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cl le lièvre ; ont beaucoup de fond le jour de leur chasse, niais s’en ressentent plusieurs jours après. «Plus grand, plus beau, plus noble que les chiens des autres races françaises, pur de toute alliance depuis plus de trente générations, le vrai sainlongeois avec sa poitrine profonde et son liane resserré, son rein arqué et sa queue effilée, ressemble beaucoup au lévrier, et, s’il ne brille pas au premier rang, c'est qu’il n'en a pas la volonté et que sa manière de crier retarde un peu scs mouvements. Peu mordant, sans ambition, gêné au fourré par sa grande taille, il va sans se presser, confiant dans son odorat et son fond étonnant ; plutôt que de mettre bas, il consentira peut-être à chasser en queue, mais sa ténacité viendra à bout de tout ; au déboucher, son dos à ressort le placera bientôt en bon rang, et après douze heures de courre, sur un vieux loup, le fera coulera fond le brillant matador qui, le matin, le laissait loin derrière lui. » Il y a des exemples, en Poitou, de chiens de Saintonge parfaitement [uns ayant tenu lêde pendant toute une chasse de cerf à des chiens anglais.
Les écrivains modernes n’hésitent pas plus que je ne l’ai fait A reconnaître dans le chien vendéen le petit-fils du Saint-Hubert blanc. La Vendée, lisons-nous dans le travail de M. Le Couteulx sur la vénerie, a été de tout temps la terre classique de la chasse. Avant la Révolution, tous les gens riches de cette contrée passaient leur temps à poursuivre, A travers leurs bois et leurs champs d'ajonc, sangliers, loups et renards. Chaque année on assignait plusieurs réunions où l’on se rendait de toutes parts, avec de nombreux et brillants équipages; c’était A qui amènerait les plus beaux et les meilleurs chiens, cl chacun briguait pour sa meute l’honneur du triomphe. On conçoit, dès lors, tout le soin qu'on apportait, dans le pays, A élever des chiens dignes de figurer dans ces brillantes fêtes. Dans cette contrée, les propriétaires, les fermiers et les métayers élèvent des chiens courants, et ce genre de spéculation est devenu trèslucratif, car un bon chien se vend aussi cher qu’une vache. Il y a deux foires par an, A la Roche-sur- Von, exprès pour ce commerce; malheureusement, elles sont moins bien approvisionnées qu’aulrefois, et l’ancienne race y parait en petites proportions A côté des bâtards. Cette race s'est perpétuée dans le bocage vendéen, chez quelques chasseurs. M. Baudry d’Asson possède, dit M. de Sourdeval, une meule vendéenne pure, A robe blanche orange, parfois marquée de gris. Il l'a bien perfectionnée, tant par la sélection que par le régime alimentaire. L’ancien chien vendéen avait une poitrine moyenne, de longues oreilles pendantes et une grosse voix prolongée. Comme le loup elle sanglier formaient le principal objectif de la chasse, on cherchait moins A forcer ces animaux de longue haleine et d’ailleurs dangereux, qu’A les abattre A coups de fusil. On recherchait, en conséquence, des chiens menant lentement et A grands bruits pour laisser aux chasseurs le temps de se porter eu avant et de s’embusquer pour tirer l’animal poursuivi. Aujourd’hui, la chasse A courre l'a emporté sur la chasse d'embuscade, et il a fallu disposer le chien pour la nouvelle vénerie. M. Baudry a tenu A ne pas sortir de la race vendéenne. 11 a si bien calculé ses accouplements, et si bien approprié la nourriture, dans laquelle entre la viande, que les poitrines se sont étendues, les jambes raccourcies, les oreilles et la voix se sont modifiées dans une structure nouvelle qui, imprimant plus de vitesse, n’a plus laissé le temps de brailler et de secouer les oreilles autant que par le passé. La première médaille d’or lui a été décernée trois fois aux expositions canines, en récompense de son mérite.
Les chiens du Haut-Poilou paraissent dériver des chiens pris dans la variété du pays et formés pour la chasse aux loups, par un gentilhomme limousin, M. de Larve, originaire d'Écossc. « Il ne lui restait, pendant la Révolution, que deux chiens du Haut-l'oilou ; craignant, dit M. de Prcssac, au moment de par-
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tir pour l’émigration, que la bonne mine des animaux ne leur portât malheur, il ne trouva pas de meilleur moyen pour les soustraire au sort qu'il redoutait, que de leur couper les oreilles et la queue. Les pauvres bêtes ainsi mutilées, purent traverser la tourmente sans encombre, et M. de Larye les retrouva quand il revint dans sa patrie; l’âge les avait rendues caduques, il est vrai ; mais autour d’elles était une progéniture jeune et vigoureuse qui avait été élevée dans l’ombre. Les chiens du Poitou sont habituellement tricolores; leur taille est d’environ 0m,60; ils sont un peu minces, et ont le dos complètement harpé et la poitrine profonde. Ils ont la tête fine, un peu busquée, l’œil vif et intelligent, l’oreille assez courte mais extrêmement mince, soyeuse et papillotée. » Leur voix était prolongée et très-claire, la finesse de leur nez extraordinaire et leur fond inépuisable ; ils n’étaient pas très-vites, mais ne soufflaient jamais. 11 est avéré que M. de Larye, après avoir chassé un loup tout le jour, le rattaquait souvent le lendemain et le relançait après un rapproché de plusieurs lieues. Le chien du Haut-Poitou semblait se prêter aux alliances. On a tiré les bâtards qui composent, avec les vendéens, la plupart des grands équipages de nos provinces françaises.
Ainsi le Saint-Hubert noir ou blanc, à peu près pur ou en quantité de sang dominant, a donc donné naissance, en France, aux variétés ci-après : chiens de Oascogne, importés par Phœbus; chiens de Saintonge, rejets des chenils royaux; chiens blancs de Vendée, descendant des greffiers, famille du Haut-Poitou.
Dans nos variétés nationales il nous reste encore à examiner quelques familles qui semblent avoir reçu une plus large infusion de la race grise do Saint-Louis ou de la race fauve de Bretagne, quoique le Saint-Hubert y soit encore l’élément prépondérant, comme il résulte de la structure, des caractères et des aptitudes ; je parle des variétés normande et picarde.
D'après Leverricr de la Gonterie, il existait on Normandie deux variétés de chiens, l’une de chiens gris, fauves ou noirs, l’autre de chiens blancs. D’Yauville, en dépeignant les limiers qu’on tirait de Normandie, nous dit, un peu plus tard que l’auteur précité, qu’ils étaient noirs, marqués de feu avec du blanc sur la poitrine, ou d’un gris tirant sur le bureau. 11 reste très-probable, ajoute M. de Noirmont, que les chiens normands descendaient du mélange des chiens de Saint-Hubert noirs ou blancs, avec les chiens gris et les chiens fauves.
