TOME VIII
2COUV. TECU.
L’ART MÉDICAL
ils portent en dessous et de chaque côté deux galets qui permettent de les rouler sur le parquet de la voiture destinée à les transporter. Ils sont munis de trois bandes pour pouvoir maintenir les blessés, et dans chaque oreiller se trouve un caisson arrondi de 0m,o8 de long sur 0m,20 de large, dans lequel on peut placer bidon, charpie et bandes, de manière à avoir toujours sous la main ce qu’il faut pour donner les premiers soins au blessé.
M. Collin présentait un brancard construit en bois avec écartement en fer , garni d’une forte toile et pourvu de pieds seulement du côté de la tête.
Il se compose de deux hampes carrées en bois, tenues en écartement à chaque extrémité par deux petites traverses en fer plat formant charnière au milieu et maintenues par une vis de pression. Cette disposition permet de plier le brancard pour faciliter son entrée dans les voitures et dans les wagons. Chaque bande d’écartement large de 0m,03 et épaisse de 0m,00o est fixée de chaque côté sur les hampes au moyen d’un écrou.
Les hampes glissent dans les coulisses d'une forte toile libre à une de ses extrémités pour permettre d’exhausser la tète du blessé. On accroche alors cette partie libre à une garniture en fer fixée de chaque côté sur les hampes et au-dessus de laquelle se trouve une autre garniture également en fer qui continue la première pour qu’on puisse y accrocher une toile destinée à recouvrir le blessé. Du côté de la tête, les hampes sont munies de petits pieds en bois de 0m,10 de haut; ces pieds sont fixes et font corps avec les liatnpes. A l’autre extrémité des hampes il n’y a pas de pieds.
Sous la tente d’ambulance exposée par M. Couette, on trouvait un brancardlit cil fer creux de 0m,02 de diamètre, très-léger et muni d’allonges, également en fer creux, articulées pour pouvoir se replier en-dessous du brancard-lit.
Nous citerons ensuite un brancard élastique sans bandes d’écartement et sans pieds, pourvu d’un appareil alternatif de suspension et d’irrigation du Dr André Lebel.
Ce brancard se compose de deux hampes longitudinales en bois garnies d’une forte toile trouée au milieu. Du côté de la tête, la toile peut être relevée et soutenue par de petits montants en fer. Il est placé sur un cadre pliant en bois, monté sur quatre pieds également en bois. L’extrémité de chaque hampe passe dans un anneau en caoutchouc de O^OS de diamètre et de 0m,02 d’épaisseur fixé lui-même à un crochet en fer adapté à chaque angle du cadre. Sur l’un des côtés se trouve fixée une potence en bois avec une suspension pour fracture et un seau d’incendie en toile muni d’un tube en caoutchouc pour irrigation.
Nous allons maintenant étudier le brancard règlementaire pliant et pourvu de pieds du Ministère de la Guerre.
Le brancard réglementaire du Ministère de la Guerre se compose de deux hampes carrées en bois arrondies aux extrémités, et maintenues en écartement par deux plates-bandes en fer, mobiles à chaque bout, pour pouvoir être pliées le long des hampes ou enlevées complètement. A cet effet, ces traverses, larges de 0m,03 et épaisses de 0m,003, sont posées sur les hampes et maintenues par un boulon qui traverse les hampes et les bandes et qui est fixé au moyen d’un écrou pour permettre de l’enlever facilement quand on veut démonter le brancard.
Une forte toile, garnie de cuir de chaque côté, est clouée sur les hampes qui sont munies de pieds en bois, hauts de 0m,15. Ces pieds mobiles sont fixés à la face intérieure des hampes au moyen d’écrous et sont maintenus d’un côté par des points d’arrêt en fer enfoncés dans celles-ci et de l’autre par les bandes d’écartement. Ils ne peuvent, par conséquent, se plier que d’un côté et seulement lorsque ces dernières sont elles*-mêmes repliées ou enlevées. Du côté de la
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tète, les pieds se prolongent en dessus d’environ 0m,30 et sont munis à leurs extrémités supérieures de petites tiges en fer sur lesquelles on agrafe la toile à l'aide d’œillets dont elle est garnie de ce côté, pour exhausser la tête du blessé .
Les hampes sont garnies d’un petit carré en fer à l’endroit où les pieds et les bandes d’écartement sont fixés.
A côté d’un de ces brancards, on avait placé des bretelles destinées à 1 porter. Ces bretelles sont tout simplement deux sangles ordinaires terminées par une anse à chaque bout.
La Société française de secours aux blessés militaires nous offrait de nombreux sujets d’étude.
Nous décrirons d’abord le brancard type de la Société qui est du même modèle que celui du Ministère de la Guerre. Il en diffère cependant par les modifications suivantes : la toile est mobile, elle est fixée aux hampes par des cordes passées dans des anneaux et peut être séparée du brancard immédiatement, dès que cette corde est retirée; des traverses articulées remplacent les traverses rigides du brancard réglementaire et les pieds du brancard se relèvent ou s’abaissent en même temps que l’on fait mouvoir les traverses articulées.
1° Brancard type articulé (Société française) (pl. II, fig. 6). — La Société française de secours aux blessés militaires avait exposé deux modèles de brancards à traverses articulées, construits par MM. Werber et Colas, d’après le système de M. le comte de Beaufort. Le premier de ces modèles, pliant et pourvu de pieds, se compose de deux hampes carrées en bois, terminées, à chaque extrémité, par des poignées arrondies et munies de pieds en bois ou en fer creux à base arrondie pour faciliter le glissement. Du côté de la tête, ces pieds sont surélevés d’environ 0m,20 pour l’exhaussement de la partie de la toile qui supporte la tête du blessé. Les hampes sont tenues en écartement, à chaque bout, par des traverses en fer articulées au milieu de leur longueur. Ces traverses pivotent sur les hampes à chacune de leurs extrémités et se terminent par une saillie, qui agit sur les pieds, les relevant et les abaissant selon que le brancard s’ouvre ou se ferme. Des crochets, formant coin, fixent les traverses dans la position déterminée par l'écartement des hampes qui lui-même est réglé par la toile. Cette toile est fixée, au moyen d’œillets, sur des anneaux qui se trouvent sur les côtés des hampes et est maintenue au moyen d’une corde passée dans ces anneaux. Du côté de la tête, la toile est libre et s’accroche sur l’extrémité supérieure de la partie surélevée des pieds. Ce modèle pèse 9 kilos, avec pieds en bois et 10 kilos, avec pieds en fer. II coûte de 30 à 35 francs.
2° Dans le second modèle, lorsqu’on ferme le brancard, les traverses articulées relèvent les pieds; lorsqu’on l’ouvre, ceux-ci sont abaissés par des chaînettes qui les relient aux traverses. Les pieds sont en bois garni de tôle. Ce brancard pèse, avec pieds, bois et tôle, environ 10 kilos. Il coûte de 22 à 25 francs. Ces deux modèles, comme nous l’avons dit, représentent les brancards types de la Société française de secours aux blessés militaires. Nous allons étudier maintenant les aùtres genres présentés dans l’exposition de cette Société ;
3° Un brancard rigide , avec pieds , dont les deux hampes sont en bambou. — Chaque hampe est formée de deux bambous surperposés et réunis par des liens en chanvre goudronné. Deux fers en équerre, articulés et fixés sur d’autres fers adaptés aux bambous, tiennent ces hampes en écartement en avant et en arrière. Aux extrémités des bambous, se trouvent des anses en jonc et au-dessous, des pieds formés de deux joncs réunis. Ce brancard, garni d’une forte toile, est très-lourd.
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4° Un brancard avec encliquetage pour raidir la toile. — Ce brancard se compose de deux hampes rondes en bois, de 0m,04 de diamètre, sur lesquelles est étendue une toile fixée d’un côté et enroulée de l’autre pour pouvoir être tendue à volonté. A chaque extrémité, ces hampes sont tenues en écartement par deux traverses en fer de 0m,012 de diamètre et de 0m,55 de long. Un bout de la traverse est à charnière solide et l’autre bout porte une fourchette en demi-cercle qui embrasse un petit collier creux en tôle, muni de deux joues dentées qui reçoivent un cliquet pour raidir la toile. Ce brancard, très-léger, pèse à peu près 6 kilos.
5° Brancard à bambous (pl. II, fig. 2). — Ce brancard de première ligne avec pieds est du docteur baron Mundy. Il se compose de deux hampes en bambou tenues en écartement, à chaque extrémité, par deux traverses carrées en bois, munies de pieds également en bois. Ces pieds font corps avec les traverses d’écartement; ils sont fixes et percés pour recevoir l’extrémité des hampes. 11 est garni d’une forte toile bordée d’une coulisse, à droite et à gauche, pour recevoir les hampes, et percée d’œillets, à chaque bout, pour pouvoir être agrafée sur des pitons fixés sur la partie extérieure des traverses d’écartement. A une extrémité, on place un coussin pour exhausser la tête du blessé ; il est d’une extrême légèreté : 4 kilos 500.
6° Un brancard, table à opération, pliant et pourvu de pieds, construit par M. Kellner, sur les indications du docteur baron Mundy. Appelé par ce dernier, brancard à crémaillères et à plusieurs fins, il peut servir comme brancard ordinaire au moyen de poignées mobiles à glissement; il peut être introduit dans les voitures ou wagons; il peut servir au transport des blessés atteints de fractures des membres inférieurs; enfin placé sur deux tréteaux, il constitue une table à opération. Il se compose d’un cadre de brancard ordi. naire, garni d’un coussin en cuir, divisé en trois parties mobiles, articulées les unes avec les autres. Des crémaillères, dont le cadre est pourvu, à chaque extrémité, permettent de former, avec chacune des fractions du coussin , un plan incliné soit pour la partie supérieure du corps, soit pour les membres inférieurs. Une crémaillère permet de donner à la partie supérieure du corps l’inclinaison voulue ; une autre sert à placer les membres inférieurs danslaposition la plus favorable pour la blessure. Ce brancard est muni d’allonges mobiles, à glissement, destinées à servir de poignées et est pourvu de pieds articulés.
7° La Société française a exposé un troisième brancard rigide et pourvu de pieds, construit sur les indications du docteur baron Mundy, pour le service des hôpitaux temporaires et pour l’intérieur d'une ville. C’est un brancard d'hôpital rigide, pourvu de pieds, garni de crin et de cuir et muni de rideaux.
8° Enfin, nous avons encore à citer, toujours exposéspar lamême Société, les brancards improvisés de M. le comte de Beaufort.Un de ces brancards, pliant et muni de pieds, se compose de deux jeunes troncs d’arbres formant hampes et de deux autres formant croix de Saint-André pour maintenir l’écar-tement à chaque extrémité et servir de pieds. Une toile est tendue sur les hampes au moyen de cordelettes pour constituer le brancard. Ces cordelettes doivent produire des tensions opposées, de manière à donner à l’ensemble toute la rigidité que comporte l’élasticité de la matière employée.
Le second brancard improvisé (pl. IV fig. 5) semblable au premier, est dépourvu de toile. Une cordelette, jouantlibrement comme un lacet à travers des trous pratiqués dans la longueur des hampes, fait fonction de sommier. Les parties saillantes du corps tendent la cordelette, l’abaissent au point où elles s’appuient, rele-
vant les autres et se moulant, pour ainsi dire, sur la couche. Ce brancard mérite d’être apprécié, à cause de sa grande légèreté; il ne pèse que 4 kilos 700.
Nous avons fait construire plusieurs modèles de brancards que nous n’avons pas exposés, mais que nous allons décrire cependant. Notre brancard le plus simple se compose de deux hampes longitudinales en bois de sapin de lm,60 de longueur et de 4 centimètres carrés d’épaisseur, avec extrémités arrondies pour servir de poignées. Deux traverses fixes de 0m,6o de longueur et de 3 centimètres carrés d’épaisseur tiennent ces bâtons en écartement de manière à former un cadre sur lequel on boucle ou on lace des sangles destinées à recevoir le matelas ou la paillasse qui supporte le blessé ou le malade couché. Ce brancard est d'une très-grande simplicité et d’une extrême légèreté.
Un autre brancard destiné à retirer le blessé du champ de bataille ou à le transporter à une faible distance, se compose tout simplement d’une forte toile d’une longueur variable, bordée, à droite et à gauche, d’une coulisse destinée à recevoir deux hampes rondes en bois de sapin qui n’ont pas besoin d’être plus longues que la toile. Dans ce cas, pour enlever le malade ouïe blessé couché sur ce brancard et le porter, comme il n’y a pas de bandes d’écartement, deux porteurs, un de chaque côté, saisissent les hampes, les soulèvent et gagnent ainsi au moins lo à 20 centimètres de hauteur. En effet, le patient ne prend pas toute la largeur de la toile et en soulevant les hampes, tout en laissant reposer le malade sur le sol, on a une bonne hauteur qui empêche d’avoir besoin de pieds et qui permet de bien saisir et de bien enlever l’appareil. On peut, suivant le besoin, donner à la toile et aux hampes la longueur que l’on veut.
Fig. 6. — Brancard disposé pour le transport par voiture ou par wagon.
