TOME II. — NOUV. TECH
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des apparitions animales sur la terre, la plupart des races domestiques que l’on trouve aujourd’hui. 11 est de nos jours péremptoirement démontré, par une étude approfondie des races chevalines de l'orient et de l’occident, que les premières n'ont pu être les souches des secondes. Les documents historiques, quand ils ne sont pas corroborés par la science, n’ont plus que la portée de simples hypothèses, pouvant guider les recherches, mais jamais les remplacer. L'occident n'a réellement été tributaire de l’orient qu’au point de vue des progrès accomplis dans cette région et nullement à celui de l'importation des animaux. Premier centre de la civilisation, ce dernier ne peut plus prétendre à passer pour le centre unique des apparitions.
Avec Cuvier, MM. de Morlillel et Rütimeyer, je pense que les différentes races de bœufs domestiques descendent de races anéanties et dont les ossements attestent l’antiquité. Ce que nous savons des ossements fossiles se rapporte assez bien à la constitution ostéologique de nos bœufs actuels, pour que nous soyons autorisés à les envisager comme les ancêtres de nos serviteurs. Vraisemblablement, il n’y aurait pas eu discontinuité chez le bœuf, dans nos climats, entre les races de l'époque géologique ancienne et les races actuelles qui auraient remplacé le bos primigeiiius, le bos trochoceros, le bos brachyceros et le bos frontosus.
Le bos primigenius, bœuf primitif, existait avec le mammouth, le rhinocéros à narines cloisonnées, une espèce d'éléphant et d’aurochs; on le trouve dans les terrains diluviens, les kjoelîlienmoeddinrjs, ou débris de cuisine du Dancmarck, et encore dans les tourbières et autres terrains en Angleterre, en France, en Allemagne et en Italie, ce qui fait croire à M. Gervais et à plusieurs autres naturalistes qu’il a vécu aux deux périodes antébistorique et historique, mais pas à une époque aussi récente que celle où écrivait César, qui en parle comme s'il l'avait vu. Cet animal était d’un tiers plus grand que nos espèces actuelles, avait le front concave et carré, les cornes recourbées en avant et implantées aux extrémités de la ligne saillante formée par le plan de l’occiput et celui du front. Suivant Cuvier, le bos primigenius aurait été la souche du bœuf domestique, idée reproduite par M. Gervais. La grande étendue de l’aire de dispersion du bœuf, combat cette hypothèse. On ne peut admettre, en effet, que ce soit cet animal qui ait peuplé le monde de sa descendance, et, par conséquent, ou est forcé d’établir d’autres origines. Selon MM. Bell, Rütimeyer et Piètrement, le bœuf primitif se serait continué dans la variété hollandaise. Ces savants, jugés d’après mon faible mérite, doivent commettre une erreur en s’appuyant sur la taille, plutôt que sur les formes, pour établir la similitude en faveur de laquelle ils concluent. Si les bovins des Pays-Bas l’emportent sur beaucoup d'autres en Europe, il en est comme les salers, par exemple, qui leur disputent la palme de la puissance. M. Zündel, le savant vétérinaire supérieur d'Alsace-Lorraine, paraîtrait plus dans le vrai en faisant dériver du bos primiyenius le bétail de la Podolic, de la Volhynie, de l’Ukraine, des Steppes, de la Moldavie, de la Styrie, de la Carinthie, de l’Illyrie et de certaines parties de l’Italie où cet animal aurait eu accès par les Alpes Juliennes.
Le bos trochoceros, ou bœuf à cornes recourbées en demi-cercle, était beaucoup plus petit que le précédent, et possédait un front large et presque carré et des cornes recourbées. Il a été trouvé à Concise et à Chevreux, stations lacustres du lac de Neufchàtel, dans les dépôts qui correspondent aux premières habitations lacustres et à 1 âge de la pierre, et dans le diluvium de Sienne et d’Arezzo, en Italie. On ne rencontre pas de ses ossements dans les dépôts plus récents, et il n'a pas laissé de descendance dans les pays précités. On ne peut donc l’assi-
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miler à aucune des races présentes de l'Europe. 11 existe, par contre, en Asie d’assez nombreux représentants de cette race. Cela m’a été fréquemment répété par M. Zündel et quelques autres personnes instruites.
