C. Plante lavée et desséchée à 100 degrés centi
grades . 2,09 1,53
1* Matières grasses . 3.10 2,32
2° Matières protéiques . 50,28 48,42
3° Matières hydrocarb urées . 5,15 6,98
4* Matières minérales .
En d'autres termes ces plantes contiennent :
Algue verte. Algue griso.
Eau .
Matières grasses.
protéiques .
hydrocarburées . .
minérales. ; . .
ÉLÉMENTS ESSENTIELS
Oa a reconnu que la plante, employée à l’état vert, a une action moins bienfaisante que la plante qui a été, pendant plusieurs mois, amoncelée et exposée aux intempéries, parce que en partie décomposée elle fournit, dans ce second cas, un engrais plus facilement assimilable.
On trouve dans la Posido?iia oceanica :
Azote pour 100 p. de la plante desséchée à
100 degrés . . .
Azote pour 100 p. de la plante desséchée à l’air.
Algue vcrto. Alguo grise,
Osr-,7665 0sr.,6053
Voici la composition de la cendre pure, d’après l’analyse faite par M. D. Misani, préparateur de la station.
1 Potasse .
2 Soude .
3 Chaux. . . .
4 Magnésie .
5 Oxyde de fer .
6 Acide sulfurique. . . .
7 Acide phosphorique. .
8 Silice .
9 Chlore, iode et pertes.
Total
Algue verte.
Algue g
Parmi les substances minérales que l’analyse dénote dans la composition de l’algue verte, les sels alcalins sont ceux qui jouent le rôle le plus important. Quoique la soude prédomine sur la potasse, M. Fausto Sestini recommande cette plante pour fumer la vigne, les pommes de terre et d’autres végétaux qui demandent beaucoup de potasse.
Le ministère de l'agriculture a fait connaître, par une circulaire, ce travail à tous les comices agricoles du littoral italien, en les priant d’envoyer à Rome toutes les plantes marines qu’on pourrait avantageusement utiliser pour l’agriculture.
Amendements. — Marne. — Chaux. — « On appelle amendements, dit « Mathieu de Dombasle, tout ce qui contribue à rendre la terre fertile, mais « sans lui fournir les principes qui forment la nourriture des plantes, principes « qui sont contenus dans le fumier et les autres engrais proprement dits. » Selon cette définition qui avait cours avant l’avènement de la doctrine des engrais chimiques, la chaux, principe essentiel de la marne dont nous allons parler, n’était qu’un stimulant et non un élément de nutrition; nous savons aujourd’hui que la chaux fait partie des quatre termes essentiels que les engrais doivent rendre à la terre.
En l’état actuel de la science, on appelle amendements les substances capables de changer l’état physique des terres arables. Ainsi la silice, absolument dénuée d’assimilabilité et d’action chimique, portée sur un terrain argileux compacte, rendant ce terrain plus meuble, est un amendement.
La chaux, fournie par une quantité de marne assez faible pour ne pas influer sur l’état physique du sol, n’est pas un amendement mais un engrais chimique incomplet.
Si la quantité de marne répandue peut influer sur la qualité physique du sol, elle est à la fois un amendement et un engrais, et, comme engrais elle sera d’autant plus efficace que le sol sera plus pauvre en chaux. Elle exerce, dans ce
cas, deux actions, l’une chimique par rapport à la nutrition des plantes, l’autre mécanique influant sur la consistance du sol.
Dans des sols riches en humus, matière dont nous avons dit quelques mots, le carbonate de chaux de la marne a une action spéciale. Rappelons que l’humus a la faculté d’absorber l’oxygène de l’air et qu’il subit à la suite de cette absorption une combustion, lente à la vérité, mais réelle et parfaitement constatée par les chimistes. Cette combustion produit de l’acide carbonique qui, à son tour, exerce une action dissolvante sur certains minéraux et notamment sur les phosphates et sur le calcaire. L’action sur les phosphates a pour etTet une augmentation d'acide pliosphorique dans la teneur des graines, sans élever le produit final. Mais lorsqu'on associe l’humus au carbonate de chaux, il y a, dans une certaine mesure, augmentation des rendements, à la suite des réactions que nous venons de constater. Ainsi, dans des sols humoïdes pauvres en calcaire, un apport de carbonate de chaux agira suivant la définition des amendements donnée par Mathieu de Dombasle.