Brancard disposé pour le transport par voiture ou par wagon. — Nous avons fait construire un brancard de ce genre spécialement destiné au transport par voitures ou par wagons. Ce brancard (fig. 6) se compose d’une forte toile, large de 0m,50, bordée à droite et à gauche de coulisses dans lesquelles glissent deux hampes rondes de lm,10 de long, dont les poignées seules dépassent la toile. Pour le transport par voitures ou wagons, les extrémités de chaque hampe sont engagées dans des gaines en cuir solidement fixées sur le dessus de tabourets élastiques. Le brancard repose sur deux tabourets, un du côté de la tête, large de 0m,12, long de 0m,60 et haut de 0m,16, et un du côté des pieds, de même longueur et de même largeur, mais un peu plus bas, sa hauteur n’est que de 0m,l3. Chaque tabouret se compose de deux planchettes entre lesquelles se trouvent quatre ressorts à boudin cylindrique, en spirale simple, qui tiennent ces planchettes en écartement. Ils sont solidement garnis d'une enveloppe de toile qui maintient le tout à la distance voulue en permettant de comprimer les ressorts et d’obtenir une certaine tension. L’ajustement de ceux-ci est fait de manière à permettre des mouvements dans tous les sens, de haut en bas, d’avant, en arrière, de droite à gauche. Les secousses des voitures sont amorties de haut en bas par le mouvement des ressorts ; les mouvements laté-
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faux et ceux d’avant en arrière sont amortis par le balancement des tabourets. En un mot, toutes les secousses sont contre-balancées par le mouvement des ressorts. Dans ce modèle, comme nous l’avons déjà dit, les hampes ont une longueur presque égale à la largeur des wagons de chemins de fer et des voitures à quatre places ordinaires, de manière à pouvoir placer sur les deux banquettes le brancard maintenu sur les tabourets par les anses en cuir qui se trouvent en dessus. Les tabourets eux-mèmes sont calés d’un côté contre les dossiers des voitures ou des wagons et arrêtés de l’autre côté par la partie plus large des poignées des hampes. Pour le transport du brancard et des tabourets qui ne sont pas utilisés, on roule la toile sur les hampes, on place les tabourets bout à bout, ce qui donne la même longueur que celles-ci, et on enferme le tout dans une simple housse en toile qui forme un sac d’un diamètre de 0m,i 6, d’une longueur delm,20, fermé à chaque extrémité au moyen de cordes glissant dans des coulisses.
Brancard à tabourets élastiques et sangles. — Nous constituons encore un brancard avec sangles et supports élastiques au moyen de deux hampes rondes en bois, de longueur variable suivant le besoin (pl. II, fig. 3), que l’on fait glisser dans les coulisses de six sangles qui forment son fond et peuvent recevoir une paillasse rigide et capitonnée pourvue d’un petit coussinet pour la tête, sur laquelle le malade ou le blessé se trouve couché (pl. II, fig. 4). A chaque extrémité et de chaque côté, les paillasses sont percées d’ouvertures pour permettre de passer les bâtons dans leur intérieur, dans le cas où les sangles feraient défaut. Le brancard se trouve alors constitué au moyen d’une paillasse portée par deux hampes la traversant en longueur (pl. Il, fig. 5) et dépassant en avant et en arrière pour permettre aux extrémités de former poignées pour les porteurs.
Brancard disposé pour le transport (pl. II, fig. 3 et 4). — Pour le transport par voitures ou par wagons, on place ce brancard sur deux tabourets élastiques destinés à maintenir l’écartement des hampes, en engageant leurs extrémités dans les anses en cuir qui se trouvent sur le dessus de ces tabourets. Outre l'élasticité des tabourets, on a l’élasticité des hampes, et celle-ci est d’autant plus grande que ces hampes sont plus longues, car elle s’obtient toujours en raison de l’éloignement des tabourets. Le même brancard, avec tabourets élastiques, peut être suspendu par deux cordes attachées de chaque côté et l’élasticité continue toujours à fonctionner. Une fois arrivé à destination, on enlève les tabourets, on dégage les hampes des coulisses des sangles ou des paillasses, et le malade ou le blessé est placé dans son lit sans qu’on ait besoin de le changer de coucher, car il peut parfaitement rester sur sa paillasse capitonnée. Les mêmes tabourets, les mêmes hampes et les mêmes sangles peuvent donc servir pour le transport d’un grand nombre de blessés; la paillasse seule reste avec le patient. Le matériel est facile à transporter, quand il ne sert pas; on entasse les paillasses, on range les hampes, les sangles et les tabourets, il faut peu de place et il n’y a pas de temps perdu.
Notre brancard constitué avec deux hampes et une paillasse, nous nous servons de supports mobiles en bois pour maintenir l’écartement, surélever le brancard et recouvrir le malade ou le blessé. Chaque support (pl. II, fig. 5) se compose d’un cadre en bois de 60 centimètres carrés, dont les deux branches verticales se prolongent en dessous sur une longueur de 0m,22 pour former pieds. Ces deux branches portent en dehors, sur leurs côtés, deux supports en bois, longs de 0m,22, larges de 0m,0o, sur lesquels on place les extrémités des hampes du brancard. On assujettit ces hampes, au moyen de cordes, en laissant une certaine distance entre le cadre de manière à donner au brancard une
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certaine élasticité. On peut parfaitement, au moyen de ces supports, transporter les malades ou les blessés par voitures ou par wagons. En effet, les secousses de haut en bas sont amorties par l’élasticité produite par la longueur des hampes, et les secousses latérales par la mobilité qui existe entre les hampes et les branches des supports.
Brancard avec paillasse, supports mobiles et couverture (pl. II, fig. 5). — Pour recouvrir le malade ou le blessé, on jette sur la partie supérieure des cadres une toile qui tombe jusqu’à terre de tous côtés et garantit complètement le patient. On emploie à volonté deux cadres ou un seul pour le côté correspondant à la tête, de manière à avoir un plan incliné. Le brancard peut être défait très-facilement, puisqu’il n’y a qu’à détacher une simple corde et à retirer les hampes en laissant sur sa paillasse le malade ou le blessé transporté et placé pour ainsi dire, sans la moindre secousse. On peut de nouveau, si besoin est, replacer les supports, remettre les hampes dans la paillasse et recouvrir le blessé pour un second transport et tout cela toujours sans secousses.
11 est très-facile au moyen de hampes de placer les malades ou les blessés dans leur lit ou de les changer, mais, pour cela, il faut que les lits soient d’une hauteur peu élevée, que les hampes soient courtes (à peu près de la longueur du lit) et qu’on les saisisse par les côtés. Avec notre méthode, nous constituons un brancard complètement indépendant, très-léger et composé à volonté.
Nous nous servons encore pour le transport des blessés, d’une couchette tapis-brosse, encrin végétal, longue de lm,72, large de 0m60 et épaisse de 0m,03. Cette couchette tapis-brosse porte en dessous six sangles solidement cousues et formant anses de chaque côté pour recevoir deux hampes destinées à la transporter avec un blessé on un malade couché. Les sangles qui se trouvent aux extrémités, du côté de la tête et du côté des pieds traversent complètement le tapis. On peut laisser le patient sur cette couchette dont le coucher est très-doux et qui offre plusieurs avantages sur les autres. En effet, elle contrebalance les secousses des voitures mal suspendues, elle peut facilement être lavée à grande eau suivant le besoin et enfin elle est d’un prix peu élevé.
Italie. — M. Locati, de Turin, avait exposé dans la section italienne trois brancards pliants , avec pieds. Le premier se compose de deux hampes en bois, de forme ovale, maintenues en écartement, à chaque extrémité, par une traverse en bois et placées dans une forte toile retournée autour et lacée en dessous au moyen de cordes. Chaque bande d’écartement est munie de deux pieds fixes, faisant corps avec elle et à l’endroit où cette bande forme pied, elle est percée d’un trou pour laisser passer les poignées des hampes arrondies à cet effet. A cet endroit, la traverse est garnie de tôle. Du côté de la tête, la bande d’écartement se continue en haut et forme un demi-cercle pour permettre d’exhausser la tête du blessé. Ces bandes d’écartement sont maintenues d’une part, par la partie beaucoup plus forte des hampes, et d’autre part par la toile qui passe par dessus, les entoure et est lacée en dessous.
Sur ce brancard était écrit : brancard de camp, A. Locati, Turin, fait le 25 mai 1877. Il est facile à démonter, sans ferrures conformément aux prescriptions des congrès sanitaires internationaux, il a été essayé avec bons résultats par le corps sanitaire de l’armée d’Italie qui l’a proposé au Ministère de la Guerre pour être adopté.
Le deuxième brancard (pl. III, fig. 5) sc compose de deux hampes triangulaires en bois, arrondies à chaque bout, munies de pieds en fer et tenues en écartement, vers leurs extrémités, par une traverse en bois; le tout garni d’une forte
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toile pour coucher le blessé. Les bandes d’écartement en bois, sont terminées par des anses en fer, destinées à recevoir les hampes. Ces bandes sont maintenues d’une part, par l’élargissement des hampes et d’autre part, par la toile qui passe par-dessus et est lacée en dessous. Du côte de la tête, la bande d’écartement est continuée par un demi-cercle en bois qui part de chaque extrémité et remonte en dessus pour permettre de relever la tête du blessé. Les hampes sont munies, à chaque bout, de pieds en fer en forme de V et l’extrémité supérieure de ces pieds formés de bandes de fer, entoure les hampes de manière à les fixer solidement. A chaque extrémité, la toile qui entoure les bandes d’écartement est tendue au moyen d’une corde qui passe d’une part, dans des œillets en cuivre qui la bordent, et d’autre part, dans des œillets semblables fixés à une bande de toile cousue au-dessous; sur les côtés, elle est lacée en dessous, au moyen de cordes passant dans des œillets en cuivre garnis de cuir qui bordent ses deux côtés. Le tout est très-fortement tendu. Ce brancard porte en outre, sur les côtés, des bandes de toile munies de courroies et destinées à maintenir le blessé et les couvertures.
Sur ce deuxième brancard on lisait : brancard, A. Locati, breveté à Turin, se démontant pour faciliter le transport sur les épaules. 11 a été présenté au Ministre de la Guerre, le 25 novembre 1877.
Sur le troisième brancard, tout à fait semblable au premier, on lisait : adopté en 1878, par le Ministre de la Guerre pour le service de l’armée italienne.
Pays-Bas et Indes Néerlandaises. — Nous décrirons d’abord les brancards exposés dans la partie réservée aux Indes Néerlandaises, et nous étudierons ensuite les brancards qui se trouvaient dans la section des Pays-Bas proprement dits.
Nous citerons en commençant, quatre tiroirs-lits rigides et sans pieds placés dans la charrette d’ambulance deM. Déelemann exposée dans la partie réservée aux Indes Néerlandaises et que nous étudierons plus loin (pl. VI, fig. 4). Ces tiroirslits, à fonds cannelés, garnis de tringles en fer sur les côtés sont fermés et maintenus en arrière, dans la voiture, par un verrou.
Dans la même partie, nous avons trouvé deux brancards-lits de camp, rigides et munis de pieds, exposés également parM. Déelmann, ingénieur à Batavia. Le premier brancard-lit de camp, a été adopté dans les armées des Indes Néerlandaises; il se compose d’un châssis en bois dur sur lequel une forte toile est clouée, excepté du côté de la tête où elle peut s’allonger pour recevoir un oreiller. Ce châssis est supporté par quatre tringles en fer de 0^,50 de hauteur, formant pieds; à une hauteur de 0m,30 au-dessus du sol, le châssis est fixé, à chaque tringle, au moyen de chevilles, le reste de la tringle traverse le bois du châssis et est garni au-dessus par une forte toile double de O^IO de large qui est tendue de chaque côté pour former des gardes. A chaque extrémité, une tringle en fer de la largeur du châssis, courbée en demi-cercle à convexité supérieure, est articulée de chaque côté sur le châssis de manière à pouvoir être couchée en avant sans qu’il soit possible de la replier en arrière où elle est arrêtée par des chevilles en bois. Ces tringles forment ainsi des anses hautes de 0m,72 qui permettent la suspension du brancard. A cet effet, l’extrémité supérieure de chaque anse est rétrécie et forme un petit cercle qui peut recevoir un bâton rond de 0m,06 de diamètre pour que deux hommes puissent porter, sur leurs épaules, le brancard-lit suspendu sur ce bâton. Le deuxième brancard-lit, semblable au premier, est pourvu d’un oreiller et recouvert d’une gaze tombant jusqu’à terre destinée à garantir le blessé contre les moustiques.
Le même exposant présentait encore, dans la même section, un brancardhamac que nous avons décrit page 453 dans notre paragraphe sur les hamacs, auquel nous renvoyons le lecteur.
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Dans la section des Pays-Bas proprement dits, le Comité de la Société de la Croix-Rouge d’Utrecht avait exposé un brancard ,sy sterne Herckenrath.CebrdLn card en fer, muni de lourds supports, a, en place de pieds, des feuilles de ressorts courbées en demi-cercle.
M. Keyser, d’Utrecht présentait un brancard en bois, 'pliant sur les deux côtés, garni d’une forte toile, muni d’une capote et reposant, à chaque extrémité, sur deux demi-cercles en fer renversés.
