II. — LES FORMULES
Les agriculteurs ayant le temps ou la capacité nécessaire pour faire la balance de leurs cultures, et en déduire la composition de leurs engrais, à l’aide des matières premières que nous avons décrites, sont rares. L’immense majorité veut des engrais tout composés pour une culture donnée.
M. G. Ville a publié des formules applicables aux assolements les plus usuels en se plaçant dans deux cas distincts. 1° celui où les engrais chimiques sont employés seuls, à l’exclusion du fumier, 2° celui où ils lui sont associés à titre d’engrais supplémentaires.
Cette publication qui date de 1864 a été le signal d’une révolution dans la fabrication des engrais; chaque fabricant a eu dès lors une série d’engrais com-
ENGRAIS
plets et incomplets capable de répondre aux demandes ordinaires des cultivateurs. Parcourez les vitrines de l’Exposition et vous trouverez avec peu de variations, presque dans toutes, les mêmes appellations. 11 ne pouvait en être autrement avec l’inflexible logique de la nouvelle doctrine. Pour montrer comment la science est venue apporter la lumière à la pratique agricole, nous allons examiner rapidement :
1» Les besoins des plantes. 2° Les ressources du sol. 3° Les engrais chimiques nécessaires. 4° La culture à l’aide des engrais chimiques.
1° Les besoins des plantes. — Cette partie purement théorique peut se résumer comme il suit : L’existence des plantes se divise en trois phases : la germination, la période foliacée et la fructification.
Les beaux travaux de l’observatoire de Montsouris ont prouvé qu’à la dernière période la plante restitue à la terre, par voie d’excrétion, une partie des éléments qu'elle lui avait momentanément empruntés. En faisant les analyses des plantes arrivées à parfaite maturité on n’a pas encore tenu compte de ce fait; d'où une lacune à combler pour avancer dans 'le domaine de la physiologie végétale.
— Même remarque au sujet de la composition type des principaux végétaux de la culture analysés à leur maximum de développement. — Pour obtenir d'une plante d innée le maximum de rendement, il ne suflit pas que la terre renferme tous les éléments qui lui sont nécessaires; il faut encore qu'elle les lui présente dans des proportions déterminées. — La culture modifie, quoiqu’on fasse, la constitution physique et chimique du sol. Ces modifications ne pouvant être évitées, il importe seulement de les diriger dans le sens le plus favorable.
Les tables de Wollf, chimiste allemand, sont fort utiles pour le calcul approximatif des restitutions, et c'est pourquoi nous les reproduisons ici.