons de toiles à voile, de coton, de lin, de chanvre, etc.
La « Soulà-Easlern-liailvay Company » expose un modèle du steamer Victoria qui fait le service entre Folkstone et Boulogne ; ce steamer à des abris très-confortables pour les passagers sur le pont du bateau. Le projet a été dessiné par W. L. Earnshaw, ingénieur de Folkstone.
La Gic générale des paquebots à vapeur de Londres a exposé un modèle du paquebot à dunette, Granton ,. qui fait le service entre Londres et Boulogne.
Faucher, de Desvres (Pas-de-Calais), expose des spécimens de céramique. Rien qui intéresse particulièrement la marine.
Nous nous arrêtons devant un superbe bloc de marbre du Bolonnais de 3m,45 de longueur, sur 0m,90 de largeur et 0m,60 dépaisseur.
Nous remarquons aussi d’autres échantillons de marbre boulonnais bon marché, une belle collection de couleurs pour peinture, de terre plastique, etc.
De fortes chaussures pour l’exportation paraissent bon marché ; relativement au prix de Paris.
Nous nous arrêtons devant un bloc en béton de ciment de Portland de l’usine de Demarle, Lenquéti et Cic, c’est un fragment détaché en 1875 de la digue de Cherbourg, après un séjour de 16 années à la mer, n’est nullement endommagé.
Enfin nous voyons Bordeaux, Rouen, le Havre, ce seraient nous répéter que de vouloir décrire l’Exposition de ces ports de commmerce, nous y retrouvons tout ce que nous avons déjà vu dans les autres régions, des denrées de toutes espèces, des bois de construction de toutes provenances, des engins de pêche, des modèles de navires de tous tonnage, etc.
La Ville de Paris est aussi réprésenté. Nous recommandons aux visiteurs l’examen d’un plan à relief de ladite ville qui mesure environ 20 mètres carrés, il est dressé avec une perfection et un soin remarquable. C’est un travail qui a dû demander plusieurs années de travail à son patient auteur.
Brest . — Poursuivons notre marche dans la travée qui se trouve à gauche en entrant, nous courons à la section réservée à Brest; elle est annoncée, comme les autres, par un plan de la ville et par des vues du port.
Cette exposition nous présente d’abord les roches du pays, des granits taillés en cube, avec indication des prix du mètre cube. Ces renseignements peuvent être utiles . aux constructeurs. Cubes de granit de Ploudamiels 45 fr. de Keitsanton 40 fr.,, de Lanrivare 25 fr., de Laber 30 fr., de Plouquin 30 fr. ; un petit parallélipipède de Logona; granit de Kersanton (piédroits et lancis), prix, terminé, 2 fr. 50 l’un; (balcon ordinaire), prix, terminé, 50 fr. le- mètre courant; dallage, 50 fr. le mètre superficiel; bordure de trottoir, 7 fr. 50 le mètre courant; granit de Laber, bordure de trottoir, 8 fr. 50 le mètre courant; piédroits et lancis, 2 fr. 50 l’un.
Plus loin des pavés provenant de Eisle longue (rade de Brest). Nous remarquons sur la plupart des objets exposés des cartes nous renseignant sur le mouvement .annuel de production et d’exportation ou bien d’importation. Ces documents donnent à l’Exposition un véritable intérêt; grâce a eux, en effet, nous ne faisons plus une promenade, sans but à travers des objets hétérogène, qui semblent rassemblés par caprice, la raison de leur approchement nous échappent mais nous nous rendons compte des motifs qui ont décidé l’envoi des produits; nous savons immédiatement ce qu’ils représentent et quelle est leur importance. Voilà l’idée général que nous signalons à propos de l’exposition de Brest; ajoutons qu’une pancarte petite et assez dissimulée du reste, réunit tous ces documents en un tableau synoptique. Cette observation faite, revenons aux pavés de Eisle longue. L’exportation annuelle est de 5,365 tonneaux, 5,000 tonnes s’exportent déjà comme lest de navire ; la production peut être considérable-
ment augmentée ; ces pavés peuvent constituer un fret de sortie ; sinon trèsavantageux, du moins très-abondant. Citons encore, parmi las produits minéraux, des dalles de conquet; du quarz pour empierrement des chaussées, des pierres calcaires. Houille, charbon et coke : importation 62,148 tonneaux, exportation 1,094 tonneaux; production 1,176. Ardoises de Châteaulin; importation 5,103,274 ardoises, exportation 25,145,321 ardoises; tuiles, importation 601,753 tuiles, exportation 652 tuiles; briques importation 610,513 briques; sel raffiné, importation 100 tonneaux; sel marins gris, importation 437 tonneaux; chaux, importation 12,379 tonnes, exportation 2,856; maërl, résidus de soudes de varech, employées comme engrais, production 4,167 tonneaux (cet amendement calcaire a été jusqu’à présent employé à l’état brut et il n'y a eu que les riverains à pouvoir en profiter); guano du Pérou, importation 4,325 tonneaux, exportation 1,163; « ammoniaque solide, » exportation 3,500 tonnes, production 4,000 tonnes; plâtre, importation 3,839 tonneaux, exportion 178.
