kilogr
paille.
Total.
Azote .
Acide phosphorique .
Potasse .
Soude .
Magnésie .
Dans le midi, dans le courant du mois d’aoùt, en pleine sécheresse, on forme une pépinière par semis d’où on extrait, en octobre et novembre, les plants pour les champs consacrés au colza ; chaque pied est espacé de 60 à 70 centimètres sur les lignes écartées de 0m,70 environ, comme le mais. C’est ce semis qui est très-exigeant et ne donne de beaux plants qu’avec une forte fumure.
L’engrais A, à la dose de 1,000 kilog. à l’hectare pour les repiquages, et de 1,500 kilog. pour la pépinière, donne de très-bons résultats. On remplacera l’engrais A, aux mêmes doses, par l’engrais F,, si le sol est riche en potasse.
Tabac. — Il faut lui donner des engrais riches en potasse contenant peu de chaux et peu azotés: l’engrais O est celui qui lui convient.
11 y a d’autres plantes sarclées que nous n'examinons pas ici, à cause de leur importance relativement faible.
Céréales. — Froment. — On cultive deux sortes de froment, les blés d’hiver et les blés de printemps.
Blé d'Iliver. — Adoptant 30 hectolitres de grain à l'hectare, comme moyenne des bonnes cultures, cette récolte donne :
Graine . 2,400 kilog.
Paille . 5,550 —
ce qui fournit d’après les tables de Wolff :
\ l'hectare.
Acide phosphorique . 48k000
Potasse . 168.000
Chaux . 21.000
Magnésie . 15.000
Emploi des engrais. — 11 est toujours mauvais de fumer directement un blé avec du fumier, parce que celui-ci apporte toujours des graines de mauvaises herbes. Comme le blé succède habituellement à une récolte sarclée] qui a reçu une fumure plus ou moins abondante, il faut en tenir compte et réduire les engrais en conséquence ; si au printemps le blé souffre, on répand 100 à 200 kilog. de sulfate d’ammoniaque en couverture.
ENGRAIS
La verse des blés est le fléau des lions fonds. Autrefois on l’attribuait au manque de silice ; on sait aujourd'hui qu’elle est due à un excès d’azote, et par conséquent au défaut relat if des éléments minéraux ; avec les engrais chimiques on peut diviser la fumure et obtenir de fortes récoltes sans craindre la verse, sauf le cas d'années très-pluvieuses. En lignes très-espacées comme je l'ai indiqué, le blé plante sarclée ne verse pas.
Blé de printemps. — Inconnu dans le midi, il ne réussit sous la latitude qui lui convient que sur des terres riches et bien préparées. Il faut lui distribuer d’un seul coup tout l’engrais nécessaire. L’engrais E est celui qui lui convient dans la plupart des cas, à des doses variables suivant la richesse des fonds.
Petites céréales. — On nomme ainsi le seigle, l’avoine et l'orge. Elles sont moins exigeantes que le froment pour la réparation du sol et des engrais, sauf l'orge qui exige un terrain soigneusement pulvérisé par le passage de la herse sur le dernier labour. Dans les plaines du sud-ouest, le seigle donne beaucoup de paille et peu de grain, aussi sa culture est-elle réduite à des surfaces sans importance pour le fourrage vert. A la montagne, son grain sert à faire le pain, bien rude hélas! et il réussit parfaitement en grain et en paille. — L’orge se fait en octobre et en février ; mais l’avoioe d'hiver seule est connue dans le midi, tandis que dans le centre et dans le nord, ces deux céréales se font indifféremment en automne et au printemps. Les engrais employés pour les petites céréales doivent, à l'azote près qui entre en moins grande quantité, contenir les mêmes éléments que ceux donnés au froment.
Un rompu de luzerne laisse beaucoup d’azote et peu de phosphates. Le blé verserait ; mieux vaut, après épandage de 400 à 500 kilog. de superphosphate, semer de l'avoine d’hiver, et mieux encore, même dans le sud-ouest, de l'orge de février qui donnera sûrement, sans verser, un bon grain.
Prairies artificielles. — On appelle ainsi les champs affectés au trèfle, à la luzerne et au sainfoin, et généralement aux fourrages ne provenant pas de la prairie naturelle.
