TOME VIII. — NOUV. TECH
L’ART MÉDICAL
Cette sangle à porteurs peut facilement être utilisée, surtout pour retirer le blessé du champ de bataille, à cause de sa simplicité, de sa légèreté et de son peu de volume.
Nous pouvons mentionner ici un autre mode de transport dont il n’y avait pas de spécimen à l’Exposition, c’est-à-dire le transport des malades à dos d’homme : d’abord à la façon turque, au moyen d’une sorte de crochet de portefaix à bretelles offrant à sa partie inférieure un coussin en guise de selle auquel sont suspendus deux étriers. Le porteur ayant engagé ses épaules dans les bretelles, le malade se place à cheval sur le coussin, les pieds soutenus par les étriers, enlaçant de ses bras la poitrine du porteur qui soutient sa marche à l'aide d’un bâton.
Puis le transport des malades, façon suisse, encore à l’aide d’un crochet à bretelles, mais disposé d’une autre manière : la partie inférieure du crochet est eu forme de siège au-dessous duquel une planchette suspendue à deux courroies soutient les pieds du malade qui se trouve ainsi dos à dos avec son porteur.
Ces deux modes de transport peuvent être utilement employés sur les champs de bataille, pour l’enlèvement rapide des blessés, et surtout pour les blessures de la tête; car alors le blessé étant transporté verticalement, pourrait, pendant le trajet même, recevoir déjà des secours convenables (1).
2° Hamacs.
Il est facile de suspendre un hamac, au moyen de cordes partant de chacune de ses extrémités, à un bâton longitudinal suivant en dessus l’axe du hamac et le dépassant à chaque bout, de manière qu’un maiade ou un blessé couché puisse facilement être porté sur les épaules de deux hommes, l’un en avant, l’autre en arrière. Quelques hamacs, présentés à l’Exposition, comme nous allons le voir, étaient du reste disposés pour cet usage. D’un autre côté, il serait facile de fixer deux bâtons, un de chaque côté et d’en constituer, pour ainsi dire, un véritable brancard. Nous croyons donc pouvoir faire rentrer les hamacs dans les moyens de transport des blessés, et c’est ce qui nous porte à en parler ici avant de commencer l’étude des brancards présentés à l’Exposition.
Angleterre. — Dans la section anglaise, on trouvait un hamac abrité par une toile servant de couverture et surnommé « gwynfé ».
Le hamac (pl. I, fig. 3 et 4) se compose d’une toile tendue sur les côtés et dans toute la longueur au moyen de cordes glissant dans des coulisses qui bordent cette toile ; tendue en outre et tenue en écartement, à chaque extrémité, par une tringle en jonc de 0m,01 de diamètre glissant également dans une coulisse. 11 est muni d’un petit coussinet pour la tête. Les extrémités sont garnies d’œillets en cuivre dans lesquels passent de petites cordes qui se réunissent ensuite en une seule terminée par une anse. Dans cette anse, passe une autre corde qui va en outre traverser les deux trous d’une patte à oreilles qui maintient l’extrémité d’une tringle longitudinale formant le faîte de l’appareil et supporte le hamac. Cette corde se replie ensuite sur le dessus de la tringle longitudinale et s'attache à un crochet en fer qui s’y trouve fixé. La tringle longitudinale qui court tout du long et au-dessus du hamac est supportée à chaque bout par deux pieds de compas qui descendent en s’écartant pour reposer sur le sol ; ceux-ci sont tenus entre eux à 0m,20 de leur extrémité supérieure, par une petite corde d’une
(J) Voir : Chaises à porteurs , page 454.
Espagne. — Fig. 1, sanglej k porteurs. — Fig. 2 et 3, brancards avec pied, écartement en fer et couverture. — Fig. 4, tente rectengulaire. — Fig. 5, cacolet .
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longueur de 0m,f5 pour arrêter l'écartement. Chaque compas a environ \ mètre de hauteur. La tringle supérieure est terminée, à chaque extrémité, par une tige en fer de O™, 01 de diamètre qui traverse le sommet de chaque compas muni d’une ouverture garnie de cuivre intérieurement pour recevoir cette tige. Cette tringle supérieure est alors maintenue par la pression de la patte à oreilles et par la corde qui l’entoure.