Quoiqu’il en soit de ces distinctions subtiles entre le rôle d’un amendement et celui d’un engrais, voici des données pratiques sur fa marne et son mode d’emploi.
Dans certains cantons, les cultivateurs font souvent des dépenses considérables pour se procurer de la marne et la conduire sur leurs domaines. J'ai vu des communes du département de la Haute-Garonne, composées en grande partie de terrains sablonneux, pauvres en calcaire, véritablement tranformées par des apports de marne argileuse.
Les marnes varient beaucoup comme aspect et comme ténacité. Il y en a de verdâtres, de bleues, de grises, de blanches, de noirâtres. Les unes sont compactes, d'autres sont feuilletées comme des schistes ardoisiers; tandis que certaines sont aussi dures que la pierre, d’autres sont tendres et friables jusqu’à s'écraser facilement sous la simple pression des doigts.
Voici les caractères qui peuvent servir à un agriculteur pour savoir si telle ou telle terre est de la marne, et si elle est propre à être employée dans les terres qu’il cultive.
La marne est un composé, dans des proportions variables, de carbonate de clianx. d'argile et de sable.
La marne a pour caractères principaux : 1° de se déliter dans l’eau en formant une bouillie; 2° de se réduire en poudre quand elle est quelque temps exposée à l'air; 3° de faire effervescence avec les acides.
Ainsi, toute terre qui, après s’être délitée dans l’eau, en se changeant en bouillie, fait effervescence avec un acide, l'eau forte (acide nitrique), par exemple, est de la marne. i .
Le carbonate de chaux étant, dans les marnes ordinaires, la seule partie qui agit chimiquement dans le sol, c’est la proportion de ce corps qui constitue principalement les diverses qualités de marnes qui sont les suivantes:
Les marnes proprement dites contiennent 40 à 60 % de carbonate de chaux cl conviennent à toute espèce de sol qui ne i enferme pas naturellement cette substance. En se délitant, cette marne ameublit les terrains argileux, et, si l'argile accompagne le carbonate de chaux, elle rend plus consistantes les terres sablonneuses.
Les marnes argileuses contenant 20 à 40 % de carbonate de chaux, sont celles qui conviennent spécialement aux sols sablonneux.
Les argiles marneuses contiennent moins de 20 % de carbonate de chaux, et ne s’emploient avantageusement que pour améliorer les sols sablonneux.
Les marnes calcaires contiennent 60 à 90 u/o de carbonate de chaux; en se délitant elles procurent un grand ameublissement aux terrains argileux.
ÉLÉMENTS ESSENTIELS
La majeure partie des marnes contiennent une certaine quantité de phosphate de chaux, et quand cette quantité n’est pas négligeable, les marnes sont appelées marnes phosphatées.
D’autres marnes contiennent assez de magnésie pour être appelées marnes
magnésiennes.
Les marnes phosphatées ont, on le comprend, une valeur agricole plus élevée que les marnes ordinaires; car, si la quantité de phosphate est assez forte, elles peuvent remplacer les phosphates fossiles dans les terrains acides, tourbeux ou nouvellement défrichés, riches en humus, où on les applique.
On indique des moyens assez simples pour doser la quantité de carbonate de chaux contenu dans une marne; le plus simple et le plus sûr, c'est d’avoir recours à l’un des nombreux laboratoires publics ou privés établis aujourd’hui partout. Comme on a d’ailleurs tout intérêt à savoir si la marne est phosphatée, et dans quelle proportion, cette constatation ne peut être faite que par un chimiste exercé, qui déterminera aussi la quantité d’argile et de sable.
L’analyse de la marne a pour conséquence celle du sol auquel on veut l’appliquer.
Il est évident que si un terrain [est marneux par lui-même, comme cela se rencontre dans les cantons crayeux, il ne faut dans aucun cas lui administrer de la marne, à moins qu’étant très-sablonneux on veuille le rendre plus compacte avec de la marne très-argileuse.