Sous le côté développé de la voiture, tente d’ambulance, système du lieutenant-colonel J. H. Kromhout, exposée par le Ministre de la Guerre et que nous étudierons plus loin, se trouvaient trois brancards en bois pliants munis de pieds et d’allonges en bois glissant dans des bandes en fer galvanisé. Ces brancards sont garnis de toile munie de bandes de cuir sur les côtés et fixée au moyen de boutonnières. Au milieu on trouve des joues en toile qui remontent pour maintenir les blessés et leurs couvertures. Ces brancards, dont la partie correspondant à la tête peut être relevée pour l'exhaussement, sont munis de pieds en bois très-solides, garnis de petites bandes de fer galvanisé et mobiles au moyen de charnières en bois.
M. W. P. Ruisch, médecin militaire à Amsterdam, présentait un brancard-lit d'ambulance pliant et muni de pieds articulés. Cet appareil peut servir de brancard pour le transport des blessés sur le champ de bataille, de lit d’ambulance ou de lit de transport soit par voitures ou wagons, soit par eau. Il se compose d'une couchette en bois articulée à charnières pour être pliée et garnie d’une double toile pour augmenter l’élasticité. Cette toile peut être relevée à une extrémité et l’intervalle qui se trouve alors entre la couchette et la toile relevée peut être rempli et former un soutien très-commode pour la tête de la personne couchée. Cette couchette est munie de supports en fer en forme de T qui les empêchent d’enfoncer dans la terre molle et qui peuvent rentrer dans les bras. Elle est pourvue en outre de pieds articulés portant des galets pour permettre de la rouler et de leviers mobiles que l’on peut fixer dans les bras à des endroits différents selon l’usage auquel le Ht-brancard est destiné. Ces leviers mobiles permettent de le transporter et de l’installer facilement dans les voitures, les wagons ou les bateaux.
Ce lit-brancard est assez léger, très-solide et se démonte facilement et rapidement. Son plus grand avantage est la facilité qu’il offre de former un lit ou un brancard disposé de façon que le blessé ne soit pas obligé de changer de position pendant son transport du champ de bataille à l’ambulance ou à l’hôpital.
Russie — La Russie nous présentait deux modèles de brancards pliants , avec pieds , système du capitaine Valentin de Gorodezki. Le premier brancard se compose de deux hampes en bois, rondes, mobiles, de 0m,0i de diamètre, terminées par des poignées arrondies, longues de 0m,l 3 et d’un diamètre de 0m,03. Ces hampes glissent dans les coulisses d’une toile libre à une extrémité pour permettre d’exhausser la tête du blessé. Les bandes d’écartement, également en bois, sont terminées, à chaque extrémité, par un anneau en fer destiné à recevoir les bouts des hampes et munies en dessous d’une plate-bande en fer de 0nB,02 de large et de 0m,004 d’épaisseur qui forme pieds. Ces pieds s'inclinent de dedans en dehors à angle de 45 degrés et sont fixés à la traverse d’écartement au moyen de boulons et d’écrous. La largeur des pieds, en haut, au point où ils sont fixés à la traverse d’écartement, est de Om,li, et en bas, au niveau du sol, de 0m,06; leur hauteur est de 0m,17.
Brancard avec traverses articulées (pi. II, fig. f). — Le deuxième brancard ne diffère du premier que par les bandes d’écartement et par les
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pieds. Chaque bande d’écartement, formée de deux parties articulées, au milieu et en dessous, par charnière et maintenues en dessus par un fort crochet en fer, est munie de deux pieds en fer en forme de placés verticalement et arrondis dans la partie qui touche le sol. Ces pieds sont fixés à la bande d’écartement au moyen de boulons maintenus par des écrous. Ces deux brancards sont en sapin.
Dans la voiture d’ambulance exposée par M. Schmidt, de Saint-Pétersbourg, et que nous étudierons plus loin page 480, cet exposant présentait un mode de transport de blessés d’une grande simplicité. Dans cette voiture, les blessé? sont couchés sur des matelas en toile et laine fortement capitonnés. Chaque matelas est fixé sur une forte toile imperméable sous laquelle quatre sangles larges de 0m,075 sont fortement cousues. Ces sangles forment, de chaque côté du matelas, des anses destinées à recevoir des bâtons ronds en bois qui forment hampes. Ces hampes sont ensuite tenues en écartement, à chaque bout, par deux autres bâtons, également en bois, terminés par un anneau en fer destiné à recevoir l’extrémité de chaque hampe, afin de constituer un brancard pour permettre de transporter le blessé couché sur le matelas.
Suisse. — Nous terminerons ce paragraphe par la description de deux brancards présentés dans la section suisse : Un brancard-gouttière de M. Demaurcx et un brancard que nous avons trouvé dans la voiture d’ambulance exposée par M. Hauck, carrossier à Genève.
Le brancard- goullicrc pliant, sans pieds, de M. Demaurex, bandagiste à Genève, a pour but d’immobiliser les blessés pendant le transport et peut être employé au traitement des fractures compliquées des membres inférieurs. Ce brancard, large de 0m,60, se compose de deux hampes articulées et de quatre traverses en fer qui maintiennent l’écartement. La longueur de la partie moyenne des bâtons est de lm, 15, la longueur de la partie articulée correspondant à la tête est de 0m,70 et la longueur de la partie articulée correspondant aux pieds est de 0m,50. Ces dernières parties peuvent se rabattre et se maintenir dans des positions fixes pour former pieds. Chaque partie arLieulée est maintenue en écartement par une tringle et la partie du milieu par deux tringles. Les articulations se font au moyen de tôles plates galvanisées de 0m,0t de large et de 0",003 d’épaisseur; ces plates-bandes sont fixées sur les extrémités mobiles du brancard qui roulent sur le bout arrondi de la partie moyenne, partie qui, elle-même, est traversée par une cheville en bois qui forme le mouvement de l’articulation. Une fois cette articulation allongée, on peut maintenir la partie articulée au moyen d’une petite traverse placée en dessous; les plates-bandes et le dessous de l’articulation forment alors pieds. A l’endroit où les articulations se touchent, une dent en bois entre dans la partie fixe pour maintenir le tout.
Ce brancard est garni d’un appareil composé d’attelles jugulées sur toile, placé sur les traverses en fer du milieu et maintenu par trois anneaux en fer bouclés. 11 constitue, avec ou sans le brancard, une gouttière embrassant tout le corps, offrant ainsi les avantages des grandes gouttières de Bonnet, sous m e forme et un volume réduits, pour en rendre l’emploi plus facile dans les ambulances. Les attelles, composées de planchettes de différentes longueurs, suivant les dimensions du corps, ont 0m,03 de large. Elles peuvent être retirées pour permettre de laver la toile qui présente au milieu une ouverture pour les évacuations. Du côté de la tête, tout est maintenu par des sangles et la traction et la contre-extension s’opèrent au moyen de grandes écharpes qui vont se fixer au travers du brancard.
Le brancard pliant, monté sur six galets, qui se trouvait dans la voiture d’am-
INSTRUMENTS ET APPAREILS
bulance de M. Hauck, est large de 0m,50, a un fond en bois, à claire-voie, et est divisé en quatre parties pour être plié en longueur. La partie du milieu, fixe, est tapissée ; les autres parties, non tapissées, sont mobiles, au moyen de charnières. Les extrémités, servant de poignées, sont également mobiles sur charnières pour permettre de placer facilement le brancard dans la voiture. Il est muni de six galets creux qui facilitent son chargement et son déchargement et surmonté de trois cerceaux en bois réunis entre eux par quatre petites planchettes parallèles, placées en longueur et maintenues dans les bois du brancard par des coulisses en tôle. Ces cerceaux sont destinés à recevoir une toile qui permette de couvrir et de garantir le blessé.
5* Brancards et Civières à roues. — Brouettes.
Avant d’arriver au transport des blessés avec le concours des animaux, nous avons à étudier les brancards à roues, les chariots à main, destinés comme les précédents au transport par le concours des hommes. Ces brancards montés sur des roues, qui n’ont été introduits dans les ambulances que depuis quelques années, méritent certes une étude toute particulière, et c’est ce qui nous a poussé à les réunir dans un paragraphe spécial. Ces brancards qui ont pour but d’enlever les blessés du champ de bataille, en diminuant le nombre des porteurs, doivent être bien suspendus afin de diminuer, autant que possible, les secousses qui font tant souffrir les blessés et être, en outre, d’une très grande légèreté pour être conduits, sans trop de fatigue, par un seul homme.
En effet, pour être utile, ce mode de transport doit avoir l’avantage de mener plus vite à destination et sans secousse, tout en procurant une économie de force motrice.
Autriche-Hongrie. — Dans la section Paustro-hongroise, M. Jacob Lohner de Vienne, avait exposé un brancard à roues , disposé pour être traîné, soit par un cheval, soit par un homme (pi. V, fig. 7).
Cet appareil est formé d’un chariot et d’une couchette-brancard. Le chariot se compose de deux grandes roues de 4 m,50 de diamètre et de 0m,02o d’épaisseur, à doubles rayons en bois, pourvues d’un essieu coudé et courbé en haut. De chaque côté du coude de l’essieu est placé un brancard de traction en bois maintenu en écartement en avant et en arrière par des traverses également en bois. La traverse antérieure porte une attache pour un cheval et la postérieure est relevée par deux fers courbes pour permettre de pousser le chariot.Les brancards pour le cheval se replient sur les côtés, à droite et à gauche et chaque brancard est doublé par un brancard à main; sur chaque coude de l’essieu est fixé un ressort de lm,50 de long destiné à soutenir une couchette large de Om^, toute pleine, en bois, munie d’allonges rentrant dans les côtés et pouvant servir pour la porter. Cette couchette, garnie d’un matelas et d’un oreiller capitonnés en varech est pourvue à chaque extrémité de deux pieds maintenus en écartement par une tringle en fer et placés en biais lorsqu’ils reposent sur le sol. Ces pieds peuvent être repliés le long de la couchette. Un couvercle rigide, en fer et bois, très léger et garni de toile munie d’ouvertures, sert à recouvrir et garantir le blessé.
La couchette peut être suspendue aux extrémités des ressorts longs à l’aide de quatre plates-bandes en fer. Pour le chargement, on conduit le chariot à l’endroit où se trouve le blessé installé dans la couchette, de manière que les deux grandes roues roulent à droite et à gauche suivant l’axe long/tudinal e
que la couchette se trouve au-dessous de l’essieu, en face des bandes de ressorts de suspension. On soulève la partie correspondant à la tête du blessé e on l’accroche à ces ressorts ; on soulève ensuite et on accroche de même la partie correspondant aux pieds. Pour le déchargement, on opère en sens inverse, de manière que les pieds du blessé soient descendus avant sa tête.
Le chargement peut se faire d’une autre manière. Le chariot amené sur la couchette, on enraye les roues au moyen de courroies destinées à cet usage, et on abaisse la partie du chariot correspondant à la tête du blessé, de manière que les bandes de suspension descendent jusqu’à la couchette elle-même. On accroche alors la partie de la couchette correspondant à la tête à ces bandes,, on relève le chariot et on l’abaisse en sens contraire pour attacher de la même façon la partie correspondant aux pieds du blessé. Seulement, comme nous l’avons dit, la couchette repose sur le sol sur des pieds placés, en biais; il faut donc, si l’on use de ce dernier mode de chargement, lorsqu’on a accroché la partie correspondant à la tête et qu’on soulève le brancard avec la couchette pour l’abaisser du coté des pieds, afin d'accrocher cette partie, faire bien attention que les pieds qui supportent la couchette de ce côté peuvent se rabattre. Il nous paraît donc raisonnable, une fois la partie correspondant à la tête accrochée, de relever la partie correspondant aux pieds sans abaisser le chariot.
Le blessé est parfaitement dans la couchette et sur le pavé même ne ressent aucune secousse, grâce aux longs ressorts auxquels elle est suspendue. Un seul homme peut traîner ce brancard-roues avec la plus grande facilité sur tous les terrains.
Belgique. — Dans la section belge, nous avons trouvé trois brancards à roues.
1° Un brancard à roues , porte-civière ou léchopliore, exposé par MM. d’Ieteren frères, de Bruxelles et construit par eux, sur les indications de M. Charles de Latour.
Ce véhicule (pl. I, lïg. 10) se compose de deux roues de lm,30 de diamètre et de 0m,04 d’épaisseur, garnies de fers demi-ronds. L’essieu de ces roues forme en dessus un demi-cercle d’un rayon de0m,80qui porte dans son milieu une lanterne avec l’inscription : Hôpital. Sur le coude, entre la courbure de l’essieu et les roues se trouve, de chaque côté, un ressort de lm,20 de long qui soutient un châssis en bois formé de deux bâtons longitudinaux réunis en avant et en arrière par deux traverses, de manière à former un cadre, tout en laissant dépasser les bâtons longitudinaux à chaque extrémité, pour qu’ils puissent servir de poignées pour les brancardiers. Outre les deux ressorts qui soutiennent ce châssis, quatre ressorts en feuilles courbées, d’un rayon de 0m,30, deux à la jonction des traverses avec les bâtons longitudinaux et deux à environ 0,n,20 des premiers, sont attachés au-dessus de ces bâtons et garnis de soupentes qui descendent d’environ 0m,lo et sont terminées par de forts crochets qui servent à supporter une civière ou couchette en bois, à claire-voie, très-solide. Cette couchette est munie, à chaque extrémité, de deux poignées et recouverte par une toile tendue sur des cerceaux en bois, de manière à former un couvercle qui se meut par charnières. Elle est pourvue de quatre pieds pour pouvoir reposer par terre, et sa hauteur au-dessus du sol est de 0«>,4o. Les roues sont établies à la largeur des voies de tramways, la longueur totale du porte-civière est de 4m et sa largeur de 4 m,40. Il est muni, à une extrémité, de deux grands supports en fer destinés à le soutenir.