Sur le tout, on jette une toile servant de couverture et formant tente-abri.
Le hamac, la tente et les hâtons qui les supportent, peuvent être renfermés dans un sac et ne former qu’un paquet d’une longueur de tm,30, d’un diamètre d’environ 0^,10 et d’un poids total de 9 kilos seulement.
Légende de la planche I, fig. 3 et 4.
Hamac Gwynfé. — Fig. 3. Hamac vu de côte. — B. Tringle longitudinale formant faite. — L. Petites cordes fixées au hamac. — F. Grosse corde réunissant les petites pour passer dans les écrous de la patte à oreilles. — E. Patte à oroilles. — 1). Corde repliée sur la tringle longitudinale. — A. Crochets d’attache de la corde repliée. — K. Trou destiné à recevoir l’extrémité de la tringle d’écartement du hamac. — Fig. 4. Hamac vu de derrière. — E. Sommet du triangle percé pour laisser passer l’extrémité de la tringle formant faite; I. J. pieds du compas ; H. Hamac suspendu.
Annam (Empire d’). — Le gouvernement d’Annam,seul exposant, présentait à l’Exposition des hamacs ordinaires.
Argentine (Confédération). — Nous avons remarqué dans l’exposition delà Confédération Argentine différents hamacs en tissu claire-voie, ornés de broderies.
Belgique. — Dans la section belge, M.le major Bouyet du corps d’état-major belge, avait placé un hamac-lit de camp, fait au moyen d’un manteau dont tout soldat doit être porteur.
Ce hamac-lit de camp se compose d’une forte toile tenue en écartement, à chaque extrémité, par un bâton glissant dans une coulisse. Cette toile porte à chaque bout un grand nombre d’œillets dans lesquels passent des cordes qui entourent les tringles d’écartement. A une extrémité, ces cordes sont amarrées à un fort piquet enfoncé dans le sol, à près de 0m,50 du hamac ce piquet et ces cordes sont en outre fixés, au moyen d’autres cordes, de chaque côté et en avant, à deux autres piquets à crochets solidement enfoncés dans la terre à près de 0m,40 du premier piquet. A l’autre extrémité, des cordes passent également à chaque coin du hamac dans des œillets, et vont se fixer à deux grands piquets en forme de V renversé, butant l’un contre l'autre et enfoncés dans le sol à 0m,30 du hamac. Ces cordes, après avoir été attachées à ces piquets, sont encore fixées au moyen d’une autre corde, à un piquet à crochet enfoncé profondément à 0m,80 en arrière des deux autres.
France. — La Corderie centrale, MM. Frété et Cic et M. Walcker présentaient dans la section française des hamacs de suspension de forme ordinaire.
Le Ministère de la Marine exposait un hamac réglementaire disposé pour le transport des blessés à bord, pendant le combat, d’après la méthode du Dr Maréchal. Nous étudierons plus loin cette méthode dans notre paragraphe sur le transport par eau.
Guatemala. — La société économique de Guatemala exposait des hamacs ordinaires du département de Chiquisnula, hamacs en tissu claire-voie et hamacs en cordelettes à claire-voie. La même société présentait un hamac fin en fil de foucroya gigantea tissé à Cahabon (Alta Yerapez).
Haïti. — Le gouvernement d’Haïti exposait des hamacs en toile, hamacs de Mirebalais, de Saint-Marc et de diverses provenances.
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Nicaragua. — Le gouvernement de Nicaragua, seul exposant, présentait des hamacs en toile, des hamacs en pita, en cabulla, en coton, en soie sylvestre et des hamacs de Buaco.
Pays-Bas. Partie des Indes néerlandaises. — Dans la section des Pays-Bas, partie des Indes néerlandaises, nous avons trouvé un hamac-brancard adopté dans les armées des Indes-néerlandaises, à Java. Ce hamac-brancard se compose d’une toile bordée à droite et à gauche d’une coulisse à cordes, maintenue en écartement, à chaque extrémité, par un bambou transversal et fixée à un autre longitudinal au moyen d’une corde passant dans un œillet solide qui se trouve au milieu et à chaque extrémité. Ce bambou longitudinal qui court tout du long et au-dessus du hamac a une longueur totale de 3'“, 40, un diamètre de 0m,04 à une extrémité et de 0m,07 à l’autre extrémité. 11 est supporté à chaque bout par un pied en bambou reposant sur le sol. Au moyen du bambou longitudinal, deux hommes peuvent transporter sur leurs épaules un blessé couché sur le hamac.