Le normand actuel est un chien de la pins haute stature, tricolore ou orangé mais plus souvent orangé, la tête sèche et carrée, le front large avec deux proéminences assez prononcées sur le front, entre les oreilles et les yeux, le nez assez court et large comme chez les anciennes races. D’après M. de Noirmont, l’ancienne race avait au contraire le nez long, l’odorat exquis, la paupière inférieure tombante, l'oreille mince, pendante, longue et papillotée en dedans, les épaules un peu chargées, le corps un peu long mais robuste, le rein assez large, haut et harpé, la queue grqsse mais très-bien portée en cierge, les jarrets un peu coudés, mais bien places, la cuisse troussée, gigoltée et large, une gorge admirable; elle était très-collée à la voie, lente d’ailleurs, mais ayant beaucoup de fond, rapprochant admirablement, chassant toute espèce de bête parfaitement , très-mordante et se créançanl très-bien et facilement. — Je n’ai pu mieux faire que d’emprunter ce portrait à M. Le Couteulx, qui connaît mieux que personne celte famille. Les normands purs, comme on l’entend en vénerie, sont très-rares aujourd’hui : presque tous ont du sang anglais dans les veines. M. Le Couteulx a introduit dans celte province desSaint-IIubert ramenés d’Angleterre, et cette magnifique meute qui était l’objet de l’admiration générale lors de l’Exposition de 1873.
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Les anciens chiens d’Artois, ou plutôt de Picardie, étaient à fond Liane, avec taches fauves*ou prises. D’après Sélinrourt, le fameux chasseur de lièvres et l'auteur du Parfait chasseur, ils suivaient le lièvre d’une manière incomparable, car ils étaient capables de rapprocher cet animal passé d’une heure dans les sécheresses. Us chassaient aussi volontiers le loup que le lièvre, mais ne voulaient point du renard ; ils donnaient plus de plaisir dans un rapproché que les autres chiens en une chasse entière. Anciennement, on les désignait sous le nom de picards, car le nom de chiens d’Artois était réservé aux bassets. Celte race avait été conservée soigneusement par les familles de Harnaches, de Supplicourt et des Essarts qui habitaient la Picardie. « Ils étaient blancs avec taches fauves ou grises, tète courte, nez court un peu retroussé, front large, D'il gros et beau, oreilles plates assez longues, corps assez râblé et près de terre, bien faits, queue fournie, rehaussée et quelquefois recourbée. Maintenant ils sont généralement moins bien construits, ont souvent des taches noires et quelquefois sont tricolores. Leur taille est moyenne, de 0m,49 à 0m5i. Ils sont un peu plats et moins bien suivis qu autrefois dans leur arrière-main. Leur gorge est superbe, leur nez exquis, leur intelligence supérieure, quoique quelquefois il y en ait de clabauds, un peu trop collés à la voie; mais cette race est encore parfaite, surtout pour la chasse au lièvre où elle excelle. » Les chiens d’Artois actuels sont presque tous mélangés de normands ou d’anglais.
Plus l’animal de chasse est vite et plus le veneur a dô chercher à lui opposer des chiens doués d’une rapidité semblable; ce dernier les a pris parmi les sujets les plus grands et les moins vêtus. Telles sont les considérations bien simples qui nous font regarder le chien à poil ras comme le chien courant typique par excellence. Mais les conditions ne sont pas toutes les mêmes. Voyant que les griffons sont moins souvent mordus et décousus par les fauves, et déchirés par les ronces ; qu’ils ne craignent pas l’eau et possèdent des qualités spéciales, on a formé les chiens à poil rude que nous allons examiner. Les ruminants: cerf, daim, chevreuil, appellent le braque; les bêtes noires : sanglier, loup, renard, blaireau, loutre, etc., appellent le griffon. Tous sont bons dans le milieu pour lesquels ils sont faits. « N’amenez point un chien courant. à peau fine au milieu des landes de Bretague, c’est le griffon seul qui y passe. Ne faites point chasser dans les plaines rases et coupées de chemins durs, les chiens habitués à travailler dans les forêts humides. » Et ainsi pour la montagne,, le marais et les sables. Le chien universel n’existant pas, il faut accroître les qualités des siens et surtout adapter ces derniers aux nécessités du pays.
Bien ne semble plus incertain que l’origine des chiens de Bresse, griffons de Bresse ou ségusiens. Descendent-ils directement des Ségusiens, peuplade celtique qui habitait alors la Bresse, et dont parle Arrien qui a écrit son Traité de chasse en leur honneur, ou sont-ils, comme les chiens de Picardie, le résultat d’une alliance des chiens gris île Saint-Louis, des chiens fauves et des chiens noirs et blancs? Nous inclinerons volontiers à croire que l’élément dominant est le Ségusien, dont les conquérants romains faisaient grand cas. Il est toutefois probable que cet animal se mélangea avec les autres races et que les veneurs l’améliorèrent en prenant tantôt des étalons, tantôt des lices tirées soit de la race fauve, soit de la race grise de Saint-Hubert. Ces chiens étaient poil rude et long, de taille moyenne, mal conformés, tirant sur le gris ou le bureau, lents mais ayant beaucoup de nez. En chassant ils criaient beaucoup et d’une voix si lamentable, que les Gaulois les comparaient à des mendiants implorant la charité publique. Cette race est aujourd'hui très-rare. Ces chiens ont été pris pour des bassets, ce qui est une erreur puisque les anciensappelaienl ces derniers agasses
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Voici le portrait du griffon vendéen, par M. de la lîlanchèrr : taille élevée ; poil cendré, gris foncé ou rouge-jaune, rude, hérissé : on en voit parfois de blancs, mais c’est rare et on ne les aime pas dans le pays; conformation lourde, muscle moins saillant que chez les braques par suite du défaut de sélection et de nourriture. « Comme rapprochcurs, ce sont les premiers chiens du rfiondc dans uu des pays les plus difficiles que l'on connaisse. Si on ne leur demande pas une vitesse excessive, qu’ils ne sont pas faits pour donner car leur forme et leur pelage s’y opposent, ils chassent tout de meute à mort. Si quelquefois ils daignent prendre sur un lièvre, on trouve toujours dans la meute quelques vieux grognards, à l’œil rouge et ardent, aux babines pendantes, secouant leurs grandes oreilles avec mauvaise humeur et se retirant devant une semblable besogne qu’ils regardent comme indigne d’eux. Ce sont bien là les vrais descendants des chiens de nos pères; rudes comme le vrai pays d’Armorique, ils ne daignent ouvrir la bouche que, pour de dignes adversaires, rudes comme eux : le sanglier et le loup ! » M. Le Coutculx de Canteleu ne voit pas deux familles distinctes entre le chien blanc à poil court et le griffon vendéen. Dans beaucoup d’équipages, ou n’a pas toujours montré un grand scrupule dans les accouplements, et le type a été mélangé. De là provient cette diversité fâcheuse qui se retrouve dans les portées de beaucoup de lices vendéennes, qui donnent le jour en même temps à des braques et à des griffons
Abordons maintenant les bâtards. Les rédacteurs de la Vénerie française ont traité ce sujet à leur point de vue. — Depuis que les chiens de race anglaise ont été introduits sur le continent, il s’est formé dans toute la France de nombreuses variétés de bâtards dont se compose aujourd’hui la presque totalité de nos meules. Plusieurs de ces variétés sc rapprochent beaucoup du type primitif. Par exemple, les bâtards du Haut-Poitou n’ont rien perdu de la noble race française dont ils sortent, et n’ont emprunté au sang anglais qu’un peu d’ampleur et de force. Les bâtards sainlonqeois , plus courts et plus râblés que les saintongeois purs, ont gardé la haute taille, la belle prestance, l’oreille papillolée de la race mère. Ils peuvent bien avoir aussi une goutte de sang poitevin, car ces deux sangs du Poitou et de Saintonge sc sont tellement mêlés dans les chenils de ces contrées qu’il est bien difficile d’affirmer avec certitude que l’on possède l’un à l’exclusion de l’autre. Les bâtards normands ont la grande taille de leurs ancêtres normands purs, une tête plus légère qu’avant, une gorge superbe et une viLesse suffisante, puisqu'un chevreuil ne dure pas plus de deux heures devant eux. — D'autres écrivains émettant une opinion diamétralement opposée, prétendent qu’avec le foxhound, car il n’existe plus que ce type en Angleterre, le staglmund ayant disparu, on a perdu, ou du moins gravement compromis nos belles et meilleures races. Nous croyons, avec M. de la Blanchère, qu’il faut garder nos variétés indigènes telles qu’elles sont et les améliorer par la sélection et la nourriture : avec ces moyens, elles iront jusqu'où on voudra les mener.