Le bos brachyceros, bœuf à courtes cornes d’Owcn, bœuf des tourbières de M. Rüliineyer, était remarquable par ses cornes courtes, ses membres un peu grêles. Owen a décrit ses fossiles trouvés en abondance en Scandinavie, dans le terrain pliocène du Royaume-Uni, avec l’éléphant et le rhinocéros, puis dans les tourbières d’Islande avec le cerf-géant, et, enfin, dans des formations encore plus récentes avec le cerf ordinaire et des antiquités romaines. Cette espèce a donc vécu, elle aussi, aux époques préhistorique et historique. M. Hiitimever, qui l’a découverte dans les stations préhistoriques les plus anciennes, dit qu’elle s’est avancée de la plaine vers la montagne où elle convient parfaiteparfaitement aux conditions du pays et aux besoins de l’homme. Pendant la période de la pierre polie, elle était tout à fait domestique chez les habitants de Wangen et de Moossendorf, stations du lac de Constance. Cet animal est bien certainement la souche de la race brune de Suisse qui offre tous ses caractères. Dans les cantons où les fourrages sont abondants, non-seulement en ôté mais encore en hiver, grâce à la culture plus soignée, il forme les grandes variétés brunes: celle de Sclnvytz, la plus connue en France, et celle de Lucerne qui rivalise avec cette dernière en ce moment. Dans les cantons plus arides, il constitue les petites variétés brunes d’Uri, d’Unterwalden, d’Oberhasli, etc., et encore celle de la Tarentaise.
Le bos frontosus, bœuf à front large et haut, a été rencontré, d’après MM. Rütimeyer, Vogt et Piètrement, dans les tourbières du midi de la Suède et dans celles de l’Angleterre, avec les fossiles de l’aurochs et du bos primigenius, ce qui le place à côté de ces derniers. Cette espèce est plus petite que le bœuf primitif et plus grande que celui des tourbières.
Le bos frontosus est actuellement représenté en Europe, par la race tacheLce qui est moins ancienne que celle à teinte uniforme. Il lit avec le bos bracligceros, son apparition sur les pays baignés par la mer du Nord et la mer Baltique. Les ossements de ces animaux, trouvés dans ces régions restées l’habitation de leurs descendances, en fournissent la preuve irrécusable. Ces deux types ont donné naissance aux races bovines les plus remarquables d’Angleterre, de Hollande, de Belgique, de France, de Suisse et d’Allemagne, c’est-à-dire des pays qui nous intéressent le plus au triple point de vue politique, commercial et agricole. Primitivement localisé en Suède, en Angleterre, dans la plaine des Pays-Bas et de la Basse-Allemagne, et en Russie, le bos frontosus sortit de son aire géographique et s’étendit en France, dans toute l’Allemagne au-dessous du Danube et dans la Suisse occidentale. Cette espèce se continua dans la race que j’appelle race à courtes cornes et tachetée de la mer du Nord et de la mer Baltique, qui comprend six types principaux chez lesquels on reconnaît nettement les caractères primitifs : ce sont les types durham, hollandais, normand, breton, jurassien et alpestre, divisés à leur tour en variétés qui couvrent la moitié de l’Europe et les trois quarts de la France.
La race à courtes cornes et tachetée a quitté le littoral pour venir dans l’intérieur des terres, d’abord par suite de l’extension des groupes animaux, et plus tard sous la conduite des Saxons qui l’ont menée dans la Grande-Bretagne, des Burgondes, des Francs, des Suèves, des Nortlunans, etc., qui ont toujours marché de l’est à l'ouest et du nord au sud. Ces peuplades, qui connaissaient mieux l'art de s’approvisionner que l’intendance française de 1870- 1871, étaient toujours suivies de bandes considérables de bo:ufs pour satisfaire leurs besoins
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en mute et à l'arrivée. Ces animaux ont créé des colonies qui, par suite de l’inlluence des agents atmosphériques, des soins et de l'alimentation, se sont modiliées sous le rapport des caractères secondaires et ont formé les types, variétés et tribus que nous allons bientôt passer en revue.