Le blessé se trouvant couché dans la civière posée sur le sol, on pousse le porte-civière, de manière que les supports se trouvent du côté de la tête. Ces supports posant à terre, on soulève la civière pour l'accrocher aux soupentes du côté de la tête, puis on soulève l’autre extrémité pour l’accrocher également.
INSTRUMENTS ET APPAREILS
Le décrochage s’effectue à rebours, de manière que la tôle du blessé ne soit pas descendue plus bas que les pieds.
Ce véhicule a été adopté par les hôpitaux de Bruxelles et par plusieurs administrations particulières.
Légende de la pi. J, fig. 10.
Porte-civière a deux roues, AA, brancards réunis par des traverses; B B, et formant châssis reposant sur l’essieu cintré D ; C. C. C. G. Ressorts attachés aux brancards et garnis de soupentes aux bouts desquelles sont adaptées des crochets H, H servant à supporter la civière E, E; F, F. Supports.
2° Un brancard à roues de M. de Mooij, médecin militaire hollandais, construit et exposé parM. Thelen, de Bruxelles.
Ce brancard est monté sur deux grandes roues en fer, à doubles rayons et moyeux en fer, de lm,3o de diamètre et de 0m,35 d’épaisseur. Ces roues sont réunies par un essieu coudé en dessous ; la courbe de cet essieu est de 0m,40 et est distante du sol de 0m,27. Sur ce coude s’en trouve un second de 0m,15 de long qui remonte en face du premier. Ce deuxième coude se termine, de chaque côté, par une patte qui porte une tringle en fer, solidement fixée, de 0m,02 de diamètre et de 2m,50 de long. Les deux tringles sont tenues en écartement, à chaque extrémité, par des tringles transversales de 0m,65 de long, de manière à former un cadre qui se trouve à 0m,80 au-dessus du sol. De chaque extrémité de ce cadre, partent deux bandes en fers plats de 0m,05 de large, 0m,004 d’épaisseur et 0m,3.H de long qui descendent obliquement vers le sol et sont réunies, à leur extrémité inférieure, par une plate-bande également en fer plat de même largeur, de même épaisseur et de 0m,48 de long. Les bandes sont à frottement sur les tringles et servent de pieds quand le brancard est posé sur le sol. Le tout peut être démonté facilement. Sur chaque extrémité du brancard, à chaque point de réunion des tringles longitudinales avec les tringles transversales, on a fixé un anneau destiné à supporter un hamac en toile, bordé de coulisses et garni de cordes dans la longueur et la largeur. Ce hamac porte, dans toute sa longueur, à droite et à gauche, une tringle en fer de 0m,004 de diamètre et sur ces tringles et sur ce hamac, on trouve de fortes pattes en cuir de 0m,06 de large, entaillées pour recevoir, à chaque extrémité, un cerceau en fer destiné à supporter une toile qui sert de couverture. Du côté de la tête, une autre tringle en fer soulève la toile et, de ce côté, la tringle d’écartement est surmontée d’une tige de fer qui suit toute la largeur du brancard et forme avec la première un châssis rectangulaire de 0m,35 de hauteur. La tringle qui maintient l’écartement en arrière porte dans son milieu une petite tige de fer de 0m10 de hauteur sur laquelle on accroche la toile servant de couverture. Celle-ci est en outre fixée, au moyen de vis, sur les demicercles qui la soutiennent. Elle porte, dans des coulisses, trois cordes, une au milieu et une de chaque côté, pour qu’on puisse la raidir à volonté.
3° Un deuxième brancard à roues de M. de Mooij, construit et exposé par M. Thelen.
Ce brancard est monté sur deux grandes roues à doubles rayons en fer de lm,30 de diamètre et 0m,03o d’épaisseur. L’essieu coudé en dessous, forme une courbe de 0m,50 et cette courbe est, distante du sol de 0m,16. A l’endroit du coude, l’essieu est traversé par une tringle en fer de 0m,02 de diamètre maintenue par une vis de pression. Cette tringle porte, à chaque extrémité, un crochet maintenu également par une vis de pression, et chaque crochet supporte l’un des anneaux d’un brancard en fer. Ce brancard qui se trouve à 0m}40 audessus du sol, est maintenu en écartement par des tringles transversales en fer munies de pieds également en fer de 0m.20 de hauteur. Chaque extrémité
L’ART MÉDICAL
est pourvue d’une poignée en bois emmanchée sur un bec-de-cane en fer de 0m,02 de diamètre. A ce brancard en fer, est suspendue une couchette formée d’un cadre en bois, à fond sanglé. L’ensemble est recouvert par un toit en toile cirée; ce toit complètement mobile, qu’on peut enlever par pièces et qui est surélevé du côté de la tête, est soutenu à chaque extrémité par un demicercle en bois et au milieu par des demi-cercles en fer placés de distance en distance. Il est percé du côté de la tête et du côté des pieds de grandes ouvertures munies de rideaux.
Chine. — Nous ferons rentrer dans notre paragraphe sur les brancards à roues, plusieurs brouettes qui servent au transport en Orient et qui étaient exposées dans la section chinoise.
Nous avons remarqué une brouette à grande roue. Avec cette brouette, on peut transporter deux personnes, une à droite et l’autre à gauche, placées sur deux claies formant sièges qui se trouvent de chaque côté de la roue. Entre ces deux claies, au-dessus de la roue, une troisième claie qui réunit les deux premières peut recevoir une assez forte charge. La roue, qui a environ I mètre de hauteur, est cerclée d’un fer dont la surface libre présente une rainure dans son milieu. Ses jantes ont environ 0m,05 de largeur et 0m,12 de hauteur; ses rais sont emmanchés dans un moyeu de 0m,20 de diamètre et de 0m,50 de longueur. Le moyeu est traversé par un essieu en fer dont les deux extrémités s’engagent dans une planchette en forme de marteau. Chaque planchette, haute de 0m,20, large de 0m,10 et épaisse de 0m,02, supporte un brancard de 2m,o0 de long, de sorte que chaque brancard se trouve surélevé de toute la hauteur de la planchette. Les planchettes sont obliquement fixées aux brancards et forment avec eux un angle d’environ 30°, de sorte que, par cette ingénieuse disposition, l’inclinaison des brancards au repos, lorsqu’ils portent par terre, se trouve sensiblement amoindrie.
Les brancards sont réunis entre eux par des traverses qui emprisonnent la roue de toutes parts, et deux montants, qui vont parallèlement avec la roue et la dépassent, sont pourvus d’une claie de lm^o de long sur Om,oO de large, le tout assez fort pour supporter une lourde charge. En outre, sur chaque côté des brancards, court un bois cintré en ovale de lm,50 de long et de 0m,50 de large, emmanché fortement sur les brancards et formant une claie également ; sa partie la plus large de chaque côté est de 0m,50. Ainsi, en ajoutant les 0m,50 de large de la claie qui surmonte la roue aux 0m,50 des claies qui se trouvent de chaque côté, on a lm,50 de large sur lm,50 de long.
Une deuxième brouette à une roue .
La roue est située entre les deux brancards, au milieu de leur longueur. L’essieu est soutenu de chaque côté dans l’angle de croisement de deux planchettes qui descendent des brancards. Ceux-ci sont surmontés d’un châssis en bois destiné à recevoir les charges. Au-dessous de chaque brancard, se trouve un pied mobile destiné à le tenir dans la position horizontale. Chaque pied est commandé par deux ficelles qui le maintiennent en place.
Une troisième brouette à longs et très-forts brancards et à une roue.
Cette brouette est destinée au transport de charges très-fortes. La roue se trouve au tiers de l’extrémité des brancards.
France. — Dans la section française, nous avons à étudier : un brancard à deux roues du regretté Dr Gauvin, mort à l’âge de 35 ans ; un brancard à deux roues de M. Guillot et un brancard-voiture à quatre roues de M. Vincent.
Le brancard-lit, àressorts , avec roues du Dr Gauvin (pl. IV, fig. 4), a été exposé par la Société française de secours aux blessés militaires. En voici la description :
INSTRUMENTS ET APPAREILS
Deux hampes en bois munies de 2 galets en bois de 0m.0o de diamètre, garnies d'une forte toile et tenues en écartement, à chaque extrémité, par des tringles en fer pliantes, constituent un brancard dont le milieu est pourvu, en-dessous et de chaque côté, d’une patte en for double qui fait saillie sur le côté et qui est trouée pour pouvoir laisser passer un cylindre en fer de 0m.012 de diamètre. Ce cylindre sert à fixer le brancard sur un triangle en fer plat supporté par un essieu droit, également en fer, monté sur deux grandes roues, de 0m,8o de diamètre. Ce brancard est surmonté, de chaque côté et à chaque extrémité par un ressort en feuilles, courbé en demi-cercle qui supporte un châssis en bois garni de toile avec appui pour la tête. De ce côté, le châssis est muni d’une capote en tringles de fer articulées recouvertes d’une toile et est pourvu, du côté des pieds, d’une couverture en toile destinée à recouvrir et à protéger le corps. De chaque côté et au milieu, on trouve une joue garnie de cuir.
Ce brancard utile sur tous les terrains est très mobile et se démonte facilement de ses roues pour pouvoir servir de brancard ordinaire. Comme il porte avec lui ses ressorts de suspension, il peut alors être facilement placé, chargé d’un blessé, soit dans une voiture, soit dans un wagon.
Légende de la planche IV , fig. 4.
brancard-lit a ressorts, avec roues du Dr Gauvin. — A, poiiil (le jonction mobile entre le brancard et l’essieu. — B. Capote en toile. — C. Tablier en toile pour couvrir le blessé.
Le brancard de M. Guillot,bandagiste à Paris, était placé sur un chariotà deux roues construit sur les indications du professeur Léon Le Fort. Ce brancard et le chariot sont complètement indépendants et peuvent être séparés avec la plus grande facilité.
Le brancard (pl. III, fig. 4) est en fer creux galvanisé, garni d’une forte toile double en treillis lacée en dessous pour être enlevée commodément. Il porte une surélévation pour la tête, et la toile treillis qui supporte cette partie du corps est soutenue par une traverse en fer creux brisée en deux parties et se démontant facilement. Les deux traverses qui tiennent les hampes du brancard en écartetement, également en fer creux, sont munies de deux pieds en forme de Yf l’un en avant, l’autre en arrière. Ces traverses sont tenues, dans les points de jonction avec les hampes, par des clavettes à tenons et à rainures pour permettre de démonter le tout afin de ne former qu’un léger paquet. Le prix de ce brancard est de 70 francs, son poids est d’environ 6 kilos.
A l’Exposition, ce brancard se trouvait placé à 0m,40 au-dessus du sol, sur un chariot à deux roues de 0m,80 de diamètre, à rayons alternés (pl. III, fig. 3). Le train de roues dû, comme nous le disions plus haut, au professeur Léon Le Fort, peut s’adapter également au brancard réglementaire du Ministère de la guerre. L’essieu est en fer courbé en demi-cercle en dessous, et sur cet essieu sont fixés deux ressorts en feuilles de 0m,80 de long, portant de chaque côté, des chappes à charnières surmontées par des vis de pression qui permettent de fixer le brancard maintenu en outre par une coupe demi-ronde en bois. Les ressorts sont fixés sur l’essieu par une chappe de l’épaisseur de cet essieu et sont maintenus par un écrou à oreilles. L’essieu est fixé aux roues au moyen de clavettes en fer et retenu par un cordon en cuir qui passe au travers de la clavette. Ces différentes dispositions permettent de démonter très facilement le tout pour n’en faire qu’un léger colis. Le prix du train de roues est de 90 francs, ce qui remet les deux appareils : brancard et train de roues à 160 francs.
Le brancard-voiture de M. Vincent est en bois, garni d’une forte toile tendue
L’ART MÉDICAL
au moyen de cordes et monté sur quatre roues, deux grandes derrière de 0m,7o et deux de devant de 0m,30 de diamètre. Il'est suspendu sur des ressorts eu feuilles. Les deux grandes roues sont montées sur un axe en fer, articulé au centre de manière qu’on puisse rapprocher ces roues l’une contre l’autre. Les deux petites roues conjuguées, montées sur un essieu, sont fixées l’une contre l’autre. Sur l’essieu de derrière &e trouvent deux grands ressorts en feuilles de 0m,85 de long qui ont leur point d’appui, d’une part, sur le milieu du brancard, et d’autre part sur son extrémité correspondant à la tête. Du côté des pieds, on trouve également deux petits ressorts fixés à l’essieu des petites roues qui tournent autour de leur axe. L’essieu des roues de devant porte, en outre, une feuille de ressort coudée presque en équerre. Sur ces ressorts, est placée de chaque côté, une tige de brancard en bois et ces deux tiges sont réunies, du côté de la tête et du côté des pieds, par des tringles transversales qui maintiennent l’écartement et constituent un cadre. En retirant ces tringles, on peut rapprocher les tiges et plier l’essieu des grandes roues pour diminuer la largeur. Du côté de la tête, les tiges sont surmontées de feuilles de ressorts, courbées en demicercle d’un rayon de 0m,25 ; les bouts libres de ces ressorts sont réunis par une tringle transversale chevillée et mobile qui maintient l’écartement et permet d’exhausser la tête de la personne couchée. Tout le long du brancard, de chaque côté, cinq petites feuilles de ressorts sont percées de trous de 0m,0l5, donnant passage à. des cordes qui glissent dans les coulisses d’une toile, destinée à recevoir le malade et le blessé et qui la tendent fortement. Du côté de la tête, cette toile et ces cordes sont fixées sur la tringle de surélévation. Du même côté enfui, trois tringles en fer garnies de toile, forment capote. Cette capote est fixée, de chaque côté du brancard, à une tige en fer, au moyen d’un piton muni d’une vis à oreilles.