D’autre part, si, traitée par l’acide nitrique, une terre ne produit pas d’effervescence, on peut être assuré qu’elle n’a pas de carbonate de chaux et qu’un marnage approprié à sa nature lui sera très-profitable.
La quantité de marne à répandre sur un sol dépend de la composition aussi bien de la marne que du sol, et de la durée des effets qu’on est dans l’intention de réaliser. Tandis que dans certaines contrées on se contente de répandre cent à cent vingts voitures à 4 chevaux par hectare, ce qui est le cas d’un sol de consistance moyenne ou argileux traité par des marnes calcaires, dans d’autres contrées, pour changer la nature physique d’un sol sablonneux, on répand jusqu'à 400 voitures de marne argileuse par hectare. Ces chiffres indiquent (juc le marnage est une opération coûteuse dont il ne faut user qu’à bon escient. Je connais des domaines soumis aux anciens assolements, où l’on marne sans se rendre compte du but ni de l’action du marnage; on croit suppléer à l’insuffisance du fumier toujours fort restreint dans ces exploitations ; quand les emblavures sont terminées, on met tout le personnel disponible à la marnière, pour traiter souvent des champs qui n’en ont nul besoin. Il est juste d’ajouter qu’on agit plus judicieusement, depuis que quelques cultivateurs éclairés ont introduit, dans ces cantons, des assolements perfectionnés reposant sur une importation d’engrais industriels et principalement d’engrais chimiques.
Il est rare qu’une localité soit dépourvue de marne, laquelle se révèle sur les bords escarpés des ravins, des chemins creux, dans la terre qu'on tire des fossés, des puits, des fondations, etc. Une tarière de terre ou sonde sera toujours d’un excellent emploi, non-seulement pour chercher la marne jusqu’à 3 à 4 mètres de profondeur, mais aussi pour connaître les couches profondes du sol et en tirer des conséquences, au point de vue de l’amélioration de la couche arable et des cultures qui peuvent plus spécialement lui convenir. Les bancs de marne ont des épaisseurs qui varient de i à b à 6 mètres ; généralement la partie inférieure est la plus riche en carbonate de chaux.
Pour marner les terres, on choisit ordinairement une année de jachère laquelle est constamment appliquée à une partie d’un domaine qui suit les pratiques du régime biennal ou triennal. Avant de déchaumer, à l’automne, et mieux pendant l’hiver, temps de repos pour les attelages, on effectue les trans-
ENGRAIS
ports de marne dont on fait de petits tas où on la laisse se déliter jusqu’au printemps. A cette époque on l’éparpille à la pelle, puis on herse, et, s'il est nécessaire, on passe le rouleau, afin qu’il ue reste pas de mottes. Par les labours successifs pratiqués avant l’époque des semailles d'automne , la Marne sera bien incorporée à la terre, qui ne s’en ressent généralement qu’à la deuxième et même seulement qu’à la troisième année, si le mélange avec la couche arable n’a pas été bien effectué par les premières cultures. Si, au lieu de la charrue, on utilise le cultivateur Coleman pour incorporer progressivement, par 3 ou 4 passages de cet instrument, la terre à la Marne répandue pendant l’automne, on peut, au printemps, semer de l’orge, des pommes de terre ou du maïs, suivant les contrées, et supprimer de la sorte la jachère.
Il n’est pas besoin d'insister, à la suite des principes que nous avons exposés dans le résumé de la doctrine des engrais chimiques, pour établir l’obligation de fournir à la terre les éléments essentiels que le sol ou les cultures réclament et que le marnage n’apporte pas, qu'il soit appliqué comme engrais ou comme amendement, ce qui entraîne comme conséquence l’apport de fumier ou d’engrais, sur les terrains légers principalement.
Si la mamie est trop éloignée, on peut employer la chaux calcinée à la dose de 60 à 90 hectolitres par hectare, surtout dans les sols argileux. Dans les sols arides dont nous avons parlé, on l'emploie à une dose 4 à 5 fois plus forte, mais sans perdre de vue qu'un dessèchement complet de la surface arable est de rigueur.