Les principaux caractères du bos fronlosus et de la rai e à courtes cornes et tachetée, sa dérivée, consistent en un front haut, large, convexe entre les cornes et concave entre les yeux ; en un bourrelet épais et fortement courbé sur l’occiput ; en cornes petites et courbées en avant et en haut, et en un pelage tacheté. La plupart des variétés ont conservé la forme première des cornes ; cependant quelques-unes ont vu leur cornage augmenter un peu de longueur et décrire une courbe moins accentuée, d’où leur partage en deux sections : variétés à courtes cornes, — durham, hollandaise, bretonne, et variétés à moyennes cornes, — normande, jurassienne et alpestre. Toutes ne sont pas non plus en possession d une robe tachetée ; le durham et ses similaires, le flamand, le comtois, le fémelin, le bressan et le simmenthal, non-seulement ne présentent pas toujours le pelage primitif, mais tendent au contraire à revêtir une teinte uniforme. Les cornes et la robe ne sont donc plus indispensables pour rattacher un sujet à la grande race â courtes cornes et tachetée, il suffit de constater la parenté, au moyen des caractères qui restenl, crâniens et autres. Les poils sont des productions épidermiques susceptibles de trop de modifications, sous l'influence de causes secondaires, pour servir de caractéristique. Qu'est-ce, en effet, qu’une marque qui ne résiste pas aux influences extérieures les plus faibles, et que l'homme peut à volonté transformer en opérant sur une descendance directe, après deux ou trois générations seulement.
L’aptitude laitière poussée au plus haut point et accompagnée d'une prédisposition convenable â l'engraissement, telles étaient les qualités de la race à courtes cornes et tachetée du Nord, et telles sont encore celles de ses types, ce qui leur vaut, avec ceux de la race brune, la préférence dans le nord de l’Europe et de la France, depuis la Loire jusqu’aux confins des pays habitables.
Soit qu’elle existât dans la Grande-Bretagne avant la séparation de ce pays du continent, comme le pense M. Sanson, soit qu’elle y ait été conduite plus tard par l’homme, ainsi que l’indique M. Ziindel et plusieurs autres savants, la race à courtes cornes et tachetée occupait, dès le principe la partie basse de l’Angleterre, bornée à l’est par le littoral, au sud par les petites montagnes du Sommerset et du Devon, à l’ouest par celles de Galles, et au nord par ce que John Bull appelle prétentieusement les monts Cheviots. Sur ce petit espace, elle se conserva sans aucune altération, ce qui attira l’attention des éleveurs anglais et les engagea dans la voie de la transformation. Eu gens pratiques, ils avaient remarqué les défauts de leur bétail : lourdeur de la tète, largeur et grosseur du mufle, longueur et voussure du cou, présence de fanon à la partie inférieure de l’encolure, étroitesse de la poitrine, maigreur des épaules, courbe du dos, abaissement de la croupe, etc., et assez prisé ses qualités pour tenter l’opération du perfectionnement. Ils s’appliquèrent, par la sélection et le régime, à corriger les imperfections signalées et obtinrent, avec le temps, des sujets en possession d’une tète fine, à cornes courtes et arquées en avant, à oreilles petites, minces et implantées bas, à l'œil doux, au mufle rosé et rarement noir: d'une encolure courte, droite et dépourvue de fanon; d’un garrot doublé ; d'une poitrine large; d'épaules musclées; d'une croupe droite ; d'une chair descendant jusqu’aux genoux et aux jarrets, etc., etc., tout en exaltant les qualités préexistantes.
On sait que la race était excellente laitière, et qu’elle n’a perdu sa qualité que parce que scs transformateurs n’y attachaient aucune importance.
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Préférant la production de la viande à celle du lait, ils choisirent les ascendants qui offraient de la propension à l'engraissement, affirmèrent cette tendance dans une nourriture choisie et copieuse, paralysèrent l’organe de la sécrétion lactée et créèrent la bête à viande par excellence. Quelques personnes prétendent, mais sans raisons à l’appui, que les courtes cornes d’Angleterre doivent leur amélioration à l’introduction de taureaux venus de Hollande ou du llolslcin. Cette supposition n’est pas admise, attendu que l’on connaît parfaitement les agissements des célèbres éleveurs du temps. Le serait-elle qu’elle, ne changerait rien à l’opinion reçue, puisque les courtes cornes d’Angleterre et les courtes cornes de Hollande proviennent d’une race unique. Évidemment, la sélection et la consanguinité ont régné en maîtresses absolues dans la transformation dont il s’agit, et que l’on doit en grande partie aux frères Colling.
Les courtes cornes d'outre-mer ont atteint le dernier point de perfection sur les bords de la Tees, rivière qui coule entre les comtés d’York et de Durham, d’où leur premier nom de Tees-Water ; puis elles prirent celui de courtes cornes améliorées, Sliorl-horned improved, et, par abréviation, Shorlhorns qui leur convient le mieux et qui est employé exclusivement de l’autre côté de la Manche. La dénomination de durham , généralement acceptée en France, est complètement inconnue en Angleterre, et un éleveur du pays, en entendant cette qualification, n’en saisirait pas la valeur.