Trèfle rouge. — Dans les sols qui lui sont favorables, il produit 6000 à 9000 kilog., de fourrage sec à l'hectare. Les tables de W'oltf indiquent, pour un rendement de 7500 kilogr.
Azote . 160 kilog.
Acide phosphorique . 42 —
Potasse . 146 —
Chaux . 144 —
Magnésie . 52 —
La totalité de l'azote est empruntée à l’atmosphère, fait capital, commun aux légumineuses et dont nous avons vu l'importance au sujet des engrais verts ; mais il faut tenir compte des éléments minéraux qui sont pris dans le sol et les restituer par 1,000 ou 1,500 kilog d'engrais G, sans azote, par hectare.
Le trèfle rouge est semé dans un blé, au printemps, (au commencement de mars, dans le sud-ouest). Il donne peu de chose à la première anuée qu'il utilise à prendre racine. C’est à la seconde année qu’il donne ses produits : une première coupe qui réussit toujours bien, et une deuxième presque toujours bonne dans le nord, mais souvent contrariée dans le midi par la sécheresse.
Plâtrage. — Dans bien des terres, le plâtre, répandu à la dose de 200 à 500 kilog. par hectare sur le trèfle encore jeune, lui communique une grande
LES FORMULES
rigueur. Mais la théorie de ce fait est encore pleine d'obscurités ; on lia que des îypothèses. Ce qu’il y a de certain, c’est que le plâtre a pour eü’et de rendre la notasse plus soluble et plus assimilable, et l’on peut rationnellement rapporter t cette action les bons effets du plâtrage sur des terres pourvues de potasse.
Luzerne. — Dans le midi, ou tire de la luzerne presque tout le fourrage nécessaire aux animaux de l’exploitation. On peut dire que c’est le fourrage-providence du sud-ouest; ses avantages sont d’ailleurs considérables.
Munie de puissantes racines qui descendent à plusieurs mètres dans le soussol, la luzerne résiste à la sécheresse mieux que toute autre plante.
C'est elle qui, à surface égale, donne, par sa première coupe du mois de mai, la plus grande quantité de fourrage. Généralement on peut compter sur deux coupes, et, sur des terrains spéciaux on arrive jusqu’à quatre ; mais ce dernier cas est l’exception. Avec l’irrigation, on récolte facilement cinq belles coupes.
En trois ou quatre jours de soleil, une coupe est sèche et enfermée.
Le regain d’octobre que l'on peut exceptionnellement faucher est, d’ailleurs, bien utilisé par le paccage des animaux de travail. En hiver, jusqu’aux premières pousses, les moutons y trouvent aussi une portion de leur nourriture.
Une luzernière, avec quelques hersages ou mieux avec quelques labours pratiqués dans le courant de février, pour s'opposer au gazonneinent, peut se conserver huit à dix ans. — On peut répandre la graine de ce précieux fourrage de compagnie avec l’orge de mars ; elle ne manque pas de bien lever, et l’on a du fourrage dérobé dès la première année, pourvu que la sécheresse ne soit pas trop précoce.
On voit quelquefois certains terrains où la luzerne pousse malgré la sécheresse, de manière à donner trois coupes ; il importe à l’agriculteur de rechercher ces terrains avec le plus grand soin, pour les consacrer exclusivement à la culture de la luzerne. Cette plante prenant tout son azote à l’air, il suffit pour l’alimenter d’employer les trois termes minéraux de l'engrais complet, spécialement l’engrais G.
Il faut remarquer que le plâtre employé seul, sur les terres déjà pourvues de potasse et d'acide phosphorique, pourra donner fort économiquement d'abondants produits.
En procédant, tous les 4 ou ü ans, au défrichement d’une luzernière par un seul labour profond en novembre, suivi d’un épandage d’engrais G, sans azote, ou pourra la conserver, pour ainsi dire, indéfiniment sur les terrains spéciaux qu'on lui aura consacrés. On obtient ainsi la luzernière permanente, autrement productive que la prairie naturelle.