On dispose la chaux en petits tas qu'on laisse couverts de terre, dans lechamp même à traiter, jusqu’à ce que la chaux soit complètement éteinte et réduite en poudre; alors on mélange la chaux avec la terre qui la recouvrait et on répand le tout à la pelle ; puis on l’incorpore au sol arable soit par la charrue, soit, etmieux encore, par le cultivateur.
Dans quelques contrées on forme des terreaux dans lesquels on fait entrer la chaux pour n'être répandue qu'à raison de 10 à 12 hectolitres par hectare, ce qui exige qu’on la mélange avec 3 à 6 fois son volume de terre du champ qu’on veut chauler. On forme sur ce champ de petits tas qu'on vient brasser après 2 à 3 mois de repos, pour obtenir un mélange aussi intime que possible ; puis on les reforme comme la première fois et on les laisse ainsi encore pendant quelques mois. Au bout de ce temps, on répand le tout à la pelle et on recouvre comme nous venons de le voir. Pour la fumure ou 1 apport d’engrais, même recommandation que pour le marnage.
Tangue ou sablon calcaire marin. — Pendant un séjour de deux semaines que j’ai fait, en 1876, à Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord), j’ai vu entrer dans le port de nombreuses barques chargées de sable qu’elles ramenaient, à la marée montante, de l'anse où va se jeter le Légué , petite rivière servant de canal d arrivée sur le parcours de 3 kilomètres qui sépare la ville basse de l'Océan. Des tas considérables de ce sable déposé le long des quais indiquent que c’est une matière fort recherchée, et effectivement les cultivateurs envoient leurs attelages de dix à douze lieues à la ronde pour s’en procurer.
Depuis longtemps cette substance, désignéeen France sous le nom de tangue ou sablon calcaire marin, est devenue en Bretagne, en Normandie, dans les comtés de De von, de Cornwal, et dans certaines parties d Ecosse et d Irlande, l’amendement le plus important destiné à l'amélioration des terres.
La Belgique qui veut que l’agriculture marche chez elle de pair avec 1 industrie proprement dite, compte de nombreuses associations qui se préoccupent sérieusement des moyens qui peuvent augmenter la prospérité agricole.
C’est ainsi que l’association libre des cultivateurs à Ghislelles a fait des recherches pour s’assurer de l’état des côtes Belges par rapport à la tangue.
ÉLÉMENTS ESSENTIELS
Ces recherches oui amené, en 1872, la découverte d un gisement dans 1 anse de la Panne où viennent s’amonceler des débris coquilhers entremêlés de matières organiques Cette tangue est semblable à celle de la baie des Rosaires, en France, et à celle de Hartland, en Angleterre.
Voici la composition de ces trois sablons calcaires.
Tangue de la Panne.
Matières organiques et azote .
Sels alcalins . .
Phosphate de chaux, alumine, oxyde de ter .
Calcaire . . . . . .
Sable . .
Perles . . .
Total .
Tangue de la baie des Rosaires.
Matières combustibles volatiles .
Sels solubles dans l’eau . .
Phosphates de chaux, alumine et oxyde de fer. . . .
Calcaire .
Sable .
Pertes . - .
Total. . . .
Tangue de Hartland.
Eau et matières organiques .
Sable .
Oxyde de fer et alumine .
Calcaire . .
Magnésie et sels alcalins .
Pertes .
Total
L’association de Gliistelles s’est livrée, dès 187b, à une propagande active en faveur de la tangue ; elle a répandu à cette époque, dans le public agricole, une instruction qui contient quatre documents sur les propriétés et l’emploi de la tangue.
Ces documents sont des extraits :
1° Du journal de la Société roijale d’ Agriculture d'Angleterre ; 2° Du Journal d‘ Agriculture pratique et raisonnée, par sir John Clair.
3° Des Etudes sur les engrais de mer, par M. Isidore-Pierre.
4° D’une Notice sur la tangue publiée par M. Neveu-Derotrie.