Le durham, fig. I, puisqu'il faut l’appeler ainsi pour être compris de nos agriculteurs, fut introduit chez nous en 182o, par MM. Brière-d’Azy, Hunt et Brewter; puis, en 1837, parle gouvernement en la personne de MM. Yvart et Le Febvre de Sainte-Marie, deux hommes éminents dont la science et l’agriculture s’honorent. M. Yvart .ayant, à cette époque, tourné son savoir vers le perfectionnement de l’espèce ovine. M. de Sainte-Marie resta seul chargé de la propagation du durham. Élevé d'abord dans les vacheries de l’État, surtout à celle Corbon, il se répandit bientôt dans l'ouest et le centre. On peut dire que M. de Sainte-Marie, par ses efforts personnels, a fait la fortune de plus de dix départements de France. La Haute-Normandie, le Maine, l’Anjou, le Charolais, le Nivernais, le Bourbonnais, etc. etc., gardent un souvenir impérissable de cet éminent administrateur. Les arrondissements de Segré et de Château-Gontier ont triplé de valeur vénale et locative, à la suite de l’introduction du type précité.
De nos jours, on voit des éleveurs anglais revenir au lait, alors que l’expcrience a prouvé d'une part, malgré les affirmations de M. de la Tréhonnais, que la sécrétion lactée est insuffisante à payer la dépense journalière, et, de l'autre, que la pondération des deux aptitudes ne réussit pas sur les vaches courtes cornes anglaises comme sur celles des Pays-Bas, où ces tendances ne sont pas utilisées simultanément, mais l’une après l’autre. Les éducateurs d'outremer se partagent en deux camps : ceux qui tiennent pour les Bâtes, c’est-à-dire pour les bêtes à lait, et ceux qui patronnent les Boofli, autrement dit les sujets à viande. Les familles des Bâtes et des Bootli portent les noms des éleveurs qui font école et entraînent après eux leurs partisans. Le type de Booth, à grosses et longues cornes, acquiert dans la Grande-Bretagne, les États-Unis et l’Australie une vogue qui se traduit par des prix excessifs aux enchères; le 2 septembre 1873, à la vente de M. William Torr, une vache de cette famille, Brillante impératrice , âgée de 1 1 ans, a été vendue, malgré son âge, ai, 000 francs, et ce n'était pas le fait d’un engouement particulier, puisque les 8f animaux de M. \V. Torr ont atteint un prix total de plus d’un million de francs.
Le durham n'a généralement sa raison d’être qu’autant qu'il concourt à la fabrication rapide de la viande. Il faut donc, dans la pluralité des cas, le prendre tel quel ou l’abandonner. Son alliance n’est, principalement utile qu’avec les
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rares de boucherie pour les conduire plus rapidement et plus fructueusement à l’abattoir. Du reste. MM. Yvart et de Sainte-Marie se sont hien gardés d’en préconiser l’emploi partout et quand même. Si le durham nous a été utile, dit M. H. Bouley, dans l’éloge de M. Yvart, à la Société centrale d’agriculture de France, c’est autant comme spécimen de beaux résultats auquels on pouvait arriver par l’application intelligente des méthodes zootechniques, que comme instrument d'amélioration de nos races. >ios éleveurs ont mieux fait en les perfectionnant par elles-mêmes, d’après le modèle qu’on avait mis sous leurs veux, qu’en demandant à ce modèle un concours direct qui ne laissait pas que
Taureau Durham,
d’avoir ses dangers pour nos races toutes appropriées à la nature des lieux dans lesquelles elles se trouvent.