La longueur de ce lit-brancard est de lm,80.
6° Gacolets et Litières.
Le premier mode de transport de blessés par le concours des animaux que nous ayons à étudier est le transport au moyen de cacolets et de litières. Par ce moyen, les blessés qui peuvent être transportés assis sont placés sur les cacolets, le visage tourné du côté de la tête de l’animal et maintenus par une ceinture de cuir. Ceux qui ne peuvent se tenir assis, ceux par exemple qui sont atteints de fractures des membres inférieurs, sont placés dans les litières, la tête dirigée en avant et les pieds en arrière. Les cacolets sont accouplés par paires et peuvent être placés indifféremment à gauche ou à droite du bât, tandis que les litières, appariées de même, sont distinguées en litières de droite et de gauche. Il importe que la charge soit égale des deux côtés et bien équilibrée pour que les blessés soient plus doucement transportés et que l’animal ne soit pas blessé par le bât. Lorsque les cacolets 11e sont pas employés, leur conformation permet de les replier sous un petit volume et on les attache sur la croupe des animaux qui doivent les porter. Les litières anciennes ne se repliaient pas totalement, mais aujourd’hui on est arrivé à conformer, au moyen de tringles de fer articulées, des litières nouvelles qui se replient entièrement comme les cacolets. Cette disposition offre ainsi l’avantage de permettre toute espèce de chargement sur les bâts munis de cacolets ou de litières repliés. Parmi les animaux, ce sont généralement les mulets que l’on emploie pour ce mode de transport, etcommeils peuvent passer partout, on peut aller chercher les blessés jusqu’au milieu même des combattants, tout en employant beaucoup moins de personnel. Dans certains pays, surtout dans les pays montagneux dépourvus de routes, et dans certaines
INSTRUMENTS ET APPAREILS
circonstances, les cacolets et les litières peuvent donc rendre de grands services et cependant ils ne doivent être employés que lorsque tous les autres moyen de transport font défaut, car les blessés n’y trouvent jamais, quelque soin que l’on apporte à la fabrication et à la disposition de ces appareils, qu’un bien-être fort relatif. En elïet, le mouvement imprimé aux cacolets et aux litières par l’animal, marchant même au pas, ne permet pas d’employer ce mode de transport pour les blessures graves.
D’un autre côté, le transport par cacolets et litières, avec des mulets surtout ne parait pas d’un emploi avantageux sur les champs de bataille, car il faut quatre hommes pour contenir un mulet emporté sous le feu de 1 ennemi et s’en rendre maître et, de plus, le chargement, au milieu des combattants, est difficile et souvent dangereux.
Par conséquent et comme nous le disions tout à l'heure, ce moyen de transport est peu praticable et ne doit véritablement être employé que lorsque tous les autres font absolument défaut.
L’Espagne et la France qui, du reste, paraissent être les seules puissances qui aient employé, d’une manière systématique et suivie, ce mode de transport, sont aussi les seules puissances qui aient présenté des cacolets et des litières à l’Exposition de 1878.
Espagne. — Le Parc militaire de santé de Madrid exposait différents cacolets et quelques modèles de cacolets ordinaires. Nous signalerons seulement un bat destiné à transporter ces cacolets (fig. 5, page 451 ), surmonté, dans son milieu, par un petit tonneau en bois pouvant contenir à peu près 25 litres.
France. — Dans la section française, des cacolets et des litières ont été présentés par le Ministère de la guerre et par la Société française de secours aux blessés militaires.
Le Ministère de la guerre avait exposé un spécimen de mulet avec cacolets destinés au transport de blessés assis et un spécimen de mulet avec litières pour le transport de blessés couchés.
Les cadres des cacolets sont en fer ; ils sont garnis de coussins, munis de supports pour les pieds des blessés et peuvent se replier pour le transport des bagages.
Les litières sont composées de tringles de fer articulées à charnières, réunies par de fortes bandes de toile croisées et laissant entre elles des intervalles, de manière que cet assemblage donne assez d’élasticité pour recevoir les blessés couchés. Les litières peuvent être repliées comme les cacolets pour permettre au besoin le transport d’une partie du matériel.
Le mouvement de ces cacolets et de ces litières est assez doux et produit un effet de tangage. Chaque cacolet et chaque litière pèsent environ 48kilog. avec le bât.
La Société française de secours aux blessés militaires a présenté une selle de cheval, pourvue de chaque côté, d’une planchette de 0m,ô5 de long et de 0,n,45 de large destinée à recevoir un cacolet, ou une litière, ou un coffret d’ambulance. Cette selle est garnie de coussins pour garantir la colonne vertébrale de l’animal destiné à la porter
La même Société exposait encore un bat cacolet en bois (pl. IV, fig. 9), près senté par M. Houzé de l’Aulnoit, vice-président du Comité de secours aux blessés de Lille. Le bât et les crochets qui y sont attachés ont servi au service du matériel d’ambulance des mobilisés de l’année du Nord, pendant la guerre de 1870-1871. Présentés au comité de Lille, en 1871, par M. Houzé de l’Aulnoit, ils ont été adoptés à cause de leur légèreté et de leur force.
Pour utiliser cet appareil comme cacolet, on se sert d’un siège composé de TOME VIII. — NOUV. TECH. 32
L’ART MÉDICAL
six barrettes en bois que l’on peut replier contre le dossier. Ce dossier est composé de deux barres verticales reliées supérieurement par une barre horizontale et terminées par deux crochets que l’on maintient fixés le long du bât, au moyen de deux crampons en fer. Pour que le malade ou le blessé puisse trouver un point d’appui, la partie supérieure du dossier est munie d’une tige en fer à pivot susceptible de se relever et de recevoir une lanière de cuir qui peut être attachée au crampon supérieur. Une autre lanière fixée à la partie antérieure du siège peut être abaissée pour soutenir les pieds de la personne assise.
Pour transporter des blessés couchés, on place de chaque côté de la selle et sur les cacolets une couchette de lm,80 de long et de 0m,60 de large. Chaque couchette (pi. IV, fig. 10), formée de tringles en fer articulées à charnières, est garnie d’une forte toile; elle peut se replier facilement et est pourvue d’une capote formée également en tringles de fer articulées à charnières, pour pouvoir être repliée et destinée à recevoir une toile qui puisse protéger la tête du blessé couché.
7° Voitures d’ambulance.
Les voitures d’ambulance sont destinées au transport des blessés du champ de bataille à l’ambulance la plus voisine, de celle-ci à des ambulances ou à des hôpitaux peu éloignés, aux gares de chemins de fer ou aux embarcadères des bateaux à vapeur. Cette partie du matériel, malgré toutes les améliorations qui y ont été apportées, laisse beaucoup à désirer â cause des difficultés que l’on a à surmonter pour concilier l’intérêt particulier du blessé avec l’intérêt plus général de l’armée. Beaucoup de voitures que nous allons étudier, pèchent surtout par leur extrême lourdeur, quand elles devraient réunir une grande légèreté à une extrême solidité. Les voitures disposées pour recevoir six blessés couchés sur trois étages, malgré les différentes modifications qu’elles ont subies, soit pour l’élévation des brancards de l’étage supérieur, soit pour la fixité de ces brancards, nous paraissent cependant devoir difficilement atteindre leur but. En effet, c’est toujours avec une très-grande difficulté que les couchettes supérieures sont mises en place quand elles sont chargées et malgré tout, les blessés sont exposés à de grandes oscillations.
Pour les voitures destinées au transport de quatre blessés couchés sur deux étages, la grande difficulté que l’on a à charger et à décharger les blessés du deuxième étage nous ferait proposer un plancher à claire-voie, pour les brancards supérieurs. Ce deuxième plancher pourrait être fixé au moyen de charnières afin de pouvoir être rabattu et servir de banquettes pour les malades ou blessés assis. On aurait ainsi les avantages suivants : facilité de chargement et de déchargement, en faisant glisser les brancards sur ce deuxième plancher; possibilité de placer ou de retirer chaque blessé sans avoir besoin de déranger les autres, ce qui serait un grand avantage; et enfin sécurité plus grande qu’avec des brancards suspendus au moyen de courroies, puisqu’on n’aurait pas à craindre les dangers que peut amener une courroie brisée.
D’un autre côté, une bonne voiture d’ambulance doit être simple, légère, bien suspendue, bien aérée, d’une solidité suffisante, d’un accès commode et d’une contenance qui permette de placer les blessés assis ou couchés sans qu’ils soient incommodés l’un par l’autre. Comme aménagement, elle doit posséder plusieurs brancards, des ressources chirurgicales de première nécessité, quelques provisions de bouche, un réservoir à eau et un réservoir à boisson. Toutes les voitures qui ont été exposées présentent plus ou moins toutes ces qualités; quoi qu’il en soit, chacun a fait des efforts pour chercher à rendre le plus grand bien-être possible aux blessés et tous ces efforts ont donné naissance aux nom-
INSTRUMENTS ET APPAREILS
breuses voitures que nous allons avoir à étudier et que nous diviserons en deux classes : les voitures à deux roues et les voitures à quatre roues destinées au transport des blessés. A la fin de cette étude, nous décrirons deux appareils destinés à supporter les brancards dans les voitures afin d’éviter aux blessés couchés sur ces appareils les souffrances si douloureuses occasionnées par les cahots et les chocs. Un de ces appareils, dû à M. le comte de Beaufort, se trouvait dans l’exposition de la société française de secours aux blessés militaires ; le deuxième, présenté dans la section russe, est dû au capitaine Valentin de Gorodezki. Enfin nous terminerons en citant quelques modes d’appropriation des voitures ordinaires au transport des blessés présentés au Congrès international d’hygiène tenu à Bruxelles en 1876. Nous ne nous occuperons ici que des voitures destinées au transport des blessés; pour les autres voitures qui ont un but spécial : voitures-tentes, fourgons de pharmacie, chirurgie, médecine, voitures-cuisines, le lecteur les trouvera dans les chapitres suivants, auxquels nous le prions de se reporter.
Voitures à deux roues.
France. — Dans la section française, on trouvait plusieurs voitures à deux roues.
Une charrette d'ambulance pour quatre blessés couchés transversalement sur quatre lits-brancards rangés sur le même plan. Cette charrette, construite et exposée par M. Aubié Bergerac carrossier à Montauban, est montée sur deux roues qui ont près de 2 mètres de hauteur; la largeur d’un moyeu à l’autre est de2m,38. La caisse longue de 2m,40, large de 2 mètres et haute de lm,10 est suspendue sur deux ressorts parallèles (pl. VI, fig. 9) de 2 mètres de long placés en longueur et fixés sur l’essieu. La voiture est pourvue de quatre brancards pour l’attelage de deux chevaux l’un à côté de l’autre. Ces brancards (pl. VI, fig. 8) réunis deux à deux et solidement fixés sur la partie moyenne de l’essieu, à l’aide de bandes de fer, sont maintenus en écartement par une traverse en fer solide. Les deux tiers inférieurs de la caisse sont fermés par une porte articulée qui s’ouvre dans toute la largeur en s’abaissant de haut en bas ; le troisième tiers ou tiers supérieur complètement ouvert, est garni de rideaux mobiles. Les deux tiers inférieurs des panneaux des côtés sont complètement fermés et le tiers supérieur tout ouvert est également muni de rideaux mobiles. A l’avant, en haut, se trouve la place pour le cocher qui a son siège entaillé dans la caisse. La toiture de la voiture porte une galerie destinée à recevoir l’armement et l’équipement des blessés. Sous la caisse on trouve quatre supports mobiles pour la soutenir quand elle est au repos et un brancard de rechange pour l’attelage; à gauche un petit coffre et en avant une pelle et une pioche. Cette voiture est assez légère ; il lui manque un réservoir, un frein et un marchepied.
A l’intérieur, place pour quatre blessés couchés transversalement sur quatre lits-brancards rangés sur le même plan. Comme nous l’avons dit dans notre paragraphe sur les brancards, page 457, ces quatre lits se composent de cadres en bois garnis d’une toile cirée rembourrée formant matelas et traversin et munis de chaque côté et à chaque extrémité, de rallonges en bois glissant dans des coulisses pour permettre de les porter comme brancards. Dans la voiture, ils sont • placés en travers et portent, de chaque côté et en dessous pour le chargement, deux galets qui glissent sur des rails fixés sur le fond de la caisse. Le poids de la voiture est de 402 kilogrammes; en en faisant faire un certain nombre, le prix de chaque serait de 1,700 francs.
