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limiers. Celle race est devenue très-rare. M. Le Couteulx de Canlelcu croit qu'on en trouverait encore en Bretagne, surtout aux environs de Morlaix.
.Nous avons déjà vu que les chiens Baud.s, Greffiers , Saint-H vbert blancs, dérivent immédiatement du Saint-Hubert blanc, modifié par les alliances qui furent faites, sous Louis XI, avec la chienne braque d’Italie Bauldc, et, sous François I"r, avec Miraud donné par le sieur de la Hunaudaye. Ils étaient connus du temps de du Fouilloux, sous le nom de chiens Baux ou Baulds. Cet excellent auteur semble ne point ici leur appliquer un adjectif à raison de la beauté de leurs formes, mais indiquer le surnom de la race des greffiers. Dans son introduction des dits du bon chien Souillard, le baron Pichon discute vivement celte dénomination; mais il nous semble aller un peu loin en prétendant que ce nom n’a été appliqué aux chiens greffiers qu'à titre de qualificatif. 11 résulte de la préface de du Fouilloux, que Gaston Phœhus aurait vu chasser, en Mauritanie, des chiens blancs appelés baux dans ce pays. Si cette affirmation est vraie, il faudrait admettre qu’il y avait outre-mer une race analogue, peut-être transportée par les Croisés, et dont le nom s’était conservé en Orient. La mère des premiers greffiers était une chienne braque d'Italie, appartenant à Jéhan Robcrtet, secrétaire du roi, greffier de l'ordre de Saint-Michel, et ami de Jacques de Brézé, nommée Bauldc ou Boude, ci le père, un chien blanc de Saint-Hubert. De cette union naquit Souillard, qui couvrit sa mère et fut le père de la lignée. Pour les distinguer de la descendance des chiens blancs d'origine Saint-Hubert pure, on a très-bien pu les englober sous le nom de chiens baulds, baux, fils de Boude, etc., avant de les appeler greffiers, dénomination qui prévalut dans la suite. Quoi qu'il en soit de cette question, la famille qui peuplait les chenils royaux jusqu’au règne de Louis XIV, et qu'on appelait les grands chiens blancs du roi, fut constituée par les soins de Jacques de Brézé, de madame de Beaujeu, fille de Louis XI, par François 1", qui renforça la race en y infusant du sang de Bretagne, et, en dernier lieu, par Marconnay, lieutenant de la vénerie sous François 11.
Ces animaux semblent s'étre conservés dans les chiens blancs de Vendée, qui olfrenl tous les caractères de leurs ancêtres des chenils royaux. Ceux qui naissaient avec du noir ou qui liraient sur le gris sole n’étaient point estimés. On les rejetait des chenils royaux, et nous croyons que la race de Sainlonge blanche et noire a également pour origine des greffiers écartés de ces meutes à raisou de leur couleur.
En résumé, le chien de Saint-Hubert, divisé primitivement en deux races, la noire et la blanche, a, dans le principe, donné naissance aux trois autres variétés que nous venons d’étudier, et formé quatre modèles à peu près semblables et qu'on nomme races royales dans le langage de la vénerie : chiens de Saint- Hubert, chiens gris de Saint-Louis, chiens fauves de Bretagne, chiens Bauds ou greffiers. Le Saint-Hubert noir domina pendant la période carlovingienne et la première partie de celle des Capétiens. On ne le retrouve plus qu'en Angleterre où on en a fait des limiers, et chez M. Le Couteulx et quelques autres riches amateurs qui ont créé des meutes de bloodhounds, ou Saint-Hubert noirs quatrœillés, absolument semblables aux limiers dépeints par Gaston Phœbus. Sous le règne de Louis XIII, le Saint-Hubert blanc, plus apte à chasser le cerf, concentra sur sa tête la faveur presque exclusive des princes et des grandes véneries, et resta en possession île celte royauté jusqu'au règne de Louis XIV.