Nos lecteurs seront suffisamment renseignés par la citation du document émanant de l'ouvrage de M. Isidore Pierre, dont les conclusions sont d’ailleurs confirmées par les autres documents invoqués par T Association de Gliistelles.
Après avoir constaté par des faits et des chiffres combien la Bretagne et la Normandie estiment les propriétés de la Tangue, M. Isidore Pierre résume ses observations comme il suit :
« 1° On peut évaluer à environ deux milliards de kilogrammes l’importance « annuelle de l’extraction de la tangue, sur le littoral de la Manche, compris « entre l’embouchure de la Rance et celle de l’Orne.
« 2° Le mouvement annuel de fonds que représente cet usage de la tangue » peut être évalué à environ 4 ou cinq millions de francs.
« 3° La tangue se compose, chimiquement, en quelque lieu qu’elle se dépose, « de calcaire généralement mélangé d’une petite quantité de magnésie, de
ENGRAIS
« sables de nature diverse et d’argile, d'une petite quantité de phosphates, d’une « petite quantité de matières organiques azotées, et enfin d’une quantité mi- « nime de sels solubles delà nature de ceux qu'on trouve dans l’eau de mer.
« 4° La langue ne peut être considérée comme résultant d’apports lluviatiles ; « elle doit avoir une origine presque exclusivement marine, au moins quant à la « plupart de ses constituants les plus importants.
n 5° Les tangues ne sont presque jamais employées sortant des tanguières, ,, mais après une exposition à l’air de plusieurs mois, dans des chantiers de « dépôt ; elles sont plus souvent employées sous forme de composts qu'à « l'état naturel.
« 6° La tangue parait agir sur le sol à la manière des marnes et des faluns, « principalement par son calcaire ; cependant on ne peut refuser une action « fertilisante réelle, d’une certaine importance, aux matières organiques azotées « qu’elle renferme, ainsi qu’aux phosphates, puisque la quantité de tangue « employée par hectare contient souvent 10 à ta kilogr. d’azote combiné (quel- « quefois davantage), et 40 à 60 kilogr. d’acide phosphorique. »
L’association de Ghistelles constate dans son instruction, signée par le président Fr. Vandekerkcove et par le secrétaire P. Borticr, que la tangue placée immédiatement au-dessus de l’engrais qui recouvre les couches d’asperges, et dans toute l’épaisseur des lits, a pour résultat d’obtenir ce légume au moins quinze jours plus tôt, et d’augmenter sa saveur. — D’autre part, les pois cultivés dans les terres argileuses et amendées par la tangue, fournissent une récolte plus hâtive et plus abondante. — Quant à la pomme de terre, l'association cite les expériences de M. Ncvcu-Derolrie desquelles il résulte que la quantité des tubercules récoltés sur la tangue fut plus que double de celle obtenue dans la partie du champ privée de cette substance, tant sous le rapport du nombre que sous celui du volume.
L’instruction de propagande se termine par des indications pratiques dont voici le résumé .
La tangue est mélangée au fumier de ferme, par couches superposées, dans la proportion de 25 à 30 °/o du poids des matières employées. — Cette proportion est celle acceptée par les cultivateurs des environs de Bourbourg, dont le.» terres sont de nature argileuse. — La tangue, épandue dans les écuries, étables, bergeries et porcheries, est à la fois un agent d’assainissement et un amendement ; elle économise la paille pour litière de 25 à 30 °/0. — La tangue deviendra, pour la Flandre et une partie du département du Nord, un élément nouveau de fertilisation, et l’exploitation en étant facile, on pourra l’obtenir à la station d’Adinkerke en wagon, ou au canal en bateau, au prix de 2 fr. le mètre cube, ou 0r,20 cent, l’hectolitre, prix qui sera réduità 1 fr. le mètre cube (0f, 10 cent, l’hectolitre), alors qu’une demande plus considérable permettra le prolongement d'une ligne ferrée d’Adinkerke à la mer.