A la suite des chiens d'ordre, viennent ceux de petit èquipacje : le briquet, le harrier, le beagle et le basset.
Drac, bracon, braquet ou brochet, briquet, d’où braconnier, désignent le même animal. Bi'ac est tiré de la langue gauloise. C’est à ce mot qu’il faut nous attacher pour comprendre les noms donnés pendant tout le moyen âge et jusqu’à nos jours, avec une modification de prononciation et d’orthographe, aux chiens courants de moyenne taille dont on tira aussi plus tard une partie des races d’arrêt. Le bracon était employé par les Germains dans la poursuite des malfaiteurs, commejadis le bloodhound en Angleterre, et maintenant le dogue croisé de bloodhound dans les régions équatoriales. Plus tard, au xive siècle,
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on emmenait des brochets pour faire sortir du gîte les animaux dont la chasse n’était pas réservée aux chiens d'ordre, notamment le loup et le sanglier qu’on faisait ensuite poursuivre et coiller par des dogues nommés Alans et par de grands lévriers. Ils servaient aussi dans les chasses où on abattait l’animal soit avec des flèches et "des épieux, soit, plus tard, avec l'arquebuse. Leur rôle était, après avoir mis l’animal hors du fourré, de le suivre à la trace du sang, et on le nommait chien de sang ou pour le sang. Transporté en Allemagne, lisons-nous dans l’ouvrage de M. de la Hlanchèrc, le mot hrachet devient brache , puis revient braque et indique un chien d'arrêt à poil ras, ressemblant au chien courant qui, le premier, a porté le nom de hrachet. C’est à partir du xv® siècle que celte appellation nouvelle s’établit pour les chiens d’Oysel, et s’est perpétuée jusqu’à nos jours. 11 résulte de toutes ces données que le brachet et ses descendants que nous nommons briquets, ne sont que des chiens courants, trop lents sans doute à raison de leur petite taille pour se trouver de pied avec les grands chiens d’ordre, et relégués au second plan pour cette raison. Les briquets de Bretagne et de Vendée, qui se placent en bon rang, tiennent d’assez près aux griffons de ces contrées et sont issus du Saint-Hubert. C’est à partir du xv® siècle que le brachet semble avoir été dressé à l’arrêt. A côté de ceux qui furent ainsi spécialisés, se conserva toujours l’espèce qu’on destinait à la chasse du lièvre et du lapin. Le briquet est plus haut coiffé que le chien d’ordre, ce qui provient sans doute de l’habitude qu’on avait autrefois de lui couper les oreilles en pointe comme au bull-terrier maintenant. Cet animal est plus souple et plus intelligent que les chiens d'ordre : «Ce sont deschiensfidèles, des amis, entendant à demi-inot des chasseurs qui veulent tuer . et qui luent. »
Le brachet du moyen âge s’est perpétué en Angleterre sous le nom de liarrier et de beagle. Le harrier, liévreur ou encore harehovni, chien de lièvre (harc, lièvre en anglais), représentait le briquet français ; c’était le vrai chien de lièvre avant qu’il n’ait disparu en Angleterre. Le harrier s’est en allé, et le petit foxliound l’a remplacé. Le beagle, c’est le petit briquet, pas encore le basset, également chien de lièvre. Tous deux chassent aussi le renard. On les a introduits depuis longtemps sur le continent. Leur apparence est tout à fait celle d'un chien du Sud ou d’un de nos vieux chiens français en miniature avec les caractères distinctifs encore exagérés, longues oreilles papillotées, lèvres pendantes, fanon tombant. Ils sont très-collés à la voie et rapprochent admirablement. Leur robe est généralement celle du Saint-Hubert noir: manteau noir, jambes couleur feu ; ils sont pour la plupart quatrœillés. Néanmoins il s’en rencontre de blancs et noirs, et tricolores. Les petits bcagles, suivantM.de Noirmont, atteignent rarement 0m,3;> c. ; l’estime qu’on professait pour eux était en raison inverse de leur grandeur. Richardson dit en avoir vu qui n’avaient que 0m,17 c. de hauteur. La reine Élisabeth possédait de ces petits chiens qu’on nommait beagles chanteurs, singing beagles, à cause de leur voixmélodieuse. Ils étaient si petits qu'on pouvait en mettre deux dans un de ces grands gants que les hommes portaient alors. 11 était, du reste, assez commun de renfermer toute une meute de beagles dans une paire de paniers. Ces animaux sont très-répandus dans le nord et dans l’ouest de la France. La voix n’a pas la puissance de celle des grands chiens ; mais elle est assez sonore et d’un timbre plus argentin. Cette catégorie n’était fias bien représentée à l’Exposition : un ou deux lots passables, le reste affreux sous tous les rapports.
M.LeCouteulx de Canteleu dit que les bassets sont d'une origine fort ancienne, puisqu’ils étaient déjà fort estimés à Rome. Les peuples de la Bretagne élevaient ces animaux avec soin et les nommaient agasses dans leur langage. Sous les Mérovingiens, ils s’appelaient bibarhunl ou chiens à Castor. Au xix® siècle, ils deviennent chiens tanniers ou terriers; plus tard on les nomma chiens de
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terre , chiens d’Artois, et enfin du Fouillonx leur donna le nom qu’ils gardent jusqu’à nous. Ce dernier nous dit, en effet, que ces bassets étaient tirés d’Artois et de Flandre. Voici leurs caractères communs : tête de chien courant; physionomie étonnée, attentive, d’apparence vieillotte, longue et pointue au museau; oreilles longues, pendantes; cou épais, corps allongé, cpicue longue et mince, membres excessivement courts, pattes fortes, droites ou contournées, marche lente, pelage ras, marqué de taches noires ou brunes, plus ou moins étendues, nombreuses, sur un fond blanc, quelquefois noir et marqué de taches de feu. 11 y a des bassets à poil ras et d’autres à poil long; il en naît de gris, de fauves et de tricolores. Il existe encore des bassets à jambes droites et d’autres à jambes torses (fig, 43). L’usage de faire poursuivre les renards et les blaireaux dans
Fig. 43. — Bassets à jambes torses.
leurs terriers par les bassets est fort ancien en France ; aujourd’hui on ne s’en sert plus guère pour forcer les animaux à quitter leurs tannières ; cependant il existe encore des industriels et quelques amateurs qui vont, de ferme en ferme, chasser les fouines, les putois et les blaireaux avec de petits chiens courants, dont l’agilité et la hardiesse sont merveilleuses. Le basset est un excellent chien en général ; il chasse toute espèce d’animal, et devient bien funeste à ses ennemis qui se jouent devant lui, à raison de sa petite vitesse, ce qui permet aux chasseurs de se poster et d'abattre aisément la bête de chasse.
Il convient, à présent que nous connaissons les chiens courants de France, detudierces animaux en Angleterre.
