RÊTS OU DOA
IINENT LES ES
ISENCES.
hectares.
hectares.
hectares.
hectaers.
Le chêne liège .
Le chêne zéen .
Le chêne vert .
Le pin d’Alep .
Le cèdre .
Le thuya .
Le pin maritime .
L’orme et le frêne .
Le lentisque .
L’olivier sauvage et caroubier . .
L’eucalyptus .
Essences diverses .
Total . . .
Ainsi le domaine forestier algérien est, en chiffres ronds, de 2,000,000 d’hectares, c’est-à-dire supérieur à celui de la France.
En ajoutant à ce chiffre : 1° 153,865 hectares de forêts de chêne-liége qui ont été livrés en toute propriété par le décret du 2 février 1870 à ceux qui étaient concessionnaires de l’exploitation ; 2° 74,000 hectares abandonnés aux tribus ou villages comme propriété communale, la surface totale des forêts actuellement reconnues en Algérie s'élève à 2,280,087 hectares, c’est-à-dire à plus des deux tiers de celle de France.
Les produits les plus importants des forêts algériennes sont : les lièges, les bois de construction, de charpente, de charronnage et d’ébénisterie, les écorces à tan et les matières colorantes.
1° L’industrie du liège a pris depuis dix ans une extension toujours croissante malgré les incendies qui, à plusieurs reprises, sont venus dévaster certaines forêts. Ainsi l’exportation du liège, qui, en 1867, n’était que de 896 tonnes de 1,000 kilogrammes, représentant une valeur d’un million, s’est accrue progressivement jusqu’à atteindre, en 1876,1e chiffre de 4,350 tonnes, représentant une valeur de plus de 5 millions de francs.
Les lièges algériens sont remarquables par l’épaisseur et la régularité des planches qu’ils fournissent, par leur élasticité, par leur tissu à grains serrés et par leur belle couleur, qui les fait rechercher du commerce.
La loi sur les incendies, un meilleur aménagement des forêts, la formation d’un personnel d’ouvriers convenablement instruit dans la pratique de l’exploitation du liège, l’amélioration progressive des moyens de transport ont déjà donné, depuis 1874, un nouvel élan à cette grande industrie, qui n’est, pour ainsi dire, qu'à ses débuts et qui peut être regardée, dès à présent, comme une source de fortune assurée pour le département de Constantine.
2° Le chêne zéen, qui était déjà fort apprécié des Turcs pour la construction des navires, a été signalé comme très-propre à cet usage par M. l’ingénieur Legrand. On exploite actuellement environ 18,000 hectares de massifs de chêne zeen pour la marine, la tonnellerie et les traverses de chemin de fer, au prix moyen de 55 francs le mètre cube en forêt.
3° Le cèdre, dont la colonie possède de très-beaux spécimens, le frêne austral, le pin d’Alep offrent les mêmes qualités de résistance qu’en Italie et en Turquie: le thuya, l’olivier, le pistachier, le genévrier, le citronnier et le chêne-yeuse fournissent de beaux et excellents bois pour l’ameublement, et sont chaque année appréciés davantage.
4° L’eucalyptus ( bine gum de Tasmanie), dont les variétés les plus utiles ont été importées et surtout vulgarisées dans toute l’Algérie par l’énergique persévérance de M. Ramel, commence à donner des produits d’une réelle valeur industrielle. Cet arbre remarquable, dont la croissance est très-rapide, fournit, dès l’âge de 10 ans, un bois presque aussi dur et aussi résistant que celui du chêne, excellent pour les poteaux télégraphiques, les traverses de chemin de fer, le charronnage, les pilotis à la mer et dans l’eau douce, la charpente, la tonnellerie, l’ébénisterie.
11 en résulte d’une enquête, faite en 1876 par les soins de la Société de climatologie d’Alger, que plus de 2,000,000 d’eucalyptus ont déjà été plantés en Algérie et que l’on peut considérer comme un fait acquis l’influence hygiénique
et fébrifuge de cet arbre dans notre colonie? Les feuilles sont employées avec succès dans le traitement de la fièvre et de certaines affections typhiques ; elles fournissent à la distillation une essence qui jouit de propriétés balsamiques trèsdignes d’être étudiées et appliquées.
Tous les faits concernant la plantation, les propriétés et les produits de l’eucalyptus sont consignés dans les brochures publiées par MM. Ramel, Cordier, Trottier, Fillias, et dans un récent travail de M. Certeux ayant pour titre : Guide du planteur d'eucalyptus en Algérie. Ces documents sont mis à la disposition du public dans la section de statistique de l’exposition algérienne.