En France, l’amoindrissement de la masse, combiné avec une finesse exagérée et une diversité des formes, tend à se propager de plus en plus. Les éleveurs rejettent d’ordinaire ces modifications sur la nature des terrains et l’inlluence climatérique. Mais le durham doit puiser, en général, bien plus ses éléments de nutrition dans les matières alimentaires achetées au dehors que dans les herbages naturels du pays. Un des premiers soins de l’éducateur doit être de conserver à ses animaux cet aspect de grandeur et de distinction, et cette uniformité qui caractérisent le type, par un traitement artificiel dont l’efTet serait, comme en Angleterre, en Amérique et en Australie, de neutraliser les influences locales, s’il en existe, et de maintenir le cube de l’ensemble et la beauté des formes. Malheureusement, dit avec justesse M. de la Tréhonnais, l’éducation des éleveurs et des jurés des concours est encore à faire. Tous subissent à leur insu l’influence d’une éducation première et celle d’une esthétique préalablement acquise, ce qui fait varier les jugements. Il va des jurés qui vont jusqu’à recher-
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cher l’écusson de Guenon, d’autres se cramponnent au cornage comme à un point suprême qui décide à lui seul du mérite de l’animal. D’autres rejettent tel sujet parce qu’il est trop gras, tel autre parce qu’il est trop maigre, et il faut vraiment une connaissance approfondie des idées qui prévalent, comme certains la possèdent, pour savoir quelle sorte d’animal on doit exposer, pour remporter des prix dans tel concours plutôt que dans tel autre. Le privilège qu’ont les éleveurs de durhams d’exposer hors de leur région, fait que la palme échoit toujours aux exposants les plus expérimentés.
Autour du type anglais A courtes cornes viennent se grouper plusieurs variétés principales, qui dérivent de la même race : ce sont celles de Herefort, de Devon, d’Angus, des Highlands, d’Ayr, de Jersey, etc, etc.
La variété de Herefort habite le comté dont elle a pris le nom et qui est situé au sud du pays de Galles; elle a été perfectionnée vers 1769, par Benjamin Tomkins, le contemporain de Bakewell, dont il a suivi les inspirations. Les caractères de cette variété, rangée dans la catégorie des moyennes cornes, ressemblent à ceux du durham: chignon saillant; cornes implantées haut, arquées en avant et se redressant un peu en pointes; face courte; chanfrein droit; crête zygomatique effacée; maxillaire inférieur A branches étroites; tête petite et fine; mufle étroit et rosé; lèvres et bouche petites; peau fine et souple; pelage de couleur rouge avec la face blanche, ainsi que certaines parties du dos, du ventre et des membres, principalement aux boulets; aptitude laitière peu développée ; tendance très-grande A l’engraissement. Quoique propres au travail, les bœufs de Herefort, qu’on trouve encore dans les comtés de Shrop, de Radner, de Brecon, de Worcester et de Strafford, sont engraissés de bonne heure et livrés à la boucherie ; ils rendent beaucoup en suif, et sont regardés et recherchés comme supérieurs aux durhams. Trois signes extérieurs particularisent le herefort : l’élévation de la taille, la couleur de la robe et le développement moyen des cornes, toutes choses qui ne forment pas une race, mais une simple variété du type, car l’ensemble et les dispositions naturelles sont les mêmes. Des sujets de cette tribu ont été importés en France, vers 1828, par un fermier anglais de M. Brière d’Azy ; A leur arrivée, tout le monde, M. O. Delafond en tète, les prit pour des durhams, et personne ne se trompa, puisqu’ils sortent de la même souche. Il serait possible que les cliarolais eussent été d’abord améliorés par les taureaux de Herefort, et que cette opération figurât au profit des durhams leurs similaires.
Le Devon ne diffère du durham que par la longueur de ses cornes dirigées en avant et par l’élévation de son corps. Si l’on songe que cet animal habite les collines de Cornouailles et les terres élevées du Sommerset et du Devon, qu’il exécute tous les travaux des champs et qu'il traîne des fardeaux considérables sur des pentes rapides, on comprend qu’il n’ait pu se changer en bête de boucherie. Cependant, lorsqu’il est envoyé dans de bons herbages, il augmente d’épaisseur et se transforme très-promptement, ce que l'on remarque dans les pays où l’on s'occupe de son perfectionnement. Si les Auvergnats ont importé le devon, ce n'est point exclusivement pour sa robe acajou et la finesse de ses os et de sa chair; mais parce qu’ils pensent qu’un taureau amélioré de cette tribu, vaut autant qu’un durham pour les éleveurs particulièrement adonnés à l’engraissement ; ils veulent la chose sans le nom, car ils ne tiennent pas au beurre et au fromage dans cette opération, la vache du Devon étant très-mauvaise laitière. Il n'existe, contrairement à l'opinion générale, aucune corrélation entre le cornage et l’ossature, attendu que ces deux parties d’un même tout sont différentes. Le devon, remarquable par la finesse de la charpente osseuse, n’en porte pas moins un cornage un peu développé.