Le talbot appartenait autrefois à la famille anglaise des Talbot, dont un membre foulait, avec ses armées, le sol de la France pendant la guerre de cent ans, et l’autre, Jean Talbot, fut fait prisonnier par Jeanne d’Arc à Patay, en 1429, et mourut à Castillon en 1433. 11 avait été facile à cette famille de se procurer des chiens dans leurs incursions. On sait qu’à une époque, hélas ! non moins douloureuse, uos voisins d’outre-Rhin ne se privaient guère d’enlever les chiens et les lices qu’ils trouvaient à leur goût. « Ces chiens, rapporte M. de
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Noirmont, étaient hauts de taille, épais de corsage eL d’une constitution massive. Ils avaient la gueule très-large, les lèvres pendantes, la tète ronde et grosse, le nez court et retroussé, les oreilles très-longues, très-minces, tombant bien au-dessous des mâchoires, le rein fort, haut et harpe, les hanches rondes, la cuisse gigottée, les jarrets droits, les jambes fortes et nerveuses, le pied sec et rond, la queue grosse à l'origine mais effilée du fouet. Le talbot avait le poil ras, entièrement blanc (en France, les blancs étaient les plus estimés), ou noir marqué de feu, fauve ou brun marron. Il était admirablement gorgé, très-lent et très-collé à la voie.» C’est exactement le portrait des chiens normands, issus, nous l’avons vu, des chiens noirs et blancs de Saint-Hubert, des chiens fauves de Bretagne et des chiens gris de Saint- Louis. On nomme soulhernhounds, chiens du Sud, s loi chou mis, chiens lents, une variété issue des diverses branches des talbots mariés entre eux, et très-semblable ;’i scs auteurs. Ils étaient de nuances tricolores en général. Eux aussi ressemblaient d’une manière frappante aux chiens de Normandie, ce qui n’a certes rien de surprenant. Une autre variété des talbots prenait le nom de boobies, nigauds hurleurs. Suivant Sélincourt, du temps de Louis XIII et de Louis XIV, ils étaient plus près de terre (pie les talbots, plus longs de corps; ils avaient une gorge étonnante et hurlaient lamentablement.
Les limiers ou bloodhounds, chiens de sang, descendaient des talbots. A notre tour, dès le xivc siècle, nous recherchions ces hloodbounds comme limiers. L'espèce a été conservée pure dans quelques grandes familles anglaises, et depuis quelques années, nous dit SI. de Noirmont, ces beaux animaux ont acquis en Angleterre une valeur considérable. On les choisissait parmi les lalbots noirs, parce que cette nuance donnait moins l'éveil au gibier qu'ils étaient chargés de trouver ou de suivre une fois blessé. « Le bloodhound présente au plus haut degré les caractères de son antique origine. C'est un superbe animal, de très-haute taille, <)ra,ü;> à 0m,70; son crâne est surmonté d’une arête saillante, son front est sillonné de rides profondes; ses yeux, grands et brillants, sont placés très-haut et enfoncés dans la tète; ses oreilles, d’une longueur extraordinaire. très-souples et très-pendantes; ses naseaux gros et toujours humides; ses babines tombantes et son museau épais. Les connaisseurs anglais avaient été frappés, à l'Exposition canine de 18(53, de la ressemblance du bloodhound avec le chien gascon de l'ancienne race. A raison de l’extrême finesse de son odorat, on s’en est longtemps servi pour trouver la piste des malfaiteurs et des braconniers. Aussi au nom de bloodhound est attaché une célébrité terrifiante. Les staçiliounds, chiens de cerf, formaient une belle variété ; malheureusement, ils sont devenus très-rares. Les Anglais ayant défriché leurs forêts, le gros gibier ht défaut, et on s’est rabattu sur la chasse du renard, qui se réduit à une question de vitesse. « On a créé le foxhound et la vénerie spéciale à laquelle il répond, et qui ne ressemble pas plus à la nôtre que le jour â la nuit. D'abord lourds, fortement bâtis, lents, ils ont rapidement acquis les qualités opposées. Le foxhound, le plus commun, rappdrte M. de la Blanchèrc, est un chien à nos yeux peu remarquable comme configuration régulière, comme lignes, mais très-réussi comme raideur et comme fond. 11 a le train de derrière ramassé, la poitrine large et profonde, la jambe droite, le pied plus rond que. celui de nos chiens, la queue épaisse et généralement bien portée. Elle ne nous plait pas parce qu’elle est toujours empanachée de longs poils et nue auprès du corps. » Cet animal est gai, alerte, vif, -mais presque sans voix. On a dit avec justesse qu’un bon chien de renard ne ment jamais, puisqu'il ne joue jamais de la langue mal à propos. Il doit être vite, mais se garder de manquer la piste par trop de rapidité et jeter de grands cris aussitôt qu'il se trouve en défaut. Son oreille, déjà haute et plate, est petite, et presque toujours coupée en rond, avec un
emporte-pièce qui la réduit aux proportions d’un écu de six livres, ce qui devient hideux et donne aux foxhounds, sortes d’eunuques, une figure de bull ou de ratiers manqués. Cette mutilation peut être utile chez des chiens de combat, mais ici elle est absurde. Les ollerhounds, chiens à loutre, produits de l'union du beagle et du griffon, tiennent beaucoup du griffon vendéen. Ces animaux doivent être vifs, forts, courageux et muets sous la douleur; il faut qu’ils supportent sans faiblir les terribles morsures de la loutre, « car en s’occupant de ses misères, il lâcherait tout et ne prendrait rien, » et d’ordinaire, on ne chasse pas en vue d’un résultat négatif. Le deerhound, chien de daim, est une sorte de lévrier écossais qui ne peut, ainsi que le greyliound, être utilisé en France.
En résumé, les chiens anglais marchent plus vite que les nôtres, mais ils
Fig. 44. — Bloodliound ou Saint-Hubert noir.
sont moins beaux et moins bons. 'S'ils courrent avec rapidité, ils sont, par contre, chiches de gueule, et, comme nous l’avons vu, privent par ce fait la chasse de son plus grand attrait. Ce léger avantage n’en est un que parce que nous le voulons bien, attendu que, par la sélection et la bonne nourriture, nous faisons acquérir à nos meutes toute la vitesse désirable. « Quelque nom que leur donnent les sportmen et les marchands ou fabricants de chiens, il n’y a en Angleterre qu’une seule race de chiens courants. On en a varié la taille, la vitesse, la gorge suivant ce qu’on veut en faire ; mais grand ou petit, mince ou épais, chiche ou chaud de gueule, c’est toujours le même chien, le même patron, le même moule. » Cela est si vrai, que les Anglais ne se donnent même plus la peine de varier les noms suivantles destinations; il n’y a plus ni deerhound, ni otterlmund, ni staghound : il y a le (oxlioimd grand, petit et moyen, au choix, voilà tout.
Nous arrivons au chien d'arrît, anciennement d’Oysel, et, suivant la méthode adoptée, je commence par ceux de France.