5® Les écorces des diverses espèces de chênes d’Algérie, celle de l’eucalyptus et de certains acacias australiens renferment du tanin en proportions variables, mais considérables. L’écorce du chêne-liége, la plus riche de toutes, s’exploite sur une vaste échelle et est surtout achetée par l’Angleterre et l’Italie, exemple qui devrait être suivi par la France.
En 1867, l’Algérie exportait 8,000 tonnes d’écorces à tan représentant une valeur de 1,600,000 francs; à partir de 1873, cet important commerce a pris une extension plus rapide, marquée par les chiffres suivants :
TONNES
exportées.
VALEURS
francs.
Ainsi, depuis 5 ans, la moyenne de l’exportation atteint par an 13,000 tonnes, représentant une valeur de 2 millons et demi, et elle va en s’accroissant.
Bois de teinture. — L’Algérie possède un certain nombre d’essences ligneuses propres à être employées dans la teinture comme colorants ou comme auxiliaires. Les plus importantes sont : le sumac, utilisé pour teindre en rouge les cuirs du Maroc; le grenadier, dont l’écorce fournit une couleur jaune solide; le caroubier, dont les graines donnent une teinture jaune; l’épine-vinette, le frêne, le noisetier, le sureau, etc.
On trouvera de nombreux et intéressants détails sur l’industrie forestière en Algérie dans les deux notices publiées par M. Mangin, conservateur des forêts, et par M. Fillias, membre de la Commission scientifique d’Alger. Les renseignements généraux qui précèdent sont extraits de ces notices, qui sont mises à la disposition du public dans la galerie consacrée au groupe 5.
Produits de la chasse et de la pêche. — La faune algérienne, représentée à l’Exposition par quelques spécimens, offre aux chasseurs et aux naturalistes les espèces les plus variées et les plus intéressantes.
C’est surtout dans la production et le commerce des plumes d’autruche, qui sont si recherchées, que les indigènes et les colons algériens sont appelés à créer
une réelle industrie locale. L’autruclie, actuellement réfugiée dans les régions du Sud, n’est guère chassée que par les Arabes, qui la détruisent sans se préoccuper d’en assurer la reproduction. L’espèce menaçait de disparaître lorsque la Société* d’acclimatation a appelé, il y a quelques années, l’attention sur la possibilité d’acclimater cet animal dans le Tell. M. Hardy a introduit en Algérie la domestication de l’Autruche; ces études ont été continuées par son successeur, qui obtient des résultats pratiques très-dignes d’intérêt. Toutefois il est à désirer que cette acclimatation reçoive une plus grande extension et que nos colons algériens imitent l’exemple que les Anglais leur donnent dans la colonie du Cap, où Télevage de l’autruche et la production des plumes atteint, dès maintenant, l’importance d’une véritable industrie.
Les cours d’eau de l’Algérie étant à sec pendant la saison des chaleurs sont impropres, actuellement du moins, à la multiplication du poisson. L’exécution prochaine des grands barrages -réservoirs pourra modifier cette situation en permettant l’application de la pisciculture, avec l’espoir d’obtenir des résultats analogues à ceux que présentent les barrages de la Dordogne, de la Vanne, etc
Corail. — C’est surtout dans la Méditerranée, et particulièrement sur les côtes de l’Algérie et de la Tunisie, que l’on rencontre les bancs de coraux les plus riches et les, plus estimés.
Depuis le commencement du xvie siècle jusqu’en 1794 la France fut en possession presque exclusive de la pêche du corail sur les côtes d’Afrique ; La Calle (province de Constantine) devint le principal établissement d’une compagnie fondée par les habitants de Marseille qui, moyennant redevance payée à l’État, acquit le monopole de cette industrie et la rendit très florissante. La suppression de ce monopole en 1794 et la liberté de concurrence offerte aux Italiens et aux Génois amena la ruine de l’industrie des coraux en France et la fit passer aux mains de l’Italie, qui maintenant se trouve maîtresse du marché. La redevance de 800 francs payée à la Franee par les barques de pêcheurs est insuffisante et couvre à peu près les frais de surveillance.
