BARBILLON
Carbone .
Hydrogène .
Azote. . . .
Oxygène .
Cendres .
il) De la matière organique, cendres déduites.
La poudre obtenue parle broyage, après extraction de lagraisse et de l'huile, et dessiccation de la matière, a donné à Payen les résultats suivants, sur tOO parties.
Eau . 1,00
Matières organiques azotées . 80,10
Sels solubles consistant principalement en chlorure de sodium.
en carbonate d’ammoniaque et traces de sulfate . 4,50
Phosphate de chaux et de magnésie . 14,10
Carbonate de chaux . 0.06
Silice . 0,02
Magnésie et perte . 0,22
En résumé, et en d'autres termes, la poudre de poisson desséchée contient : 12 °/0 d'azote; 14, 1 °/0 de phosphates.
ÉLÉMENTS ESSENTIELS
C’est donc un engrais un peu plus riche que le guano de bonne qualité des îles Chincas depuis longtemps épuisé.
Ainsi, pas de doute à l'égard de la grande valeur de l’engrais de poisson; niais on peut se demander si l’on peut être assuré de ne pas manquer de matières premières. Voici la réponse empruntée à la Chimie industrielle de
Payen.
Deux sources abondantes et intarissables sont à la disposition de l’industrie : 1° Les débris de la petite et de la grande pêche. La seule pêche de la sardine, sur les côtes de Bretagne, donne lieu à une industrie peu dispendieuse et d’une réalisation facile, qui consiste à mélanger les têtes de ces poissons (naguère éliminées en pure perte), après les avoir fait sécher, à d'autres engrais pulvérisés (tourteaux, laine, sang coagulé, phosphates, etc.).
La grande pêche de la morue, à Terre-Neuve, s’élève, chaque année, à un produit dépassant 1 million de tonneaux (ou 1 milliard de kilogr.), à l’état frais. On sait que la morue, avant d’être salée et séchée, est parée, opération qui consiste à lui enlever la tête, les intestins et la grosse arête, ce qui fait un peu plus de la moitié de son poids total. Les débris, dont l’importance atteint le chiffre minimum de 700,000 tonneaux, sont jetés à la mer, où ils ne produisent rien de directement utile pour nous. On a essayé d’asseoir une industrie sur cet élément ; on n’a pas réussi, mais rien ne prouve qu’on ne puisse être plus heureux dans de nouvelles tentatives.
« Si ces 700,000 tonneaux de débris de poissons, dit Payen, étaient cuits, « pressés, désagrégés, séchés et pulvérisés, ils produiraient plus de 150,000,000 « de kilogrammes d’une poudre réunissant les propriétés comparables à celles « du meilleur guano du Pérou.
« Les produits pourraient même être doublés si l’on y ajoutait une partie des « harengs que fournirait la pêche au-delà de la consommation. Une quantité « considérable de harengs excédant la consommation comme aliment, soumise « à l'ébullition dans l’e^iu, laisse surnager une huile utilisée dans l’éclairage, le « corroyage, etc.; le résidu : os et chair, forme le taugrum dont M. de Quatre- « sages a proposé l’emploi comme engrais. »
2° Une autre source de matières premières réside dans les poissons non consommés, ainsi que nous venons de le voir dans le passage cité, qui nous donne en même temps le résumé des opérations qu’exige le traitement des poissons pour en tirer tout le parti possible.
« Les quantités de poissons, dit encore le savant Payen, que renferment « certaines mers, à différentes époques de l’année, sont telles, qu’on n'ose « vraiment les apprécier, dans la crainte d’être taxé d’exagération. Et cependant « si l’on se reporte à l’immensité de l’Océan, on peut aisément se figurer les « quantités innombrables d'animaux que renferment les mers, qui concourent « avec les plantes marines à mettre sous formes de tissus organisés une foule « de détritus pulvérulents, dissous au gazéiformes et que la Providence n’a pas « voulu mettre hors de notre atteinte ni dérober aux besoins toujours croissants « de l’humanité. »
Le célèbre chimiste, appuyant toujours son enseignement sur des développements scientifiques, donne une liste de plusieurs produits des pêcheries qui souvent dépassent la consommation ou sont négligés (comme- aliments. Il cite : la merlue, espèce de morue qui se rencontre fréquemment par bancs sur les côtes de Bretagne, le merliis ou merluche, les peaux bleus et le sprat, poissons sans valeur comestible et très-abondants. Aux colonies, on utilise avec succès les morues avariées que l’on divise dans les moulins à cylindres et que l’on applique à la fumure des champs de cannes à sucre.
ENGRAIS
Enfin la mer renferme une quantité innombrable de crustacés, d’écbinodermes, d’oursins, d'étoiles de mer, de zoophytes mous et de mollusques qu’on pourrait utiliser comme les poissons pour fabriquer les engrais.
En résumé, on peut dire que tout est encore à créer pour l'utilisation en grand des immenses ressources que contiennent les mers. Les industriels et les capitalistes compétents pensent que des compagnies puissantes pourront seules vaincre les difficultés économiques qui s’opposent au succès d’une industrie, dont l’agriculture doit si largement bénéficier.
Une plante marine employée comme fumier dans la Ligurie. — Comme
dernier exemple de la grande variété d’engrais d’origine organique que la nature met à la disposition de l’agriculteur nous citerons une plante marine, sur laquelle M. Fausto Sestini, directeur de la station agronomique de Rome, a inséré quelques détails dans le Journal d' agriculture pratique, (année 1 875, orao semestre.)
Cet agronome nous apprend que le long des côtes Italiennes des plantes marines de divers genres sont employées pour féconder les terres, tantôt en les laissant macérer avec des eaux croupies, des urines, du fumier, tantôt en s’en servant comme litière pour le bétail.
L’algue des ligures qu’il ne faut pas confondre avec le Goémon de France, utilisé depuis longtemps sur les côtes, est une plante monocotylédone, appartenant à la famille des Naïadées, du genre posidonia ( Zostera de Linné), et son nom est Posidonia oceanica (Kœnig.)
Avant de l'employer, l’algue qui a donné lieu à l’analyse suivante, en i 874, est laissée pendant une année sur les bords de la mer; de là deux qualités distinctes : l'algue fraîche ou verte, et l’autre desséchée et devenue d une couleur grise.
Composition chimique de la plante à l’etat naturel.
Alguo verte. Algue grise.
A. Eau . 21,46 19,23
B. Matières solubles dans l’eau . 10,24 17,59
1° Chlorure sodique (avec des traces de
potassium) .
2° Sulfate de calcium (avec une petite quantité
de magnésie) . 0,95 1,86
3° Matières organiques (avec des traces d’azote). 6,73 2,05