Avant de s’élancer sur sa proie, le chien se rainasse instinctivement, soit pour avoir plus de force dans le bond qu’il va tenter pour se l'approprier ou la surprendre, soit pour la fasciner, comme cela se voit chez beaucoup d'animaux d’espèces bien éloignées. Partant de cette observation, l’homme a dû nécessairement chercher à confirmer cet instinct, surtout à l’époque où il fallait tirer l’animal qu’on voulait abattre avec des flèches ou des arquebuses. Pour arriver ii un résulLat satisfaisant, on a dû tenir longtemps les animaux choisis à col effet, comme les limiers, au bout d’une corde plus ou moins longue. On les frappait quand ils rompaient l’immobilité. Tous les auteurs anciens sont muets sur le chien d’arrêt. C’est donc une création récente. Suivant Toussenel, le chien d’arrêt est venu à la suite de la fauconnerie. Comme il fallait des chiens pour faire lever le gibier devant les oiseaux de vol, on en a rencontré qui pointaient naturellement la pièce de gibier avant de la faire partir ; on a cultivé cette disposition en prolongeant le pointage jusqu’à l’arrêt solide. 11 faut donc rattacher nos races d’arrêt aux races qui peuplaient alors le pays, surtout aux limiers d’ordre et aux braehets destinés à suivre l’animal blessé, et dont les aptitudes étaient très-favorables à celte éducation.
Nous divisons les chiens d’arrêt en trois groupes principaux : les chiens d’arrêl à poil ras ou braques; les chiens d’arrêt à poil long ou épagneuls ; les griffons d’arrêt auxquels se rattachent, par un souvenir du moins, les barbets et les caniches.
De tous les chiens d'arrêt, le braque est le [tins répandu en France où il répond aux besoins généraux, tandis que l’épagneul est préféré en Angleterre où son rôle est différent. I.e braque, c. sayax, c. vcstigalor (fig. 4î>), diffère peu du chien courant, son ancêtre; cependant il a la tôle plus grosse, le museau plus court, les oreilles moins larges, plus courtes et insérées plus haut, le corps plus épais, la queue plus charnue et plus courte. Sans être précisément communes, les formes ne se distinguent pas par la iinesse, relate M. E. (îayot; la robe est ordinairement mouchetée de roux et de blanc, plus rarement de bleu et de noir, parfois aussi composée par les trois nuances réunies. Le poil est plus fin sur la tête et les oreilles que sur le reste du corps, et l’échine est garnie de soies plus rudes, que l’animal a la faculté de hérisser lorsqu’il gronde. Le braque est renommé par son humeur assez facile, sa sagesse, sa prudence et la conservation de son odorat à l’époque des grandes chaleurs. Il en est qui quêtent la tête levée, à la façon des pointers ; mais la'plupart vont le nez à terre et offrent cet inconvénient de revenir souvent, par la piste, aux endroits déjà fouillés et de perdre du temps. Cet animal n’aime pas l’eau, et ne peut qu'exceptionnelle ment chasser au marais.
Je décris sept variétés de braques français, savoir : braque de la race royale, sans queue du Bourbonnais, picard, bleu d’Auvergne, d’Anjou, de Navarre et braque Dupuv.
On a beaucoup étudié aux dernières expositions des braques tricolores de l’ancienne race royale. N'ayant jamais eu l'honneur de pratiquer le braque de cette illustre origine, je m’en rapporte, pour l'analyse des qualités, à M. de la Blanchère. C’est un magnifique animal, de première taille, à pelage fond blanc, marqué de taches noires et marron, gros, râblé, à pattes solides et garnies de muscles infatigables, à tête énorme et carrée , à babines tombantes, à larges oreilles, rappelant celles d’un bon vieux limier. Intérieur de la gueule noir. I.e fouet Irèif-gros semble coupé à moitié, c'est de race. Le chien de la race royale avait été fait exprès pour notre pays, allant à l’eau comme un épagneul, dans les épines comme un griffon, et d’une action, sons sa grosse stature, dont on ne peut se faire une idée que quand on l’a vu à l’œuvre, quêtant sous le fusil
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avec une docilité et une intelligence remarquables. Certainement une des meilleures races du monde. Très-bien, mais où prendre ces animaux, disait-on il y a dix ans ? Les derniers survivants provenaient des chenils du prince de Coudé, et un seul mâle restait avec une chienne que M. de Kersabicc possédait. On se trompait bien sûr; il y en avait d’autres, mais pas beaucoup, car je n’en ai vu que deux à l’Exposition de 1878, pas très-beaux, et tout de même couronnés.
Le braque sans queue du Bourbonnais semble une descendance directe et sans mélange des premiers braques d'arrêt constitués en France. C’est un animal trapu, large de poitrine, large de hanches; le rein est bien garni de muscles, quoique souvent cnsellé ; la tête est large, l’oreille un peu courte, le nez ouvert, les membres bien pris et musculeux. La quête n’est pas très-brillante, mais le bourbonnais chasse sous le fusil, qualité très-recherchée dans certaines contrées
Fig 45. - Chienne braque on arrêt.
où les héritages sont divisés, et qu’apprécient beaucoup les gens parvenus à un âge où les allures d’un chien vigoureux sont d’une gêne considérable pour le chasseur. Ils ont beaucoup de nez et rapportent bien ; ils sont très-soumis et très-robustes. Ils n’ont qu'un très-court tronçon en guise de fouet, ce qui provient évidemment d’une transmission héréditaire, comme je l’ai expliqué en parlant du chien de berger. Généralement la robe est à fond blanc avec de grandes taches marron, et la plupart du temps la partie blanche est semée de mouchetures plus ou moins nombreuses. Cette variété est fort rare, mais non pas éteinte. M. de la Blanchère qui la connaît, l'estime beaucoup et nous dit, qu’aux environs de Paris, un beau bourbonnais, quoique non encore dressé, sc vend cher. Il n’y eu avait pas un seul à l’Exposition.
Les chiens d’arrêt de Picardie nous paraissent aussi très-estimables. Avec le bourbonnais, ils partageraient l’honneur de représenter la descendance à peu près directe des braquets dressés par nos ascendants à arrêter la plume et le poil. Ce sont des chiens trapus, aux membres épais, aux muscles solides, à la
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tète osseuse et large, aux allures modérées, mais encore assez vives. L'oreille est bien plantée, le rein bien cambré, la poitrine large et profonde, l’œil beau et intelligent. On leur donne beaucoup de nez, un grand tempérament cl mille bonnes qualités. Us sont généralement mouchetés de blanc et de marron tirant sur le gris, avec de grandes taches, surtout à la tête et aux lianes, sur le dos et à la naissance du fouet. L'engouement pour les chiens anglais a nui considérablement à la pureté de la variété picarde, ce qui est facile à comprendre à raison du voisinage. Mais avec des soins, on peut encore reconstituer cette belle et bonne famille. Les Anglais la recherchent maintenant ainsi que les autres types français, parce qu’ils reconnaissent en gens pratiques le peu de consistance de leurs races nouvelles, qui ne peuvent déployer leurs moyens que dans des terrains spéciaux.
Les chiens bleus d' Auvergne, cousins germains des chiens bleus d'Italie, mais sans parenté avec les lourds chien bleus d’Allemagne, ont encore une ressemblance frappante, au point de vue des formes et des allures générales, avec les pointers importés en France par les Anglais vers 1815, et connus sous le nom de chiens de Saint-Germain. On les conserve précieusement en Auvergne et dans les départements circonvoisins. Ces animaux sont de taille moyenne; leur robe est mélangée de noir et de blanc et la tête généralement noire. En général, on recommande aux chasseurs de se défier beaucoup des chiens tout noirs, ou tirant trop sur le noir, pour la chute. J'ai remarqué, écrit M. Mabit, que les animaux de cette robe avaient la dent très-dure. Le collier de force n’y fait rien la plupart du temps. Descendraient-ils trop directement des Saint- Hubert noirs qui étaient tous mordants et querelleurs?