Pérou. — Dans la section de la République Péruvienne, nous avons vu des hamacs en petites cordes.
Uruguay. — Dans la partie réservée à la République de füruguay, M. Ackermann exposait des hamacs en toile ordinaire et des hamacs ornés de dentelles,
Vénézuéla. — Dans l’exposition de la République du Vénézuéla,on trouvait, présentés parle gouvernement du Vénézuéla un hamac de Siquisique, et deux de Rio-Negro. Ce sont des hamacs en tissu claire-voie ornés, et des hamacs en toile garnis en dessous et tout autour, avec des plumes d’oiseaux de couleurs variées.
Les Orientaux font usage de hamacs comme moyen de transport ; ils se servent entre autres d’un hamac suspendu à deux longs bâtons fixés eux-mêmes de chaque bout aux flancs des mulets ou des chevaux dont l’un marche à l’avant et l’autre à l’arrière.
Comme nous le disions en 1867, d’après une célèbre voyageuse, Mme la princesse de la Tour d’Auvergne, ce mode de transport, peu dispendieux dans le pays où il est employé, laisse à désirer en ce sens que les secousses imprimées au hamac par les chevaux se font assez vivement sentir pour que les malades en soient incommodés. D’un autre côté, la différence de niveau du sol qui se trouve parfois entre les deux animaux occasionne aussi une inclinaison fort désagréable.
Pour obvier à ces inconvénients, voici les moyens que nous proposions à cette époque : suspension du hamac dans le milieu d’un loDg bâton qui par sa longueur même amortirait déjà une partie des secousses. En outre, cette suspension combinée avec une chaîne ou une corde permettrait au hamac de conserver la position horizontale quand même les chevaux marcheraient sur un plan différent. Ce bâton se bifurquerait à chaque extrémité, bifurcation assez large pour permettre d'embrasser de chaque côté le flanc de la selle.
Pour fixer ce bâton unique au flanc de chaque cheval, on pourrait le suspendre par l’intermédiaire d’un ressort adapté à la sellette qui, elle-même, serait élastique.
Par ce mode de suspension on obtiendrait alors : élasticité du bâton en
raison de sa longueur; 2° élasticité du ressort fixé contre la sellette; 3° élasticité résultant du ressort placé entre la sellette et la courroie qui porte le bâton; 4° horizontalité constante et indépendante des inégalités du sol.
On pourrait de même obtenir l’amortissement des secousses en employant, au lieu d’un seul bâton, deux bâtons portant également à leur milieu le hamac
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suspendu; mais il est entendu qu’en cette circonstance, on maintiendrait chaque bout du hamac très-large aux extrémités des bâtons, pour prévenir un trop grand balancement.
3° Chaises à porteurs. Palanquins.
Parmi les modes de transport dont les Orientaux font encore un usage général, nous signalerons ici plusieurs chaises à porteurs, palanquins, présentés dans la section chinoise et dans la partie réservée au royaume de Siam; nous mentionnerons d’abord une chaise à porteurs adoptée par l’ordre des Chevaliers de Malte (Autriche), et nous finirons en donnant la description de celle qui nous sert habituellement pour le transport des malades.
Autriche-Hongrie. — Nous avons pensé qu’il serait utile de signaler une chaise à porteurs adoptée par l’ordre autrichien des Chevaliers de Malte. Elle n’a pas figuré à l’Exposition ; nous l’avons trouvée dans l’ouvrage de M. le Dr baron Mundy sur le train-école sanitaire autrichien, et nous la reproduisons planche IJ, fig. 8, 9 et lO.La ligure 9 représente la chaise posée sur le sol et destinée à recevoir un blessé assis devant être transporté par deux hommes. La figure 10 montre la chaise à dos d’homme avec un malade assis, les pieds appuyés et la tête garantie par une capote mobile. La figure 8 représente la chaise pliée.