Pour clôturer cette étude sur les dill’érentes matières fertilisantes que nous venons de passer en revue, nous rappelions ce que avons déjà dit, à savoir que, pour apprécier la vraie valeur d'un engrais quelconque, animal, végétal, minéral, mixte, et d’un fumier d’origine quelconque, toute la question se réduit à comparer le prix de 1 kilogr. assimilable de chacun des quatre éléments de l'engrais complet contenu dans une substance donnée, au prix de 1 kilogr. de ces mêmes éléments dans les produits à employer.
Utilisons toutes les matières fertilisantes que la nature nous met en quelque sorte sous la main, sans sortir de chez nous; ne considérons le fumier que comme la conséquence et non pascomme la cause déterminante du mode d’exploitation que des considérations climatériques cl commerciales nous imposent
ÉLÉMENTS ESSENTIELS
visons aux récoltes intensives, les seules rénumératrices, en important des engrais industriels, et des engrais chimiques de préférence à tous les autres, parce que ce sont les seuls dont la nature soit toujours rigoureusement définie et identique à elle-même, les seuls, par conséquent, dans lesquels l’analyse chimique découvre le plus sûrement lu fraude, et jusqu’à présent les plus économiques, sans oublier les restrictions que nous avons faites au sujet de la cherté toujours croissante de l'azote que l’atmosphère peut nous fournir, en quantité indéfinie et à bon compte, par la précieuse et puissante ressource. des engrais verts.
3° Les engrais chimiques nécessaires. — De la facilité qu’a l’agriculteur de mélanger à son gré les matières premières pour obtenir des engrais suivant ses vues et ses besoins devait naître l’art de formuler les engrais.
S’il fallait adopter une formule spéciale pour chaque cas de culture, la pratique des engrais chimiques serait hoi's de portée de la plupai’t des cultivateui’s. Mais nous avons des données générales qui permettent d'adopter certaines formules dans la plupart des cas.
La pratique des engrais chimiques qui date d’une quinzaine d’années a démontré que les formules doivent être combinées de manière à fournir au moins 50 kil. d’acide phosphorique assimilable et au plus 80 kil. par hectare, alin de dépasser dans tous les cas les exigences des cultures.
Pour la potasse qui se trouve d’une manière assez abondante dans la plupart des terrains, on n’ira guère au delà de 80 à 100 kil.
Pour ne pas augmenter inutilement les transports on mettra le moins de chaux possible, cet élément se trouvant d’ailleurs uni au phosphate de chaux expédié.
En azote, les doses l’econnues convenables oscillent entre 63 et 80 kil pour le froment, la betterave, et en général les cultures les plus exigeantes; entre 30 et 40 kil. pour les pommes de terre et les petites céréales; on metti’a 25 kil. pour le lin, le maïs, les navets. L’azote des engrais n’excerçant aucune influence appi’éciable sur les légumineuses, le mieux est de traiter ces cultures par des engrais sans azote, réservant pour les auti’es plantes les engrais azotés (fumiers ou autres). Ces considérations conduisent à des formules qui varient plus ou moins dans chaque usine. Nous pi’enons comme exemple les formules adoptées par la Société anonyme des produits chimiques agricoles dont M. Joulie est administateur délégué.
Engrais complets.
On entend par ce mot que les engrais contiennent les quatre éléments essentiels, en proportions suffisantes pour . élever très-sensiblement le rendement des terres en culture. .
Engrais /\ complet.
pour céréales , prairies naturelles , chanvre, colza, etc.
composition :
Azote nitrique et ammoniacal. . . 6,500
. , , , . „ t assimilable . 5,000 i „ „„„
Acide phosphorique j jnsoluble . 1,500 j 6’o0ü
Potasse . 8,000
Chaux . » . 17,000
Eau, acide sulfurique, silice et autres éléments accessoires combinés aux précédents . 62,000
Total . 100,000
L’azote correspond à ammoniaque, p. 100 . 8,000
L’acide phosphorique corrrespond à phosphate tricalcique. . 14,200
11 convient spécialement aux terres très-pauvres en potasse.
ENGRAIS
Engrais B complet
pour betteraves, cairotes, choux, et jardinage.
COMPOSITION
Azote nitrique .