Les chiens d’Anjou, continue l'auteur précité, avaient la robe couleur lie de vin, tirant sur le bureau. Variété à peu près introuvable, et ce n’est pas étonnant dans un pays en pleine transformation, où les hommes jeunes redoutent généralement la fatigue. Ils sont, du reste, excusables, car, dans cette malheureuses région, la jalousie règne en maîtresse à ce poiut qu’on ne se tolère guère, même entre voisins. Le dégoût résultant de cet obstacle a dû fatalement engendrer le découragement, puis l'abandon de la chasse et la disparition d une variété canine autrefois très-estimée et doul nous n’avons guère vu que deux rejetons métis. Dans la Revue des chasseurs, un correspondant de ce journal cite, comme chiens d'Anjou, des braquets à robe blanche aux taches marron, qui existent dans le Saumurois. Ce sont des descendants ou des braques du Poitou on des Dupuy. Saumur touche le Poitou, et les relations sont fréquentes entre les deux pays. Espérons que cette riche contrée songera bientôt à se compléter, en reconstituant scs variétés chasseresses. Eu attendant celte désirable transformation, on se sert, en Anjou, du Saint-Germain, et de petits épagneuls à nez pointu, à poil frisé, sans cachet et sans grandes qualités.
En 1873, à l'exposition du Jardin d’acclimatation, nous avons trouvé, dit M. de la lîlanchère, un couple, mâle et femelle, à robe unique, appartenant à la variété des braques de Navarre. Je suis obligé de les appeler roux, mais ce roux n’est pas du tout le roux d’aucun autre chien, c’est quelque chose de rouan, dans lequel il n'entre pas de jaune, c'est du ferrugineux, c’est tout à fait typique. Ils sont de grande taille, robustes, un peu lourds; les pieds sont forts, la tête grosse, les babines pendantes, l’oreille longue, et un garrot très-élevé domine leurs épaules. On les croit originaires d’Espagne, mais le portrait que nous en retraçons tendrait à établir qu'ils dérivent pour bonne part des limiers gascons, dont les ancêtres avaient été importés dans le pays par Gaston Phœbus et les seigneurs de son temps.
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Je laisse faire l'histoire des braques Dupuy par M. Mabit, c’est-à-dire par l'homme le plus en mesure d'en parler savamment. Au sortir de la Révolution, MM. Dupuy, amateurs passionnés de la chasse au chien couchant, cherchaient vainement l’ancienne race de braques dont ils se servaient autrefois. Pour la reconstituer, ils se procuraient à grand prix les plus beaux étalons et les plus belles lices. Peine inutile. Rien n’égalait le chien idéal tant regretté. Il advint un jour qu’une lice du Haut-Poitou fut couverte parun lévrier. De cette union, ou garda les chiennes. Elles épousèrent à leur tour un grand braque du Poitou, lequel était alors lent, lymphatique, avec des pieds gras, mais qui suivait la piste le nez en terre, arrêtait ferme et rapportait sans dressage. Cette nouvelle alliance donna des produits remarquables par la bonté et la beauté de ses formes. MM. Dupuy avaient retrouvé leur idéal perdu. Ils continuèrent leurs opérations ne donnant de petits qu’à des chasseurs très-scrupuleux eux-mêmes dans leurs libéralités canines, ce qui a préservé la variété de l’abâtardissement dont les autres familles françaises ont été généralement frappées. Cette version, si elle est vraie, est le plus complet éloge qui se puisse faire du Dupuy qui, en eifet, descendrait des braques du Haut-Poitou. La comparaison que j'ai pu faire entre les chiens d'ordre de ce pays, les vendéens, la famille Céris surtout et le Dupuy, ne laisse aucun doute dans mon esprit sur cette commune origine, Le lévrier a donné seulement de la légèreté, des allures, sans altérer l’aspect de la race primitive et sans toucher à ses grandes qualités. La tête du Dupuy est longue chez la plupart des sujets, sèche et nerveuse ; le front est large, conique avec arrête saillante à son sommet. L’œil est vif, grand et plein de caresses; les oreilles sont attachées parfois un peu haut, mais larges et bien tournées comme chez l'ancêtre courant, cassées même quelquefois comme dans la famille Céris. La poitrine est très-profonde, très-ouverte ; le dos est large, à plein la paume de la main, le rein cambré, les omoplates sont séparées, les coudes en dehors ; le fouet est bien attaché, gros à sa naissance, très-mince à sa terminaison, un peu dans les jambes à l'immobilité, d’une vivacité sans égal durant la quête; les membres sont bien pris et très-nerveux, le pied est allongé comme celui du lièvre. Quant à la robe, elle est uniformément blanche avec de grandes taches marron. La partie blanche est souvent truitée de marron plus ou moins marqué. 11 m’est né des sujets tout blancs avec de légères mouchetures aux oreilles, et j’ai constaté que le jugement consigné dans du Fouilloux à cet égard était vrai : ce sont les meilleurs. Les ancêtres, Souillard, puis toute la race des greffiers, étaient blancs. Il y a donc plus de certitude d’être dans la vraie famille de haute origine avec cette robe qu’avec toute autre. Suivant mes observations, voici par quelles qualités générales se^distingue le Dupuy. Le sens olfactif est Ircs-puissant. La battue est belle et plus étendue que celle du chien français commun. La plupart des Dupuy chassent au marais sans difficulté, et rapportent naturellement. Ils ne craignent ni les ajoncs, ni les épines des baies les plus fournies. Les instincts de la chasse sont très-fixés dans l’espèce et se transmettent héréditairement. Je suis donc arrivé avec mes collègues du Haut-Poitou, à considérer le Dupuy comme la plus haute expression de la production française actuelle appropriée aux besoins modernes, et le plus apte à jouer un rôle régénérateur vis-à-vis de certaines variétés canines. C’est là qu’il y a encore, sans conteste, le plus de sang français, et ce serait une faute sans remède, au point de vue de la reconstitution projetée, de discréditer le Dupuy et le bourbonnais.