Chine. — Chaise à porteurs, palanquin pour quatre porteurs. Cette chaise forme une sorte de caisse de voiture couverte, munie de deux brancards solidement fixés sur elle, un de chaque côté. Elle est destinée à quatre porteurs : deux en avant et deux en arrière placés l’un derrière l’autre. A l’extrémité de chaque brancard est attachée une corde recouverte avec de l’étoffe. Les deux cordes de devant et les deux de derrière se croisent à 0m,80 au-dessus des brancards et sont maintenues dans cet entrecroisement par le milieu d’un levier en bois ; chaque bout de ce levier est destiné à être placé sur les épaules de deux porteurs de manière que, pendant la marche, les brancards étant étendus sur ces cordes ne puissent communiquer de secousses à la caisse. Les cordes entrelacées ne permettent pas un glissement exagéré des brancards, grâce à une goupille métallique qui les maintient sur le levier. Ce palanquin d’un luxe trèsremarquable est recouvert d’une étoffe bleue très-fine, c’est du reste un modèle qui appartient à une collection de l’État chinois.
Chaise à porteurs en bambou. — Cette chaise, d’une légèreté extraordinaire, est construite uniquement en bambou et recouverte par une toile bleue. Sur chaque côté, on a ménagé une ouverture en forme de fenêtre, fermée par une partie de la toile bleue libre et tombante à cet endroit. Cette partie de toile peut être soutenue en forme d’auvent par deux petits fils de fer et au milieu de cet auvent se trouve une ouverture ronde de 0m,06 de diamètre, couverte par une toile à claire-voie. Au-dessous de la chaise, une petite allonge mobile peut supporter les pieds de la personne assise. Les brancards en bambou sont fixés à la chaise par des liens également en bambou. La chaise est pourvue d’un dossier rond.
Siam. — Dans l’exposition du royaume de Siam, Sa Majesté le roi de Siam, seul exposant, présentait deux sièges à porteurs. Un de ces sièges, dit chaise de noble , à châssis de bois et fond de rotin avec brancards, se compose de deux bâtons ronds de trois mètres de long, sur lesquels glisse un siège cadre en bois, à
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fond canné, fixé par quatre forts anneaux en fer. A chaque extrémité des bâtons passe une corde au milieu de laquelle se trouve un levier destiné à être placé sur les épaules des porteurs, deux devant et deux derrière, marchant l’un derrière l’autre.
Le deuxième siège, dit palanquin de pr ince siamois, est semblable au premier, seulement le cadre du siège est sculpté et doré.
France. — Chaise à porteurs à pivots (pl. II, fig. 7). — Nous allons décrire, quoique ne l’ayant pas exposée, la chaise à porteurs qui nous sert habituellement pour le transport des malades.
Cette chaise à porteurs se compose d’un siège à pivots, de deux montants réunis et de deux brancards.
Le siège est formé d’un cadre en bois à fond sanglé, muni en avant d’une petite sangle pour soutenir les pieds de la personne assise et surmonté de deux triangles de suspension, l’un à droite et l’autre à gauche. En arrière et sur les côtés, ces deux triangles sont garnis de sangles formant dossier et appuibras, et sont réunis au sommet et en avant par une corde destinée à maintenir la personne transportée.
Les deux montants réunis et maintenus par de petites tringles d’écartement portent sur le sol par quatre pieds. Leurs extrémités supérieures se terminent en angles qui correspondent avec les sommets des triangles du siège auxquels ils sont réunis par des pivots. La partie intérieure de ces montants est pourvue de brides en fer destinées à recevoir les brancards. Ces brancards en bois sont terminés par des poignées arrondies et sont pourvus desangles pour les porteurs.
Cette chaise à porteurs est destinée à recevoir les malades et les infirmes qu’on veut faire monter ou descendre un escalier ou que l’on veut transporter sur un terrain en pente. En effet, la suspension du siège permet à la personne assise de rester toujours sur un plan horizontal, bien que les porteurs marchent sur des plans différents.
Cette chaise, qui peut servir pour le transport des blessés, diffère surtout des autres analogues par son extrême légèreté et par la modicité de son prix.
4° Brancards.
Les brancards sont des appareils de première nécessité ; aussi ont-ils été modifiés de toutes les façons pour être facilement placés, soit dans les voitures, soit dans les wagons. Rien n’est plus difficile, en effet, que de transporter un blessé sans le faire trop souffrir ; c’est pour cela que l’on a toujours essayé de diminuer les secousses que donne le transport et perfectionné cet appareil si simple primitivement que l’on appelle un brancard.
