PRODUITS FARINEUX
litres Je blé dur exotique et les transforment en 120,000 kilogrammes de semoule. Leur production annuelle est donc de 43,200,000 kilogrammes, qui servent à la vermicellerie, alimentent la consommation intérieure et sont en partie exportés. Le montant des exportations, qui, en 1871, était de 1 13,000 kilogrammes, a atteint 5.612,200 kilogrammes en 1876.
Le tapioca est réservé pour la confection des potages; il est extrait de la racine de manioc et arrive à l'état brut du Brésil, en barils ou en sacs. Les fabricants français lui ont fait subir une manipulation qui le transforme entièrement : étuvage, nettoyage, concassage, blutage et empaquetage. La production en France est d'environ 2,500.000 kilogrammes par an ; les quatre cinquièmes entrent dans la consommation intérieure, et l’autre cinquième est exporté sans droits de sortie.
Amidon et fécule. — L’amidon est extrait des céréales diverses; l'emploi que l’on en fait dans la blanchisserie, dans le tissage et l’apprêt des étoffes de fil et de coton, dans la pharmacie, la confiserie, la parfumerie, etc., rend celte fabrication fort importante. Grâce à une heureuse innovation, le gluten, substance précieuse qui était perdue, peut maintenant être facilement séparé de l’amidon, dont le prix de revient se trouve ainsi notablement réduit. L’industrie amidonnière a eu pendant longtemps son siège principal à Paris et à Nancy. L’amidon s’extrayait exclusivement du blé; depuis dix ans cette industrie s’est déplacée par suite de la substitution à l’amidon de blé des amidons de maïs et de riz.
Malheureusement, l'amidonnerie de riz s'est à peine implantée en France; c’est d’Angleterre et de Belgique que vient la plus grande partie des amidons de riz ; aussi le chiffre des exportations est-il bien inférieur à celui des importations. En 1875, le premier était de 1,313,932 kilogrammes, tandis que le second s’élevait à 4,390,291 kilogrammes.
La fécule n’est autre chose que de l'amidon de pomme de terre; son emploi dans l’industrie des tissus de fil et de coton, dans les fabriques de papier, de pâtes alimentaires, de gommes artificielles, et surtout dans la glucoserie, a donné depuis quelques années à sa fabrication un grand développement.
Les centres principaux de la féculerie sont Paris, Compiôgne et Épinal. On compte en France un grand nombre de fabriques employant 5,330,000 hectolitres de pommes de terre, et produisant annuellement en moyenne 50 millions de kilogrammes de fécule.
Pendant les trois années 1874, 1875, 1876, le montant des exportations a été de 24,270,801 kilogrammes, excédant de 20,172,314 kilogrammes le montant des importations pendant la même période.
Les résidus des fabriques servent à l'alimentation du bétail ou sont épurés pour être convertis en fleurage de boulangerie.
Parmi les dérivés des produits farineux, il y a lieu de mentionner :
1° Le gluten, qni sert en médecine, en pharmacie, et a reçu aussi quelques applications industrielles ;
2° La dextr-ine ou gomme artificielle, qui trouve son emploi dans l’apprêt des tulles et des tissus à base de soie et de coton, dans la confection des bains de teinture, dans l'encollage des timbres-poste, des étiquettes, des enveloppes, etc., et dont la production annuelle est approximativement de 1 ,209,000 kilogrammes, valant en moyenne 60 francs les 100 kilogrammes;
3° Le glucose, qui est livré dans la consommation à l’état liquide et à l’état solide. On l’emploie principalement dans les boissons fermentées telles que la bière; on s’en sert aussi comme matière sucrante dans la confiserie commune;
Le nombre de fabriques de glucose, était en 1876, de 21, produisant par an
NOTES SOMMAIRES
24,556,704 kilogrammes, qui représentent un poids à peu près égal de fécule sèche, soit la moitié de la production de la fécule en France;
4® Le malt. Le maltage a pour but de développer dans l’orge destinée à la fabrication de la bière, par l’acte de la germination, la diastase qui servira à convertir en glucose tout l’amidon contenu dans le grain.
En France, chaque brasserie est habituellement pourvue de sa malterie. Cependant il s’est monté depuis quelques années des établissements spéciaux qui, en 1877, étaient déjà au nombre de 28, et auxquels les brasseurs prennent l'habitude de s’adresser pour leurs approvisionnements. Cette industrie toute nouvelle a commencé à exporter ses produits en Allemagne et en Belgique, et a devant elle un bel avenir, grâce aux qualités exceptionnelles des orges de la Champagne et de la Beauce, qui sont très-appréciées par les brasseurs.
SYLVICULTURE
(Par ?Æ. 2l. ^ROCHOT, SOU S- INSPECTEUR DES EORÊTS, Ancien élèvo de l’École forestière de Nancy.