.... , . I assimilable . 5,000 i
Ac.de phosphonque j jnsoluble . 1)500 j
Potasse .
Soude .
Chaux .
Eau, acide sulfurique, silice et autres éléments accessoires.
Total .
L’azote correspond à ammoniaque, p. 100 .
L’acide phosphorique à phosphate tricalcique .
Les nitrates, descendant plus facilement dans le sol que les sels ammoniacaux, conviennent mieux aux plantes à racines pivotantes et profondes; l’engrais B vaut donc mieux pour ces plantes que l’engrais A.
Engrais C complet.
pour pommes de terre, vigne, arbres et arbustes.
COMPOSITION
Convient aux cultures réclamant peu d’azote et beaucoup de potasse.
Azote nitrique . . . , Acide phosphorique Potasse .
assimilable . 5,000
insoluble . 1,500
Chaux .
Eau, acide sulfurique, silice et autres éléments accessoires
Totai .
L’azote correspond à ammoniaque, p. 100 .
L’acide phosphorique correspond à phosphate tricalcique.
Engrais 0 complet.
pour lin, maïs, sorgho, topinambours et navets.
COMPOSITION
Azote nitrique .
ACid9phosph»riq»e|“-:;;::;; :; WJ J
Potasse .
Chaux .
Eau, acide sulfurique, silice et autres éléments accessoires.
Total .
L'azote correspom} à aoimoniaque, p. 100 .
L’acide phosphorique à phosphate tricaloique.
Convient aux plantes qui veulent peu d’azote, mais beaucoup d’acidc phosphorique et de potasse .
........ Engrais incomplets.
On appelle incomplets les engrais qui manquent de un ou de plusieurs éléments essentiels.
LES FORMULES
Engrais £ sans potasse.
Pour céréales , prairies naturelles, chanvre, colza, etc.
COMPOSITION
Azote ammoniacal.
Acide phosphorique
Chaux .
Eau, acide sulfurique, silice et autres éléments accessoires.
assimilable . 5,000 )
insoluble . 1,500 1
Total,
L'azote correspond à ammoniaque, p. 100 . 8,000
L’acide phosphorique correspond à phosphate tricalcique. . 14,200
L’engrais E, ou tout engrais analogue, quelle que soit d’ailleurs la maison qui le produit, jouit des mêmes propiétés agricoles que le guano, dont on a fait, jusqu'à ces derniers temps, une véritable panacée agricole, répondant à tous les besoins, applicable à tous les sols, à toutes les cultures.
Prix . Les 100 kil.
Engrais E sans potasse . 25f,00
Guano du Pérou au détail, au Havre . 34 ,89
Transport à Paris . 1 ,00
Emballage . 0 ,35
Prix total de 100 kilogr. à Paris . 36f,24
Voilà pour les prix. Pour les mêmes débours on a 14ok d’engrais E. Comparons la richesse des deux engrais en éléments utiles, à prix égal.
Azote .
Acide phosphorique
Potasse .
Chaux .
^ ammoniacal ( organique .
\ assimilable.
I insoluble. .
Dans 100 kiloy.
de guano.
Dans 145 kilog.
d'engrais E.
Les pourcentages sont pris dans les nombreuses analyses de guano que public depuis deux ans M. Barrai dans le journal de l'agriculture.
On voit qu’il y a un peu plus d’éléments utiles dans le guano que dans l’engrais E, mais dans celui-ci l’assimilabilité des éléments l’emporte sur le guano, dont la composition est d’ailleurs sujette à des écarts importants.
Qu’est-cc que le guano dit guano dissous du Pérou ? C'est le guano ordinaire traité par l’acide sulfurique ; c’est un véritable engrais chimique, avec cette circonstance qu’une partie de son azote est restée encore à l’état organique.
Voici deux analyses de ce produit faites par M. Joulie.
finano dissous du Pérou dans 100 kil.
Engrais E sans potasse dans 158 kil.
Azote . 1 ammoniacal. . .
( organique . . . .
Acide t assimilable. . . .
phosphorique ( insoluble .
Potasse .
Chaux .