Il est très-difficile de trouver un parfait modèle de brancard pour le champ de bataille. En effet, ce brancard doit servir de couchette au blessé, soit qu’il repose sur le sol, sur le plancher d’une voiture ou d’un wagon, soit qu’il soit suspendu. Quoi qu’il en soit, il doit être léger, simple, solide en même temps que réduit dans son volume ; il doit en outre pouvoir être démonté et remonté le plus facilement et le plus rapidement possible.
Nous avons donc cherché, en parcourant l’Exposition, à nous rendre compte des brancards qui présentaient le mieux toutes ces qualités.
Angleterre. — Dans la section anglaise, nous n’avons trouvé que de petits modèles de brancards, exposés par M. le Dr Porter.
Un premier modèle de brancard rigide, avec pieds et capote mobile.
Il se compose d’un cadre en tringles de bois, muni de quatre pied
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et garni d’une toile lacée en dessous destinée à soutenir le blessé. Le modèle a une longueur totale de 0m,30 et porte, à chaque coin, un crochet en fer pour pouvoir être suspendu sur deux bâtons ronds (un de chaque côté), qui dépassent de 0m,05 à chaque extrémité et permettent de le porter. Ces deux bâtons formant hampes sont réunis, à chaque bout, par une courroie pour qu’on puisse les suspendre avec le cadre.
Du côté de la tête, le brancard est muni d’une capote mobile en tringles de fer, garnie de toile. Cette capote est fixée au moyen d’une corde tendue qui, d’un côté, part de son milieu et s’attache de l’autre côté au milieu de la traverse qui maintient l’écartement à l’extrémité du brancard correspondant aux pieds du blessé.
Le deuxième modèle représente un brancard rigide , sans pieds .
Il se compose de deux hampes en bois tenues en écartement, à chaque extrémité, par une traverse également en bois. Toutes ses parties sont fixes et il n’a pas de pieds. Deux toiles, l’une du côté de la tête et l’autre du côté des pieds, sont lacées sur ce brancard dont le milieu est garni de larges bandes de toile, bouclées de distance en distance sur les hampes.
Autriche. — Dans la voiture d’ambulance exposée par M. Jacob Lohner de Vienne (pi. I,fig. 5 et 6), se trouvaient quatre brancards pliants avec pieds, placés deux dans la partie inférieure, deux dans la partie supérieure et suspendus au moyen de courroies. Chaque brancard se compose de deux hampes en bois, tenues en écartement à chaque extrémité, par une traverse également en bois, terminée à chaque bout par une anse en fer destinée à recevoir l’extrémité des hampes; le tout garni d’une forte toile. Les bandes d’écartement qui peuvent s'enlever complètement, sont munies de pieds articulés dépassant en dessus d’environ 0m,fo. Du côté de la tête, la toile est libre et on la relève pour l’attacher sur l’extrémité supérieure des pieds afin d’exhausser la tête du patient. La partie supérieure des pieds, à l’extrémité inférieure du brancard, est munie d’une petite sangle allant d’un côté à l’autre, pour que le blessé puisse appuyer ses pieds.
Espagne. — Le parc militaire de santé de Madrid présentait plusieurs brancards.
1° Un brancard garni de toile avec hampes en bois et écartement en fer , muni de pieds.
Ce brancard se compose de deux hampes rondes en bois, glissant dans les coulisses d’une toile double et maintenues en écartement à chaque extrémité, par des tringles en fer qui glissent dans des coulisses de la même toile. Chaque tringle d’écartement est munie à chaque extrémité d’un anneau en fer destiné à recevoir le bout des hampes. A la partie correspondant à la tête, la tringle d’écartement se continue en haut en formant un demi-cercle pour l’exhaussement de la partie de la toile supportant la tête du blessé et se continue en bas pour former pieds. A la partie inférieure du brancard, la tringle d’écartement qui glisse dans une coulisse de la toile est également munie de pieds. Ces tringles d’écartement sont assujetties d’une part, par des points d’arrêt en fer fixés dans les hampes, et d’autre part par la toile destinée à supporter le blessé, de manière que la tension soit complète.