A ces immenses avantages, la luzerne joint celui d'être l’objet presque unique du commerce des fourrages. C’est le produit le plus demandé dans les villes du midi, et, au bas Languedoc, c’est le seul adopté pour l'alimentation des belles mules du Poitou, chargées du travail des vignes. 11 est, du reste, aussi facile de le vendre ou de l’affermer sur pied que récolté et emmagasiné. A ce point de vue, la luzerne est une véritable plante industrielle que l’on cultive uniquement pour la vente dans les fonds où elle prospère et surtout dans les rares propriétés qui jouissent de l’arrosage, Prenant tout sou azote à l’air, l'exportation de ces produits n’occasionne aucune perte de la dominante des céréales, au contraire, par les détritus qu’elle laisse annuellement à la surface, et par la décomposition de ce qui reste de la plante après le défrichement, elle enrichit le sol en azote. Quant aux minéraux enlevés (acide phosphorique et potasse particulièrement), les prix en sont déjà fort abordables, et plus les progrès agricoles dans la voie des fumures minérales se développent, plus nous aurons le TOME II. — NOUV. TECH. 17
ENCRAIS.
droit, d’espérer recevoir de l’industrie ces matières aux prix des matières les plus usuelles.
Malheureusement, comme en toutes choses, il y a pour la luzerne le revers de la médaille ; j’ait tout essayé pour détruire la plante parasite appelée cuscute ou teigne qui l’attaque ; rien n'a été efficace. Aussi ne faut-il semer que de la graine bien connue. Quand le fléau a pris trop d’extension, il ne faut pas hésiter à opérer le défrichement.
On a communiqué il la Société des agriculteurs de France une recette contre la cuscute. Elle consiste à semer parmi la luzerne le Dactyle peletonné, plante qui a, parait-il, la curieuse propriété de faire disparaître le parasite.
A la 4e page des journaux, on voit aussi des annonces à' anti-cuscute , à l'état de poudre vendue 6 fr. 30 les 30 kilogr., contre remboursement et sans garantie sérieuse, mais il y a lieu d'attendre des renseignements plus complets avant d’ajouter foi aux elfets promis, en remarquant néanmoins qu’il faut bien risquer de temps en temps quelques petits essais.
11 y a encore un insecte, le négril, qui, à l’état de larves, fait souvent disparaître la deuxième coupe; il faut se résoudre dans ce cas à couper prématurément, avec l'espoir d'une pluie, pour une nouvelle fauchaison.
Malgré ces deux inconvénients, la luzerne ne mérite pas moins, par les qualités précieuses que je viens d’exposer, la qualification de fourrage-providence des contrées du sud-ouest et des contrées analogues où sévit la sécheresse.
Dans le nord on trouve avantage à introduire la luzerne dans les assolements en l’y laissant 2 ou 3 ans. En supposant une récolte de 12,000 lcilog. pour deux ou trois coupes réunies, les tables de Wolfï donnent :
Azote . 273 kilog.
Acide phosphorique . 01 —
Potasse . 103 —
Chaux . 170 —
Magnésie . 42 —
L’engrais G composé d’éléments solubles et descendant facilement dans le sol produit sur la luzerne des elfets remarquables. Comme sur le trèfle, pour les terres riches en potasse, on peut substituer l’engrais G n° 2 à 1 engrais G.
Sainfoin. — Se plaît dans les sols très- calcaires, entre comme le trèfle dans les assolements, et demande le même traitement pour les engrais.
Cultures permanentes. — Ce sont les cultures qui, une fois établies sur le sol, l’occupent indéfiniment, telles sont les prairies naturelles, la vigne, le houblon, etc.
Prairies naturelles. — Des graminées et des légumineuses forment les prairies naturelles, mais les premières y dominent.
Les meilleures prairies sèches ne produisent guère plus de 3,000 a 4,000 kilog. de foin sec par hectare ; les prairies irriguées produisent le double. En adoptant 4,000 kilog. pour les premières et 4,000 kilog. pour les autres, les tables de Wolff donnent :
4,01)0 kilog, Je loin. 8,000 kilog. de foin.
Azote . 52k400 103k800
Acide phosphorique . 16.400 32.800
Potasse . 68. 400 136. 800
Soude.!!.' . 18.800 37.600
Chaux 30.800 61. 600
Magnésie . ’ . El. 200 26. 400
LES FORMULES
Les engrais fortement azotés ne conviennent pas aux prairies. Les phosphates exercent sur elles des eifets très-remarquables. — La potasse est peu sujette à Faire défaut. Il est d’ailleurs facile à la simple inspection d’une prairie de juger si la potasse abonde ou fait défaut; dans le Ier cas ce sont les légumineuses, dans le second cas, les graminées qui l’emportent parleur végétation.