Nous regardons cette voiture comme celle qui remplit mieux que tout autre
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.analogue de l’exposition, les facilités pour charger, décharger, transporter et passer sur des terrains accidentés, ainsi que les expériences faites l’ont démontré. Elle est construite d’après toutes les règles du progrès moderne, notamment au point de vue des brancards de l’attelage qui, prenant leur point d’appui sur l’essieu et non sur la caisse, épargnent aux blessés les secousses provenant de faux mouvements, car les secousses provenant des chevaux s’amortissent sur l’essieu. La caisse n’est donc exposée qu’aux secousses des roues, mais ces secousses se trouvent elles-mêmes amorties par les deux grands ressorts de 2 mètres de long, longueur extraordinaire, sur lesquels elle est suspendue. Les deux grandes roues de 2 mètres de diamètre permettent à cette charrette de passer sur des terrains accidentés, de traverser même des fossés et de franchir toutes sortes d’obstacles qu’une voiture d’un autre genre ne peut aborder. La grande distance d’une roue à l’autre est une garantie contre les chutes sur les terrains très-inclinés où des voitures ordinaires risqueraient de verser. Enfin, la manière de placer les blessés transversalement permet d’aménager quatre blessés l’un à côté de l’autre sans les superposer, avantage immense pour la facilité de charger et de décharger la voiture et, avantage encore plus grand, qui évite aux blessés placés sur deux étages dans les voitures ordinaires, surtout à ceux qui occupent la partie supérieure, les souffrances causées par les chocs violents latéraux (1).
Le Ministère de la Guerre exposait une voiture à deux roues pouvant recevoir deux blessés couchés l’un à côté de l’autre dans le sens de la longueur. Cette voiture destinée à un cheval est suspendue sur quatre ressorts à six feuilles, deux ressorts fixés parallèlement sur l’essieu, s’allongeant en avant et en arrière pour recevoir les brancards de l’attelage et deux autres ressorts, un en avant, l’autre en arrière, dont le milieu supporte la caisse et dont les extrémités fixées aux brancards les tiennent en écartement. En arrière, à leur extrémité, ceux-ci sont encore maintenus écartés par une tringle en fer d’un centimètre et demi de diamètre.
La caisse posée sur le ressort de devant et sur le ressort de derrière est longue de 2m,50, haute de lm,60 et large de lm,50. Elle est divisée en deux parties, l’antérieure renferme une banquette sur laquelle il y a place pour le conducteur et deux personnes. La partie postérieure, disposée pour recevoir les blessés, n’est pas séparée de la première par une cloison et un infirmier, placé sur l’avant, peut aider au chargement et au déchargement des brancards. L’avant, l’arrière et les baies des côtés sont fermés par des rideaux en toile fixés au moyen de courroies et de pitons. Le marchepied de derrière, formé de deux palettes articulées se relève et vient compléter la fermeture de la partie inférieure de l’arrière. Devant et derrière, des bâtons de repos sont fixés dans des manchons en fer; celui de derrière est articulé. Sous le plancher, une échelle pour le chargement et le déchargement; sur le toit, une garniture en fer pour maintenir l’équipement et l’armement des blessés. A l’avant, une lanterne et un drapeau portant la croix rouge; enfin des croix rouges peintes sur les côtés. Cette voiture a été faite dans les ateliers de l’État. A l’intérieur, place pour deux malades ou blessés couchés sur deux brancards réglementaires du Ministère de la Guerre. Une gouttière en métal munie d’une chaînette, facilite le chargement des brancards ; elle est munie de trois galets, un à chaque extrémité et un au milieu à cheval sur un rail fixé dans le plancher de la voiture. Une fois introduits, les brancards sont suspendus à des courroies qui entourent chaque extrémité du brancard reposant . en outre sur un crochet de
(1) Voir Etudes sur V Exposition de 1867, Appareils et instruments de l'art médical , par le Dp Grubv, chez Lacroix, éditeur, rue des Saints-Pères, 54, Paris.
sûreté fixé à une anse en fer. Les courroies sont fixées également au moyen d’anses en fer, d’une part aux parois, et d’autre part à deux tringles enfer, l’une en avant, l’autre en arrière, qui vont, au milieu de la voiture, du parquet au plafond. Ces tringles sont mobiles et sont fixées au parquet au moyen de vis que l’on retire pour les coucher ensuite en haut, sous le ciel de la caisse.
Cette voiture à deux roues, suspendue sur quatre ressorts, est une des innovations du Ministère de la Guerre. Sa construction ne laisse rien à désirer, aussi bien au point de vue de la solidité qu’au point de vue de la douceur de la suspension. Cette suspension sur quatre ressorts qui a été adoptée par le Ministère de la Guerre est en usage dans beaucoup d’industries depuis une cinquantaine d’années. Si on compare cette voiture à celles exposées par le Ministère en 1867, on pourra mesurer la distance énorme parcourue par l’administration de la guerre, distance qui est tout à son honneur (1).
Ls société française de secours aux blessés militaires présentait plusieurs voitures à deux roues.
1° Une charrette ordinaire appropriée au transport d’un blessé couché. Cette charrette (pl. III, fig.6)pour un cheval est montée sur deux roues et suspendue par deux ressorts. La suspension n’a rien de particulier, les brancards de l’attelage sont lixés à la caisse qui porte en avant deux supports mobiles pour la soutenir quand elle est au repos. A l’avant on trouve un petit coffre qui s’ouvre intérieurement. Dans l’intérieur, un brancard est fixé de chaque côté, sur les ridelles au moyen de crochets munis de ressorts à boudin longs de 0m,18 et larges de 0m,16, système du Dr Le Fort. Chaque ressort (fig. 7), exécuté par Mr Werber se compose d’une partie élastique terminée d’un côté, par une tringle formant crochet que l’on fixe sur les ridelles, et de l’autre côté, par un autre crochet qui reçoit la hampe du brancard.
Fig. 7. Ressort avec crochets, pour la suspension des brancards.
2° Une voiture à deux roues pour quaire blessés couchés. Cette voiture (pl. VI, fig. 1 et 2)., construite par M. Colas, se compose d’une caisse de 2m,50 de Ion-? gueur, lm, 28 de hauteur et lm, 40 de largeur montée sur deux roues de lm,4o de diamètre et suspendue sur trois ressorts : deux ressorts longitudinaux placés sur l’essieu, un de chaque côté et parallèlement avec l’axe delà caisse reçoivent les brancards de l’attelage ; le troisième placé transversalement et fixé également sur f essieu supporte la caisse dans son milieu, de manière que le train, complètement indépendant de la caisse, ne lui communique pas les mouvements imprimés aux brancards par le cheval, et qu’elle reste uniquement soumise au jeu des ressorts.
Elle est pourvue de double marchepieds derrière et de chaque côté. Le marchepied de derrière formé de deux palettes articulées, se relève et complète la fermeture de la partie inférieure de l’arrière de la voiture. L’avant et l’arrière sont fermés par des rideaux simples en toile et les baies des côtés par des rideaux doubles. En avant, sous le plancher, se trouve un coffre divisé en deux compartiments pouvant recevoir divers objets ou agrès. Sur le devant, au-dessus du tablier est disposé un double réservoir enfer blanc renfer-
(1) Voir Exposition du Ministère de la Guerre 1867. Appareils et instruments de tart rhédical, par le Dr Gruby, chez Lacroix, éditeur, rue des Saints-Pères, 54, Paris.
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mant de l’eau et de l’eau-de-vie. Cette voiture est munie d’un frein, de deux lanternes, l’une en avant, l’autre en arrière ; enfin d’une pelle et d’une pioche placées sur les côtés. La toiture porte une galerie destinée à recevoir l’armement et l’équipement des blessés. La caisse est divisée en deux parties : celle d’avant renferme une banquette sur laquelle il y a place pour le conducteur et deux personnes ; cette banquette est mobile pour faciliter la manœuvre du chargement. La disposition intérieure de la seconde partie permet de placer quatre blessés couchés, deux par étage. Les brancards sont suspendus par des courroies fixées d’une part sur les parois et d’autre part sur deux tringles en fer, l’une en avant, l’autre en arrière, qui vont du parquet au plafond et qui peuvent être couchées en haut sous la toiture. Le prix de la voiture est de 1,600 francs. Bonne voiture et asssez douce pour les blessés.
3° Plusieurs voilures-cadres du Dr Olive, construites par MM. Monteil et Ci€ de Marseille, pour 4 blessés couchés (pi. IV, fig. 1 et 2).
La charpente de chaque voiture qui peut être montée sur deux roues dont l’essieu est pourvu de deux ressorts, se compose décadrés de2m,10 sur lm,30. Le cadre du fond est muni de quatre pieds en fer en forme de marteaux, de 0m,50 de long, ayant pour but de le surélever au-dessus du sol quand la voiture est dégarnie de ses roues. La partie supérieure de chaque pied longue de 0ra,07 et ayant 0m,02 de diamètre, s’engage dans une douille garnie de fer et la partie inférieure, petite plaque en forme de double T large de 0m,065 et épaisse de 0m,00o, s’appuie alors sur le sol. Ce cadre est surmonté par quatre montants en bois de lm,40 de haut, 0nv07 de large et 0m,!55 d’épaisseur réunis en haut par deux traverses en bois de même largeur et de même épaisseur, de manière à former quatre châssis.
Les montants sont brisés vers le milieu de leur hauteur et pourvus de charnières pour permettre de rabattre le plafond sur le plancher de la voiture. Ils* sont maintenus sur les côtés par des bandes de fer de force solidement fixées et munies d’un levier en fer qui glisse dans un écrou pour permettre d’abattre ou de relever ces montants. Tous les châssis réunis forment le cadre d’une caisse de voiture. Les châssis de côté, portent, dans les points de jonction des bois, une équeçre en fer fixée par des écrous et des vis. A l’intérieur de ces châssis, on trouve, séparées par un espace de 0m.70, deux traverses larges de 0m,07 et épaisses de0m,03. Le cadre supérieur est réuni, au moyen de charnières avec les châssis des côtés, ainsi qu’avec ceux de devant et de derrière.
Dans ce cadre, à une distance de 0m,70, on trouve des traverses en fer en forme de T qui maintiennent l’écartement. Ces fers sont mobiles, coudés de chaque côté et retenus par des écrous à oreilles. Les châssis de devant et de derrière sont réunis au milieu, au moyen de traverses avec les châssis de côté. Le tout est recouvert par une forte bâche et fermé tout autour, au moyen de rideaux attachés avec des boucles et des boutonnières garnies de cuir.
A l’intérieur, place pour quatre brancards pliants, avec pieds, garnis de toile et légèrement surélevés du côté de la tête; de ce côté, l’extrémité porte un petit rouleau transversal de 0m,0o de diamètre. Les brancards sont suspendus, à chaque extrémité, au moyen de courroies attachées d’une part, aux montants des châssis latéraux et d’autre part, à de fortes tringles en fer, de 0m,22 de long sur 0m,02 de large placées au milieu des traverses des châssis de devant et de derrière, de manière a être surélevées de 0m,15 du niveau de ces traverses pour permettre la suspension d’un bout des brancards supérieurs. 11 reste un espace vide de 0m,06 entre le brancard et la tringle {pour empêcher le frottement et les secousses. La partie inférieure de la tringle se termine par un crochet horizontal dans lequel s’engage une forte courroie bouclée sur une articulation en fer qui se trouve au milieu du châssis inférieur. De chaque côté de la courroie,
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une anse en cuir reçoit un bout du brancard qui se trouve éloigné du cadre de 0m,20. Au-dessous, à une extrémité du châssis inférieur, se trouve un cylindre en forme de rouleau, évasé au milieu, engagé dans une plaque de 0m,04 de diamètre qui facilite le chargement et le déchargement des brancards.
On trouvait quatre corps de voitures, tous du même genre, mais cependant avec quelques variantes. Les uns avaient un plancher, un autre était fixé sur un essieu dont les roues d’un diamètre de lm,60 se trouvaient k côté.
Une autre voiture-cadre était munie de ressorts en fer transversaux, adaptés aux montants au moyen de courroies. Ces ressorts fixés sur une bande en cuir sont destinés à recevoir quatre brancards, leur longueur est de lm,2o, leur largeur de 0m,06 et leur épaisseur de 0m,004. Cette voiture est à ressorts et montée sur deux roues pouvant être enlevées à volonté. Le siège pouvant recevoir le conducteur et une personne est formé de deux banquettes à charnières, s’ouvrant horizontalement. Le poids de la voiture vide est de 350 kilogrammes; son prix d’environ 900 fr. Chaque charpente revient à 600 fr.
Les montants des cadres pliés pour rabattre le plafond sur le plancher de la voiture, les roues enlevées, le siège du cocher replié, les brancards de l’attelage détachés, lavoiture ne forme plus qu’un colis de 0m, 30 de hauteur (fig. 8). Un fourgon de la société française de secours aux blessés militaires peut transporter ■deux de ces voitures pliées et cinq cadres voitures sans roues. Un wagon peut contenir de 16 à 20 cadres pliés et trois cadres montés pour recevoir de 12 à 18 blessés couchés sur des brancards.