Nous savons que les chiens gascons à manteau noir quatroeillé, aux jambes rouge-fauve, décrits par Gaston Phœbus, étaient des Saint-Hubert noirs. Nous avons confirmé celle affirmation par ce rapprochement de bloodhounds ou Saint- Hubert noirs, existant encore en Angleterre, avec les limiers représentés sur les
LES CHIENS
vignettes des plus anciennes éditions du veneur gascon. La tradition du pays est, du reste, d’accord avec nous sur ce point. Elle fait remonter à cette noble origine la variété de l’Ariége qui était en grand nombre dans toutes les meutes du pays, et qu’on nommait la race bleue. La ressemblance des bloodliounds avec les chiens de Gascogne de la vieille race a frappé immédiatement tous les connaisseurs anglais, lors de l'Exposition de 1863. C’est un argument décisif, nous dit M. de Noirmont, en faveur de l’opinion que nous soutenons et qui fait descendre les deux races du chien de Saint-Hubert. Ils ont dû nécessairement se mélanger avec les races antérieurement lixées dans le pays, mais ils ont néanmoins Loutes les qualités et les défauts de leurs ancêtres des Ardennes. Ils sont en clfet longs, peu râblés, et bons pour gens qui ont les gouttes ; leur façon de chasser est encore la même, suivant leur animal de chasse pied à pied et 11e faisant jamais enceinte pour trouver la bcste qu’ils chassent. Ils manquent donc de vitesse et d’intelligence pour relever les défauts; ils ont une voix puissante, mais d’un ton trop bas et trop sourd ; leur tête, qui est bien coiifée, est trop grosse; en un mot, ils sont trop lymphatiques et trop sujets aux humeurs. En revanche, ils ont un nez incomparable, et avec de bons soins et une sélection bien conduite pendant quelques générations, il y a chez eux des éléments de premier ordre, comme l’a démontré M. de Carayon-Latour qui a pris dans la variété bordelaise, cousine germaine de la gasconne, des étalons et des lices, et qui, en les croisant avec les chiens saintongeois de M. Saint-Légier, constitua la variété de Virelade. Ajoutons que, comme leurs ancêtres les ardennais, ils chassent de préférence les .besles puantes, le loup et le sanglier. Aussi Henri IV en avait-il des meutes pour détruire les loups très-abondants à la suite des longues guerres auxquelles il eut le bonheur de mettre fin.
Ces chiens, dit M. LeCouteulx de Canteleu, sont de la plus haute taille, 0m, 66 à Cm,77, quelquefois même un peu trop grands et trop massifs. Ils sont bleus ou blancs, avec beaucoup de taches noires et de marques couleur lie de vin, ont du feu aux yeux et aux pattes entièrement fruitées de noir sous le poil (qualrœillés et marquerez). Tête forte, quelquefois un peu longue; nez extrêmement large ; paupière inférieure très-tombante, de façon à 11e laisser voir de l’œil que le rouge ; oreilles très-longues, très-fines, trës-papillotées, babines flasques; rein un peu long; côte bien faite; poitrine très-profonde; fanon épais et un peu tombant; pied bien fait; jarrets souvent un peu en dedans et écrasés. M. Le Couteulx ne conseille pas de les allier avec des chiens anglais pour en faire des bâtards, car les chiens anglais 11e savent pas bien relever un défaut et débrouiller les voies, et cet accouplement ne ferait que confirmer un vice qu’il faut effacer. Tous les chiens exposés dans cette catégorie laissaient à désirer sous le rapport de la construction générale et principalement de l’étroitesse du poitrail.
Les chiens qui n’étaient pas complètement blancs avec de légères taches fauves seulement, se voyaient, avons-nous dit, expulsés des chenils royaux. Tout porte donc à croire que les saintongeois descendent de ces exilés. La race de Saintonge, écrit M. de Noirmont, a certainement un degré de parenté assez proche avec les chiens blancs du roi, dont elle a conservé les caractères distinctifs. Hauts de taille, légers de construction, avec la poitrine profonde, le flanc harpé, la tête sèche, les oreilles demi-longues et papillotées, la patte de lièvre, généralement droits sur le devant, les saintongeois ont la robe blanche avec des taches noires et quelques marques de feu pâles. Leur vitesse est assez grande, l’allure composée d’un bon branle de galop mêlé d’un trot allongé et soutenu, la gorge magnifique mais fournissant de loin en loin, le nez exquis. Ils chassent le loup, sans y être disposés comme ou le croit, mais surtout le cerf