La pêche du corail sur les côtes d’Algérie est très-fructueuse; elle offre, d’après M. Lacaze-Duthiers, un rendement annuel d’environ 30,000 kilogrammes estimés à 2 millions et demi. Cette valeur brute, transformée par l’industrie, représente commercialement 11 à 12 millions. Il est donc évident que la France aurait le plus grand intérêt à adopter une combinaison qui, sans porter atteinte à la liberté de la pêche, exciterait chez les Algériens l’industrie et le commerce des coraux ouvrés.
Éponges. — Diverses expériences, tentées depuis 1858, ont montré qu’il existait sur le littoral algérien des éponges d’une grande finesse, comparables à celles que l’on recueille sur les côtes de Syrie. Il y a là, comme pour la pêche du corail, une source d’industrie et de fortune dont la marine algérienne commence à se préoccuper sérieusement.
Produits agricoles non alimentaires. — La classe 46 est au point de vue industriel la plus considérable du groupe o, puisqu’elle donne [lieu, par ses produits, à une exportation annuelle dont la valeur officielle en argent s’élève à près de 40 millions.
On trouvera au catalogue spécial de l’Algérie des renseignements détaillés relativement au coton, au chanvre, à la soie. Nous ne signalerons ici que les produits qui offrent des particularités remarquables ou qui sont l’objet d’un commerce important et régulier. Ce sont : le lin, le crin végétal, l’alfa, la ramie (ou china-grass), la laine, le tabac.
Lin. — Cette plante est cultivée maintenant en Algérie sous ses deux espèces les plus recherchées : le lin de Sicile, qui fournit beaucoup de graines, et celui de Riga, que l’on récolte surtout pour la filasse. Ce dernier commence à être apprécié depuis 4873, car il donne d’excellents produits susceptibles des applications les plus diverses : câbles, toile à voile ou à campement, linge fin, batiste, dentelles, etc. C’est surtout dans les départements d’Alger et de Constantine que la culture du lin a pris une sérieuse extension depuis 4867. La superficie totale cultivée en lin est d’environ 6,000 hectares; en 4876 ils ont fourni à l’exportation 32,000 quintaux de graines, qui, au prix moyen de 35 francs le quintal, représentent 4,420,000 francs; en 4877 la récolte a donné 47,376 quintaux de paille, 37,000 quintaux de graines, et 464 quintaux de filasse. On ne saurait trop encourager les Algériens à se préoccuper de la culture des tiges et de la production de la filasse.
Crin végétal. — Ce textile s’extrait du palmier nain, qui abonde en Algérie à l’état naturel, ce qui permet une fabrication économique. Il est livré au commerce de la literie sous deux qualités : le crin noir, qui vaut 20 à 21 francs les 400 kilogrammes, et le blond qui se vend 43 francs. L’exportation, qui, en 4867, était de 22,000 quintaux de 400 kilogrammes, s’est élevé, en 4 876, au chiffre de 84,000 quintaux, représentant une valeur d’environ 4,500,000 francs.
Alfa. — L’exploitation et l’exportation de l’alfa (l’esparto des Espagnols) a pris en Algérie, et surtout dans la province d’Oran, une extension très-considérable. Depuis longtemps l’usage de l’alfa est répandu chez les indigènes, qui en fabriquent des cordages, des nattes et les objets dits de sparterie. Ce n’est que depuis sept ou huit ans que l’élévation croissante du prix des chiffons a déterminé de grands industriels à employer l’alfa comme matière première pour la fabrication de la pâte à papier. Dès lors les alfas, qui couvrent en Algérie, sur les hauts plateaux, une surface de plus de 5 millions d’hectares, acquirent une valeur énorme et donnèrent naissance à un commerce aussi important que régulier. La brochure du commandant Charrier, publiée en 1873, et celle de M. Bastide, en 4877, donnent sur l’histoire et l’exploitation des alfas algériens des renseignements complets.
L’alfa sec se vend, sur le marché, de Sidi-Bel-Abbès, de 6 à 8 francs le quintal; il vaut 12 francs en moyenne livré en balles pressées sur le marché d’Oran. La Chambre de commerce d’Oran a fourni les chiffres suivants, relatifs à l’exportation des alfas à destination de l’Angleterre, de l’Espagne, la Belgique, etc.
Tonnes de 4,000 kilog.
Ainsi, pendant les cinq dernières années, le port d’Oran a livré au commerce 277,000 tonnes d’alfa, représentant une valeur totale marchande de 36 millions de francs.