Une série de produits végétaux naturels ou façonnés. Des paniers et des caisses à fraises nous annoncent que l’exportation par gares de Brest, Kerhnon, Landerneau etDirinon est de 2,371 tonneaux et la production de 3,278. Sur les caisses à œufs nous lisons que l’exportation de l’année a été de 6,196,374 œufs et la production de 11,965,431. Des caisses de savons des fabriques de Brest, Lambezelbe et Landerneau nous annoncent que l’exportation est de 156 tonnes et la production de 1,568 tonnes, une caisse de chicorée nous informe que l’importation est de 600 tonneaux. L’importation des fûts, sacs, caisses et paniers vides est de 1,610 tonneaux, l’exportation de 12,397. Les avirons en frêne que nous avons sous les yeux nous permettent de lire à grand?peiae (pourquoi l’étiquette est-elle juchée si haut), que l’importation est de 1,500 avirons, quand aux avirons , en sapin elle est de 250.
La corderie mécanique et fabrique d’étoupes à calfater de Bastit et Brunelat (à Brest), a exposé des filets de pêche de la rade (production 200) et des cordages (exportation 695 tonneaux, production 1,539). A côté, filets de pêche pour la sardine « de chez M. Bélegnic, de Douarnenez, » production 12,000.
Une vitrine réunit divers échantillons dans des bocaux : sarrazin (blé noir), production 1,510 tonnes, pois (légumes secs), production 351 tonneaux; farine, importation 1,153 tonneaux, exportation 537, production 35,693; graine de lin, exportation 1,000, production 1,500; sel marin gris, importation 43,700; seigle, exportation 51 tonneaux; production 565 ; avoines, exportation 15,227 tonneaux, production 25,695 ; alcool et eau-de-vie, importation 2,587 tonneaux, exportation 1,118; froment demi-dur, importation, 6.936 tonneaux, exportation 529; production 51,937; huiles de palmes, de colza et autres, importation 1,515 tonneaux froment demi-tendre, importation 6,936 tonneaux exportation 529, production 51,937; orge, exportation, 3,225 tonneaux, production 5,173.
Nous remarquons une collection de bois : hêtre de France, production 2,527 tonneaux; orme de France, importation tonneaux production 1,518 ; chêne, importation de Dantzig 1,259 tonneaux, production 1559; white pine de Québec importation 1351 tonneaux ; fitch pine de Pensacola, importation 5,127 tonneaux; sapin blanc de Suède et Norwège, importation 24,248 tonneaux; poteaux de mine et de télégraphe exportation 1,250 tonneaux, production 1,254.
On a exposé toute une série de barils dit bigames, de diverses contenances
pour l’exportation des beurres; de 5 kilogr. exportation pour les îles, Marquises, 40,000 barils, production 40,000; de 10 kilogr. exportation aux Antilles, 50,000 barils, production 50,000; 15 kilogs. exportation générale 40,000 barils, production 40,000; 21 kilogs. exportation au Antilles 40,000 barils, production 40,000 ; de 30 kilogs, exportation générale 30,000 barils, production 30,000.
Un petit tonneau de coaltar est là, avec son étiquettte pour nous apprendre que la production annuelle est de 8,000 tonnes, et une petite caisse de savons fabriqués à Brest, à Lambézelbe et à Landerneau pour nous informer que l’exportation est de 156 tonnes et la production de 1,568 tonnes.
Dans une vitrine nous voyons des échantillons de porcelaines de Daoulas (importation 84,875 pièces, exportation 180,312, production 265,358).
Nous nous arrêtons devant l'exposition de la société linière du Finisterre à Landerneau (société en commandite et par actions, au capital de 3,000,000 de francs, sous la raison sociale Heuzé, Homon, Goury, et Le Roux, à Landerneau). Filature de l’in, de chanvre et de jute. Blanchiment, tissage mécanique, 6,156 broches à filer a sec, 150 métiers à tisser. Moteurs : hydrauliques, 250 chevaux; à vapeur 240 chevaux. 1 ,036 ouvriers.
Production. Filature. Uin et chanvre ; environ 140,000 kilogrammes de fil dont les deux tiers sont employés pour le tissage mécanique et dont l’autre tiers est vendu blanchi en France. Jute : environ 530,000 kilogrammes de fil vendus en France, à l’état écru.
Tissage. Environ 1 ,800,000 mètres de toiles diverses, principalement de toiles pour la marine de l’État et pour la marine marchande française et étrangère.
Teillage. L’arrondissement de Brest produit approximativement 1,500,000 kilogrammes de lin dont la majeure partie est achetée par la société linière du Finisteère pour être teillée dans son usine de Landerneau; le reste est teillée dans les fermes et sert à la consommation locale.
Nous terminons cette révision par les produits de la mer. Sur des caisses de sardines à l’huile, nous lisons que l’exportation est de 1,298 tonneaux; sur de petites caisses à huîtres, que l’exportation est de 528 tonneaux et la production de 715 tonneaux. Quand aux poissons frais, l’exportation est de 1,148 tonnes et la production de 2,105 tonnes.