Avec l’engrais minéral sans azote, grand développement des légumineuses au détriment des graminées ; avec un engrais azoté, sans potasse, grand développement des graminées au détriment des légumineuses.
Ces effets sont si remarquables qu’il est possible de fonder sur eux un mode ornemental applicable aux jardins et dont voici le principe. Supposez une prairie ou une pelouse sur la lisière de laquelle on fait courir deux arabesques A et B entrelacées :
Fig. 0.
A l'aide d’une toile découpée on répand de l'engrais complet A sur l'arabesque A, et de l’engrais incomplet G, sans azote, sur l’arabesque B. Lecontraste qui naît des deux végétations est admirable. Rien n’est heurté ; la progression est presque inappréciable aux points de contact; au milieu des bandes, elle est extrêmement accusée. Contraste progessif et harmonieux, première condition du beau dans les œuvres d’art.
En choisissant judicieusement les semences, on comprend facilement l'admirable parti que l’on peut tirer de ce procédé, au double point de vue du dessin et du coloris, pour l'ornementation des jardins, dont le sol peut, en quelque, sorte, être transformé en véritables tapis orientaux ; aussi je n’hésite pas à le recommander aux disciples de Flore et, en particulier, aux municipalités pour l’embellissement des squares et des promenades. Ce procédé offre, on peut le dire, une démonstration aussi élégante que scientifique de la doctrine des engrais chimiques.
A moins que le sol ne soit calcaire, on fera bien de donner de la chaux aux prairies, cet élément les empêchant de devenir acides.
L'emploi alternatif d’engrais azotés, sans potasse, et d'engrais potassés, sans azote, avec chaux et acide phosphorique dans les deux cas, est celui qui convient le mieux aux prairies naturelles. Les petites doses seront données aux prairies sèches, les doses doubles aux prairies irriguées. Dans les conditions ordinaires on répandra :
lre année, engrais G sans azote . 500 à 1000 kilogr.
2° année, engrais E sans potasse n° 2 . 200 à 400 kilogr.
La question de la fumure a pour les prairies une importance capitale, surtout dans les pays d'élevage et dans ceux où on se livre à la production du beurre et à la fabrication des fromages.
Le bétail, au pâturage, restitue bien au sol une partie des éléments qui ont servi à sa nourriture, mais il en exporte forcément ceux qui ont constitué sa charpente osseuse. C’est surtout l’acide phosphorique qui finit par faire défaut sur les anciennes prairies. C’est au point que, dans certaines régions, les os des jeunes chevaux restent mous, jusqu'à l'état gélatineux, jusqu’au moment où l'entrainement ou simplement lamise au travail fait introduire dans leur alimen-
talion de fortes rations d’avoine, c’est-à-dire de l’acide phospliorique à haute dose.
Pour les vaches laitières, l’inconvénient est le même et je vais en citer un exemple :
Près de Condé-sur-Xoireau, M. Joulie a fait répandre de l’engrais E n° 2, sur une bande de terrain bien délimitée, et prise sur une prairie de moyenne qualité.
Les vaches qui servaient à l’expérience, ont pâturé pendant une première semaine sur la partie non fumée, et elles ynt fourni 14 livres de beurre.
La semaine suivante, on les a gardées sur la partie fumée; la quantité de beurre obtenue a été de 18 livres.
Comme contre épreuve, on a continué la même observation, pendant une semaine encore, sur une autre partie non fumée et la production du beurre est redescendue à 14 livres.
Dans ces trois cas, le rendement en lait est resté le même. Des faits de cette nature sont souvent confirmés par les cultivateurs qui ont le bon esprit de se rendre compte des résultats de leurs opérations.
La vigne» — Sous le rapport, des engrais, la vigne est peu exigeante. Au champ d’expériences de Vincenncs, à la parcelle sans engrais, la vigne est trèschétive ; elle est pire encore, à la parcelle où manque seulement la potasse; elle produit quelques feuilles qui ne tardent pas à dépérir, mais pas un grain de raisin. M. G. Ville a eu le soin d'introduire dans son exposition du Trocadéro, des ceps provenant de Vineennes et faisant voir les contrastes de végétation.