M. Mabit défend avec ardeur le travail qu'il a entrepris : la reconstitution du chien Dupuy. 11 a raison, car ses animaux tenaient la corde à l’Exposition universelle, et pourtant, dans leur catégorie, ils n’ont eu que le second prix. Le jugement de la Commission a été unanimement infirmé parles connaisseurs. Pour
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le justifier, on a bégayé que « ces chiens étaient trop forts, trop épais, cl ne devaient pas avoir de vigueur et de rapidité, » alors qu'ils pêchent justement par une énergie trop grande et une vitesse de pointer. Voir des animaux dans un chenil ou dans une stalle, et les classer par ordre de mérite, sans les voir en action, nous semble absolument dérisoire. En 1SG7, M. E. Gayot réprouvait déjà cette manière d’opérer, en dehors du sens commun. « Le plus beau des chiens d’arrêt peut ne rien valoir à la besogne ou n’être qu’un drôle mal élevé, un affreux braconnier travaillant pour lui-même, au plus grand préjudice du gibier cl des plaisirs du maître. A l’œuvre seulement, on connaît l’ouvrier. » Aux expositions hippiques, on fait trotter les chevaux de selle, cl atteler ceux de voiture ; puis, seuls et ensemble, répéter des exercices qui font sûrement émettre les voles. Animaux d’action, les chiens ue doivent pas être jugés comme des bêtes de boucherie, sur le vu de leur extérieur. M. de la Blanchère déplore aussi cette absence d'essai : « Les chiens pourraient être en bois peint, si l’on ue fait que les regarder, que l'on tomberait aussi juste dans ses appréciations qu’aujourd’hui. Ce n’est pas la première fois, hélas! que la plus belle bête a été reconnue à l’user, unecagne finie. »
Il nous reste, pour terminer avec les braques d’arrêt, à montrer le pointer, devenu et appelé en France chien de Saint-Germain, chien de Compiègne. Il y a encore au delà des Pyrénées de grands braquets d’arrêt très-semblables à notre ancienne race française. « Les grands braques, perros de punla, arrêtaient tout, chassaient de haut nez, étaient de haute taille 0m,80, avaient les oreilles longues, le front large, le pelage blanc avec de grandes taches brunes, et une physionomie de chiens courants qui rappelait les braquets leurs ancêtres. » Cette variété fut transportée en Angleterre, où elle se maintint. Mais, comme elle chassait sous le fusil et ne s’occupait guère que des émanations voisines du gibier, elle n’éventait pas à de grandes distances. Les Anglais, gens pratiques, soit pour s’éviter autant de marche, soit pour gagner du temps, entreprirent la transformation de ces beaux animaux. Cette modification de la race espagnole a été commencée par les Anglais dès leur débarquement dans la péninsule, au commencement de ce siècle. Pour donner de la légèreté, de la vitesse, les Anglais ont tout simplement versé du sang léwier dans les veines de cette race. Ee pointeur est un très-bel animal, haut sur jambes, à poitrine plus profonde qu’ouverte, comme celle du lévrier, au rein large, musculeux, bien harpé, avec membres nerveux. La tête est large, le front bombé, le nez assez court, retroussé et très-ouvert, l’œil vif; l’oreille est haute et trop couverte à notre sens. Le pointeur est très-vite et bat toujours à 300 ou 400 pas des chasseurs, il chasse pour lui, obéit mal, mais il a beaucoup de nez. Cet animal arrête naturellement, mais n’apporte pas, sans doute parce que depuis sa formation ce service lui a toujours été défendu. 11 est même difficile d’arriver à dresser un pointer à la chute par le collier de force, moyen infaillible pour les chiens français. Que faire en France d’un chien qui guêle à oOO mètres, qui n’a pas de commandement, et qui laisse votre gibier dans les fossés, dans les haies, où il a souvent la force de se traîner, quoique blessé à mort. Depuis quelque temps, les Anglais recherchent nos braques primitifs, tandis (pie beaucoup de chasseurs français s’acharnent encore à multiplier le pointeur, autour de Paris, sous le nom de chiens de Saint-Germain ou de Compicgne. Pour un grand seigneur anglais, dans des parcs spéciaux, le pointeur doit avoir incontestablement son mérite. Mais dans nos héritages morcelés, ses allures sont trop viles.
L 'épagneul, canis hispanicus major (fig. 46), est originaire de l'Espagne dont il porte le nom. Dès son apparition, cet animal fut adopté par les rois et les grands
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personnages de Fiance et d'Angleterre. Voici, d’après M E. Gayot, ses traits généraux : oreilles larges et pendantes ; jambes sèches et courtes; corps assez mince; queue relevée; pelage d’une longueur inégale dans toutes les parties du corps, composé de poils très-longs aux oreilles, sous le cou, derrière les cuisses, sur la lace postérieure des jambes, sur la queue qui forme un élégant panache, et plus court sur les autres parties du corps, généralement blanc avec des taches brunes ou noires, particulièrement sur la tête, une tache fauve au-dessus de chaque œil dans les individus dont la tête est noire ; taille variable, car on est parvenu à la rapetisser extraordinairement dans maintes variétés de fantaisie, dont nous dirons quelques mots, bien qu’elles ne soient pas chasseresses. En général, l'épagneul est plus petit et plus léger de formes que le braque : il est doux, facile à manier et ii dresser, et allant bien il l’eau.
Fig. 46. — Chien épagneul anglais.
Cet animal était autrefois très-renommé en France. On l’élevait avec des soins attentifs, et on avait liai par créer des familles remarquables par leurs aptitudes diverses. A cette époque, nous fournissions les nations voisines et surtout la Grande-Bretagne. Comme rien ne dure en notre pays, on se relâcha petità petit dans le zèle déployé jusqu’alors, et bientôt les épagneuls d’outre-Manclie dépassèrent les épagneuls français, et notre production devint insuffisante. On combla ce vide eu s’adressant à la Grande-Bretagne, ce qui fait que tout ce que nous possédons de fin est anglais, pour la plus grande partie.
L 'épagneul de Pont-Audemer et celui à nez fendu et non à double nez, ainsi qu'on le dit par erreur, ne sont que de simples variétés du premier.
Le pelit épagneul, canis hispanicus ininor , beaucoup plus petit que le précédent, présente les mêmes caractères. Les Anglais ont beaucoup travaillé cet animal et en ont fait sortir nombre de variétés remarquables par leur petitesse : kiug’s-charles, blenheim, pyrame, stuart, gredin, chien bouffe, chien de Calabre, chien de Burgos, chien d’Alicante, etc., etc. « Les kiiuf s-char les tiennent leur nom de Charles II d’Angleterre, et cette race, depuis cette époque, a été conservée dans toute sa pureté par les ducs de Norfolk. Us ont le museau très-court et la tête remarquablement ronde; l’œil est très-proéminent, les oreilles tombantes et couvertes de longs poils soyeux et légèrement ondés, traî- TOME II. — NOUV. TECH. 32
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nanl jusqu'à terre, leurs pattes mémo en sont abondamment fournies; enfin ils doivent être noirs, marqués de feu aux yeux et aux pattes. » Il y a une variété noire et blanche qui est plus grosse que l'espèce noire et feu et moins estimée. Ces petites bêtes sont douces, timides, attachées, fidèles et de bonne garde. Dans ce genre, la tête est belle et bien coiffée, la physionomie avenante, et l’ensemble agréable. Le stuart est un petit épagneul, de façon anglaise, trèsélégant. Le bleinhcim présente à peu près les mêmes formes que le king'seharles, mais sou pelage, légèrement ondé, est blanc, marqué de taches orange foncé. 11 tient son nom du château de BIcnheim. près de Woodtok, dans l’Oxfordshire, oii cette variété est élevée avec grand soin depuis un siècle, quoiqu’elle soit en fait beaucoup plus ancienne. L epyrame se rapproche eu tout du king’scharles; il est marqué de feu sur les yeux, le museau, la gorge et les jambes. Le gredin est semblable aux précédents : pelage entièrement noir, queue médiocrement touffue. Le bou/fr vient du barbet et du petit épagneul ; il est de taille variable et possède un poil lin et frisé. Le chien de Calabre descend du petit épagneul et du danois : taille petite, extérieur agréable. Le chien de Burqas provient du petit épagneul et du basset, et celui d’Alicante du petit épagneul et du doguin. Le premier a le corps allongé, les jambes courtes, le poil long et soyeux, taille petite; et le second, le pelage bouclé de l’épagneul d'eau.