Ramie. — La ramie ( urtica utilis), connue dans les colonies anglaises sous le nom de china-grass, est une plante textile très-remarquable, dont la culture commence à se répandre dans le midi de la France et en Algérie. La tige de cette plante, convenablement décortiquée, fournit une fibre extrêmement souple et résistante, qui peut, suivant le cas, remplacer avantageusement le chanvre, le lin et même la soie. La culture de la ramie est facile, ne demande que peu d’avance, et donne des bénéfices assurés. Dans les climats chauds comme celui de l’Algérie, on peut faire jusqu’à quatre coupes par an, fournissant un bénéfice net d’environ 800 francs par hectare. Divers essais tentés par M. Debray, puis par M. Bothier, ont donné d’assez bons résultats dans la province d’Oran.
Pour que la culture de la ramie se développe rapidement en Algérie, et devienne pour les colons une exploitation fructueuse, il était indispensable que le planteur pût teiller les tiges sur place, de façon à ne livrer au commerce que la filasse. La question paraît être résolue, grâce à la décortiqueuse de MM. Laberie et Berthet, qui permet de mettre à nu la fibre dans des conditions très-économiques. M. Numa Bothier, de Mustapha, a déjà fabriqué, à l’aide de cette machine, des filasses de différentes qualités, qui, soumises au tissage, permettent d’obtenir des étoffes comparables aux meilleurs tissus de fil, de laine ou de soie.
On peut donc, dès maintenant, considérer la culture de la ramie comme acquise à l’Algérie ; elle deviendra une source de fortune pour ceux qui sauront en tirer tout le parti dont elle est susceptible.
Laine. — L’Algérie produit en abondance des laines dont les services, les qualités seraient mieux appréciées, si les indigènes apportaient dans ce commerce plus de soins et de régularité. Depuis le gouvernement du maréchal Randon, de grands efforts ont été faits pour l’amélioration de la race ovine algérienne. Le but que l’on poursuit maintenant avec quelque succès est le métissage des sujets indigènes avec la race mérinos.
Depuis 1867, le commerce des laines a suivi une progression réelle malgré la concurrence qui provient de l’exportation toujours croissante des moutons destinés à la boucherie. En 1867, l’exportation des laines en masse était de 62,800 quintaux; elle a diminué pendant les années 1869, 1870 et 1871, pour se relever en 1872 à 80,000 quintaux, et atteindre en 1876 le chiffre de 100,000 quintaux, représentant 17,500,000 francs. De 1872 à 1876, la moyenne annuelle de l’exportation des laines algériennes a été de 85,000 quintaux, représentant une valeur d’environ 15 millions.
Sériciculture et soie. — L’industrie de l’éducation des vers à soie et de la production de ce textile, dont les progrès avaient été remarqués en 1867, a subi pendant quelques années, un arrêt par suite du manque de débouchés et de la maladie qui a sévi sur les vers et les graines en Algérie, en France et en Italie. En 1875, le nombre des éducateurs algériens était réduit à 39, et la quantité de graines mises à éclosion ne dépassait pas 4 kilogrammes. En 1876, le gouverneur général fit accorder, pour une période de trois ans, des primes aux colons édu-
eateurs et une subvention aux filateurs de soie. Ces encouragements, ainsi que la mise en pratique des observations de M. Pasteur, ont beaucoup amélioré la situation de cette industrie, qui paraît devoir se relever rapidement. A la fin de 1876, le nombre des éducateurs était de 150; ils ont récolté 6,156 kilogrammes de cocons, dont 5,268 ont été vendus pour le filage raison de 3 fr. 89 cent, le kilogramme.
Tabacs. — Depuis 1867, on a constaté une amélioration notable dans la culture des tabacs algériens comme quantité et comme qualité.
En 1867
Les planteurs européens ont cultivé . 1,685 hectares.
Les indigènes . 2,655 —
Total. . 4,340 —
dont la récolte a fourni en tout 2,600,008 kilogrammes de feuilles.
En 1876 :
1,935 colons ont cultivé 2,720 hectares et récolté 3,051,000 kilogrammes. 8,144 indigènes ont cultivé 4,421 hectares et récolté 2,055,000 —
Total : 10,079 planteurs ont cultivé 7,141 hectares et récolté 5,106,000 kilogrammes.
représentant une valeur de plus de 5 millions de francs.
Les provinces d’Alger et de Constantine sont celles où la culture du tabac est 3a plus développée.
Voici le tableau comparatif du commerce d’exportation de l’Algérie en 1867 et en 1876, en ce qui concerne les produits les plus importants du groupe 5.