La vigne puise la majeure partie de son azote à l’atmosphère; il ne faut lui donner des engrais azotés, et à petites doses, que sur des terres pauvres. Aussi les vignerons recherchent les matières animales de lente décomposition, telles que les chiffons de laine, le cuir désagrégé, la corne, et aussi les tourteaux de graines oléagineuses
Partout où la vigne offre une végétation satisfaisante, il faut supprimer les engrais. Si elle languit, on la traitera par 20 à 40 kil. d'azote assimilable par hectare. — L’acide phospliorique et la chaux doivent entrer dans les engrais aussi bien que la potasse, car il résulte d’analyses très-complètes, que, pour une même quantité d’acide phospliorique, la vigne absorbe plus de chaux et moins de potasse que la plupart des autres cultures (1).
L’engrais qui correspond le mieux aux exigences de la vigne est l’engrais C complet, à la dose annuelle de 150 grammes par cep, pour trois ans.
La distribution doit se faire le plus tôt possible après les vendanges pour que l'effet se produise dès la récolte suivante.
Lors de la plantation il est essentiel d'éviter le contact immédiat de l'engrais avec le plant. Avant de faire les trous, on répand à la place que doit occuper chaque plant et sur une surface carrée d'environ 30 centimètres de côté, la quantité d’engrais reconnue utile; on donne sur cet engrais quelques coups de pioche pour le mêler à la terre; puis on plante. On peut encore, alin de diminuer un peu la main d’œuvre, tracer simplement un sillon dans toute la longueur et à la place que doit occuper chaque rang de ceps, puis répandre uniformément dans ce sillon l’engrais destiué à tous les plants de ce rang.
Dans les vignes déjà plantées, il peut être réparti autour de chaque cep en pratiquant au-dessus du chevelu des racines (soit à 25 ou 30 centimètres du cep) et sans le mettre à nu, une tranchée circulaire dans laquelle on répand l'engrais eu le mélangeant à la terre, puis on referme la tranchée. Si la régularité de la plantation le permet, au lieu de fumer séparément chaque cep, on creuse
(1) Voir la visite à l'Exposition.
LES FORMULES. 261
simplement, au milieu de l'intervalle qui sépare les rangs, et dans toute la longueur du rang, une rigole de 0m,15à 0m,2o de profondeur; on y sème l’engrais, puis on le recouvre de terre. Dans ce dernier cas, si les rangs sont très-espacés, comme il arrive, par exemple, dans les vignes où les façonsse font à la charrue, il ne faut pas se contenter d’une seule rigole creusée au milieu de l’intervalle compris entre deux rangs; il est préférable d’ouvrir dans cet intervalle deux rigoles situées chacune à environ 0m,2o à 0m,U0 des ceps ; chaque rang se trouve ainsi compris entre deux rigoles, dans chacune desquelles on enfouit la moitié de l’engrais qui lui est destiné.
Contrairement à certaines opinions, nous conseillons de ne pas placer l’engrais dans un trou pratiqué au pied même du cep. Cette méthode peut, dans beaucoup de cas, entraîner à des mécomptes regrettables.
Quand on provigne, il faut distribuer à chaque provin 100 à ISO grammes d'engrais C, mélangé avec de la terre.
Les engrais chimiques n’apportant au sol que les éléments nutritifs indispensables à la vigne, sans mélange d'aucune matière odorante quelconque, 11e font courir aucun risque à la qualité du vin.
L’oïdium se combat eflicacement par le soufre; mais le phylloxéra gagne tous les jours du terrain.
La doctrine des engrais chimiques pourra revendiquer pour son ardent promoteur une large part dans les moyens à la fois curatifs et préventifs basés sur l'emploi des engrais, et tant recommandés parles plus illustres savants français, pour éloigner l’apparition du terrible insecte ou en arrêter les ravages.
L’expression engrais complet qui, par sa nouveauté, sa netteté et sa concision, s’attira au début tant de colères et de sarcasmes, a tellement bien fait son chemin, qu’elle a été adoptée par la Commission du phylloxéra, de l’Académie des sciences, de l'Institut de France. Nous extrayons du procèsverbal de la commission ce qui suit :
« Pour ranimer la vigne à l'égard de l'engrais, on doit se renseigner dans la « localité même. Chaque propriétaire connaît, par sa propre expérience ou par « celle de ses alentours, de quels engrais complémentaires son domaine a besoin « et dont la nature varie avec celle du sol. La composition de celui-ci peut « exiger tantôt une addition de potasse ou'de phosphates, par exemple, tantôt « celle des engrais azotés. Lorsque la vigne est atteinte par le plHloxera, il « est nécessaire de lui donner l’engrais que l’expérience a signalé comme le » plus convenable, et même d’en augmenter la proportion habituelle.