Les Anglais divisent leurs épagneuls d’après les services qu’ils doivent rendre; ils ont donc le seller, le springer, le clumber, le cocker, le retriever et le waterspaniel. Le seller, montreur, est un pointer à long poil : les fonctions des deux sont similaires. Ce bel animal, à poils lins et soyeux, est, en général, élégant, vif et rapide, sa besogne l'exige, mais difficile à dresser et oublieux de ses devoirs au point de s’attacher à qui lui plaît dans sa course et de négliger complètement la chasse qu’il avait commencée. Il existe deux familles de sellers : le setter Gordon ou écossais, et le seller irlandais; le premier a la robe entièrement noire et feu ; le second, le pelage rouge brique. Le setter qui a pris le nom de lord Gordon est de beaucoup le plus estimé. Le springer, qui fait partir le gibier, chasse uniquement le faisan et la bécasse à voix dans les taillis. Il quête en donnant de la voix, mais faiblement et autant pour indiquer de quel côté il se dirige, que pour faire savoir «pie le gibier est debout. C’est un aide dans le fourré, un rabatteur. Formes harmonieuses, conformation symétrique, physionomie avenante, naturel doux, tel est le bilan du springer, qui remplace de l’autre côté du canal nos choupilles, bâtards de courant et «le couchant, chiens de braconnier, et «pii font tuer beaucoup de gibier à qui sait s’en servir. On l’emploie aussi pour le lièvre, mais s’il n'est pas sage, s’il s’emballe, sa voix donne l'alarme au lièvre «pii décampe et qu’on ne voit plus. ,M. de la lilanchèrc reconnaît deux sortes de springer: celui de Sussex, noir, cl celui de Norfolk, blanc et marron. Le clumber, est un épagneul basset, blanc cl orange, qui chasse sans donner de la voix et sous l’œil ; c’est une sorte de rhoupille renforcé. Le cocker, est la doublure du springer pour la chasse au fourré des faisans et des bécasses. Ne donne pas de voix, comme ce dernier, grogne simplement pour attirer l’attention du chasseur et fait tuer beaucoup de gibier, principalement des coqs de bruyère qu’il recherche, d’où son nom suivant quebpœs écrivains. Ici encore nous trouvons deux modèles : le cocker du pays de Galles, noir et marron, et celui de Devonshire, blanc et marron, <|uclqucfois blanc et orange. Le relricvcr, retrouveur, est employé à suivre le gibier atteint par le plomb, à le rapporter. Ge spécialiste supplée à l'insuffisance du chien d'arrêt, «ju i ne quête ni ne rapporte les blessés et les morts, l-a division du travail a du bon et les Anglais ne se trompent pas plus en cela qu’en autre « liosc. D'abord, il n’v a «jue les gens riches cl possesseurs de terrains giboyeux «pii se paient le luxe d’aller à la chasse avec deux chiens.
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Il arrive souvent que le chien qui se rend à la recherche de la pièce abattue tombe sur du gibier qu'il n'avait pas éventé et qu'il fait partir, d'où un plaisir de moins et une perte pour son maitre. Au contraire, quand on chasse avec deux chiens, le retriever se rend doucement à l’endroit où il pense trouver la pièce qu'il doit rapporter et n’effarouche rien autour de lui, tandis que le pointeur continue sa marche et fait de nouveau son arrêt. Le retrouveur n’a pas besoin de lignage pour faire le métier de domestique; si l’épagneul, pur ou croisé avec le terre-neuve, le barbet ou le Saint-Bernard, ainsi que je l’ai remarqué à l'Exposition, obtient ordinairement la préférence, c’est parce qu’il est plus doux et plus obéissant. Le water-spaniel, épagneul d'eau, est un épagneul comme les nôtres, sauf qu'il a le poil plus court et plus crépu, et moins de panache à la queue. Le vieux type anglais disparaît pour faire place aux waler-spaniels de l'Irlande.
Le troisième groupe des chiens d'arrêt se compose des griffons, des barbets et de leurs dérivés.
Le griffon d’arrêt jouit en ce moment d’une vogue facile à comprendre. Épais, robuste, rude aux gens, dur de dent envers le gibier, couvert d’un poil fauve ou mélangé de gris, de noir et de blanc sale, espèce de cuirasse qui lui permet de braver les épines des fourrés, courageux et intelligent, cet animal développe de superbes qualités soit pour buissonner, soit pour, travailler au marais. Comme l'a écrit l’auteur précité, lejgnffon est un original du genre rustique, il a une tête à lui et souvent fait « sa tête ». Rien ne vaut encore mieux que lui pour la garde des maisons. Aussi, malgré ses défauts, plaît-il à beaucoup de monde. « Il n’est pas à ma connaissance, dit M. Robinson, qu'un chien de cette espèce ait refusé de chasser, quel que fût l’état de fatigue dans lequel il se trouvait et lors même qu’il avait travaillé durant quinze jours consécutifs. Au bois, nul obstacle ne l’arrête ; il n'est fourré si épais et épineux qui l'intimide. En hiver, il s’élance au milieu des glaçons à la recherche malaisée du gibier, sans souci des obstacles et du danger. »
Le barbet était fort estimé du temps de Sélincourt. « Les barbets frisez suivent tout par le pied, chassent le nez bas quand le gibier fuit, et, quand il demeure, chassent le nez haut et s’arrêtent. Ils chassent sur terre et dans l'eau : leur principale nature est de rapporter, ils sont rudes au gibier, les frisez plus que les autres, mais tous sont les plus fidèles chiens du monde et qui ne veulent connaître qu’un maitre et ne jamais le perdre de vue. » Les barbets au pelage laineux sont de grande taille; on ne s’en sert plus pour la chasse, et on les conserve pour la garde des habitations.
Vrai et bon chien de chasse, très-employé autrefois à la recherche des oiseaux aquatiques, le caniche, ou barbet ii long poil (fig. 47), était désigné sous le nom de chien cane ; la femelle seule portait celui de caniche qui s'applique aujourd'hui à la variété toute entière. Son absence de nez n’est point un défaut d’espèce; mais une simple dégénérescence individuelle. Plus petit, au pelage plus long que le barbet ordinaire, abondant et tirebouclionné, le caniche est noir, blanc ou gris argenté. Le noir est ordinairement de plus forte taille que les autres, le blanc le plus répandu, le gris argenté, mélange des deux premiers, le plus à la mode. Le caniche est généralement regardé comme originaire de France ; les Anglais l'appellent French Poodle, de pool, flaque d’eau, barbet français ; c’est une erreur, l'origine septentrionale est marquée par son pelage abondant et serré. Le caniche ne chasse plus, si ce n’est en Espagne où on le nomme perro de agua, chien d’eau; il sert pour la garde des habitations et
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reçoit la préférence pour conduire les aveugles. I.c petit caniche, si élégant et si coquet, esl un diminutif du précédent. Même fond et mêmes qualités.
Le rapprochement du griffon et du barbet produit d’adorables petites bêles d'appartement : le bichon de Moite, le bichon de la Havane, le bichon du Pérou eL le bichon des Baléares, que tout le monde connaît et admire, et qui ne différent que par la taille plus ou moins élevée et le poil plus ou moins long, soyeux et frisé. Le programme admettait les chiens lions ; cette variété est éteinte et n'a pu profiter de l'aimable invitation qui lui a été adressée.
Fig. 47. — Chien caniche.
En résumé, l'exposition canine n'a pas porté tous les fruits qu'on en attendait. Réellement, on s'était fait une autre idée de, cette exhibition. On espérait trouver mieux comme qualité et quantité. — Le grand public si friand des expositions vivantes, lisons-nous dans le Journal des châteaux et des fermes, a montré peu d'empressement pour celle-ci. D'abord, la curiosité était attirée fie trop de côtés à la fois, et. ensuite, le manque d'attraction à I Esplanade des Invalides fit donner la préférence au Champ-dc-Mars, qui dés lors accapara tous les visiteurs. —
ESPÈCE CHEVALINE
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