Fig. 8. — Voiture-cadre pliée pour être portée dans une voiture ou dans un wagon.
Le Dr Olive fait construire des cadres exactement semblables (pi. 1Y, fig. 2) mais sans roues, destinés à recevoir des blessés couchés sur des brancards soit pour le transport dans un wagon de chemin de fer, soit pour former un hôpital instantané (pi. IV, fig. 3) semblable à celui que nous étudierons dans un des chapitres suivants.
Une des voitures-cadres du Dr Olive était exposée près de l’ambulance baraquée présentée par la Société française de secours aux blessés militaires. Elle était montée sur ses deux roues et suspendue sur deux ressorts fixés sur l'essieu de ces roues (PL IV, fig. l).Ces voitures sont d’une grande simplicité; leur ensemble, leur combinaison, la manière de s’en servir comme nous le verrons plus loin pour former, comme l’appelle le Dr Olive, un hôpital mobile instantané méritent fort d’être appréciées.
Pays-Bas et Indes néerlandaises. — Dans la section des Pays-Bas, partie des Indes néerlandaises, on trouvait une charrette à de vx roues pour un cheval et quatre blessés couchés , adoptée par les armées néerlandaises.
Cette voiture de l’ingénieur Deelemann, (PL VI, fig. 4), se compose d’une caisse longue de 2 mètres, large de lra,37, haute de lm,10 et de 1 m,25 avec Je toit, montée sur deux grandes roues de l,n,60 de diamètre et 0m,045 d’épaisseur, sur lesquelles est écrit: Frédérick Madeley, fabricant à Londres. Elle ■est munie de deux brancards pour l’attelage d’un cheval. Ces brancards, en bois, garnis en dessous, d’une bande de fer, pénètrent dans l’intérieur de la
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caisse et sont fixés à une tige de bois qui traverse son milieu. L’essieu des roues, droit, en fer, de O1', 04 de diamètre, traverse la caisse au milieu et à la partie inférieure, dans une fente de 0 ", 20 de haut ; il est surmonté, de chaque côté, par un ressort à cinq feuilles de 4 m , 1 5 de long. L’extrémité de ces ressorts remonte en demi-cercle sur les côtés extérieurs de la caisse, et est fixée sur une tige de bois qui soutient au milieu les côtés de la caisse dans toute sa longueur. La caisse est toute en bois, à claire-voie, ses deux côtés sont garnis de planchettes fixées en biais, en forme de jalousies, pour laisser passer l’air. De chaque côté, au milieu, on a ménagé dans la partie supérieure une ouverture garnie d’un rideau en toile imperméable, très-souple, blanche en dedans et noire en dehors.
L’avant et l’arrière de la voiture sont complètement ouverts. La partie inférieure de l’arrière est garnie de rideaux de même nature que les rideaux des côtés. La partie supérieure de l’avant est garnie de la même façon. Le dessus de la voiture porte six fers plats très-minces placés en travers et sur lesquels repose une toile imperméable fortement tendue. Au-dessus de cette toile, à 0m,15 environ, un cadre en bois d’une épaisseur de 0m,02, et d’une largeur -de 0m.04 supporté, de chaque côté, par quatre fers plats de 0m,13 de long et de 0ra,025 de large, porte en travers, dans son intérieur, six bandes minces en fers plats sur lesquelles est tendue une deuxième toile blanche, imperméable, qui recouvre le tout. Ce cadre dépasse la voiture de tous les côtés, d’environ 0m.10.
Le fond de la caisse, à claire-voie, est formé de petites traverses en bois de O^OS de large, placées à une distance de 0m,15 les unes des autres. Ce fond porte deux tiroirs-lits, à fonds cannelés, garnis de tringles en fer sur les côtés, fermés et maintenus en arrière par un verrou à 0m,o3 au-dessus du fond de la voiture. Un second fond, supérieur, également à claire-voie, en planchettes, reçoit deux autres tiroirs-lits semblables aux premiers. La distance entre le second plancher et le toit est de 0m,50. Le milieu de la voiture est soutenu par quatre montants qui donnent de la force au plancher supérieur. A ces montants sont fixés des galets en cuivre de 0m,0o de diamètre qui facilitent le glissement des tiroirs.
Cette voiture est aussi complète que possible, bien construite et bien sus- .pendue, elle est remarquable par la hauteur de ses roues, qui ont 4m,60 de diamètre; son double toit est très-avantageux et le chargement en est trèsfacile. En effet, elle est très-basse, le premier plancher ne se trouve qu’à 0œ,40 du sol environ et le deuxième à0m, 90 feulement ; les couchettes à fond cannelé sont très-légères et leur glissement est encore facilité par les galets qui se trouvent fixés aux montants de la caisse. Le chargement du deuxième étage est en outre beaucoup facilité par le second plancher fixe à claire-voie qui offre un grand avantage et qu’on ne trouvait dans aucune autre voiture présentée à l’Exposition.
Russie. — M. Schmidt de Saint-Pétersbourg a exposé dans la section russe, une voiture d’ambulance à deux roues pour quatre blessés couchés, présentant un nouveau mode de suspension.
Cette voiture (pl. VI, fig. 3), se compose d’une caisse à claire-voie de lm,f0 de haut, lm,15 delarge et lm,90 de long, montée sur deux roues de fm, 28 de diamètre, 0m,055 d’épaisseur, pourvues d’un essieu droit. Les brancards de l’attelage trèssolides, se prolongent sous la caisse et forment la pièce sur laquelle se trouvent placés ses montants. On trouve, de chaque côté, trois montants munis de tringles en fer vissées aux deux bouts et de plates-bandes également en fer qui maintiennent les côtés. Chaque montant porte, dans sa partie supérieure.
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un cerceau en bois pour permettre de couvrir la voiture au moyen d’une forte toile. Une traverse en bois maintient l’écartement entre les montants du milieu. L’avant, l’arrière et les côtés sont fermés par deux planches de 0m,22 de haut, formant coulisses ; le reste est tout ouvert. Cette voiture est munie de deux soutiens articulés, l'un devant pour appuyer les brancards de l’attelage, l’autre derrière, pour soutenir l’extrémité de la caisse. Celle-ci ne repose pas directement sur l’essieu, elle est maintenue sur un appareil destiné à modérer les secousses ; appareil intermédiaire entre la caisse et l’essieu et qui se trouve par conséquent au-dessous de la caisse, et devant l’essieu. En effet, de cette partie, partent deux morceaux de fer courbés en U fixés solidement. Ces bandes de fer à deux joues portent dans leur milieu un levier en bois garni de fer de 0m,45 de long. Un bout du levier est boulonné et forme charnière avec les deux joues, l’autre bout également boulonné porte dans les joues, un galet en bois de 0m,06 de large et 0m,04 de diamètre. Ce galet tourne autour de son axe qui traverse les deux joues et est librement maintenu par une bride en fer fixée à essieu au moyen d'un boulon. Celui ci traverse l’essieu de part en part et est serré fortement par un écrou. Dans la partie la plus courbée des deux joues se trouve un boulon qui les maintient à distance et sur ce boulon est montée obliquement une tringle en fer de 0m.02 de diamètre qui traverse le levier en bois et se termine par une petite soucoupe en fer, creuse, ronde de 0^,10 de diamètre, dirigée horizontalement. Sur cette soucoupe repose un cylindre en caoutchouc de 0ra,10 de haut et de 0m,08 de large; surmonté d’une autre ■soucoupe parallèle et pareille à la première, maintenue par un boulon traversant le caoutchouc. Les joues de chaque appareil sont maintenues en écartement en dessous de la caisse, par une traverse en fer. Le poids de la caisse porte sur la partie inférieure du levier en bois et les secousses de ce levier s’amortissent, de haut en bas, dans l’épaisseur du caoutchouc. Quand les brancards de l’attelage sont mis en mouvement, le mouvement de l’essieu, d’avant en arrière, se communique au galet, puis au levier en bois et de là aux joues et à la caisse. Le mouvement, de l’essieu, de haut en bas, se communique également au levier, mais comme ce dernier est articulé, le mouvement se perd dans l’articulation. Le mouvement du cheval se communique aux deux joues et de là au levier articulé, puis au caoutchouc.
De chaque côté, entre la caisse et les roues, une hampe est accrochée au moyen de courroies. Ces deux hampes servent pour charger et décharger les quatre blessés que la voiture peut recevoir. Derrière, au-dessous de la caisse, sont suspendus deux bâtons en bois terminés à chaque bout par un anneau en fer destiné à recevoir l’extrémité de chaque hampe. Ces bâtons maintiennent alors les hampes en écartement et forment brancard pour transporter les matelas sur lesquels sont couchés les blessés.
Dans l’intérieur de la caisse, deux matelas munis de deux oreillers sont placés sur le plancher qui forme le fond de la voiture. Les matelas et les oreillers en toile et laine, sont fortement capitonnés. Chaque matelas est fixé sur une forte toile imperméable sous laquelle quatre sangles, larges de 0m,075, sont fortement cousues de chaque côté de manière à former des anses destinées à recevoir les hampes dont nous avons parlé, afin de permettre de porter les blessés couchés sur ces matelas. A 0m,55 au-dessus du fond de la voiture, se trouve un deuxième plancher organisé de la même façon pour recevoir deux autres blessés couchés.
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Voitures à quatre roues.
Autriche. — Voiture cV ambulance à 4 roues pour 4 blessés couchés , (pl. I, fig. 5, 6 et 7), système Dieterich-Lohner, exposée par MM. Jacob Lokner et Ci0 de Vienne.
Cette voiture de forme omnibus et destinée à deux chevaux se compose d’une caisse de 3 mètres de long, lm,45 de large et lm,20 de haut, suspendue par cinq ressorts en feuilles et montée sur 4 roues, deux devant de 0m,9o et deux derrière de lm,20 de diamètre. Elle est disposée pour recevoir quatre blessés couchés sur deux étages, munie de deux lanternes et pourvue d’un frein pour les roues de derrière. Le devant et les côtés de la caisse sont à claire-voie et le derrière complètement ouvert peut être fermé en partie par une planche haute de 0m40 pouvant former marchepied. Le tout est garni et fermé au moyen de toiles.
A l’intérieur 4 brancards que nous avons décrits plus haut page 456, sont placés deux dans la moitié inférieure et deux dans la partie supérieure de la voiture et sont suspendus au moyen de courroies. Les 4 brancards sont suspendus, aucun ne repose sur le parquet de la caisse et tous sont pourvus du côté de la tête d’un appareil spécial à glissement servant pour leur chargement. Les courroies qui supportent les brancards du côté des pieds se trouvent fixées, comme à l’ordinaire sur les parois et sur une tringle verticale qui va du parquet au plafond, au milieu de la voiture (Pl. I, fig. 6). Du côté de la tête; elles sont attachées sur une plate-bande en fer (pl. I, fig. 7), fixée au moyen d’une charnière sur un châssis en fer formé au moyen de trois tringles, deux supérieures et une troisième inférieure aux deux premières. Les tringles supérieures sont fixées, de chaque côté, dans deux branches formant fourchette et la tringle inférieure, dans le manche de la fourchette. Chaque branche est munie, dans sa partie supérieure, d’un galet pour permettre le glissement et ces galets sont engagés dans des coulisses creusées dans les bois qui se trouvent dans la voiture et qui courent tout du long.
Dans les voitures d’ambulance ordinaires pour 4 ou 6 blessés couchés où les brancards se trouvent superposés, lorsqu’on veut charger ou décharger les brancards supérieurs, on est obligé de déplacer préalablement ceux de l’étage inférieur pour donner aux porteurs la possibilité d’exécuter leur opération. Dans la voiture autrichienne, on peut charger et décharger les brancards de l’étage supérieur sans avoir besoin de déplacer ceux qui se trouvent au-dessous et sans incommoder les autres blessés, ce qui constitue un immense avantage sur les autres voitures d’ambulance en usage jusqu’ici. Voici la manière de procéder: l’appareil de suspension que nous venons de décrire, est amené, à J’aide de ses galets, jusqu’à l’entrée de l’arrière de la voiture. Les porteurs du brancard à introduire, élèvent celui-ci et notamment le côté de la tête jusqu’à la hauteur des courroies de l’appareil de suspension. On y engage alors l’extrémité des hampes correspondant à la tête et il suffit que le porteur qni soutient le brancard du côté inférieur, le pousse* obliquement pour lui faire prendre sa place dans la voiture, ce qui est très-facile puisque les galets de l’appareil favorisent ce glissement. Le brancard étant complètement entré dans la voiture, on élève la partie intérieure et on engage l’extrémité des hampes correspondant aux pieds dans les courroies fixes de suspension qui doivent supporter cette partie.
Pour le déchargement, la même facilité se reproduit. On dégage d’abord de leur suspension les poignées du brancard correspondant au côté des pieds du
INSTRUMENTS ET APPAREILS
blessé, on abaisse cette partie du brancard et on le tire obliquement hors de la voiture. L’appareil de suspension, à galets, suit cette traction facilement jusqu’à la sortie de la voiture où l’on dégage les poignées du brancard correspondant à la tête du blessé.