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Los variétés de Dislllcy, des Hihglands, du Kerry font, avec le Devon, partie de la variété à grandes cornes. L ’Anyiis compose la variété sans cornes du type anglais, et ne peut non plus prétendre au titre de race, d'abord à cause de ses caractères qui le placent dans le groupe mentionné, et ensuite parce qu’on trouve dans plusieurs pays des bovins dépourvus de cornes, sans qu’on ait vu dans cette absence un motif pour créer des races nouvelles. En Suède, il existe une excellente petite variété sans cornes qui habite les montagnes, se rapproche beaucoup des Ilighlands, et laisse peu il désirer sous le rapport de la conformation. Évidemment, ces deux variétés sont sœurs.
Le comté d’/lî/r s’étend depuis le versant nord des monts Cheviots jusqu’à ia rivière de la Clyde, et se trouve baigné par le golfe de ce nom. C’est un pauvre comté de l’Écosse, et la petite variété bovine qui le peuplait, il y a un siècle, était chétive et mal conformée, à cause des privations sans nombre qu elle subissait. La misère des habitants ne leur permettait pas de faire à leurs animaux une existence qu’ils étaient loin de posséder eux-mêmes. Cette variété, issue primitivement de la race à courtes cornes de la plaine de l'Angleterre, et améliorée dans la première moitié de ce siècle par sélection, et, disent quelques écrivains, par alliance avec la hollandaise, ce qui est toujours de la sélection, ne se trouve plus guère que dans le .comté d’Avr et les îles de la Manche, où elle est improprement appelée race de Jersey et A'Alderney. Sa petitesse la rend inutile partout ailleurs que dans son aire géographique et les alliances qu'elle a contractées, dans l’ouest et l’est de la France, n'ont donné que de mauvais résultats.
Après avoir créé le durham, les Anglais s’aperçurent tout de suiLe qu'il ne pouvait convenir partout, et ils cherchèrent alors à constituer des variétés nouvelles, appropriées aux localités qui se refusaient l’élève et au succès de cet animal, ou répondant à des besoins qu’il ne satisfaisait pas. Telle est, dans sa simplicité, l’origine de toutes les variétés anglaises. A propos de l’espèce ovine, nous verrons que les tribus qui se rattachent au dishley et au soulhdown n’ont pas d'autre raison d’exister.
Le type hollandais, dit encore type à courtes cornes de Hollande, présente, à peu de chose près, les caractères de la race primitive. — Le chignon offre de chaque coté de la ligne médiane un sommet dont la pente est plus longue et plus brusque du côté de la base de la corne ; les chevilles osseuses des cornes sont insérées horizontalement, courtes et fortement arquées en avant; le frontal présente entre ses deux bosses une forte dépression terminée supérieurement en pointes ; les sus-naseaux, formant le chanfrein, sont unis l’un à l'autre, sur la ligne médiane, en voûte ogivale, et, à leurs points d'union avec le frontal, à la racine du nez, ils s’abaissent en forme d’une sorte de coin saillant, de chaque côté duquel se continue sur les grands sus-maxillaires la dépression du frontal. Cela donne au profil un cachet qui appartient en propre au type et est tout à fait caractéristique. Le petit sus-maxillaire et le maxillaire inférieur sont étroits, ce qui fait que, quelle que soit la largeur relative du mufle, la tête parait toujours plus ou moins pointue, et la face étroite et tranchante, à cause du peu de saillie des grands sus-maxillaires et de la disposition des sus-naseaux.
La bête bovine néerlandaise, fig. 2, rapporte Hengeveld, zootechnicien distingué des Pays-Bas, est grande, de moyenne taille ou petite, suivant la fertilité des terres où elle vit. Lu ligne de l’occiput à la base de la queue est convexe par la situation pendante de la tête, l'élévation du dos et la déclivité de la croupe. La tête est lourde et longue, A mufle large, noir ou marbré ; le cou long, étroit et un
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peu recourbé sur la nuque, chez la vache, voussé et large chez le taureau ; le fanon absent dans la partie supérieure de l’encolure et peu descendant, le poitrail large, la poitrine peu profonde, les épaules maigres, le garrot élevé, le dos large et convexe, les hanches écartées, la croupe avalée, la queue basse et enfoncée dans les ischions; le pis large, allongé, de couleur brune ou tigrée; l’écusson bien dessiné et dit flandrin ; les membres longs et assez forts chez les sujets soignés, et grêles chez les individus nourris parcimonieusement; la peau fine chez la bête en stabulation ; la robe pie-noir, pie-rouge, pie-bleu, grissouris, gris jaunâtre et toutes les couleurs mêlées avec le blanc et presque jamais une seule nuance.
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