Un autre brancard semblable (voir p.451,fig. 2 et 3) est recouvert par une toile cirée maintenue de chaque côté au moyen d’un fer courbé en angle qui glisse sur le bâton rond formant la hampe et sur lequel elle est bouclée. Ces fers sont réunis entre eux par une tringle qui court tout du long, au-dessus du brancard, pour former toit. La toile cirée est munie, de chaque côté, d’un venti-
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lateur en cuivre de 0m,08 de diamètre. A côté de ce brancard, se trouvaient des courroies en cuir pour porteurs.
Nous avons trouvé encore, dans la même section, un brancard en fers plats articulés, avec pieds en fer également articulés du Dr Apolinar Arrietta, de Mechbil, province de Navarre.
Ce brancard en fers plats articulés pour pouvoir être plié en longueur, est arrondi à chaque coin et peut être relevé du côté de la tête. Il est muni de pieds en fer articulés se repliant en bas et d’allonges en bois également articulées pour servir à le transporter. Il se compose de quatre parties, une pour la tête, une pour le tronc, une pour les jambes et une pour les pieds; ces parties sont réunies par trois articulations. Les allonges qui servent pour le transport sont maintenues par un crochet qui passe sur l’axe de l’articulation du brancard et des pieds; les articulations des pieds, des allonges et de la partie du brancard pouvant se relever du côté de la tête, sont réunies au même point.
Les hampes sont maintenues en écartement par trois petites tringles en fer rondes et mobiles, une à la tête, une au milieu et une aux pieds. Le fond est formé d'une forte toile garnie de cuir et maintenue tout autour sur les plates-bandes au moyen de vis. Une toile cirée tombant à droite et à gauche peut recouvrir et garantir le blessé couché sur le brancard. Cette toile porte dans son milieu une corde qui s’attache à deux tringles montantes en fer, fixées Lune à la partie du brancard correspondant à la tête, et l’autre à la partie du brancard correspondant aux pieds du blessé. Au moyen de cette corde, la toile cirée peut être tendue à volonté.
États-Unis. — Dans une voiture d’ambulance, exposée par M. le Dr Thoma9 W. Evans, se trouvaient deux brancards articulés avec pieds mobiles .
Chaque brancard se compose de deux hampes en bois, tenues en écartement à chaque extrémité, par une traverse en fer plat, articulée au milieu pour pouvoir plier le brancard, et fixée sur les tiges par un pivot. Ces brancards, munis de quatre pieds en bois mobiles, sont recouverts de toile grise clouée sur les hampes et pourvus de petits coussins pour la tête.
Dans la même voiture, deux autres brancards reposant sur le fond de la caisse Ont une composition toute particulière. Ils sont formés de cadres en bois munis d’allonges en fer rentrant dans les côtés, garnis de matelas en cuir fortement rembourrés et pouvant être relevés du côté de la tête. Comme nous venons de le dire, ces brancards reposent sur le parquet de la caisse; on les charge par derrière et ils sont pourvus, en dessous, de galets qui permettent de les rouler facilement. En outre, chacun de ces brancards est brisé dans le sens de la longueur, de sorte qu’en les pliant à angle droit, on les transforme en banquettes d’omnibus en accrochant le bord libre d’une moitié au panneau et l’autre moitié reposant sur le parquet; on a ainsi, par cette ingénieuse combinaison, de chaque côté, un siège pouvant recevoir six personnes assises très-commodément.
France. — Nous voici arrivés à la France où nous allons trouver un bien plus grand nombre de brancards, de différents modèles et de différents systèmes. Nous étudierons d’abord ceux qui sont dus à l’industrie privée, puis le brancard réglementaire du Ministère de la Guerre et enfin les brancards exposés par la Société française de secours aux blessés militaires.
Dans une charrette d’ambulance exposée par M. Aubié Bergerac, de Montauban, se trouvaient quatre brancards-lits , rigides et sans pieds. Chacun d’eux se compose d’un cadre en bois fixe garni d’une toile cirée rembourrée, formant matelas et traversin et muni de chaque côté et à chaque extrémité de rallonges en bois glissant dans des coulisses. Ces brancards-lits n’ont pas de pieds, mais