Deux porteurs suffisent pour le chargement et le déchargement de l’étage supérieur sans incommoder le blessé qui se trouve au-dessous, tandis que dans les voitures ordinaires il faut 3 ou 4 porteurs pour exécuter cette manœuvre.
Cette voiture est en outre pourvue de banquettes mobiles, se rabattant le long des parois, pour permettre de transporter des blessés assis quand elle ne contient pas de blessés couchés (pl. I, fig. 6). Son poids est de 650 kilogrammes.
A côté de cette voiture, on trouvait un tableau représentant diverses voitures de MM. Jacob Lohner et Cie.
Voiture d’ambulance réglementaire. Ancien système en Autriche, 1859. — Voiture d’ambulance d’après le système du général baron Stein, 1862. — Voiture d’ambulance pour le gouvernement de la Turquie, 1871. — Voiture d’ambulance avec triclinium d’après le système du Dr Muhlwenzel, 1872. — Voiture d’ambulance pour le gouvernement de la Roumanie, 1873. — Voiture d’ambulance transformée pour brancards réglementaires, 1875. — Voiture d’ambulance pour le gouvernement de la Russie, 1877. — Voiture d’ambulance des chevaliers de l’ordre teutonique, 1870. — Voiture d’ambulance des chevaliers de l’ordre teutonique, 1875. — Fourgon d’ambulance des chevaliers de l’ordre teutonique (service d’hôpital), 1876. — Voiture d’ambulance avec des fermetures pour l’hiver, 1874. — Voiture d’ambulance; système Dieterich-Lohner. — Voiture de campagne; dernier système Lohner-Mundy, 1876. — Voiture pour les médecins des chevaliers de l’ordre teutonique, 1876. — Voiture d’ambulance de la cour d’Autriche, 1876. — Fourgon d’ambulance des chevaliers de Tordre teutonique, 1875.
Ce tableau est intéressant à indiquer comme historique du grand mouvement de sentiment humanitaire qui s’empare de la société moderne.
Espagne — Le Ministère de la Guerre d’Espagne a exposé un modèle de
voiture à quatre roues pour le transport de 4 blessés couchés.
Ce modèle représente une voiture de forme omnibus, suspendue sur cinq ressorts et montée sur 4 roues. La toiture porte une garniture en fer et une banquette placée transversalement; le siège du cocher se trouve tout à fait en haut et en avant. L’intérieur est divisé en deux parties, la partie d’avant ressemble à un coupé et renferme une banquette, la partie d’arrière est aménagée pour recevoir quatre blessés couchés sur deux brancards inférieurs et sur deux brancards supérieurs suspendus au moyen de courroies.
États-Unis. — Dans la section des États-Unis, M. le Dr Thomas W. Evans a exposé une voiture d’ambulance construite à Boston en 1861 et qui a servi pendant la guerre de sécession des États-Unis. Cette voiture, exposée en 1867 à Paris, comme modèle, a été ensuite choisie par le Dr Evans, pour les modifications et perfectionnements qui constituent son système. Aménagée pour le transport de quatre blessés couchés, deux dans une position inclinant au moyen de sièges matelassés et deux sur des brancards suspendus, elle a servi tous les jours pendant le siège de Paris en 1870-1871.
Cette voiture (pl. VI, fig.5), se compose d’une caisse longue de2m,40, large de lm, 27, haute de lm, 43, suspendue sur des ressorts à pince ordinaire avec paumelles doubles et montée sur 4 roues, deux devant, tournantes sous la voiture, de 0m,86 de diamètre et deux derrière d’un diamètre de lm30. Elle est munie d’un frein pour les roues de derrière, de deux lanternes, est de forme omnibus et porte,
L’ART MÉDICAL
sous le siège du cocher, deux coffres s’ouvrant en dehors, un de chaque côté. Un de ces coffres renferme un réservoir; on trouve encore sous le même siège et devant, des boîtes destinées à recevoir différents ustensiles. Le devant de la caisse, complètement ouvert, est pourvu d’une banquette qui peut recevoir 3 ou 4 personnes. Le derrière, complètement ouvert dans sa moitié supérieure, est fermé, dans sa moitié inférieure, par une porte à charnières qui, rabattue, forme marchepied. La partie inférieure des parois latérales est fermée sur une hauteur d’environ 0m40, et les planches qui la ferment, dans cette hauteur, portent, de chaque côté, deux ventilateurs en métal pourvus d’un petit volet en bois qui s’ouvre et se ferme par glissement. La partie supérieure des parois latérales est complètement ouverte. Toutes les ouvertures peuvent être fermées au moyen de rideaux en toile cirée que l’on attache sur des montants en bois qui partent de chaque côté et se terminent en haut par des demi-cercles en bois pour former le toit recouvert lui-même avec une toile imperméable. Ce toit déborde en avant pour garantir le cocher et les personnes assises sur la banquette qui se trouve devant. De chaque côté, à l’intérieur, il y a deux brancards superposés pour couchettes. Les deux brancards inférieurs que nous avons décrits dans notre paragraphe sur les brancards page 457, reposent sur le parquet de la caisse et peuvent, comme nous l’avons dit, être transformés en banquettes pour recevoir des blessés ou malades assis.
Chaque brancard supérieur, également décrit plus haut, page 457, estfixé d’une part sur les parois de la voiture, au moyen de deux courroies attachées sur des pattes en fer fixées sur les montants d’angle de la caisse, et d’autre part, sur deux autres courroies semblables fixées, l’une en avant sur une tige en fer fixée au parquet et l’autre en arrière sur une autre tige en fer qui descend du ciel de , la caisse. Ces deux tiges, fixées au moyen de charnières, peuvent, la première s’abaisser et se coucher sur le fond de la caisse et la deuxième se relever et se coucher sous la toiture. Enfin, des courroies destinées à recevoir des brancards vides, sont attachées au plafond de cette voiture.
France. — Dans la section française, nous avons à étudier la voiture à quatre roues exposée par le Ministère delà Guerre et plusieurs voitures à quatre roues présentées par la Société française de secours aux blessés militaires.
La voilure à quatre roues exposée par le Ministère de la Guerre est destinée à deux chevaux et peut recevoir quatre blessés couchés ou 12 assis. Elle se compose d'une caisse de 2'u,52 de long, lm,62 de haut et lm,50 de large, suspendue à six ressorts et montée sur quatre roues. Elle est divisée en deux parties : l’antérieure renferme une banquette sur laquelle le conducteur et deux personnes peuvent prendre place; la postérieure, disposée pour recevoir les blessés, n’est pas séparée de la première par une cloison; et un infirmier, placé sur l’avant, peut aider au chargement des brancards. L’avant, l’arrière et les baies des côtés, sont fermés par des rideaux en toile fixés au moyen de courroies et de pitons. Le marchepied de derrière, formé de deux palettes articulées, se relève et vient compléter la fermeture de l’arrière dë la voiture. Devant, sous le siège du cocher, deux réservoirs en fer battu étamé, pourvus.de robinets en cuivre, et pouvant contenir chacun environ 25 litres, s’ouvrent en dehors, un de chaque côté. Entre les deux réservoirs, se trouve un petit coffre; en arrière, sous le plancher, il y a également un coffre et au-dessous de ce dernier, une échelle pour le chargement et le déchargement des objets placés sur le toit qui est garni d’une galerie en fer destinée à maintenir l’armement et l’équipement des blessés. La voiture est pourvue, à l’avant, d’une lanterne et d’un drapeau portant la «roix rouge ; elle a été faite dans les ateliers de l’État et est munie d’un frein pour les deux roues de derrière.
INSTRUMENTS ET APPAREILS
La disposition intérieure de la deuxième partie de la caisse permet de placer quatre blessés couchés sur deux étages ou 12 blessés assis. Les blessés couchés sont placés sur quatre brancards réglementaires du Ministre de la Guerre, deux par étage, et sont suspendus de la même manière que ceux qui se trouvent dans la voiture à deux roues que nous avons décrite plus haut page 476. De • même aussi, pour les brancards de cette voiture, une gouttière munie de trois galets et glissant sur le plancher, facilite le chargement et le déchargement. Les blessés assis sont placés sur deux banquettes mobiles (une de chaque côté) soutenues par quatre supports articulés d’un côté et glissant d'autre part, dans un bâton en fer fixé le long de la paroi. Elles peuvent ainsi, être rabattues contre les faces latérales de la voiture, de façon lorsqu’elles ne reçoivent pas de blessés assis, à laisser disponible tout l’intérieur pour placer les brancards destinés aux blessés couchés.
La Société française de secours aux blessés militaires, avait groupé dans son exposition, six voitures à 4 roues destinées à transporter plus ou moins de blessés couchés ou assis et c’est justement, en nous basant sur le nombre des blessés que peut recevoir chaque voiture que nous allons faire notre description.
Voiture découverte à 4 roues, construite par MM. Jean et Kellermann, pour le transport de deux blessés couchés.
Cette voiture découverte, à 4 roues, est suspendue sur six ressorts et mesure 3m,50 de long sur 2 mètres de large. Les deux côtés et le derrière sont garnis par des cloisons à claire-voie de 0m,90 de hauteur. Au-dessus des claires-voies, on fixe perpendiculairement à la longueur delà voiture, des traverses en bois destinées à supporter deux brancards suspendus sur des crochets et des ressorts à boudin construits par M. Werber, d’après le système du docteur Le Fort, e que nous avons déjà décrits page 477, à propos des voitures à deux roues. Le der” rièredela voiture est pourvu d’un cric muni d’un levier en fer de0m,60 de Ions:.
Voiture à 4 roues , à cadres articulés et à mouvements inclinés , pour quatre blessés couchés ou douze assis. — Cette voiture a été construite par M. Colas, sur les indications d’un médecin militaire, membre de la Société de secours aux blessés. Elle se compose d’une caisse de 2m,50 de long, lm,63 de haut et lm,50 de large, montée sur 4 roues et suspendue sur 6 ressorts. Elle est divisée en, deux parties: l’antérieure renferme une banquette sur laquelle le conducteur et deux personnes peuvent prendre place; cette banquette est mobile pour faciliter la manœuvre du chargement. La disposition intérieure de la partie postérieure de la caisse permet de placer les blessés couchés sur deux étages. Les deux parties de la caisse ne sont pas séparées par une cloison et un infirmier placé sur l’avant peut aider au chargement des brancards. L’avant, l’arrière et les baies des côtés sont fermés par des rideaux doubles en toile. Le marchepied de derrière, formé de deux palettes articulées se relève et vient compléter la fermeture de l’arrière de la voiture qui contient un réservoir à eau placé au-dessus du tablier et des coffres pour ustensiles et agrès. La toiture présente une galerie destinée à maintenir l’armement et l’équipement des blessés. Cette voiture est en outre munie d’un frein pour les roues de derrière, de lanternes, d’une pelle et d’une pioche ; elle pèse vide 1071 kilogrammes. La largeur de la voie est de 1^,70, le diamètre des roues de devant est de 0m,75 et celui des roues de derrière de 1^,45. Le prix de cette voiture est de 2,800 francs.
A l’intérieur, il y a place pour quatre blessés couchés sur quatre brancards, deux par étage. Les deux brancards inférieurs reposent sur le plancher et ne doivent être chargés qu’après les brancards supérieurs. Un nouveau système d’élévation de ces derniers brancards a été introduit dans cette voiture. En
I/ART MÉDICAL
effet, chaque brancard supérieur est placé sur un cadre mobile articulé (pl. IV, fig. 6), qui s’abaisse pour recevoir le brancard et se relève comme un parallélogramme, pour se üxer à la hauteur voulue. Dans cette voiture, ouverte de tous côtés, le cadre s’abaisse obliquement en arrière pour former un plan incliné et son extrémité postérieure vient presque toucher le plancher de la caisse pour recevoir, dans deux rails en fer, les deux hampes du brancard qu’un seul infirmier commence à pousser. Le deuxième infirmier, placé sur le siège du cocher, saisit les deux extrémités antérieures du brancard, qu’il engage complètement dans les rails. Les deux infirmiers élèvent alors le blessé jusqu’à la place qu’il doit occuper et fixent le cadre dans les tenons qui le retiennent. Les cadres sont disposés de manière à ne pas empêcher l’adaptation de deux banquettes latérales mobiles pour 12 blessés assis (pl. IV, fig. 7).
Cette voiture, comme nous venons de le voir, présente un nouveau système pour l’élévation des brancards à l’étage supérieur. L’idée de son mécanisme a été inspiré par l’étude d’une voiture exposée à Bruxelles en 1876 par le Comité de santé de l’armée danoise. Nous allons donc rappeler ici cette voiture la plus ingénieuse de tout le matériel présenté à cette époque, au point de vue du mode d’élévation de la deuxième rangée de brancards.
Voiture danoise à cadres articulés et à mouvements parallèles. (Pl. I, fig. 1 et 2). — Cette voiture, de forme omnibus, suspendue par huit ressorts à pin cettes et montée sur quatre roues, deux devant de 0m,92 et deux derrière de lm,20 de diamètre, a été construite par M. Elof Jensen, fabricant à Copenhague.
Les figures sont faites d’après le modèle exposé à Bruxelles en 1876, mais toutes les mesures sont prises d’après une nouvelle construction un peu diffé- . rente.
a. Caisse destinée pour de l’eau-de-vie, du vin, etc.
B. Siège du cocher.