« Dans les pays où la vigne , reçoit peu ou ne reçoit pas d'engrais dans les « circonstances ordinaires, il convient, si l'on veut la sauver, de lui fournir, « quand elle est phylloxérée, un engrais complet, tel que le fumier de ferme, « le guano, ou des mélanges de tourteaux ou d'engrais animaux torréfiés, de « phosphates de chaux et de sels de potasse (1).
On ne pouvait mieux préciser les quatre termes de l’engrais complet, ni mieux reconnaître leur efficacité ; et notez que le procès-verbal est signé par M. Dumas, président de la commission, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, et par M. Cornu, secrétaire de la commission.
Abstraction faite du phylloxéra, ce fait n’est-il pas la consécration la plus éclatante qu’ait reçue la doctrine des engrais chimiques, et n’y a-t-il pas lieu de s’en féliciter pour l’honneur de la science française?
« Sous aucun prétexte, poursuit ce remarquable procès-verbal, il ne faut « abandonner la vigne à elle-même et lui refuser l’engrais que rend indispen- <1 sable son état maladif dû à la présence et à l'action de l'insecte. »
(1) Rapport de la Commission, année 1 8715.
ENGRAIS
La commission passe ensuite aux détails de l’application du sulfo-carbonate de potassium, proposé comme toxique par son illustre président.
Les cubes de gélatine imaginés par M. Roliart, pour enfermer et dégager peu à peu le sulfure de carbone, afin de détruire l’insecte sans nuire à la vigne, constituent un procédé efficace qui nous semble appelé à se généraliser.
Horticulture. — La culture horticole est fort épuisante, car la plupart des plantes cultivées sont emportées en totalité ou ne laissent que des résidus insignifiants.
Le fumier est indispensable pour fumer les couches où la chaleur de la fermentation active la végétation des plantes, mais au point de vue de la fumure, le fumier seul ne peut donner les développements maxima que les horticulteurs recherchent; avec les engrais chimiques ils peuvent y parvenir.
Aux plantes à racines, l’engrais I) à la dose de 150 gram. par mètre carré environ.
Aux plantes à feuillage ornemental, les engrais A et B à raison de 200 à 250 gram. par mètre carré. Aux plantes à feuillage comestible, les engrais G ou I) il raison de 150 à 200 gram. par mètre carré; si la terre est riche en potasse, employer l’engrais E, sans potasse.
Pour les plantes «A fleurs et il fruits, éviter les excès d’azote, mais ne fpas craindre les fortes doses d'acide phosphorique. — Aux plantes herbacées, les engrais D, E. — Pour les arbustes et les arbres fruitiers l’engrais D ou l'engrais G, ii doses variant de 100 gram. à plusieurs kilog. suivant l'importance du sujet. 11 faut toujours éviter le contact de l’engrais avec le chevelu des racines.
Pour les cultures en pots et en serres, on se servira de l’engrais A, complet, sans jamais dépasser 3 grammes par kilogramme de terre.
Entrais horticole, du docteur Jcannel. — M. le docteur Jeannel a fait des expériences très-intéressantes sur les plantes d’agrément, traitées par un engrais en dissolution ; il s’est arrêté à la composition suivante :
Azotate d’ammoniaque . 400 grammes.
— de potasse . 250 —
Bi-phosphate d'ammoniaque . 200 —
Chlorhidrate d'ammoniaque . 50
Sulfate de chaux . 60 —
Sulfate de fer . 40 —
Total . 1000 grammes.
Tout ce qu’on a fait dans ce sens est imité du procédé du docteur Jeannel, et on réussit ou on échoue suivant les plantes peu ou point étudiées auxquelles l’engrais est appliqué.
Dans la plupart des cas, avec l'engrais A qui vaut 30 francs les 100 kilog., on obtiendra les mêmes résultats qu’avec des compositions que certains charlatans (dirent au public, au prix exorbitant de 300 francs les 100 kilog., sous les dénominations les plus séduisantes.
LES FORMULES